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Front de Gauche : « Pour l’instant c’est moi qui parle en son nom » JL Mélenchon

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Invité de France Info ce 5 novembre 2013 , JL Melenchon s’est exprimé sur la situation politique actuelle . Il est revenu sur les manifestations contre l’écotaxe et pour l’emploi qui se sont déroulées en Bretagne le 2 novembre et a appelé à la mise en place de la planification écologique par un Etat « stratège ». Il a stigmatisé les défaillances du gouvernement socialiste de M Hollande ( qui a épousé les diktats de la Finance  pourtant  considérée,il est vrai, dans les temps de la campagne électorale comme l’ennemi responsable de la crise . Promesse non tenue, et manque de courage du Président de gauche qui se coule, à la façon de Papapandréou,  dans la droite européenne  favorable à la politique d’austérité décrétée à l’échelon européen par l’Etat allemand sous la férule d’ une Angela Merkel, hyper puissante .  Manque d’autorité  et perte de légitimité pour l’électorat de gauche et pour  tous ceux qui trinquent des conséquences de la crise . Pour Mélenchon il existe une alternative à  Gauche elle s’appelle Front de Gauche , dont il est pour l’instant ,précise-t-il , le porte parole , une affirmation qui ne réjouira pas Pierre Laurent que cela chiffonne .

Il est vrai que le Front de Gauche est présenté aux militants, plus comme une stratégie que comme un parti unique qu’il n’est pas …quoique la stratégie suppose un minimum d’organisation pour faire fonctionner ensemble les 9 partis qui  composent le Front de gauche. Par exemple,  le porte parolat du FDG fait -il l’objet de règles communes . En dehors du temps de campagne électorale JL Mélenchon apparait comme un porte parole naturel semble t-il . Sans qu’il soit besoin de poser la règle  ?
Si cette question se pose concrètement  elle appelle une réponse, on sait que l’absence de réponse peut être la pire des réponses à la meilleure des questions, n’est ce pas?

L’engagement comme la liberté d’expression
n’est pas à géométrie variable

    

Bien nommer les choses , pensait le philosophe . Mélenchon en a fait le sel de sa réflexion Elle nous mène à considérer que le libéralisme fait vivre tout le monde sauf ceux qui en crèvent, affirmation qui prend les airs d’une lapalissade. Et pourtant la social démocratie est bien morte , il faut le dire, et l’expliciter. Car le ver est dans le fruit  : le ralliement du socialisme aux thèses néolibérales dans un consensus trahissant les idées mêmes de gauche . 

Le processus de décision démocratique tel qu’il fonctionne aujourd’hui dans notre pays, fait « comme si » le peuple n’existait pas, une façon de ne pas l’aimer voire de le haïr . Parfaitement Monsieur , c’est quoi ce parlement qui adopte un traité que le peuple a refusé, c’est quoi ces élus qui ne gèrent que la statistique sauf celle des cumuls de mandats, c’est quoi ce Président de la République qui décide seul d’une guerre préventive ? Eh bien je vous le dis , c’est une République en danger qu’il convient de restaurer mais pas seulement… les idées de gauche aussi sont en perdition. C’est pourquoi il y a une alternative à proposer  … A GAUCHE : c’est le seul et vrai combat du Parti de Gauche. Il y a donc intérêt à être clair.

Nul ne doute que Mélenchon engagera le fer avec les puissances financières à condition que le peuple ose adopter la ligne politique de rupture qu’il préconise,  la rupture passe par l’alternative  au mode de développement actuel, jugé incontournable,  celui dicté par le seul super profit au bénéfice de quelques uns. Mélenchon, à sa façon, (n’en déplaise aux mous, aux tièdes, aux indécis, aux craintifs)  désigne les fauteurs de trouble : une bande de cupides et de rapaces pour qui l’économie est une autre façon de faire la guerre, tout en occupant l’arrière-ban, histoire de ne pas mourir avant d’être gavés .  Que signifie la crise? C’est d’abord une big faillite, celle de la finance mondialisée qui joue à la roulette russe grâce à un consensus de gaspillage et de domination partagé par toutes les puissances économiques y compris les puissances  publiques : elles ont fait de la force économique la force de frappe privilégiée et la parole du peuple est exclue de leurs statistiques qui font office de trophées… la libre concurrence commande !!! La vraie gauche propose une alternative à ce haut commandement qui favorise l’oligarchie et les inégalités croissantes. L’ordre du jour ou plutôt l’ordre de marche du Front de Gauche qui revendique cette alternative à gauche , commence par une implication populaire pour une plus grande fraternité.

Aprés la lecture de son ouvrage intitulé  » La fin de la social démocratie » ( téléchargeable sur son blog) , écoutez ou réécoutez le Discours de Jean-Luc Mélenchon en clôture  des journées d’été du « remue méninges » du Parti de Gauche ( d’un souffle différent de celui donné le lendemain en présence des Communistes  à la cloture des Estivales du FDG)

Un discours d’une heure trente environ où il déploie tout son talent de conteur, on trouve du plaisir à l’écouter, il ne cherche pas ses mots, il sait relancer l’attention, il plaisante même et fait sourire malgré la gravité des  sujets . Une seule explication , il a du métier et sait où il va, une chance pour les militants. Il a définitivement quitter les chaussettes bien chaudes du capitalisme et du ronron politique qui l’accompagne . Poussé par l’urgence d’expliquer sa vision du monde et du changement, par la nécéssité de convaincre de « l’humain d’abord » dans la conduite des affaires publiques, il fait du hors piste politique en revendiquant la rupture avec un système destructeur  de l’humain. Et il dit pourquoi . L’humain n’est plus aussi légitime dans la tête des bien pensants. Tout est devenu marchandise et affaire de marché . C’est cela qu’il faut changer. Pas une mince affaire .

Cécile Duflot est mal venue de déclarer , il y a peu , lors de la polémique entre Manuel Valls et Jean Luc Mélenchon à propos des roms

« Hélas Jean Luc Melenchon tue le débat par le napalm médiatique qu’ il ne peut s’empêcher de déverser »

Elle ne pouvait pas être plus insultante envers l’homme politique débatteur dans l’âme qu’est Mélenchon, un lanceur d’alerte qui pointe le danger d’une extrême-droitisation de la gauche ( pas étonnant qu’il se sente quelques affinités avec Julian Assange et Edward Snowden )

Même s’ il parle dru et cru, ses convictions sont fermes . Le capitalisme est pourri et il croit au changement de cap : la transformation sociale qu’il porte a une perspective républicaine et  écologique . C’est pourquoi, Mélenchon tout au contraire ne tue pas le débat mais le fait vivre et avancer  en sortant du politiquement correct alimenté par les   médias complices qui n’ont pas trouvé mieux que de sacrifier la curiosité et l’esprit critique au spectacle de la bêtise et du mensonge. Nous en avons des exemples tous les jours.« La preuve , la preuve » s’exclamait le journaliste  Apathie dans l’affaire Cahuzac en se fourvoyant de la belle façon dans  la défense du ministre fripon.

Alors Cécile  Duflot ferait mieux de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler du « napalm médiatique » de Mélenchon. Que ne lui propose -t -elle pas un débat sur la transition écologique au lieu de tourner en rond dans son gouvernement. J’entends déjà Hollande , le chef socialiste libéral, lui glisser au creux de l’oreille « Cécile ma fille, n’oublie pas l’obligation de réserve que te dicte la solidarité gouvernementale » , une obligation, dirons nous, qui ressemble fort au napalm  quant à ses effets pour griller toute vélléité écologique.L’écologie pourtant mériterait d’engager le combat contre toutes les forces contraires.

C‘est ce qu’ a enfin compris Pascal Durand qui quitte la direction EELV soucieux de ne pas être étiqueté  » secrétaire général du renoncement » comme il l’a si sincèrement expliqué lors de son Discours du 14 septembre 2013 devant son conseil fédéral. Souvenons nous qu’il avait indiqué que le compte n’y était pas au vu de la politique menée sur le terrain de l’écologie par le gouvernement socialiste au sein duquel les écologistes sont représentés notamment par l’ancienne secrétaire nationale Cécile Duflot. Chouchoutée par le premier ministre Jean Marc Ayrault, celle-ci n’ a pas pu convaincre son ancien compagnon de combat de rester à la tête EELV, au moment même où Jean Luc Mélenchon tire à boulets rouges sur Hollande et le ragout électoral de couleuvres qu’il a fait avaler à l’électorat des écologistes mais pas seulement ( vous voyez ce dont je cause …sic sic) . Gaver les gens de supercheries, c’est ça le populismeCécile Duflot ne fait pas autre chose dans son gouvernement de droite qui se réclame de la gauche. Pascal Durand et Noel Mamère ont préféré prendre  leur distance , en quittant la direction du parti EELV comme le premier ou le parti lui même comme le second. Le Parti de Gauche doit  prendre de la distance avec les solfériniens, marquer sa différence sinon il ne mérite pas d’exister :  c’est ce à quoi s’emploie son fondateur Mélenchon.

Avec le langage cru et dru qu’on lui connait et qui n’est pas sans influence Mélenchon anime le débat politique avec courage, sincérité et détermination. Il a besoin de voir soutenir l’ alternative à gauche qu’il propose avec le Front de Gauche , ce qui écarte toute alliance avec le PS solférinien pour cause de visibilité et de cohérence .

On sait ce qu’est le Hollandisme : c’est Cahuzac, placé à la tête d’une politique d’austérité qui vient dire à la télévision fin 2012 , qu’il n’a jamais cru en la lutte des classes et qu’il est social libéral, que la réforme de la fiscalité est achevée. Un super tricheur,même s’il est parti,  le peuple ne l’a pas oublié .

 

Mise à jour  7/10/2013 .Les communistes

Tout cela relance le débat qui existe autour de  la stratégie que Mélenchon préconise aux élections municipales pour le Front de Gauche: autonomie conquérante du Front de Gauche au premier tour avec liste autonome , et attentisme « d’opportunité » ( ?)pour le deuxième tour .

En principe , le Parti de Gauche devrait participer au premier tour au sein du Front de Gauche chaque fois que cela est possible et sans faire alliance avec le PS . Or le Parti communiste envisage de faire cavalier seul dans certaines villes et non des moindres ,comme Paris .

Dans l’hypothèse où les communistes font alliance avec le PS dans telle ou telle ville , l’alliance FDG éclaterait localement. Le parti de Gauche y répond en  préconisant toujours le rassemblement porteur de l’alternative à gauche , duquel se seraient donc exclus les communistes de certaines villes par « opportunité » . Pour en juger , il faut revenir à la fin que poursuit le mouvement . Les buts recherchés du Parti de Gauche sont restés les mêmes : porter une alternative  à gauche à laquelle ne semblent plus croire les communistes qui opteraient pour une alliance avec le PS. Les buts recherchés par le parti communiste sont la pêche aux mandats , fusse au prix d’un double langage ( hier contre les solfériniens et aujourd’hui  avec, ici avec le Front de Gauche , là sans le Front de Gauche )Que faut-il en penser ?

Cela suffit amplement pour troubler la visibilité du projet électoral du Front de gauche dont l’ambition est de gouverner et de renverser la majorité à Gauche .Tout  se justifie en politique, sauf que c’est toujours un mauvais calcul de sacrifier la fin aux moyens et  je vois là  malheureusement  le péché mignon des partis politiques ( y compris le Parti communiste ) à l’origine de la désaffection des gens.J’aurais tendance à conclure, dans cette hypothèse , comme Mélenchon que « rien ne se bâtit sans visibilité pour le peuple lorsqu’on se réclame des idées de gauche »

Que le Parti communiste choisisse de faire alliance avec le PS à Paris , vitrine de la France, revient à dynamiter la force que représente le Front de Gauche à cause du désengagement qu’il signifie par rapport au but poursuivi : à savoir le projet alternatif à gauche et les fondamentaux qu’il revendique notamment celui d’être contre la politique d’austérité imposée par les gouvernements européens, y compris le gouvernement français socialiste. En agissant ainsi   le Parti communiste se tromperait lourdement  , et tromperait tous les militants ( toutes composantes confondues) qui avaient placé leur engagement au service du Front de Gauche. Est ce que le prix en vaut la chandelle pourrait se demander le militant

En résumé le Parti de Gauche a vocation à porter la critique au sein même de la gauche , un espace politique qu’il occupe depuis sa naissance(2009), un espace qui  dépasse la sempiternelle opposition Gauche /Droite rendue stérile à l’aune de la rentabilité comptable d’un capitalisme à vau-l’eau qui navigue au gré d’une finance devenue folle. C’est pourquoi toute alliance avec le PS lequel depuis son accès au pouvoir applique via le Hollandisme, les diktats de l’industrie financière – notamment celui d’une politique d’austérité comme le ferait n’importe quel parti de droite, devient problématique au premier comme au second tour des élections municipales. 

Même l’attentisme pour le deuxième tour affiché jusqu’à présent par JL Mélenchon est douteux , il doit avoir de bonnes raisons  ( la fameuse taque taque tique ….lol !!!!!) Pour ma part , je trouve que l’idée d’une nouvelle GAUCHE est une belle idée , qu’elle a de l’avenir  si elle ne loupe pas le départ , l’engagement à ses cotés n’est pas à géométrie variable.Le Front de Gauche n’est pas le Centre.

Mise à jour 20/10/2013 . Le vote communiste à Paris pour les municipales.

A Paris, pour le premier tour des élections municipales, les cadres du Parti communiste ont décidé d’une alliance avec le Parti socialiste, qui est le parti dominant à gauche et dans le pays depuis  la victoire de François Hollande à la Présidence de la République. Ils y ont mis du cœur  puisqu’ils sont parvenus à un double accord. Un accord stratégique, comme ils disent,  et un accord de répartition des places éligibles.( voir laRésolution du conseil départemental du PCF sur le choix stratégique pour les élections municipales de 2014 à l’attention des adhérents qui devaient se prononcer ce WE du 17 au 19 octobre 2013)

57% des adhérents communistes parisiens se sont prononcés en faveur de la stratégie adoptée par leur exécutif départemental et défendue par Pierre Laurent,  l’actuel secrétaire national  du Parti communiste  français et président depuis le 5 décembre 2010 du Parti de la Gauche européenne.

Dans le cadre des élections municipales , alors que l’alliance PG-PC au sein du Front de Gauche fonctionne sur l’ensemble du territoire national avec  le plus souvent un communiste en  tête de liste , quelques villes font exceptions notamment Paris.

Historiquement le Parti communiste français a toujours fait de l’échéance municipale un enjeu tactique prioritaire, et des pouvoirs municipaux un point d’appui à sa stratégie politique affichée : celle d’être utile à ses concitoyens. Une lapalissade lorsqu’on s’engage en politique. Dans un paysage politique  bipolaire droite –gauche, de toute évidence cette utilité consiste d’abord à faire barrage à la droite, c’est la définition du vote utile, mais d’abord utile au parti dominant…

Ce n’est pas ainsi qu’on défend l’idée d’une nouvelle majorité à Gauche, celle que recherche le Front de gauche, au sein d’une stratégie electorale qui s’ appuie sur des valeurs en rupture avec l’irresponsabilité des acteurs économiques actuels dont les défaillances sont manifestes dans la crise qui secoue notre société . Les enjeux de la démocratie , de l’écologie, de la prospérité en France et en Europe sont au centre des débats . Le PS qui est aux postes de commandes , tant au plan local que national, y répond avec les mêmes solutions que la droite :  le statu quo du primat de la finance mondialisée sur la maitrise de ces enjeux.

 » L’humain d’abord «  le programme du Front de gauche, construit et élaboré avec les communistes veut aller à contre courant de la modélisation financière du système capitaliste productiviste . A Paris, ou ailleurs,  les communistes en s’alliant avec les socialistes au premier tour des municipales croient pouvoir continuer à jouer de l’étiquette Front de gauche, ils ont tort . Ils ont  créé la confusion avec l’ensemble des militants Front de Gauche qui travaillent pour une pédagogie populaire de leur programme de rupture.

 

CAHUZACANDREOU ( Cahuzac = Papandréou)

Le lundi 7 janvier 2013 Yves CALVI organisait une rencontre sur FR2 entre JL MELENCHON, député européen, co-président du Parti de Gauche, candidat Front de Gauche aux élections présidentielles et Jérôme CAHUZAC, ministre socialiste du Budget ( sic)

Le débat s’annonçait Gauche contre Gauche et MELENCHON ne masquait pas sa satisfaction d’être enfin opposé sur des plateaux de télévision à un socialiste, qui plus est ministre, après la victoire de F HOLLANDE aux présidentielles. Il n’allait pas être déçu, car le débat fut vif et éclairant, le choc entre deux gauches comme il l’avait prédit . Voyons de plus prés ( pour les amateurs d’images la vidéo est plus loin)

Le journaliste se tourna d’abord vers le ministre, au cœur d’une polémique sévère lancée depuis un mois par Médiapart ( Edwy Plenel) Selon la direction du journal, M Jérôme CAHUZAC aurait fait transiter des fonds sur un compte ouvert dans une banque suisse UBS , non déclarés au fisc français. Waouh !!! Le patron de la lutte contre l’évasion fiscale se serait pris les pieds dans le tapis jusqu’en 2010, date de fermeture du compte suisse litigieux.

Sur interrogation de Yves CALVI, Jérôme CAHUZAC répond «  Je démens en bloc et en détails les accusations qui sont portées contre moi »

Bien joué M CAHUZAC, la polémique est refermée, elle devient procès, celui des preuves du journal qui ose calomnier le ministre.

Passons au débat des Gauches

-      sur la réforme fiscale : CAHUZAC répond « elle est faite » premier scoop et grand silence «  certes ce n’est pas une grande réforme » précise-t-il.

-      Sur la réduction de la dette publique d’un montant de 1800 milliards CAHUZAC répond « les traités sont supérieurs à la loi et engagent la parole de la France. » et le traité de discipline budgétaire a été ratifié.

Mais le plus beau fleuron de Jérôme CAHUZAC n’est pas là. Traité de social libéral par MELENCHON , Jérôme CAHUZAC déclare les yeux dans les yeux , à la manière de DSK , « Evidemment Je suis de gauche » ( évidence qui n’est peut-être pas partagée par tout le monde) et plus tard en fin d’émission de dire « Contrairement à vous M MELENCHON , je n’ai jamais cru à la lutte des classes. » « Jamais » répète-t-il ( au cas où on n’aurait pas bien compris.)

Bien joué M CAHUZAC, le social libéralisme que vous servez est donc le Hollandisme d’aujourd’hui, qui ne se distingue pas au plan économique de la droite populaire. Le clivage avec la droite ne se fait que sur les sujets sociétals comme le Mariage pour tous, contre lequel l’UMP est vent debout.

Tout au long de l ‘émission , JL MELENCHON , bouillant et brillant comme à son habitude, a su démontrer que cette ligne économique était incompatible avec la ligne du Parti de Gauche et du Front de Gauche dans son ensemble , qui prône la lutte contre l’austérité et la définanciarisation de l’économie capitaliste néolibérale.

Tout le monde aura compris que  la prestation télévisée de Jérôme CAHUZAC, réputé dans le sérail pour son aplomb et son mordant, bénéficiait du soutien de l’Elysée tant sur l’affaire du compte suisse « affaire qui n’en est pas une » affirmait Jérôme CAHUZAC ( qui paraissait bien sûr de ses arrières), que sur la ligne économique du gouvernement Ayrault auquel participe le ministre du Budget. Comme on dit dans les quartiers populaires de Marseille « tu touches lui, tu touches moi, tu touches moi ,tu touches beau » au sens de : c’est mon pote et ça va mal tourner pour toi si tu lui cherches des noises… Paroles de Président !!!

LA VIDEO


J.-L. Mélenchon « Mots croisés » France 2 par lepartidegauche

Commentaire de l’émission par Melenchon sur le blog de Mélenchon

Commentaire de l’émission par Mélenchon le surlendemain chez Bourdin

Attention ça se fête , c’est le 500 ième article depuis la création du blog en janvier 2009

L'axe franco allemand de la Gauche révolutionnaire

Nous apprenons que le 20 novembre JL Mélenchon a rencontré Oskar Lafontaine, ex-coprésident de Die LINKE : le parti allemand Die Linke est membre du Parti de la Gauche européenne,  au Parlement européen il s’inscrit dans le groupe GUE/NGL ( Gauche unitaire européenne) de tendance anti-libérale, anti-capitaliste et eco-socialiste .

JL Mélenchon et O. Lafontaine ont fait le point  sur la situation économique et sociale en Europe dans un communiqué commun à l’adresse des dirigeants européens . Ce communiqué mérite d’être lu attentivement car il constitue le premier acte public tendant à la création d’un Forum mondial de la révolution citoyenne censé regrouper les expériences de rupture et d’émancipation menées un peu partout, dans  le monde, par les forces populaires. Face au capitalisme mondial… la révolution citoyenne mondialisée .

Sarrebruck 22/11/2012

Sarrebruck 22/11/2012

COMMUNIQUE ( intégralité sur  le  blog de JL Mélenchon à visiter ICI)

En voici quelques extraits

« Nous constatons avec consternation l’usage qui est fait de l’Union Européenne comme outil d’une politique d’austérité généralisée. (…)

Imprégnés des leçons de l’histoire de notre vieux continent, nous voulons alerter les consciences en rappelant que la misère sociale, la récession et la compétition généralisée entre les peuples sont toujours des terreaux de guerre et de violence. Cette menace commence en Europe !(…)

Nous déplorons que la social-démocratie européenne n’oppose plus aucune résistance aux injonctions du capital financier ( …) Une révolution citoyenne s’inscrit comme nécessité en Europe.(…).

Cette exigence se vérifie dans bien des endroits dans le monde.(…)

Elle a donné lieu a des changements profonds en Amérique du sud et au Maghreb.(…) nous avons décidé d’unir notre action personnelle pour construire, avec les progressistes qui le veulent sur les cinq continents, un cadre commun de rencontre et de propositions, un Forum Mondial de la révolution citoyenne. (…).

Nous affirmons notre confiance dans notre capacité, le moment venu à diriger les nouveaux gouvernements progressistes qui sont nécessaires pour changer le cours de l’histoire et éviter la catastrophe ! Nous appelons toutes les consciences progressistes à entrer dans ce combat. »

3/09/2012:Point de presse PG avec Martine Billardson opinion sur le fonctionnement du FDGà partir de l'indice 33'00


Point presse de Martine Billard – 3 septembre 2012 by lepartidegauche

A partir de l’indice 33’00 M Billard répond aux questions des journalistes qui s’intéressent à la place de JL Melenchon dans le mouvement FDG, à l’organisation de ce mouvement par rapport aux partis politiques qui le composent, ou par rapport  aux non-encartés, ou aux associations comme Attack ou la Fondation Copernic . M Billard précise que le FDG fonctionne sur un collectif national animé par la volonté de porter des propositions communes et de soutenir les mouvements sociaux ou citoyens, il n’est pas constitué en Parti Unique,

Il semblerait qu’une structure en dessus des partis en présence ne soit pas à l’ordre du jour , sans doute une façon d’éviter les questions qui fâchent de leadership. La priorité irait donc vers l’expérimentation d’une coordination ou d’un collectif au plan national  qui impulse l’action militante de façon concrète et par consensus sur la ligne définie par le programme partagé « l’humain d’abord » .

M Billard admet cependant que la question portant sur le mode de structuration du FDG appelle réflexion et débat.

La cause de la critique, c'est la cause de la démocratie

Rouge au carré

Rouge au carré ou carré du rouge

« La  cause de la critique, c’est la cause de la démocratie », belle réflexion qui vient clore les propos de Luc Boltanski, sociologue, interrogé par le journal le Monde ( 12/07/2012) sur sa prochaine « leçon inaugurale » lors des XXVIes rencontres de Pétrarque qui se tiendrontles 16-20 juillet 2012 à Montpellier sur le thème «  Notre avenir est-il démocratique ? »

La cause de la critique, on pourrait dire aussi que c’est la cause de la philosophie, c’est d’ailleurs sur ce terrain là qu’elle a acquis ses lettres de noblesse : il suffit d’évoquer l’oeuvre de Kant , pour ne citer que lui, et sa  » critique  de la raison pure » ou « de la raison pratique ».

Mais revenons sur le terrain de la sociologie et de la politique .

La critique n’a pas bonne presse en général, c’est le résultat de l’effet « pensée dominante ». On passe son temps à faire le distinguo entre la bonne et mauvaise critique, entre la critique constructive et celle qui ne l’est pas. La critique, on en pleure ou on en rit, elle serait sentimentale, émotionnelle plus que  rationnelle. Elle ferait perdre du temps dans notre monde tyrannisé par l’urgence : quel militant n’a pas présent à l’esprit telle réunion où la critique est renvoyée dans les cordes du haut d’un «  il faut avancer, on ne va pas s’attarder là-dessus ». La critique qui pulvérise des bénis oui oui de toutes sortes,  si elle n’est pas confortable, est pourtant nécessaire, voire déterminante dans le champ politique : il faut donc s’y préparer plutôt que la nier.

Luc Boltanski développe l’idée que la critique est « réflexivité ». Ainsi on pourrait dire qu’elle met en œuvre un pouvoir d’interprétation, d’aménagement qui met en scène l’être humain face aux situations auxquelles il participe. Le sociologue est conduit à observer que « la critique s’ancre dans la singularité des personnes et des situations ». Somme toute, la critique serait  la marque de la diversité ,de « l’humain d’abord ».

Curieusement on retrouve la notion de réflexivité dans les écrits de ce grand argentier, philosophe qu’est George Soros (voir «  Le chaos financier mondial » ed presses de la cité ou « l’Alchimie de la Finance »). Il en fait le cadre conceptuel de son approche des marchés financiers à l’inverse des théories économiques qui « excluent de façon dogmatique toute considération de la faillibilité et de la réflexivité » Il critique la raison financière et la rationalité ultralibérale qui écartent à tort le principe d’incertitude lié à l’activité humaine. Pour tous ceux qui croient en l’efficience du marché financier et à la théorie des anticipations rationnelles, G Soros passe pour un hurluberlu. Les temps de crise que nous traversons prouvent qu’ils ont tort : là où la régulation politique fait défaut la critique a du mal à s’imposer. Mais les instances financières ne sont pas les seules à mettre en cause.

On peut affirmer, à la suite de Luc Boltanski, que « c’est le fait même d’être confronté à la critique qui donne vie aux institutions » et que «  ce qu’elles édictent (en règles c’est-à-dire en contenus du principe d’obéissance) n’est justifiable qu’à la condition de demeurer ouvert à l’interprétation et à la critique.(…) « Si l’on veut restaurer  la croyance dans la démocratie, il faut défendre la cause de la critique »

Aprés la fonction « cognitive » qui nous éveille ( la curiosité)  la critique doit assurer la fonction causative qui nous anime ( la contradiction) L’une ne va pas sans l’autre.

L’émancipation politique, entendue comme un égal accès à la critique, et la possibilité de l’exprimer comme de la manifester, apparaîtrait comme une exigence nécessaire de la société démocratique. Point de raison d’Etat, point de volonté de dissimulation ou mensonge des autorités. La critique trouve son creuset dans la transparence.

Poser l’émancipation politique par la voie ( ou la voix) de la critique, revient à tracer le chemin de l’engagement politique, celui  qui redonne à l’action politique la force de se soustraire aux conservatismes de tous ordres et ouvre vers d’autres possibles. L’enjeu est évidemment à l’ordre du jour en période de crise du capitalisme.

Or l’engagement politique est paradoxalement réducteur de l’esprit critique et les partis politiques qui sont censés organiser la critique ne sont pas conçus comme lieux de dispute, on a pris l’habitude d’exporter  la discussion qui se fragmente à l’extérieur.  Ces  facteurs, on l’aura compris, favorisent à la fois professionnalisation de la politique,  primat des logiques électoralistes et désaffection du citoyen qui rechigne à s’encarter.

Toute organisation partisane devrait cependant prendre soin de veiller à son émancipation interne : la liberté de critique. Cette tâche est ardue, cependant on ne peut s’y dérober si on a la prétention d’appliquer le principe à la société toute entière.

Le Tour de Gauche 2012: l'équipe du FDGn'a pas démérité, elle a joué franc jeu

melenchon14Bons résultats de l’équipe Front de gauche. Elle a sorti N. Sarkozy de l’Elysée et empêché Marine Le Pen d’entrer au Palais Bourbon.

Le bloggeur Mélenchon est revenu sur les scores du  Front de gauche et il nous livre son analyse politique sur le Front de gauche et son avenir. Ses réflexions ont inspiré le commentaire qui suit .

« Je me sens comptable, écrit JL Mélenchon, de l’élan que ma candidature à la présidentielle a pu mettre en mouvement.». Et ce ne sont pas seulement ses talents d’orateur qui y ont contribué.

Je crois en effet que cet élan a aussi pour nom la démocratie, notre démocratie en choc frontal avec la crise que traverse la société, la nôtre mais aussi celle de nos voisins européens. Au fond la question est : que nous arrive-t-il ? Le fait même de poser la question ouvre sur la responsabilité, notre responsabilité tant individuelle que collective. Ce n’est pas le moindre des mérites de la campagne de JL Mélenchon dont on peut s’enorgueillir et pas uniquement d’un point de vue partisan.

Dans la quête d’une réponse, j’ai trouvé ou plutôt j’ai appris à constater le primat de l’économique sur le politique et le formatage de l’idée de bonheur ou de progrès que la richesse induit. On a oublié, qu’aussi loin que l’on remonte dans les société primitives, que la richesse chez les hommes c’est le partage et le premier partage est celui que l’on fait de la vie, ce court instant que dure la vie. Mais l’instant est devenu  temps, le temps est devenu  argent et l’argent est devenu volonté de puissance et impuissance de la pauvreté. Même interrogation : mieux vivre pour partager, ou partager pour mieux vivre ? Ou alors,  qui suis-je ? un riche ou un pauvre ?

Il faut avant toutes choses se mettre à l’ouvrage sur la ligne économique : production-consommation, transport-proximité, pouvoir d’achat-salariat, capital-travail, libéralisme-communisme, environnement-écologie, oligarchie-citoyenneté, droit-nondroit etc… Et travailler en autodidacte : ce n’est pas une mince affaire mais c’est aussi incontournable que l’action qui nous presse.

Certes il est bon de savoir comme le précise JL Mélenchon que le Front de gauche «  n’a pas commencé par autre chose qu’une mise en mouvement » et une « volonté d’avancer vers le même horizon ». Là aussi j’ai pu constater ou faire l’expérience que le premier horizon qui se dessine, c’est celui qui est crié dans les meetings « Résistance ». Chacun, me semble–t-il,  doit en connaître le sens : conscience démocratique et sentiment d’injustice. En est-il de même de sa portée pratique ?

Avec le Front de Gauche, répète JL Mélenchon, nous sommes « les tenants d’une autonomie conquérante ». Cela signifie quoi ?

Pour y répondre, il m’apparaît indispensable de revenir ou de se centrer sur le point de départ du mouvement, qui est le choix de la ligne économique, car l’économie c’est l’épine dorsale de la vie collective. Face à l’enkystement des riches dans le régime totalitaire du super profit, le langage de la pauvreté n’est pas mort, celui de la souffrance non plus. Il faut comprendre que la stratégie d’action du Front de Gauche est d’accompagner la vie collective jusqu’à cette  ligne de crête : celle du départage entre ceux qui accaparent et les autres, entre le système qui opprime et celui qui libère, entre l’avenir de l’humain et sa perte, entre une civilisation universelle et une barbarie mondialisée. Tel est l’enjeu de la mise en mouvement du Front de gauche. Il s’agit de réinventer la vie économique en prenant appui sur la puissance et le language des pauvres : l’implication populaire en est la seule et nécessaire  condition.

« Si le Front de gauche n’a de sens que par son action » comme le commente JL Mélenchon, j’ajoute que sa réussite n’a de sens que dans son abnégation. Un seul mot d’ordre s’impose : lutter et résister dans toutes les actions, petites ou grandes, qui choisissent ce parti pris de contrarier l’oligarchie des puissances de l’argent qui nous gouvernent avec la complicité de nos représentants. Les tâches du Front de Gauche sont dans tout ce qui bouge et font progresser « l’humain d’abord »  et  il serait vain en effet de le définir suivant les catégories habituelles des groupements politiques. Il est cet « outil précieux » au service d’une démarche collective et alternative qui fait front et rassemble pour la conquête du pouvoir si la volonté générale le souhaite. En effet, et chacun l’aura compris, la mutation de notre société vers un autre modèle de développement économique a besoin aussi de la loi, de la force de la loi que confère le pouvoir d’Etat. L’avenir du Front de gauche est tout tracé : combattre le système oligarchique  fondé sur un ultra libéralisme dont la crise nous a dévoilé les effets destructeurs et l’irresponsabilité sociale de ses acteurs. Tout le reste n’est que balivernes pour conservateurs impénitents. La révolution est dans les urnes et dans le courage de nager à contre courant, mais plus on est, moins on s’épuise ! c’est de l’écologie mes amis. 4 millions de mélenchonistes,  c’est un excellent  résultat, une force d’entraînement capable de dépassement, c’est dans ce dépassement qu’est la réussite et pas ailleurs.

Un dernier mot : ce même horizon partagé qui fixe la direction, n’empêche pas  de s’interroger sur la capacité de chaque composante du Front de gauche à faire front, sur la capacité à se rassembler qui relève de leur propre responsabilité. On peut d’autant plus facilement penser avant d’agir que les actions ont une intention commune dépourvue d’ambiguité. Je ne reprendrai pas cette vieille formule politique du Cardinal de Retz «  On ne sort de l’ambiguité qu’à son détriment » mais je conclurai volontiers : autant ne pas y entrer lorsqu’on commence quelque chose.