,Le sacrifice du gendarme Beltrame pour une idée de l’homme au service de la France

beltrame

Le vendredi 23 mars 2018 , Radouane Beltrame , un jeune homme de 25 ans ans né  au Maroc en 1992 s’était retranché dans un magasin super U de Trébes aprés avoir abattu un automobiliste pour lui voler son véhicule . Rendu dans le super marché , il abattait deux autres personnes puis donnait la mort à l’officier supérieur de la Gendarmerie le Lieutenant colonel Arnaud Beltrame  qui s’était livré en échange de la  caissière prénommée Julie, prise en otage par le terroriste . Ce dernier était abattu à son tour  par les forces d’intervention qui mettaient fin à son  périple de meurtrier qu’il avait prémédité. Il se réclamait du djihad islamiste mené par le groupe Daech ( EI Etat islamiste) lequel a revendiqué l’attentat.

Radouane Beltrame vivait chez ses parents, il avait bénéficié de la nationalité française à l’age de 12 ans, à la suite de la naturalisation de son père. Il était connu défavorablement des services de police et fiché pour sa radicalisation dans la mouvance djihadiste.Il était sans emploi et fréquentait une jeune femme de 18 ans impliquée dans la même mouvance.

Le lieutenant colonel Bel tr ame , était agé de 45 ans marié et père de deux enfants, aujourd’hui orphelins de leur père. Il avait opté , au plan professionnel, pour une carrière militaire et passait avec brio ses examens sortant chaque fois  major de sa promotion . Il était connu pour son courage sur le terrain et avait été décoré de la Croix de la Valeur Militaire . A la suite des événements tragiques de Trébes il était nommé au rang de Commandeur de la Légion d’Honneur.

Sa mort a donné lieu à de vibrants hommages à l’homme qu’il était, et à son  sacrifice et le Président de la République, chef de l’Etat français  s’est incliné sur sa dépouille, marquant ainsi le respect de la République et du peuple pour son fils tué au champ d’honneur.

Depuis l’hémicycle, Mélenchon n’a pas failli à sa réputation d’humaniste  et à l’amour de sa patrie républicaine , il a salué en Arnaud Beltrame  » un héros de la condition humaine « qui a « remis le monde humain en ordre » en offrant sa vie pour sauver celle d’autrui. Il s’est élevé contre ces forces qui tendent à « abolir la norme humaine » qui est faite de raison, de compassion, de don de soi .

J’ajoute un texte de mon ami Jean Marie Baurens édité dans le Journal LM du 29 mars 2018 : avec des mots ciselés dans l’histoire de la radicalité religieuse il rend hommage à cette belle âme où se sont trouvés réunis l’esprit maçonnique et religieux ayant concouru sans doute au geste héroïque de celui qui la nourrissait.

 » Rappelé par Le Monde, il était franc-Maçon et catholique à la fois. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame se voulait fidèle simultanément à ces deux courants de pensée. Franc vient de free, signifiant libre en Anglais, l’Angleterre étant le pays qui a donné naissance aux Free Masons à la fin du Moyen-âge. Dès lors à nos esprits cartésiens vient la question : Comment la libre pensée peut-elle être associée aux injonctions religieuses ? Là encore l’Histoire nous aide à comprendre la logique cachée sous ces deux antinomies apparentes. Ou tout au moins pourra-t-on espérer entrevoir ce lien au travers de la gestation historique de leur rapprochement. Dès le XVIIIè siècle, les églises protestantes se montrent plutôt favorables à la franc-maçonnerie. Par contre, le pape Clément XII en 1738 la déclare simplement « suspecte d’hérésie ». Peut-être avant tout par réflexe d’autodéfense. Il faut savoir néanmoins qu’ à cette époque la franc-maçonnerie ne remet pas directement en cause les croyances en Dieu ni même la justification des églises. La Loge s’avance prudemment par un déisme simplifié, celui du « Grand Architecte ». Le pape aurait-il alors senti venir la progression des prémices du rationalisme des Lumières et donc, en fin politique, aurait-il opté pour une condamnation empreinte de retenue ? Peut-être savait-il en effet que beaucoup d’ecclésiastiques avaient adhéré à l’Ordre. Au XIX è siècle l’opposition se radicalise entre catholiques et francs-maçons, mais moins pour des raisons idéologiques que politiques. Les intransigeances de la Révolution et notamment celles de la conception de l’Etre Suprême une fois dépassées, la Franc-maçonnerie républicaine ciblera en priorité le cléricalisme. Après une accalmie momentanée voulue par Napoléon III qui accorde protection au Grand Orient, la III è République voit donc dans les loges une concurrence politique potentiellement trop influente. Pourtant de son côté la Grande Loge devient en un sens plus profane. Elle met en veilleuse le dogme de la croyance en Dieu et de l’immortalité de l’âme. Du coup, il fut logique que la maçonnerie se retrouvât aux côtés des partisans de l’école laïque en 1880 et de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Du reste Léon Gambetta, Aristide Briand, Jules Ferry et Emile Combes n’étaient-ils pas des francs-maçons notoires ? On assiste ensuite à une résurgence paroxysmique mais fugitive de la méfiance réciproque Eglise-Franc-maçonnerie avec  l’Affaire Dreyfus. L’antisémitisme, encore un paramètre tristement d’actualité avec l’assassinat de Madame Knoll. La Franc-maçonnerie est alors accusée de diriger le pays d’une manière occulte, ce qui est une aberration puisque tout le monde est sensé le savoir, à tort ou à raison. Mais les choses évoluent positivement. Le Concile Vatican II se termine en 1965 sur le principe d’une tolérance mutuelle. Depuis, les deux sources d’inspiration ont presque simultanément convergées, par exemple sur le principe déclaratif de la condamnation de toute forme de discrimination. L’occasion leur sera donnée de le confirmer lors de la mission commune de médiation qui leur est confiée par le gouvernement en 1988 en Nouvelle Calédonie, autre sujet en lien avec l’actualité. La catholicité y avait ainsi rejoint la bienveillance protestante aux côtés du Grand Orient. Pas étonnant que la synthèse Eglise et Grande Loge ait pu s’effectuer dans cette belle âme du Lieutenant-colonel Beltrame. Ces deux antinomies initiales, maçonnique et religieuse, se sont ainsi tragiquement retrouvées unies face à ce terroriste, cet esprit délirant, quintessence d’un emballement religieux capable de surgir désormais à chaque carrefour de notre douce France. »

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