La dette souveraine vue par Hollande en janvier 2011

A cette époque Hollande ne remettait pas en question le fait que les Etats soient obligés (depuis 1973 pour la France) de financer leur endettement public en recourant aux banques privées et non à leurs banques centrales, ni le fait d’interdire à la Banque centrale européenne de prêter directement aux Etats comme l’article 123 du traité de Lisbonne le rappelle. Résultat : pas de monétisation européenne  d’une dette « européenne » avec redistribution « européenne » en faveur des Etats européens qui sortiraient des critères de Maastricht ( endettement public 60% du PIB , déficit budgétaire 3% du PIB dans le cadre de la zone euro et de la monnaie unique) Lors de la création de la zone euro, la course à la compétitivité est lancée dans la zone euro … sans filet , les anglais prennent peur et refusent d’y entrer . Les allemands quant à eux vont anticiper mieux que les autres:  ils pratiquent  une politique ultra libérale de réduction du cout du travail, de développement de leur industrie et de leurs exportations . La monnaie unique, après une période d’euphorie, devient rapidement un carcan : les économies européennes ont du mal à converger. L’interêt  bancaire devient alors l’intérêt supérieur européen face à une  récession qui pointe son nez sur le continent européen, doublée d’une crise financière exportée des Etats Unis via la City de Londres. Les produits financiers pourris plongent le système bancaire  dans les affres de la banqueroute . L’Europe des banques appellent à la rescousse  les Etats européens qui répondent présents autour de l’axe Berlin -Paris: aux yeux de tous , la sauvegarde des banques est devenue un impératif catégorique et la mondialisation de la Finance un monstre systèmique incontournable. L’Allemagne a son industrie, la France son système de protection sociale et la finance continue à imposer sa loi.

En France , l’augmentation de la dette publique s’analyse comme un surendettement : on emprunte pour rembourser les interêts ce qui plombe l’avenir. Le pire advient lorsque  la capacité de rembourser des Etats n’est plus garantie, c’est le cas de la Grèce, mais ce n’est pas le cas de la France. Au contraire la France et les autres Etats européens de la zone euro se doivent d’assister la Grèce car il apparait inconcevable à l’intérieur de la zone euro qu’un pays fasse défaut et plus grave qu’il sorte de l’euro et  retourne à sa monnaie nationale. C’est tout le mécanisme du fonctionnement européen tel qu’institué par le traité de Lisbonne qui est mis en échec. L’échec de la Grèce serait l’échec de l’Europe, de son marché unique, de sa monnaie unique. La crise européenne que révèle la crise de la zone euro c’est d’avoir postulé une interdépendance économique entre les Etats européens sans filets de protection face à la concurrence internationale et la mondialisation de la finance et de l’économie

On comprend alors le discours de Hollande qui mise sur la sortie de crise par l’Europe, car la crise est européenne: cela passe par une évaluation de ses ressources propres sans remettre en question l’hégémonie financière qui caractérise le système économique mondial et européen. Cependant cette position ne doit pas nous faire perdre de vue que la crise financière n’est pas la seule équation à résoudre, le crise écologique intimement liée, elle aussi,  à notre mode de développement économique nous contraint à ne pas faire plus de la même chose . C’est pourquoi quels que soient les modes de résolution de la crise, il est essentiel que le regard de la sortie de crise porte loin et juste, nous n’aurons peut -être pas une autre occasion de nous y préparer . L’horizon doit être l’Europe et ses valeurs démocratiques, et  la démocratie européenne enfin instituée étant la récompense des peuples qui ont décidé de la construire,à n’en pas douter les solutions aux défis du XXI siècle suivront à condition de s »y mettre dès maintenant. C’est la seule question qu’il convient de poser à Hollande  devenu Président de la République . Le commentaire de la vidéo qui suit ne s’adressait qu’à un candidat, et sa pertinence mériterait d’être soumise à l’épreuve des actes qui seront ceux de l’homme d’Etat qu’il est désormais en responsabilité de l’avenir de la France et de l’Europe.


Francois Hollande et la dette publique… par Super_Resistence


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