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LU dans la revue Esprit: Les élections européennes et la crise des partis

30 mai 2014 source http://esprit.presse.fr/news/frontpage/news.php?code=324

 

Entretien avec Christophe Sente  collaborateur scientifique à l’Université libre de Bruxelles. Voir son dernier article dans Esprit, « Faut-il attendre une refondation de la social-démocratie ? » (août-septembre 2013) Il cite Peter Mair[1]. Voir On Parties, Party Systems and Democracy. Selected Writings of Peter Mair, Colchester, ECPR Press, 2014.et Vivien Schmidt[2] Vivien A. Schmidt et Mark Thatcher, Resilient Liberalism in Europe’s Political Economy, Cambridge, Ca

Propos recueillis par Alice Béja dont les questions , toutes interessantes, sont reproduites dans leur intégralité . Les réponses sont un peu décevantes et reproduites par voie d’extraits .

 AB- Les résultats des élections confirment la majorité détenue par le Parti populaire européen (droite) au Parlement. A rebours de l’atmosphère politique en France, où la première place du FN fait figure de « séisme », il semble donc que la politique européenne soit plutôt placée sous le signe de la continuité. L’arrivée de députés issus de divers mouvements eurosceptiques peut-elle modifier cette politique ?

CS. Il répond qu’ en Europe a prévalu une alliance ou une alternance de partis gouvernementaux européistes «  même si , ajoute -t-il on assiste dans plusieurs Etats à l’émergence de challengers « eurosceptiques ».( Front national, UKIP (le parti eurosceptique anglais) ou le parti du peuple danois respectivement  en France, en Grande-Bretagne et au Danemark.(…) Selon lui « Aujourd’hui, les députés européens « eurosceptiques » (…) resteront dans une position de relative faiblesse tant qu’ils ne disposeront pas d’alliés suffisants au sein des gouvernements nationaux (…) »

AB- Les partis eurosceptiques arrivent premiers en Grande-Bretagne (Ukip) et au Danemark (Parti du peuple danois), des pays dont la relation à l’Europe a toujours été compliquée et qui ne sont pas dans l’euro. En revanche, en Allemagne, en Italie ou en Espagne, pays historiquement pro-européens, les partis au pouvoir arrivent en tête, à des degrés divers (très largement pour le PD de Matteo Renzi, en net recul pour le Parti populaire de Mariano Rajoy). La France est-elle une exception ?

CS. Il répond avec prudence que  la relation à l’Europe est compliquée,que  la situation actuelle peut être interprétée différemment mais sans doute « à l’aune d’une fragmentation de systèmes multipartites nationaux là où le parti au pouvoir convainc difficilement du bien-fondé de choix nationaux qu’il justifie par les traités européens. »(…)

Comment expliquer que les habitants des pays d’Europe du centre et de l’est, pourtant parmi les plus pro-européens lorsqu’on les interroge, votent si peu aux élections européennes (la Pologne, souvent présentée comme l’élève modèle de l’Union, est également lanterne rouge en termes de participation) ? 

CS « C’est de façon beaucoup plus générale qu’on assiste en Europe à un déclin de la participation politique. Ce déclin s’exprime au travers de l’abstention électorale, (…) ainsi que d’un désengagement plus général par rapport aux formes organisées de la participation telles que les partis et les syndicats, mais également les coopératives et les mutuelles.(…)

‘ »Si la xénophobie est loin d’avoir disparu, elle ne paraît plus alimentée par une théorie raciale et raciste, mais plutôt soit par une remise en question du champ d’application géographique du principe de solidarité, soit par une référence paradoxale à un modèle européen de libertés individuelles. »

La nouveauté de cette élection européenne était sa personnalisation, le fait que chaque grande coalition européenne ait désigné une personne qu’elle présenterait à la présidence de la commission en cas de victoire (Alexis Tsipras pour la gauche radicale, Martin Schulz pour les socio-démocrates, Guy Verhofstadt pour les libéraux et Jean-Claude Junker pour le parti populaire européen). A voir les résultats, et malgré un taux de participation global en légère hausse par rapport à 2009, cette innovation ne semble pas avoir transformé l’élection. Etait-elle nécessaire ? Son échec est-il le signe de la difficulté à combler la distance entre les électorats nationaux et le fait européen ?
CS « Cette stratégie (…)a eu le grand mérite de rappeler que la commission est un lieu éminemment politique ( pas uniquement technocratique )  que le choix de son leader importe.(…)  les limites du succès de la stratégie de personnalisation menée dans le cadre de la campagne de 2014 peuvent indiquer que le niveau d’adhésion des citoyens à l’Europe ne dépend plus de sa séduction institutionnelle, mais de résultats socio-économiques favorables aux travailleurs et aux chômeurs. Cette lecture trouve une confirmation dans les Eurobaromètres régulièrement consacrés à la citoyenneté européenne qui placent l’emploi en tête des attentes formulées à l’égard de l’UE. »

AB-Le Parti socialiste européen est en recul en termes de nombre de sièges au Parlement. Ces élections – maintien de la droite, montée des mouvements populistes – sont-elles un nouveau révélateur de l’échec de la social-démocratie dans le contexte de la crise ?  D’une impossibilité à sortir d’un discours du « il n’y a pas d’alternative », qui risque de s’aggraver avec le maintien d’une majorité de droite ? Plus généralement, ces élections posent-elles la question de l’avenir du bipartisme, remis en cause dans plusieurs pays (Grande-Bretagne, Italie, France), ou n’est-ce qu’un effet d’optique du scrutin européen ?

CS (…) l’évidence de l’inefficacité technique des remèdes monétaristes à la crise ne porterait pas fondamentalement atteinte à la quasi-hégémonie des options économiques et sociales importées par le thatchérisme dans l’imaginaire collectif européen. Le fait que la plupart des partis eurosceptiques ne rompent pas complètement  avec de telles options confirme cette analyse.

Conclusion de l’interviewé . « .Dans un tel contexte, la démocratie européenne a moins besoin de réformes électorales qui consolideraient techniquement la position dominante, à présent érodée, de partis traditionnels, que d’un débat sur les politiques économiques et les objectifs sociaux de l’Europe. »

============================================ Commentaire
Cette conclusion  est décevante car les fondamentaux  de l’Union européenne devraient tendre à activer un état de droit qui favorise le débat contradictoire entre les peuples sur l’existence d’un interêt européen commun supérieur aux prétentions nationales contraires Il reste à la démocratie européenne à inventer les règles de ce débat sans diminuer  les peuples de l’exercice de leur  pouvoir souverain . Les règles éléctorales deviennent essentielles.Nous vivons aussi une » crise institutionnelle en Europe ». Un vent mauvais souffle sur l ‘esprit communautaire qui animait les peuples européens au sortir des déflagrations assassines de la deuxième guerre mondiale .

L'entreprise de la nouvelle ère

L’entreprise est une réalité humaine , qui entreprend sinon l’homme ? Sa finalité est économique, et personne ne contestera que l’entreprise est le noeud de relations complexes comme l’étude du vivant nous l’enseigne  C’est pourquoi il devient urgent, dans le contexte de crise économique que nous connaissons, de s’interroger sur la place de l’entreprise de demain  dans le nouveau mode de développement économique , le nouveau logiciel , le nouveau paradigme qu’il est devenu impératif d’inventer. Les sociétés occidentales dites riches ou prospères ont le devoir d’y répondre avant toutes les autres, celles qui ne sont pas sorties de la pauvreté, et autrement que par « faire toujours de la même chose » : c’est là la difficulté . C’est pourquoi ,   le débat ouvert sur le sujet avec deux experts en prospectives, comme le fait la journaliste Véronique Anger, rédactrice des Di@logues Stratégiques,  lors d’une émission diffusée le 11 octobre 2012 , était  intéressant à plus d’un titre .

D’un coté Joêl de Rosnay , 75 ans , docteur es sciences , spécialiste en informatique,  il est conseiller de la Présidence de la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette écrivain et essayste , auteur de plusieurs ouvrages le dernier intitulé  » Surfer la vie » ou comment sur -vivre dans la société fluide . ICI SON BLOG

De l’autre coté Philippe Dessertine 49 ans , docteur en gestion et finance , il est directeur de l’Institut de la Haute Finance ,auteur de plusieurs ouvrages dont  » La décompression  » ou des solutions aprés le Krach ( 2011): au cours d’une conférence à Bordeaux ICI il nous explique  la crise avec un talent certain de conteur . ICI SON BLOG permet de faire plus amplement connaissance

Tous deux partent des mêmes conclusions : nous vivons la fin d’un monde .Pour le premier c’est la fin du monde industriel et l’ouverture d’une nouvelle ère technologique , pour le second c’est la fin de la finance adossée à un modéle de développement et de croissance impossible à généraliser à l’échelon planétaire. Bien sûr , je vois la critique : ce sont deux bourgeois ensemble et leur élucubrations futuristes nous passent au dessus de la tête .  Il n’empêche qu’ils véhiculent avec eux, l’absolue nécessité de voir qu’un monde est en train de finir ( le même constat que nous faisons ) et de faire l’expérience d’une transformation salvatrice pour l’humanité ( la même aventure que nous souhaitons), et il y a comme un air de famille avec la vision aujourd’hui et maintenant qu’entretient le Front de Gauche  dans l’action politique  » révolutionnaire » et ses débouchés en termes de pouvoir.

René Revol nous parle

Le 18 octobre 2012 René Revol,( sur son blog « le débat interdit ») responsable au Parti de Gauche , maire de Grabels et économiste, invité par l’Unef  de la Fac de Montpellier a débattu avec Max Levita , socialiste adjoint au maire de Montpellier sur le traité de discipline budgétaire et de la logique ultra libérale qui a présidé à son adoption dans un contexte où la Finance mène le bal au détriment des peuples qui se paupérisent du fait des politiques d’austérité adoptées.  Ecoutez son intervention qui est lumineuse pour ceux qui défendent une ligne de rupture avec les diktats économiques et financiers qui nous ont menés à la crise actuelle et qui appellent une riposte : la mobilisation générale des travailleurs le 14 novembre 2012 contre l’austérité décrétée par ceux là même qui en ont créé les conditions de possibilité , les banques privées que les contribuables ont sauvé du désastre.

Europe ou pas Europe: le fédéralisme?

Il est assez répandu de dire que la crise de la zone euro est révélatrice d’erreurs de montage de la monnaie unique(*), comme si les crises liées à la disparité des situations nationales secouées par les soubresauts de la croissance mondiale n’avaient pas été anticipées, défaut d’anticipation aggravé par un défaut d’évaluation on pense notamment à l’entrée en zone euro de la Grèce à peine sortie de la pénurie voire de la pauvreté, on oublie la non entrée en zone euro de l’Angleterre, de sa banque et le cordon ombilical entre Wall Street et la City de Londres .  Chaque Etat membre de la zone Euro accepterait une démarche autoritaire et contraignante qui ferait miroiter une sortie de crise pour l’ensemble de la zône, sans exclusive . On reparle d’intégration pour échapper à la désintégration, et de fédéralisme européen.

(*)  L’ euro est devenu l’épicentre de la crise actuelle à cause des défauts inhérents à sa construction « G SOROS dans  » Le chaos financier mondial » ed presses de france 2012

europe-apres1Christian Levesque, (directeur du Centre d’études et de recherche internationale de sciences-po (CERIinternationales de sciences -po) et Thierry Chopin ( Directeur des études de la fondation Robert Schuman)Jean François Jamet, économiste se sont penchés sur la question. A  la suite de leur ouvrage commun intitulé « L’Europe d’après. En finir avec le péssimisme » les deux premiers ont accordé un interview à Clementine Forissier d’ Euractiv dont voici quelques extraits, les plus significatifs ,à notre avis , de l’état de leurs reflexions.

« Or, si nous ne parvenons pas à nous entendre sur la signification même du mot de gouvernement économique et in fine à nous accorder sur une conception commune du système politique et économique de l’Union, et en réalité du fédéralisme, les Etats ne pourront s’entendre sur un gouvernement commun et il sera difficile d’envisager « l’après ». »

« L’UE est le plus grand marché mondial, elle reste le principal acteur de la mondialisation(..)L’Union reste le premier bénéficiaire des investissements directs étrangers dans le monde, la zone euro dispose d’une monnaie internationale crédible et ce que l’on qualifie abusivement de crise de l’euro est en réalité une crise des politiques budgétaires et des divergences de compétitivité »

‘ »Par ailleurs, on l’a dit, la crise actuelle replace la question de l’intégration – notamment économique – au cœur des débats. Ce débat est en réalité politique : la relance du projet européen suppose non seulement de définir des réformes, qui permettront d’améliorer son efficacité mais aussi d’adopter un discours politique à même de lui donner une forte légitimité populaire »

« Un tel projet( la poursuite de l’integration) doit se faire avec un dessein préalable et avec une légitimation politique suffisante. Il faut que les dirigeants européens cherchent et parviennent à convaincre les citoyens de l’utilité et de la légitimité de l’UE pour affronter les défis du monde globalisé. »

Que faut-il en penser ?

europerevolutionLe discours actuel coince sur le volet social, la marche forcée vers un fédéralisme financier comme si c’était une nécessité qui commanderait au reste, n’est pas audible par tous ceux qui défendent une ligne de rupture avec le modèle financier de l’ économie néolibérale à l’origine de la crise. La plupart des spécialistes en conviennent : la spéculation a joué contre l’économie réelle.   La concurrence libre et non faussée sans Etat fédéral européen, sans budget fédéral européen calculé pour le developpement en contrefeux des crises, sans convergences fiscales et économiques, sans mutualisation de la dette souveraine européenne, sans démocratie européenne constitutionnelle fondatrice d’une justice civile et pénale, est une supercherie. La preuve en est faite.

L’union monétaire qui n’aurait jamais due être dissociée d’une union budgétaire, fiscale et bancaire avec une vision précise d’une  union politique régulatrice  a favorisé un modèle institutionnel européen désastreux   ( le traité de Lisbonne) , un géant aux pieds d’argile: une monnaie forte sans peuple pour la défendre, un systéme financier déresponsabilisé, et un faux semblant de démocratie .

L’Europe oui, mais pas pour soigner  cette oligarchie de bureaucrates bruxellois  payée pour masquer  l’incurie politique européenne, celle qui consiste, bon gré ou mal gré,  à paralyser les mécanismes de régulation et de contre pouvoirs   face aux puissances financières et aux lobbies de toutes sortes. Certes la Cour de justice de l’union européenne est habituée à prendre le relais en cas de panne politique mais le pire serait qu’elle perde son indépendance sous la pression d’un choix austéritaire.

On n’accepte la contrainte supra nationale que pour un bien commun. La crise actuelle a le mérite de mettre à cru  le sens de la projection européenne portée par les Etats membres : aucun ne veut abandonner  une parcelle de souveraineté sans contrepartie. Celle -ci ne peut être uniquement la sortie de crise, il est besoin qu’elle s’accompagne d’un  souffle nouveau pour le projet européen car l’Europe est en crise d’efficacité et de légitimité et elle le demeurera sans solidarité non pas des banques mais des peuples sur le terrain social, sur le terrain de la confiance sociale que les politiques d’austérité sont en train de saccager sans la moindre vergogne.

Pour en savoir plus

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/europe/221148104/leurope-dapres-contribution-a-strategie-globale-sort

http://www.robert-schuman.eu/ouvrage.php?num=140

videos du 27/06/2012 à la veille du sommet européen

http://www.robert-schuman.eu/partenariats_france24-archives.php

1.quelle croissance pour sauver l’Europe ? (partie 1) table ronde avec Michel Barnier commissaire européen aux affaires interirures et aux sevices financiers , Eva Joly députée européen(groupe Les verts) , Harlem desir député européen (groupe socialistes et démocrates ), Guy Verhofstadt,député belge européen, Président du groupe des démocrates et libéraux.

2.quelle croissance pour sauver l’Europe? ( partie 2)

table ronde avec Henri Weber, député européen( groupe des socialistes et democrates) Corinne Lepage députée européenne( groupe alliance des démocrates et libéraux) Constance Le Grip (groupe parti populaire européen)Eva Joly députée européen présidente de la commission du développement(groupe Les verts) et Giuliani le président de la Fondation en conférence audio

3. voir aussi Pierre Maystadt President honoraire de la Banque européenne d’investissement (BEI) auteur du livre « Europe : le Continent perdu? » Lui aussi critique la haute finance pour s’être éloignée de l’économie réelle,il le fait à travers un discours feutrée mais on peut en tirer la conclusion . Crise= responsabilité commune des politiques et des banquiers.

La dette souveraine vue par Hollande en janvier 2011

A cette époque Hollande ne remettait pas en question le fait que les Etats soient obligés (depuis 1973 pour la France) de financer leur endettement public en recourant aux banques privées et non à leurs banques centrales, ni le fait d’interdire à la Banque centrale européenne de prêter directement aux Etats comme l’article 123 du traité de Lisbonne le rappelle. Résultat : pas de monétisation européenne  d’une dette « européenne » avec redistribution « européenne » en faveur des Etats européens qui sortiraient des critères de Maastricht ( endettement public 60% du PIB , déficit budgétaire 3% du PIB dans le cadre de la zone euro et de la monnaie unique) Lors de la création de la zone euro, la course à la compétitivité est lancée dans la zone euro … sans filet , les anglais prennent peur et refusent d’y entrer . Les allemands quant à eux vont anticiper mieux que les autres:  ils pratiquent  une politique ultra libérale de réduction du cout du travail, de développement de leur industrie et de leurs exportations . La monnaie unique, après une période d’euphorie, devient rapidement un carcan : les économies européennes ont du mal à converger. L’interêt  bancaire devient alors l’intérêt supérieur européen face à une  récession qui pointe son nez sur le continent européen, doublée d’une crise financière exportée des Etats Unis via la City de Londres. Les produits financiers pourris plongent le système bancaire  dans les affres de la banqueroute . L’Europe des banques appellent à la rescousse  les Etats européens qui répondent présents autour de l’axe Berlin -Paris: aux yeux de tous , la sauvegarde des banques est devenue un impératif catégorique et la mondialisation de la Finance un monstre systèmique incontournable. L’Allemagne a son industrie, la France son système de protection sociale et la finance continue à imposer sa loi.

En France , l’augmentation de la dette publique s’analyse comme un surendettement : on emprunte pour rembourser les interêts ce qui plombe l’avenir. Le pire advient lorsque  la capacité de rembourser des Etats n’est plus garantie, c’est le cas de la Grèce, mais ce n’est pas le cas de la France. Au contraire la France et les autres Etats européens de la zone euro se doivent d’assister la Grèce car il apparait inconcevable à l’intérieur de la zone euro qu’un pays fasse défaut et plus grave qu’il sorte de l’euro et  retourne à sa monnaie nationale. C’est tout le mécanisme du fonctionnement européen tel qu’institué par le traité de Lisbonne qui est mis en échec. L’échec de la Grèce serait l’échec de l’Europe, de son marché unique, de sa monnaie unique. La crise européenne que révèle la crise de la zone euro c’est d’avoir postulé une interdépendance économique entre les Etats européens sans filets de protection face à la concurrence internationale et la mondialisation de la finance et de l’économie

On comprend alors le discours de Hollande qui mise sur la sortie de crise par l’Europe, car la crise est européenne: cela passe par une évaluation de ses ressources propres sans remettre en question l’hégémonie financière qui caractérise le système économique mondial et européen. Cependant cette position ne doit pas nous faire perdre de vue que la crise financière n’est pas la seule équation à résoudre, le crise écologique intimement liée, elle aussi,  à notre mode de développement économique nous contraint à ne pas faire plus de la même chose . C’est pourquoi quels que soient les modes de résolution de la crise, il est essentiel que le regard de la sortie de crise porte loin et juste, nous n’aurons peut -être pas une autre occasion de nous y préparer . L’horizon doit être l’Europe et ses valeurs démocratiques, et  la démocratie européenne enfin instituée étant la récompense des peuples qui ont décidé de la construire,à n’en pas douter les solutions aux défis du XXI siècle suivront à condition de s »y mettre dès maintenant. C’est la seule question qu’il convient de poser à Hollande  devenu Président de la République . Le commentaire de la vidéo qui suit ne s’adressait qu’à un candidat, et sa pertinence mériterait d’être soumise à l’épreuve des actes qui seront ceux de l’homme d’Etat qu’il est désormais en responsabilité de l’avenir de la France et de l’Europe.


Francois Hollande et la dette publique… par Super_Resistence


Nicolas Hulot, président de la Fondation Hulot: " je vote pour les idées"

Ce billet fait suite au précédent intitulé « la re-fondation de N hulot n’est pas tout à fait achevée où je m’interogeais sur son repli apparent aprés la défaite aux primaires vertes et sur son engagement dans la campagne présidentielle de la gagnante Eva Joly, laquelle n’arrive pas à décoller des 2 % d’intentions de vote ce qui à une vingtaine de jours du premier tour de scrutin n’est pas de bon augure pour les écologistes les verts. On sait maintenant que N Hulot a décidé de se retrancher derrière sa Fondation pour faire des propositions aux hommes politiques pour sortir de la crise ou l’affronter dans des conditions appropriées à l’urgence ecologique

Ce lundi 2 avril 2012 (8h40) Nicolas Hulot sur France Inter ( comme sur France 2 la veille ) a exprimé son désarroi de voir l’urgence écologique peu débattue dans la campagne présidentielle malgré ses avertissements  moulte fois répétés au cours de ces dernières années et notamment depuis son pacte écologique signé en 2007 par les principaux candidats aux elections présidentielles de l’époque.

Aujourd’hui persuadé qu’il est d’un changement nécessaire de notre modèle économique, il dit « bravo » à l’idée de   planification écologique exprimée par Jean-Luc Mélenchon et il ajoute  » Le système économique néolibéral, compte tenu de la finitude de nos ressources est une arme de destruction massive » Il part en guerre aussi contre ce qu’il appelle  » l’industrie financière spéculative » dont il faudrait se débarasser au plan européen par le biais d’un fléchage des investissements écologiques sur le continent et un basculement de la fiscalité dans ce sens par les Etats européens.

A la question de savoir s’il votera pour Eva Joly,candidate des verts , il préfère camper sur une position non partisane affirmant que  » l »écologie est en dessus des partis » Il ajoute  » je vote pour la Planète » Certes fait remarquer le journaliste, il n’empêche que les idées vers lesquelles vont  ses préférence ne sont pas très éloignées de l’approche sociale et écologique du changement souhaité par Jean Luc Mélenchon et le Front de gauche (voir le tract ecologie du Front de gauche).

Mon commentaire

La différence entre les deux hommes est dans l’expérience et la connaissance des rapports de force. Pour JL Mélenchon, le passage obligé  c’est l’affrontement avec l’oligarchie financière qui ne cédera rien face à la volonté de métamorphoser le système sur lequel elle s’appuie . On se prend donc à imaginer un débat entre Mélenchon et Hulot où tout cela pourrait être mis en ordre devant les électeurs .Il reste 20 jours pour y penser.

www.franceinter.fr

Première partie: l’interview


Nicolas Hulot par franceinter

Les questions des auditeurs


Nicolas Hulot par franceinter

MISE A JOUR avec l’entretien de N Hulot publié le 8-9 avril (LM) et mon commentaire

Lors d’un entretien accordé aux journalistes du  Monde et publié le  8 et 9 avril 2012, Nicolas Hulot revient à la charge . La faiblesse des intentions de vote en faveur de Eva Joly le conduit à penser sans en faire une question de personne que le message d’EELV n’est pas suffisamment audible. Il regrette cet état de fait dans la campagne présidentielle, mais surtout il déplore de voir que les grandes formations politiques ne sont pas acquises ou converties à l’écologie malgré la réalité des enjeux écologiques qu’ont mis en lumière les différents travaux d’experts tant français qu’internationaux.

Que faire ?  N Hulot ne voit aucune remise en cause du modèle économique, tout est repartit comme avant. Mais il a cependnt le tort de croire que « la Finance a construit un système en marge de l’économie réelle  » et qu’il suffirait de la réguler , somme toute de la responsabiliser .

Je ne partage pas ce point de vue comme bon nombre de spécialistes de l’économie : il est en effet plus juste de dire que l’économie réelle est en constante connexion et interaction avec la finance . La faible croissance ou la récession est à mettre en rapport avec les produits financiers pourris qui sont à l’origine de la crise , une crise de croissance , plus une crise du mode de croissance . Une telle analyse permet alors de prétendre valablement que notre modèle économique doit être remis en cause . Mais il s’agit d’une pure incantation si l’on ne choisit pas d’affronter la finance , comme le propose JL Mélenchon . Voilà pourquoi le discours écologique n’est pas audible qui ne va pas jusqu’à l’affrontement avec les puissances de l’argent qui s’accrochent au statu quo. Comme le rappelle excellemment N Hulot , tous les signaux sont au rouge ( ( le climat, la biodiversité, l’état des océans …) qu’il choisisse donc le rouge de la révolution citoyenne du Front de gauche au lieu de se lamenter sur la myopie des discours des grandes formations politiques à laquelle il participe , à l’insu de son plein gré !!!

INSEE:chiffres du 3ième trimestre 2011 dette publique FRANCE=1.688,9 Milliards E

La dette publique de la France s’entend de la dette cumulée de l’Etat, des collectivirés locales et de la Sécurité sociale : elle atteint le montant de 1.688,9 milliards d’euros fin septembre 2011 ( soit 85,3% du PIB), avec une réduction enregistrée au cours du 3 ième trimestre de 3,6 milliards d’euros par rapport au montant du mois de juin de 1.692,5 milliards d’euros .

Cette diminution est due aux efforts de l’Etat principalement dont la contribution à la réduction de la dette est de 8,4 milliards d’euros au cours du trimestre tandis que la dette des administrations de la Sécurité sociale a progressé de 5,6 milliards d’euros

Selon les prévisions du gouvernement  ( voir budget 2012) l’endettement public d’ici 2016 devrait aller en diminuant sauf pour 2012( 88%), et rester dans la fourchette 80 à 90 % du PIB :  les économistes estiment qu’au delà des 90% du PIB le pays entre en recession .

Rappelons que le pacte de stabilité financière européen fixait à 60 % la limite de l’endettement public des Etats.

Sondage IFOP : la finance responsable de la crise pour 52% des français

sondage-fromagehttp://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Sondage-exclusif-Ifop-JDD-53-des-Francais-revoltes-face-a-la-crise-411067/?

A travers cette enquête on mesure l’impact de la crise  sur le moral des français qui considèrent que la sortie de crise n’est pas pour demain Quant aux causes de cette crise, les sondés fustigent les acteurs financiers et économiques. Près de 52% des Français estiment que les marchés ou les banques sont responsables de la situation. Le gouvernement vient en seconde position (avec 26%) L’Union européenne n’est en revanche pas pointée du doigt – seuls 10% des Français la considèrent responsable de la crise actuelle. « Paradoxalement, alors que leur attachement à l’UE est souvent ténu,  les Français sont pour plus d’Europe », selon l’analyste Ifop. Pour preuve, une majorité d’entre eux valident la création d’un ministère commun de l’économie.

L'indignation monte: l'humain d'abord pas la finance

Capture_decran_2011-09-17_a_21.07.14_0Le mouvement des indignés se fait entendre dans les capitales du monde entier . La journée mondiale des « indignés » a rassemblé le 16 octobre 2011 des dizaines de milliers de personnes dans quelqueS 951 villes et à travers plus de 80 pays, de Sydney  à Madrid en passant par Rome Tokyo,Paris et New York

SOURCE ACTU

16 octobre 2011  journée planétaire des indignés et grande victoire pour les indignés malgré quelques accrochages à Rome , New York , Barcelone

Répression policière des indignés à Barcelone   16 octobre 2011   Vidéo ICI

COMMENTAIRES

Avec le slogan  » people not profits « les indignés de New York au pays de l’Oncle Sam (qui n’ a pas le moral) renvoient la cupidité là où elle se trouve, à Wall street . C’est déjà pas mal , à suivre ….sur le blog de l’info alternative = Alterinfo.net .

Le Parti de gauche a salué cette journée mondiale de l’indignation  par un communiqué ICI , il avait mis en circulation un tract intitulé  » l’humain  d’abord pas la finance » ( Tract_LHumain_dabordqui résume la même ligne d’indignation qui se fait jour aujourd’hui à l’échelon planétaire à savoir l’illégitimité crapuleuse du monde des affaires lorsqu’il fonctionne au seul profit d’une finance déconnectée de l’économie réelle.

VIDEO

L’art aussi s’invite au débat et va chercher  l’indignation derrière le miroir d’Alice (Alice du «  pays des merveilles »). La macroéconomie est une chose , l’art en est une autre . Voyez  Lejournaldepersonne qui vit l’information en scénarii à sa manière plus intimiste et qui interroge l’individuel « Je ne sais pas pourquoi, ça ne va pas . » Perspective ontologique ou politique ? Pour les indignés la réponse est dans la rue , pour l’artiste la réponse est dans Revolta ( vidéo çidessous)  » Indigne toi ! Arrache toi bordel! »

Transcription

A: Oui à l’indignation et après ?
B : On s’indigne d’abord et on voit après
A : si ç se trouve y a pas d’après
B : s’il y a un avant, il y a un après
A: je n’ai pas cette impression
B: tu as l’impression qu’on tourne en rond ?
A: Non, l’impression qu’il ne peut pas en être autrement
B: tu veux dire que tout est pour le mieux ?
A: oui dans le pire des mondes possibles
B: Quoi qu’on fasse c’est fichu, c’est ça ?
A: le temps de vous en apercevoir, vous ne serez plus là
B: dans ce cas, nous irons au-delà de nos rêves
A: il n’y a pas d’au-delà… tout est ici-bas
B: Apocalypse du désir… on dirait ?
A: oui… personne n’échappera au désastre
B: si, moi, ceux que j’aime et ceux qui aiment ceux que j’aime
A: mais le chaos a pris le dessus… le Dieu du désordre
B: raison de plus de tout détruire, puis tout reconstruire
A: légende d’un scorpion qui ne peut rien construire sans se détruire
B: l’indignation c’est le refus de toute condition indigne
A: vous crachez dans la soupe que vous vous servez à vous-mêmes
B: je ne vois pas où est le problème ?
A: ni l’esprit, ni la matière… c’est toute la condition humaine
B: je ne suis pas sûre d’avoir saisi
A: l’homme est indigne de l’homme… rien à saisir!
B: tu veux dire que c’est sans issue ?
A: je veux dire que ça n’a rien de politique… c’est ontologique
B: ontologique… ça ne veut rien dire
A: que c’est l’être qu’il faut remettre en question…
B: c’est ta façon de voir qui est indigne
A: c’est la façon de voir d’un être indigne
B: indigne-toi dans ce cas… arrache-toi bordel !
A: et après ?
B: on s’indigne d’abord et on voit après !
A: voir quoi? Qu’on n’est pas digne de s’indigner
B: tu dis ça, parce que ton homme t’a quitté?
A: non, parce que je ne me sens pas digne d’être aimée
B: pourquoi? Mais pourquoi ?
A: parce que rien ne dure… rien ne peut durer
B: indigne-toi dans ce cas
A: pour quoi? ce que j’étais hier, je ne le serais pas demain…
B: pour les autres ?
A: Je n’ai jamais habité une autre peau que la mienne
B: raison de plus…pour essayer…
A: je t’écoute mais je ne t’entends plus… je ferme… rien ne va plus(..) .

De  « Global révolution » à  » Révolta »  une seule prière: résiste, ne te résigne pas, tu n’en seras que meilleur . Ce sera le mot de la fin, assez mélenchoniste , il est vrai .

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