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Le Monde du Travail dans la rue le 31 mars 2016 contre l’abandon du principe préférentiel du contrat de travail à durée indéterminée

Nicolas Doisy, chief economist à Chevreux (Crédit Agricole), parait-il l’un des plus grands courtiers d’Europe, nous faisait  part en avril 2012  à un mois du scrutin présidentiel du plan de bataille des financiers. Ecoutez le ICI  VIA LE BLOG  Convergence des LUTTES

http://www.convergence-des-luttes.org/appel-du-31-mars-2016/

M Doisy, fin connaisseur des marchés, prédisait alors qu’ en cas de victoire,  Hollande allait s’en prendre au monde du travail sous la pression de la loi du marché, je traduis – celle des investisseurs et spéculateurs en tous genres . Il ajoutait que pour gagner  les élections Hollande devait affabuler sur le monde de la Finance : c’est avec un réel cynisme qu’il faisait allusion au discours du Bourget en janvier 2012 lorsque le futur président  présenta comme son adversaire le monde de la finance. Tout comme sa gesticulation pour la renégociation des traités européens tout cela relevait, selon lui, de la même posture, tout dans l’esbroufe face à la montée de JL Mélenchon. 

Force est de constater que notre économiste – instruit par les préceptes du milliardaire Warren Buffet pensait comme son maître  que les riches avaient déjà gagné la partie . C’est sans doute en partie vrai puisque  Hollande une fois au pouvoir s’est aligné sur leur règle du jeu : la loi du marché.

Aujourd’hui  en France , le projet de la loi El  khomri du nom du ministre du travail met fin au principe protecteur pour les salariés du contrat de travail à durée indéterminé  inadéquat avec le néoliberalisme sauvage proné par les libéraux de droite et les libéraux de gauche . Le monde de l’emploi s’est externalisé , libéralisé, mondialisé c’est la course aux bas salaires pour la multitude , les bonus et super profits pour les autres  . Le monde du  travail est dynamité par les affairistes . Il  appelle à la grève ce 31 mars 2016.

Pour revenir à l’interview de M Doisy, aux détours de ses explications, le journaliste l’interrogeait sur la nature de son contrat avec le  Crédit Agricole.

« Etes vous sous CDI ou sous CDD ? »

« Sous CDI bien évidemment «   répondit le professionnel de la finance dans un rictus d’autosatisfaction .

Salariés de tous les pays unissez vous !!!

Dernier meeting de campagne de N Sarkozyennemi de la classe ouvrière

sarko troca

Premier mai 2012.Discours du Trocadéro
VIDEO Sarkozy aux syndicats : « Posez le drapeau rouge… par publicsenat

COMMENT LES PAROLES PEUVENT DEVENIR DES ARMES

Sarkozy , à l’occasion de la fête internationaliste des travailleurs que symbolise le 1er mai , a organisé au Trocadéro ce qui ressemble  fort à une contre manifestation. Il avait annoncé son droit de manifester pour la fête du « vrai travail » en reconnaissant que l’expression n’était pas très « heureuse » (émission des paroles et des actes) face à la polémique qu’elle a suscitée dans le monde du travail en colère de se voir ainsi délégitimé . Notre Président n’en a cure et le 1 er mai il signe et persiste

-contre les syndicats  » Dans la République ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent , mais le gouvernement «  s’est-il exclamé , certes mais l’on ne gouverne pas non plus sans les syndicats qui representent les interets de travailleursLaissez de coté les partis car votre rôle n’est pas de faire de la politique  Votre rôle n’est pas de défendre une idéologie, votre rôle est de défendre les salariés»continue Sarkozy , comme si la syndicalisation n’était pas co-substantielle à la conscience politique, à l’organisation économique et sociale de la cité où  les entreprises occupent une place de choix.

- contre le drapeau rouge symbole de la résistance à l’oppression  » Posez le drapeau rouge et servez la France «  ordonne Sarkozy aux français qui lui tiennent tête et résistent à sa présidence monarchique au service des plus riches et de l’exclusion des plus faibles. Aux yeux de ce candidat-président tout se passe comme si le service de la France était antinomique avec la résistance . Or notre identité démocratique est tout le contraire, elle est l’alpha et l’oméga de la résistance, la résistance contre le pouvoir absolutiste, et c’est pourquoi  la souveraineté du peuple est le principe fondateur de notre organisation collective . L’injonction de déposer le drapeau rouge ne peut être le fait que d’un tyran qui veut passer comme la seule incarnation de la France . Les paroles de ce coté çi de la méditerranée sont les vraies armes de la tyrannie.

– contre le socialisme « Nous ne voulons pas de la jalousie, de l’amertume, de la haine, de la lutte des classes, du socialisme.  » Lui, N Sarkozy serait partisan d’un nouveau modèle social français … le modèle sarkosyste sans les syndicats avec les idées de l’extrême droite  qui caractérisent  l’esprit de division qui l’anime et la posture guerrière qu’il adopte à propos de tout et de n’importe qui (  » Pov con » le paysan, l’ouvrier, l’immigré, l’étudiant, le jeune délinquant) . Qui peut accepter une telle insanité républicaine ?

Cet homme est un malade . En pleine crise des subprimes, il se pointe au forum de Davos et fait un discours où il fulmine les banquiers : il leur explique ce qu’est le métier de banquier ( sic!).  Aujourd’hui il organise une manisfestation contre les syndicats le jour du premier mai, le jour de la fête des syndicalistes et leur fait la leçon : il leur explique ce qu’est le métier de syndicaliste ( resic!). Hier, il passait devant les hauts magistrats et voulait leur imposer une réforme du code de procédure pénale : il leur explique, à l’occasion , ce qu’est le métier de juge ou de magistrat.  Dans ses explications, il dit tout et son contraire, il catégorise les gens en faisant prosperer la division, il jette  la confusion  en mélengeant les logiques et les discours, il donne l’impression de dominer le sujet mais il reste dominé par une vision tout à fait personnelle :  peu importe où il va, il y va , avec une obsession celle du vide, de l’immobilisme, tout ce qui freine sa décision quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise , l’essentiel est d’exister dans l’exercice du pouvoir dans toutes ses facettes, le pouvoir qu’il reconnait dans le regard soumis des uns, les paroles éclairantes des autres, admiratives ou assassines , peu lui chaut .

Cette maladie s’appelle la boulimie du pouvoir , il veut occuper le terrain partout et ne rien se voir imposer, cela donne une forme non républicaine de gouvernement : un président en exercice partisan, un premier ministre phagocyté , des conseillers , des ministres, des députés de sa majorité  et lui même ouvert à une idéologie d’extrême droite : xénophobe, raciste et autoritaire . La forme républicaine de gouvernement est un des fondamentaux de notre constitution . Le non respect de ce principe est un motif d’insurrection du peuple .

Sur la place du  Trocadéro, il a opposé « ceux qui préférent la France à leur parti » à « ceux qui préférent leur parti à la France », le drapeau rouge au drapeau tricolore , les vrais travailleurs aux faux travailleurs etc… C’est de la mise sous influence , ni plus ni moins, comme si celui qui agite le drapeau rouge était capable d’oublier le drapeau tricolore, comme si en dehors du drapeau tricolore toute réunion, toute organisation devenait  séditieuse .

Interrogeons nous , quel est le message de N Sarkozy adressé à ses troupes réunies au Trocadéro . Aprés avoir attaqué les syndicats , leur rôle de corps intermédiaires et leur efficacité sociale, il vient se plaindre devant les français de ce que la CGT sorte de sa neutralité syndicale. C’est lui qui a poussé à l’affrontement et jusqu’à la rupture , par son dénigrement des luttes sociales, ce qui ne l’empêche pas de citer le grand Jaures dans ses harangues tout comme le fait Marine Le Pen pour mieux falsifier leur réaction droitière face aux mobilisations pour plus de justice . Le peuple des travailleurs a compris à qui il avait à faire, il n’a plus peur , le rassemblement de la Bastille y est pour quelque chose . Les travailleurs soutenus par le Front de gauche refusent de servir d’alibi aux discours mystificateurs  ultraliberaux et lepenistes du chef de l’Etat français  qui trahit la mission républicaine qui lui a été confiée, en divisant les français, en les montant les uns contre les autres , en réveillant les vieux démons. Quel bénéfice croit-il en tirer ? Quelle crédibilité croit-il donner à son hégémonique personne en agissant ainsi?

Le vrai visage du sarkozysme est l’antirépublicanisme de son leader . Mais n’ oublions pas ses sbires. Un Claude Gueant ( ministre de l’interieur) déclare, pour tromper son monde, que  le front national  » est  un groupement politique anti-républicain » alors que les idéesdu parti d’extrême droite sont validées au sein de  l’UMP . Un Gerard Longuet (ministre de la Défense, ancien de l’extrême droite) affirme que les frontistes sont devenus des interlocuteurs à part entière , une position non partagée par la droite classique au moins  jusqu’à ce meeting du Trocadéro où les Fillon,  et Morano and Co ont donné le ton au rassemblement . Les pires s’agitent dans l’ombre , le stratège Besson, le porte-plume Guaino. Même méthode , créer la confusion et abuser du peuple français sur son identité politique historique , la République , l’esprit républicain, et le pacte républicain contraire aux thèses d’exclusion de l’extrême droite et de son bouc émissaire: l’étranger. Contrairement à ce que N Sarkosy veut faire croire,   la  République est notre démocratie , la République , toute la République , rien que la République . En l’oubliant Sarkozy est devenu un parjure .

Aprés son discours de Toulouse où il a fait l’éloge des  »  frontières «  du peuple de France, en fait les siennes,   il signe au Trocadéro l’éloge « d’un nouveau modèle social français », en fait le sien . Dans les deux cas il se fait le chantre de la République  alors qu’il en trahit constamment les fondamentaux ( voir l’éditorial du journal Le Monde du 5 mai 2012 intitulé  » vivre ensemble » : c’est  mettre fin, écrit le journaliste, à tout ce qui divise les français, à ce qui met , au delà de la crise, la société sous tension »)  il est grand temps que le diviseur, candidat-président dégage .