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The "american way of life" face à la pauvreté dans le monde

its-time-said-wessa1246712264Le monde entier attendait son investiture, et le 20 janvier 2009 à Washington,  en prononçant son discours  devant des milliers d’américains venant des quatre coins du pays et d’ailleurs, Barack OBAMA, le 44e Président des Etats-Unis,  issu des rangs démocrates, et devenu l’homme le plus puissant de la planète,  s’est tourné vers son peuple et lui a adressé un message d’humilité : le voyage sera difficile et il compte sur ses compatriotes pour l’aider dans son action.

Grand timonier de la nation américaine dont il rappelle les idéaux, porté par un rêve américain dont il mesure le souffle, Barack OBAMA promet d’agir face à la crise  et invite chaque américain à réinvestir les valeurs citoyennes fondatrices de ce gout de l’effort qui caractérise cette nation tant aimée : « travail acharné et honnêteté, courage et fair-play, tolérance et curiosité, loyauté et patriotisme » et au final le service de la liberté  « à transmettre aux générations futures »

Ce contrat de démocratie passé avec le peuple, repose sur la confiance réciproque, l’assurance et la ténacité, celle dira-il, « de continuer à faire passer ce don précieux, cette noble idée transmise de génération en génération, la promesse divine selon laquelle nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous avons tous le droit de chercher le bonheur qui nous revient »

Il précisera plus loin «  nous sommes les gardiens de cet héritage … Nous allons prendre nos responsabilités en Irak en laissant ce pays à son peuple. Nous allons établir une paix durement acquise en Afghanistan. Nous allons travailler sans relâche avec nos anciens amis et nos ennemis pour atténuer la menace nucléaire et pour lutter contre ce fléau qu’est le réchauffement de la planète. Nous n’allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche … »

Impossible donc d’abandonner dans le rêve américain les traces de « l’ américan way of live », , tout juste peut-être corriger celle qui a conduit à la calamiteuse administration de son prédécesseur.

Aux peuples des pays riches , Barack OBAMA lancera « nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances hors de nos frontières, nous ne pouvons pas non plus consommer sans réfléchir les ressources du monde. » Aux peuples des nations pauvres, il promettra « nous nous engageons à coopérer avec vous pour rendre vos fermes prospères et vous apporter de l’eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim, et nourrir les esprits affamés. »

 

Je ne peux pas m’empêcher alors de repenser à cette jeune économiste française de talent , Esther DUFLO, qui quelques jours auparavant , prononçait le 8 janvier 2009 devant le collège de France sa leçon inaugurale sur « les savoirs contre la pauvreté » et à son interview le lendemain sur France culture .

Selon elle le discours dominant qui tend à accréditer l’idée que la pauvreté peut être éradiquée par une aide et un soutien économique de la croissance dans les pays pauvres , est trop péremptoire et vise à la caricature. En substance , si nous détenions la clé de la pauvreté, ç a se saurait . Et ce n’est pas le cas , car les choses sont terriblement complexes. Esther DUFLO préconise alors l’approche humaine des petits pas, sous l’œil évaluateur de la science et peu importe les échecs ou les réussites l’essentiel est d’expérimenter  pour ’évaluer mieux et comprendre davantage les processus fondamentaux qui sont à l’origine de la persistance de la pauvreté.

Par exemple, chaque année dans le monde , « au moins 27 millions d’enfants ne reçoivent pas les vaccinations essentielles et 2 à 3 millions meurent à cause de cela . »En menant des expériences créatives sur le terrain , notamment en Inde , Esther DUFLO nous décrit des situations où on a pu passer d’un taux de vaccination de  5 %  à un taux de 40 % , notamment en débusquant des difficultés comme l’absentéisme  des infirmières dans les centres de santé , ou la faible mobilisation des parents : elle démontre qu’en réduisant les jours d’ouverture des centres de santé ou en offrant un kilo de riz à chaque vaccination , le taux de vaccination progressait.

William Easterly, auteur de « Le fardeau de l’homme blanc » aux éditions Panguin press 2006, observe qu’il est difficile de percer les secrets de la croissance économique , de son coté Esther DUFLO n’est pas loin de penser , dans son approche pragmatique, que le système de loobying  qui consiste à faire le bien obligatoirement de manière rentable  débouche sur une gigantesque industrie de l’aide au développement  qui n’en est pas moins un échec , c’est pourquoi elle propose l’évaluation scientifique des politiques de développement , et souhaite pratiquer « l’économie comme une vraie science humaine , à la fois , rigoureuse et impartiale, généreuse et engagée. »

Il faudra peut être souffler la formule au Président des Etats Unis en reprenant le mot de Roosevelt, pour ne pas vexer, lequel aux prises avec la crise économique de 1932 déclarait pour justifier de la sortie du modèle

« …Le pays a besoin, à moins que je me trompe sur son caractère , le pays exige une expérimentation hardie et constante . Adopter une méthode et la mettre à l’épreuve, cela relève du sens commun : si ça rate, l’admettre et en essayer une autre ; mais avant tout il faut tenter »

Autrement dit qui ne risque rien n’a rien.

OBAMA s’est déjà montré trés courageux en fermant GUANTANAMO, et en proscrivant la torture aux commissions militaires… A voir s’il continue en cassant les supers profits financiers de ceux qui ont profité de la crise et continuent de le faire .

Source :

Intégralité du discours d’investiture de B. OBAMA LM du 22/01/09

Leçon inaugurale au collège de France d’Esther DUFLO le 8/01/09 Chaire internationale « Savoirs conter pauvreté » http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_cha/index.htm

 

L'Etat français peut mieux faire pour la recherche fondamentale

Chiffres : 319 millions d’euros alloués par le budget 2009 aux grands équipements de la    recherche viennent d’être revus à la hausse par le gouvernement avec une rallonge de 46 millions dont 10,3 millions à la physique de la matière qui bénéficie le plus de cet effort accru pour la science .( source LM du 28/01/ 09 )

L’annonce de cet effort supplémentaire pour la science ne doit pas faire oublier l’inquiétude actuelle du monde scientifique quant au financement de la recherche fondamentale, quant à la pérennité de la valeur sociale qu’elle induit et l’idée de progrès qu’elle véhicule à travers ses découvertes.

La question du financement public de la recherche fondamentale est cruciale car l’Etat a une vocation naturelle à la financer : il n’est pas sur que dans une logique de marché, avec une mise en concurrence des chercheurs, cette vocation perdure avec la force appropriée.

De l’autre coté de l’atlantique, dans le pays où le profit est roi, Barack OBAMA sur les épaules de qui repose le redressement de l’Amérique secouée par le désastre financier de l’arrogance libérale, programme de doubler en dix ans le budget alloué à la recherche fondamentale : ces américains,  toujours capables du pire comme du meilleur !!!