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Yann MOIX, écrivain, journaliste, temoigne sur Calais

L’écrivain Yann Moix dénonce  dans une lettre ouverte ( voir çi dessous) adressée à Emmanuel Macron et publiée dans le journal Libération le 21 janvier 2018 le traitement infligé aux migrants à Calais dont il rend compte dans un documentaire à paraitre sur Arte, et accuse les forces de l’ordre d’actes de barbarie.Il fustige la politique migratoire de la France qui intègre au plus haut niveau ces actes répréhensibles dont il porte témoignage . Interrogé sur France Inter le lendemain, il s’explique sans détour sur l’indignation qui l’anime, et met en cause la duplicité sur le sujet du Président de la République lui-même qui joue les humanistes dans ses discours officiels comme celui tenu devant l’ONU le 17 septembre 2017( voir ICI sur notre site http://monpostdemocrate.info/?p=15261 la retranscription de son discours )

En visite à Calais le 16 janvier Emmanuel Macron s’était élevé contre «l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels» des migrants, tout en précisant que «si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». » Rien de surprenant à ce que le préfet du Pas de Calais ( Fabien Sudry) ait affirmé  de son coté que «l’usage du gaz lacrymogène s’était fait  dans le respect de la réglementation» pour «mettre fin aux tentatives d’intrusion sur la rocade, sur les sites du port et du tunnel sous la Manche et pour stopper les débordements et les rixes entre migrants».

Président Macron et Préfet Sudry ne pouvaient  ignorer  les conclusions d’un rapport de l’administration commandé par le ministre de l’Interieur G Collomb et publié le 23 octobre 2017, juste un an aprés l’évacuation de la jungle de Calais, rapport selon lequel des «manquements» à la déontologie policière étaient «plausibles» à Calais, avec un « usage disproportionné» des gaz lacrymogènes.

Le préfet Sudry, en réponse à Yann MOIX, répond sur twitter  et défend , oh surprise, les serviteurs de l’Etat , l’infamie , selon lui , est du coté du chroniqueur en quête de notoriété.

 L’indignation de  Yann Moix nous parait pourtant bien réelle: dans ses écrits et ses explications, il semble vouloir dépasser le cadre de la responsabilité individuelle des policiers en dénonçant un véritable  » protocole de la bavure » c’est à dire un schéma d’obéissance et de commandement qui conduit à des traitements inhumains et dégradants , et auquel doivent se plier les forces de l’ordre, tout comme le soldat qui doit tuer pour ne pas être tué…

Souvenons nous  que l’usage de la force par les services de sécurité sont soumis , au niveau européen , à des critères qui excluent tout acte qui  relèverait d’un traitement inhumain et dégradant dont la gravité est avérée .  La violence policière ne peut pas servir de prétexte à une impuissance politique de traiter humainement et dignement le phénomène migratoire, assimilé selon un langage dévoyé qui appartient à l’extrême droite à une « ‘invasion »  migratoire.

Il est temps de prendre la mesure des réflexes de pouvoir qui déshonorent la République.