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On attend la révolution fiscale de Jean Marc Ayrault

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Au mois de novembre Mélenchon  annoncait une marche citoyenne sur Bercy pour dénoncer l’inéquité de l’augmentation de la TVA au 1 er janvier 2014 ( TVA que Hollande s’était interdit lui même d’augmenter au cours de sa campagne ), ainsi que dénoncer l’opacité de notre fiscalité , et  son manque d’équilibre . Contre toute attente , Jean Marc Ayrault  à l’origine d’une augmentation généralisée des impôts avançe l’idée d’ une remise à plat de la fiscalité au grand dam des patrons de Bercy ( Moscovici et Cazeneuve)  . Un an auparavant Ayrault avait laissé son ministre du Budget, Cahuzac, claironner  que la réforme fiscale était achevée : il est vrai que ce ministre qui s’est révélé être un spécialiste du mensonge public a été viré du poste pour … fraude fiscale .

Il ne faut pas s’attendre à un changement de politique des solfériniens , ils n’en ont pas . Un comité « théodule «   vient d’être  créé  pour venir en aide au gouvernement . De son coté le  Parti Socialiste  a convoqué ses spécialistes (Nicolas Delalande, historien au centre d’histoire de Sciences-PoGuillaume Allègre, économiste à l’OFCE Karine Berger, députée et Secrétaire nationale du Parti socialiste en charge de l’économie et Delphine Mayrargue, Secrétaire nationale à la formation) pour débattre du sujet sous l’intitulé soporifique  » Les Français et l’impot » au cours des entretiens dits de Solférino ( voir  la vidéo ICI ) On y apprend que les seules réformes envisageables , le prélèvement à la source et la fusion de l’impôt sur le revenu avec la CSG sont des réformes difficiles . Et alors!  peu importe si elles  répondent aux exigences démocratiques de justice , quoiqu’on préférerait investir la haute finance et ses coffre forts que sont les paradis fiscaux . Ça c’est le message de Mélenchon , il l’a répété devant le parlement européen qui lui a octroyé   une minute d’intervention au cours de laquelle il a égrainé , en pure perte , les mesures de nature à agiter le cocotier ( voir la vidéo)

La remise à plat de la fiscalité , ce que souhaite le Parti de Gauche , est -elle une promesse sérieuse du gouvernement Hollande ? A un   » raz le bol fiscal » à incidence électorale, et  à l’annonce de la marche citoyenne sur Bercy le 1er décembre lancée par Mélenchon ,  Ayrault a répondu  » je vous ai compris » . Il est vrai que la pression fiscale doublée d’une pression sociale    aggravée par le dégraissage des services publics  risque fort de contribuer à la détérioration du lien sociétal sur lequel s’appuie la République. Est ce que Ayrault a compris que  les sacrifices demandés aux populations ne sont pas vécus comme partagés par tous ? A t-il pris la mesure des privilèges des riches  qui sont loin de mettre un bémol à leur arrogance  du « chacun pour soi » et d’accepter que leurs  revenus soient taxés à 100% lorsqu’ils dépassent le montant de  360 000 euros par an ( soit 15 à 20 fois le revenu moyen de chaque français ?

Nous attendons la révolution fiscale du premier ministre .

Pour la demission du gouvernement québécois

Je me permets un interlude dans la vie politique française pour dénoncer un gouvernement québécois qui pense faire plier le peuple par des lois dignes d’un temps de guerre. Le printemps érable est en route.

Pour plus d’info allez voir: Pour la démission du gouvernement

Matthieu: le fiston

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/350475/loi-78-abus-de-pouvoir

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/05/24/le-quebec-mine-par-une-crise-sociale-inedite_1706355_3222.html?xtmc=quebec&xtcr=2

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Fête du 14 juillet 2011 : La France est en guerre

6455pLa France est en guerre contre le colonel Khadafi : les états majors sont au taquet . La France n’a pas les moyens de sa politique , par mesure d’économie on envisagerait de supprimer les défilés du 14 juillet cette année . On verra demain.

je reviendrai sur le sujet et sur le positionnement de Mélenchon qui trouve que « tout cela ne mène nulle part » OK mais  il faudra qu’il m’explique comment , en votant au parlement européen l’intervention militaire dite « exclusion aérienne » sur le territoire libyen , il pouvait ne pas se douter qu’on allait avoir affaire à un guerrier sanguinaire qui allait nous entrainer dans la spirale des actes de guerre, cette spirale étant  le propre de tout conflit armé dans les airs ou sur terre, avec des armements sophistiqués ou de simples machettes.

Comment aujourd’hui une fois les opérations lancées sous le mandat de l’ONU défini dans le cadre de la protection des populations civiles et de la résolution 1973 votée par la communauté internationale, on s’étonne de  se retrouver en guerre , alors que la France a été la première à donner une légitimité aux rebelles du régime du colonel Khadafi, et que le départ de Khadafi du pouvoir qu’il exerçe dans son pays depuis prés de 40 ans sans la moindre Constitution, ne pouvait pas ne pas être une trajectoire réelle avec tous les dangers qu’elle comportait. Le fond d’émerveillement naïf face aux  révolutions arabes et au réveil des peuples, bombant le torse face aux dictateurs, n’a t-il pas été un leurre , notamment face à Khadafi qui prônait partout la contre révolution arabe et qui menaçait les puissances occidentales de tous les malheurs si elles intervenaient ?  Si la guerre en Libye devient un bourbier, elle le sera pour notre pays tout entier et non pas seulement pour le va-t-en guerre qui nous gouverne, et son philosophe-reporter-espion de service  qui ont placé la France en première ligne sur le front anti Khadafi .

Dire que tout ça n’a pas de sens , …je n’en suis pas si sûr. Et d’abord qui a vendu des armes à Khadafi , qu’il retourne maintenant contre son peuple ?

PETITS BRICOLAGES ENTRE AMISUN POINT DE VUE SYSTÉMIQUE SUR LA CRISEPartie VII

                                  7/ les moyens ne justifient pas la fin (ou l’inverse) et la conclusion

 Il faut avoir présent à l’esprit que le changement n’est pas un objectif en soi (on ne change pas pour changer), ni même un objectif souhaité (on ne change que contraint). La crise survient précisément quand les remaniements nécessaires à l’adaptation et à la complexification ne sont pas faits. Et même si elle n’est pas souhaitable, elle est donc la seule occasion d’une véritable réorganisation susceptible de répondre aux nouvelles exigences accompagnant les changements de contextes

 Intervention massive des Etats dans la sphère financière en renflouant des banques victimes d’une bulle spéculative « inattendue », plans de relance  économique dans le contexte d’une récession économique « attendue » ne sont que de petits bricolages entre amis qui traduisent plus un pilotage à vue qu’une volonté de toucher aux mécanismes générateurs des inégalités mondialisées. Et le même type de réponse est donné face aux périls écologiques désormais identifiables comme le réchauffement climatique de la planète.

 On peut craindre que les mesures aujourd’hui mises en œuvre au plan politique par les chefs d’Etas et autres responsables politiques  correspondent à une vision qui considère la crise actuelle comme un incident de parcours ; on peut alors parier qu’elles ne vont rien changer (et c’est déjà le constat avec le comportement des banques) vérifiant ainsi que le réformisme ne peut produire du changement que dans les systèmes sains.

 Les difficultés viendront de la persistance d’une croyance aveugle en la santé du système économique libéral, en la loi du marché comme dogme, et de l’illusion concernant les potentialités du système actuel. Et le déni serait de ne pas entendre le gravité de la situation et d’oublier que la crise actuelle est une pierre d’achoppement qui justifie une remise en cause des prémisses de la trajectoire économique libérale   et nous impose de  questionner le projet sociétal qui l’a accompagné.

 L’aveuglement consiste alors à ne pas croire aux signes de seuils de non retour qui se manifestent.

 Alors faut-il plutôt miser sur un projet « révolutionnaire » ? Pris au sens le plus simple, le projet révolutionnaire, c’est à dire le projet de bouleversement de l’ordre établi, peut se tenir debout tout seul : il y a effectivement un ordre à changer et un autre à rétablir. Mais que faut-il changer et pour aller vers quoi ? Et là de nouveau nous sommes limités par notre incapacité à sortir du carré imaginaire et à avoir une vision suffisamment globale (cf. Partie V).

 Il serait certainement plus rassurant de se dire que nous sommes suffisamment conscients pour utiliser nos buts conscients comme guides mais la crise semble trop large et trop systémique pour cela. Les effets de la prise de conscience ne sont pas suffisants : les problèmes que nous affrontons sont d’une telle complexité et à une telle échelle que les solutions raisonnées paraissent fortement improbables

 Ni réformisme, ni révolution alors quoi d’autre ? Une expérience politique alternative est-elle envisageable ? Quelles sont les conditions nécessaires et suffisantes d’un changement qui change ?

 Deux lignes se dégagent :

 -       La nécessité de reformuler et de réécrire les bases philosophiques qui guideront nos actions, penser les valeurs et se lier à une finalité. Commençons donc par en débattre. Et pourquoi pas ne pas débattre par exemple du sens que nous donnons à l’idée de « démocratie », si souvent employée comme slogan ? C’est en quelque sorte la première façon de se mettre en mouvement : penser et désirer le « Nous ».

-       La nécessité de se mettre en état de créativité pour sortir du carré imaginaire et  donner libre cours à notre capacité d’invention.

 Enfin si le mouvement correspond à la liberté de mouvement, c’est à dire à l‘ouverture à tous les possibles, qu’en est-il de l’utopie ? Souvent décriée comme mauvais exercice, elle est en fait l’activité la plus humaine possible, celle qui sort l’homme de son statut de sujet individualisé pour l’amener vers son immortalité c’est à dire son humanité. Comment penser l’avenir collectif si ce n’est en sortant de notre égotisme bien pensant ? Et comment s’appuyer sur l’humain si ce n’est en le laissant résonner à l’intérieur de nous comme imagination d’une société à venir construite sur l’humain ?

 Est ce à ce type de réflexion que nous invite le projet démocrate du Mouvement Démocrate et de F BAYROU ?

BAYROU rencontre DEBRAY sur FR3

 En complément de notre article sur la « fraternité à contre courant » publié le 3 mars écoutez le magnifique débat animé par l’excellent Frédéric TADDEI le 10 mars au cours de son émission « ce soir ou jamais » . Etaient invités François BAYROU, le président du Mouvement Démocate en compagnie de Régis DEBRAY philosophe, Jean François SIRINELLI historien, et Olivier DUHAMEL politologue .   (ICI      http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emission&id_rubrique=581)

Entre BAYROU et DEBRAY on a comme une impression de complicité, déjà remarquée, sur la position de la France  dans le concert européen, et  la défense d’un système de valeurs, d’un tempérament, d’une manière d’être propre à l’Europe qui n’est pas réductible à un occidentialisme américain conquérant.

Un clin d’œil aussi de F BAYROU en fin d’émission à son interlocuteur . BAYROU commence « il y a des révolutionnaires qui deviennent ministres , il a des ministres ( on devine qu’il pense à lui) qui deviennent … » et laisse R DEBRAY finir la phrase  « des révolutionnaires » reprend  son interlocuteur  en faisant allusion au centrisme révolutionnaire de KAHN /BAYROU .

 Tous les commentateurs sont unanimes pour saluer la haute tenue des échanges, un bien pour le débat démocratique, et on en redemanderait  de « l’actualité  ainsi vue par la culture »   comme F TADDEI aime à  décrire son émission 

( voyez ceux sur AGORAVOX à propos de l’article « la vision politique de FBAYROU révélée par R DEBRAY »  ici http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52862 )