Nicolas Hulot, président de la Fondation Hulot: " je vote pour les idées"

Ce billet fait suite au précédent intitulé « la re-fondation de N hulot n’est pas tout à fait achevée où je m’interogeais sur son repli apparent aprés la défaite aux primaires vertes et sur son engagement dans la campagne présidentielle de la gagnante Eva Joly, laquelle n’arrive pas à décoller des 2 % d’intentions de vote ce qui à une vingtaine de jours du premier tour de scrutin n’est pas de bon augure pour les écologistes les verts. On sait maintenant que N Hulot a décidé de se retrancher derrière sa Fondation pour faire des propositions aux hommes politiques pour sortir de la crise ou l’affronter dans des conditions appropriées à l’urgence ecologique

Ce lundi 2 avril 2012 (8h40) Nicolas Hulot sur France Inter ( comme sur France 2 la veille ) a exprimé son désarroi de voir l’urgence écologique peu débattue dans la campagne présidentielle malgré ses avertissements  moulte fois répétés au cours de ces dernières années et notamment depuis son pacte écologique signé en 2007 par les principaux candidats aux elections présidentielles de l’époque.

Aujourd’hui persuadé qu’il est d’un changement nécessaire de notre modèle économique, il dit « bravo » à l’idée de   planification écologique exprimée par Jean-Luc Mélenchon et il ajoute  » Le système économique néolibéral, compte tenu de la finitude de nos ressources est une arme de destruction massive » Il part en guerre aussi contre ce qu’il appelle  » l’industrie financière spéculative » dont il faudrait se débarasser au plan européen par le biais d’un fléchage des investissements écologiques sur le continent et un basculement de la fiscalité dans ce sens par les Etats européens.

A la question de savoir s’il votera pour Eva Joly,candidate des verts , il préfère camper sur une position non partisane affirmant que  » l »écologie est en dessus des partis » Il ajoute  » je vote pour la Planète » Certes fait remarquer le journaliste, il n’empêche que les idées vers lesquelles vont  ses préférence ne sont pas très éloignées de l’approche sociale et écologique du changement souhaité par Jean Luc Mélenchon et le Front de gauche (voir le tract ecologie du Front de gauche).

Mon commentaire

La différence entre les deux hommes est dans l’expérience et la connaissance des rapports de force. Pour JL Mélenchon, le passage obligé  c’est l’affrontement avec l’oligarchie financière qui ne cédera rien face à la volonté de métamorphoser le système sur lequel elle s’appuie . On se prend donc à imaginer un débat entre Mélenchon et Hulot où tout cela pourrait être mis en ordre devant les électeurs .Il reste 20 jours pour y penser.

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Première partie: l’interview


Nicolas Hulot par franceinter

Les questions des auditeurs


Nicolas Hulot par franceinter

MISE A JOUR avec l’entretien de N Hulot publié le 8-9 avril (LM) et mon commentaire

Lors d’un entretien accordé aux journalistes du  Monde et publié le  8 et 9 avril 2012, Nicolas Hulot revient à la charge . La faiblesse des intentions de vote en faveur de Eva Joly le conduit à penser sans en faire une question de personne que le message d’EELV n’est pas suffisamment audible. Il regrette cet état de fait dans la campagne présidentielle, mais surtout il déplore de voir que les grandes formations politiques ne sont pas acquises ou converties à l’écologie malgré la réalité des enjeux écologiques qu’ont mis en lumière les différents travaux d’experts tant français qu’internationaux.

Que faire ?  N Hulot ne voit aucune remise en cause du modèle économique, tout est repartit comme avant. Mais il a cependnt le tort de croire que « la Finance a construit un système en marge de l’économie réelle  » et qu’il suffirait de la réguler , somme toute de la responsabiliser .

Je ne partage pas ce point de vue comme bon nombre de spécialistes de l’économie : il est en effet plus juste de dire que l’économie réelle est en constante connexion et interaction avec la finance . La faible croissance ou la récession est à mettre en rapport avec les produits financiers pourris qui sont à l’origine de la crise , une crise de croissance , plus une crise du mode de croissance . Une telle analyse permet alors de prétendre valablement que notre modèle économique doit être remis en cause . Mais il s’agit d’une pure incantation si l’on ne choisit pas d’affronter la finance , comme le propose JL Mélenchon . Voilà pourquoi le discours écologique n’est pas audible qui ne va pas jusqu’à l’affrontement avec les puissances de l’argent qui s’accrochent au statu quo. Comme le rappelle excellemment N Hulot , tous les signaux sont au rouge ( ( le climat, la biodiversité, l’état des océans …) qu’il choisisse donc le rouge de la révolution citoyenne du Front de gauche au lieu de se lamenter sur la myopie des discours des grandes formations politiques à laquelle il participe , à l’insu de son plein gré !!!