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Mélenchon, laisse béton …

melenchonLe vieux lion ne répondra plus au nom du Front de gauche : on se souvient que fin 2013 il avait dit au détour d’une interview  » Pour l’instant c’est moi qui parle en son nom ( le Front de Gauche ) «  en expliquant  que le Front de Gauche représentait l’alternative à Gauche , et d’une façon générale , une alternative à la mondialisation de la finance  responsable des désordres économiques actuels du pays et du continent européen .

La politique de droite engagée par le gouvernement de F Hollande , le deuxième Président socialiste sous la V République , a tourné à l’affrontement sur la ligne économique et sociale , un affrontement tel que toute  alliance électorale avec le PS devenait incohérente si ce n’est pour le PC désireux de conserver ses mandats électoraux  et d’une certaine façon sa visibilité démocratique réformiste aux cotés des plus démunis .

La révolution citoyenne sur le fondement d’une rupture sociale avec le modéle économique et financier du néolibéralisme qui a conduit à la crise actuelle est incompatible avec des  arrangements électoraux de cette sorte : les communistes jouent aux apprentis sorciers au moment des élections au détriment d’une cohérence  avec l’idée de rupture prônée par le Parti de Gauche . Pour le Parti de Gauche , il s’agit de rompre avec les politiques néolibérales européennes,de  refonder un modèle français débarrassé des oripaux  de l’ancien capitalisme, de se tourner vers une transition écologique pour le bien de tous. Il s’agit là d’une révolution de la mentalité citoyenne  qui n’autorise aucune compromission  sur la scène des rendez vous électoraux  avec le peuple citoyen . Le PC français a jugé du contraire . Il en a perdu sa faucille .

JL Mélenchon est en conflit sur ce point avec Pierre Laurent  et le porte parolat au sein de la mouvance Front de Gauche  est devenu  un problème de fond .

JL  Mélenchon, avec les déconvenues électorales des municipales et des européennes, n’ a plus voulu servir d’alibi à une stratégie non partagée . Il a raison .

« J e ne peux plus continuer comme ça «  dira -t -il récemment dans une interview accordée au site  Hexagones (pour abonnés) en precisant . « Il y a deux lignes en quelque sorte. Celle qui est portée par la direction du Parti communiste, qui est plus institutionnelle, plus traditionnelle, où on continue à penser que la gauche est une réalité partidaire, organisée et qu’on peut rectifier le tir du Parti socialiste. Et puis, il y en a une autre qui pense que ça, c’est un monde qui est quasiment clos, qu’il faut construire et qu’on le fera progressivement à condition d’être autonome. » Il s’en prend à la direction du Parti communiste en évoquant  »  le poids du retour aux vieilles traditions partiaires, aux arrangements, aux accords électoraux. » Certes le monde communiste n’est pas assimilable aux apparatchiks mais il faut bien en convenir le Front de Gauche, sous Mélenchon ( qui n’ appartient pas au Parti communiste) a vécu. On en revient à la question du début , celle de l’identité du Parti de Gauche : il doit gagner ses galons à gauche , en dehors du PS, en dehors du PC, en dehors d’ EELV. Le processus unitaire relèvera d’une démarche volontariste également partagée sous l’éclairage d’un projet de République sociale où la justice pour tous est recherchée , la démocratie pour chacun garantie. Le point d’ancrage de cette démarche dans la volonté de pouvoir est de faire que  l’écologie politique ( qui n’appartient pas aux partis écologistes) soit la réalité de demain. Le monde nouveau sera écologique ou ne sera pas.

Puis en dehors des difficultés propres du Front de Gauche, il y a à l’extérieur la montée en puissance électorale du  Front national et de l’extrême droite qui prône une rupture avec la démocratie républicaine tout en occupant l’espace politique de la Gauche . JL Mélenchon  déplore que Marine Le Pen « puisse réciter des morceaux entiers de notre programme ( celui du FDG) «  et ainsi embrigader , avec une caisse de résonnance médiatique complice,   ceux des mécontents qui sont les plus défavorisés , ou les moins politisés. Tout aussi  préoccupant, le Front de Gauche, en miroir avec le Front national, se voit étiqueté d’extrême gauche, et non de cette gauche alternative républicaine et écologique comme le souhaitait le Parti de Gauche. Le problème de l’extrême droitisation de la société ne s’évacue pas dans l’affrontement Front contre Front, au contraire cette bipolarisation a pour effet d’alimenter la perte de crédibilité du pacte républicain qui fonde notre histoire révolutionnaire.

Les médias ont vite fait de dire que Mélenchon quittait la politique. C’est mal connaître le personnage, on ne lui dit pas  » laisse béton… » ce serait oublier que l’engagement politique est sa deuxième peau, qu’il reste co président (*) du Parti de Gauche et député européen , c’est pas fait pour se reposer entièrement ….Il nous confie ses réflexions sur son  devenir  » je sais dans quelle condition je peux être utile (…) et je veux m’utiliser dans ce que je crois être capable de faire : la transmission idéologique, le travail intellectuel et culturel » . Il  a des amis qui comptent sur lui à commencer par son équipe de combat et ceux qui vont monter en première ligne , à sa place . François Delapierre, plus jeune, a déjà commencé le travail . Il fait bien de prendre des vacances car la rentrée sera rude , nous lui recommandons de soigner la démocratie interne du parti, pour le reste à lui de voir … Il passe bien à la Télé, ses idées sont claires , on peut même dire dans un trait d’humour que Delapierre c’est du béton !!!

(*) Mise à jour : On a appris, lors du remue méninges du mois d’aout , ( l’université d’été du PG )que Mélenchon quitte, avant l’heure, la Présidence du Parti de Gauche qu’il a contribué à fonder en 2009 après son départ du Parti socialiste au sein duquel il a mené l’essentiel de sa carrière. Il avait prévenu qu’il ferait le bilan de son action après les européennes . Le Front de Gauche reste le Front de gauche , une nébuleuse dominée par le Parti Communiste  et le Parti de Gauche reste un « petit parti « , certes, mais grand par son ambition : installer une 6 ieme  République plus sociale et moins présidentielle.

Le Mamamouchi local en ballotage à NÎMES

 

fournierAvec 37,23%  des suffrages , qui représentent 17 491 voix , seulement, sur les 85 551 personnes inscrites sur les listes électorales de la commune de Nîmes , Jean Paul Fournier Maire sortant UMP arrive en tête au premier tour , talonné par le  FN représenté par Yoann Gillet (10 241 voix 21,74%) un jeune homme au visage de poupon, débutant  en politique,  qui n’a pas eu besoin de trop s’agiter pour faire campagne et obtenir le deuxième score  autour d’une profession de foi et d’un slogan classique pour l’extrême droite  » Nîmes, ville française ».

 

Fournier jure au grand Dieu qu’il ne copinera pas avec le FN , que fera le FN ?

Laissons parler le numéro 2 du FN Florian Philippot  qui est en tête au premier tour à Forbach ,(  35,75% des voix) Il préconise le système « calculette » avec  l’UMP ( 12,26%)

 » j ‘encourage le candidat UMP à faire le choix le plus sensé et à se retirer car il représente la liste la plus faible »(LM du 25/03/2014) 

Bien , il semble évident que  chez ce  dirigeant FN comme à l’UMP , que la respectabilité de l’extrême droite est acquise sur ses thèmes privilégiés l’immigration, la xénophobie, l’identité nationaliste avec la préférence nationale contraire à l’esprit républicain .( si l’on en croit les médias, le changement en France maintenant , c’est ça !!! ) 

C’est sur cette apparente  crédibilité conquise il est vrai auprès d ‘un électorat populaire que le FN de Nimes , fidèle à sa duplicité viscérale, va  refuser d’appliquer à soi même ce qu’il recommande aux autres et se maintenir non pas contre Fournier , mais à coté de lui , nuance !!!  L’extrême droite ça passe par la droite.

Pour le Front de gauche à Nîmes , aucun état d’âme ne vient perturber la stratégie d’alliance avec le PS POUR BATTRE LA DROITE ET L’EXTRÊME DROITE  stratégie annoncée dés le premier tour du scrutin . Le Front de gauche est entré en campagne pour gagner les élections contre Sarkozy , et contre le sarkoziste  Fournier . Il s’agit de terminer le travail commencé  avec la même détermination , celle de défendre « l’humain d’abord »   au sein d’une majorité municipale de droite comme de gauche qui voudrait s’en dédouaner . Le citoyen nîmois peut compter sur une opposition de gauche vigilante  incarnée par la liste de Sylvette FAYET qui rassemble le PCF, le Parti de Gauche, Europe Ecologie-Les Verts, Ensemble, Alternative socialiste à Nîmes.

Mise à jour 26/03/2014:

Nous apprenons que l’ alliance avec le PS n’a pas été formalisée en préfecture par une liste d’union déposée dans les délais.Le Front de gauche et les Ecolos restent en lice au deuxième tour A nous de détrôner le Mamamouchi.

 

Mélenchon et la majorité silencieuse

A propos de la marche citoyenne du 5 mai pour une 6 ième république

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Le 30 avril 2013 Patrick Cohen invitait sur France Inter  Mélenchon qui annonçait cette marche citoyenne sur Paris et le 6 mai il répondait sur France Info aux questions de Raphaele Duchemin au sujet de la formidable mobilisation de la veille .

 

Vous qui suivez les péripéties du tribun  du Front de Gauche vous avez du remarquer, comme moi,  le changement de posture de ces journalistes vis à vis de JL Mélenchon.

Sans conteste ils nous donnent l’impression de l’écouter et de le laisser parler ….en intervenant un minimum  par des questions qui entrent de plus en plus dans le vif du sujet qui est la rupture avec les  idées toutes faites sur la Finance et l’économie de marché dans le monde en crise que les sociétés dites « riches » traversent actuellement .

Un saut qualitatif est franchi, Mélenchon (et l’analyse de l’alternative dont il est le porteur collectivement) est crédité , au delà des convictions du public sur le changement de cap qu’il préconise avec le Front de Gauche, d’un rôle démocratique de premier rang .

Il a été le premier et le seul à s’opposer aux politiques d’austérité  budgétaire orchestrée depuis le début de la crise au sein de l’Union Européenne en proposant une relance de l’économie qui n’exclut pas la rigueur et la planification, sauf à préciser que celle-ci sera écologique ou ne sera pas.

Il est le premier à vouloir réellement une démocratie concrète ce qui suppose qu’une majorité en soit convaincue et s’implique dans le changement de ses institutions,  une nouvelle organisation de l’Etat qui soit autre chose que le fondé de pouvoir du capital et de la haute finance .On peut  ne pas être d’accord avec ces perspectives mais elles ont le mérite d’être assumées et mises sur la table pour qui veut en discuter . Qui veut en discuter?  Certainement pas ceux qui considèrent , à tort plus qu’à  raison, que l’interêt général n’existe pas, même en période de crise et d’urgence, et que du seul « sauve qui peut » ils tireront les bénéfices .

C’est le sens de la marche du 5 mai que de questionner à ce sujet la majorité silencieuse : ce qui a été fait avec enthousiasme ,voyez plutôt ce jeune militant interwievé sur les lieux de la manif à partir de l’indice 433 de la vidéo

 

Mélenchon avant le 5 mai


J.-L. Mélenchon au « 7/9″ de France Inter le 30… par lepartidegauche

 

 

Mélenchon après le 5 mai

JL Mélenchon sur France info  » marées… par lepartidegauche