Melenchon dans le débat sur l’avenir de l’EUROPE

LA VIDÉO de l’intervention de JL Mélenchon ( pour lire le compte rendu integral de toutes les interventions à l’Assemblée nationale CLIQUEZ ICI)

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Retranscription intégrale de l’intervention de Melenchon

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« M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Mélenchon.

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la ministre, mes chers collègues, la géopolitique a toujours commandé la politique, et la longue histoire de France en atteste. Encerclés je ne sais combien de fois sous l’Ancien régime, envahis quatre fois par notre voisin au cours d’un peu plus d’un siècle, agressés par toute l’Europe lorsque nous avons fondé la République, nous avons, comme leçon de notre histoire, décidé finalement de nous orienter vers la construction d’une union européenne. C’est notre histoire, et rien ne sert de revenir sur les conditions dans lesquelles elle s’est faite.

En revanche, nous pouvons faire ce que nous voulons de l’avenir. La cause est devenue confuse en France, et la nation française, qui est la nation politique en Europe, comme le reconnaissent tous nos voisins, a besoin de savoir où elle va. De ce point de vue, depuis 2005, tout est confus. On a voulu nous faire croire, avec le traité de Lisbonne, que le vote de la France en faveur du « non » était en fait un « oui ». Puis le président Hollande, après avoir dit qu’il renégocierait le traité budgétaire, a fini par le signer sans rien avoir renégocié.

C’est pourquoi les deux interventions du président Macron, celle qu’il a faite à l’ouverture de la conférence des ambassadeurs et celle qu’il a faite à la Sorbonne, sont les bienvenues : nous sortons enfin de cette politique en demi-teinte qui était celle des petits pas, qui ne disait ni où elle allait ni par quel chemin elle comptait passer. C’est donc une opération de clarification à laquelle je souscris.

J’ajoute que je partage le diagnostic du Président : on ne peut plus continuer ainsi. Le chemin actuel ne mène nulle part, sinon à une dislocation dont chacun risque de renvoyer la responsabilité à son voisin. Nous avons besoin de transformer la prochaine élection européenne en un vrai débat politique sur l’avenir de l’Europe. Cela, j’y souscris.

Mais l’essentiel du discours du président Macron consiste en un basculement du paradigme européen. Pour la première fois, un président de la République française définit la souveraineté de la France comme étant conditionnée par celle de l’Europe. Devant les ambassadeurs, M. Macron déclare : « Pour la France, […] le lieu de notre souveraineté aujourd’hui c’est l’Europe. » À la Sorbonne, il affirme : « L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle ». Je suis en désaccord complet avec cette formule. Et je voudrais qu’on l’entende comme un moment de pensée philosophique, politique, car c’est sur ce terrain qu’on arrivera à avoir un débat.

Qu’est-ce que la souveraineté ? Elle est évoquée dix-huit fois dans le discours de la Sorbonne, mais elle n’est jamais définie. La souveraineté, c’est l’autorité sans partage d’un groupe sur la population qui le compose et le territoire qu’il occupe. Et la légitimité de cette autorité sans partage, c’est la démocratie. C’est parce que la loi est votée par tous qu’elle s’applique à tous. Il n’y a donc de souveraineté que dans le peuple, et il n’y a de communauté que la communauté légale constituée par le peuple constituant qui décide des lois qui s’appliquent à lui. Voilà où est la souveraineté de la France : dans son peuple. Et cette définition est celle de son histoire ; il n’en existe pas d’autre. Il n’y a pas de lieu de la souveraineté. Il ne faut pas confondre la souveraineté et la puissance. La puissance de la France est d’ailleurs liée à la souveraineté de son peuple, pas à son commerce extérieur, ni à ses échanges commerciaux !

M. Adrien Quatennens. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Elle est liée à la souveraineté du peuple, parce que c’est le peuple qui a toujours tiré la France des impasses dans lesquelles ses élites maintes fois l’ont enfermée.

Je vous mets en garde contre l’idée qu’au paradigme central de l’autorité populaire viendraient se substituer des chiffons rouges qu’on partagerait. L’Europe de la défense serait ainsi devenue la nouvelle mode, par exemple, et on en oublie quel sort a connu la Communauté européenne de défense quand elle nous a été proposée. La défense n’est pas un projet commun. La défense, c’est l’Europe de la guerre. La guerre contre qui ? Il faut dire les choses comme elles sont, d’un bout à l’autre des résolutions de l’Union européenne : contre la Russie. Je ne suis pas d’accord : la Russie est non pas un ennemi, mais un partenaire. Nous n’avons pas à nous organiser contre les Russes.

M. Jean-Louis Bourlanges. Voilà qui est embêtant.

M. Jean-Luc Mélenchon. En revanche, nous devons nous souvenir que la stratégie de défense de la France repose sur la dissuasion nucléaire. On en pense ce qu’on veut, mais c’est l’arme ultime des Français. La dissuasion nucléaire ne se partage pas. On ne met pas vingt-neuf doigts sur le bouton – c’est déjà assez grave qu’un seul puisse appuyer. Et cette stratégie, qui est celle de la France, n’est pas compatible avec les batteries antimissiles que l’OTAN a installées en Pologne et dans les pays périphériques de la Russie comme une menace, car cela signifie que l’Europe pourrait devenir un théâtre d’opérations, ce que nous, Français, avons toujours refusé. La dissuasion nucléaire est tous azimuts. Quand on demandait au général de Gaulle s’il ne trouvait pas que c’était un peu excessif, compte tenu de l’existence d’un allié, les États-Unis d’Amérique, il soutenait que le monde n’allait pas plus mal depuis qu’on avait pris cette décision. Il avait raison.

M. Julien Aubert. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Ce qui tue l’Europe, c’est d’avoir rendu impossible l’expression d’un intérêt général européen, c’est-à-dire d’avoir empêché son peuple, ses peuples de constituer ensemble un intérêt général, qui est nécessairement un intérêt social. Les traités européens interdisent l’harmonisation sociale, ils interdisent l’harmonisation fiscale. Ils ne connaissent qu’une règle : la concurrence libre et non faussée, c’est-à-dire la compétition de chacun contre tous à l’intérieur des nations et entre les nations. C’est parce qu’on agit de cette manière que progressivement les nations deviennent des coquilles vides où ceux qui sont les plus avantagés ne veulent plus prendre en charge ceux qui le sont moins. Cela mène à un indépendantisme régional généralisé des plus favorisés vis-à-vis de ceux qui le sont moins.

Je voudrais vous montrer que le résultat de cette logique est déjà sous vos yeux, sous nos yeux à tous. Les frontières, à la stabilité desquelles nous sommes tous attachés, car nous savons les dangers que leur déplacement fait peser sur tout le continent, n’ont cessé de bouger autour de nous : en Yougoslavie, il y a désormais sept États à la place d’un, et on compte 400 000 déplacés ; la Tchécoslovaquie s’est divisée en Tchéquie et Slovaquie, heureusement sans cris ni heurts.

Et le mouvement se poursuit aujourd’hui : le Brexit soulève de nouveau la question des frontières entre l’Écosse et le Royaume-Uni, entre les deux Irlande. Les Flamands en Belgique récriminent contre l’appartenance des Wallons au royaume. Et la Catalogne s’agite sous nos yeux. Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que la substance de la nation, le contrat qui la fonde, c’est-à-dire la souveraineté du peuple et son intérêt social commun sont démembrés.

M. Jean-Louis Bourlanges. Cela n’a pas de sens !

M. Jean-Luc Mélenchon. Voilà ce qui tue l’Europe plus que tout autre égoïsme, plus que toute autre construction bureaucratique incompréhensible.

Il faut donc changer de cap. Ce sera l’objet de cette élection, du moins c’est ce que je souhaite ; et cela doit apparaître aussi clairement que possible. On m’a soutenu que, parce qu’il y avait un Parlement européen, le peuple était représenté, mais ce n’est pas du tout le cas. Le Parlement européen est le seul Parlement au monde qui n’a pas la possibilité de proposer une loi. Dans le meilleur des cas, il partage son pouvoir avec la Commission et le Conseil ; le reste du temps, c’est-à-dire 70 % de l’activité du Parlement européen, les textes pourraient tout aussi bien être votés dans un club de philatélistes, car ils n’ont pas la moindre incidence pratique sur le reste de l’Europe.

Il faut changer de cap, il faut rendre possible l’harmonisation sociale et fiscale entre les peuples d’Europe. C’est ce que nous avons appelé le plan A ; il faut un plan A pour changer de cap.

Vous en avez proposé un avec une dizaine ou une quinzaine de propositions, monsieur le ministre, mais je vous invite à les regarder dans le détail. Quelqu’un a sans doute mal rédigé les fiches du président Macron, car ses propositions sur le volet numérique existent déjà et devraient voir le jour en 2019. De même, il existe déjà un office de la sécurité alimentaire et une police des frontières. La seule chose qui n’existait pas jusque-là, c’est l’idée absconse que la France n’ait plus de commissaire à la Commission européenne. Et puisque nous avons déjà cinq présidents, pourquoi n’aurions-nous pas deux parlements, par-dessus le marché ? C’est bien ce qui est proposé !

C’est la confusion. Il nous faut des règles claires sur le nerf qui agite tout le reste de l’organisme. Il faut mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne, organiser le rachat de la dette publique directement aux États, car on en a pour cent ans à rembourser cette dette dans toute l’Europe. Personne ne la remboursera jamais, sachez-le, mes chers collègues ! Et c’est absurde de proposer aux générations qui viennent d’avoir pour seul objectif d’acquitter une dette. La liquider n’est rien, c’est de la technique, et je pourrais m’en ouvrir à vous quand vous le voudrez.

Ensuite, il faut maintenir le niveau de l’euro au niveau du dollar ; chaque fois que l’euro est surévalué, nous nous ruinons. Il faut prohiber les instruments financiers toxiques, taxer les transactions financières, contrôler les mouvements de capitaux, organiser la conférence européenne sur les dettes souveraines, arrêter la libéralisation des services publics, mettre en place un protectionnisme solidaire. J’ai vu que le Président commence à le proposer en mettant une taxe carbone aux frontières de l’Europe, ce qui est un début ; si ça vaut pour le carbone, ça doit valoir pour le reste. Il faut mettre fin au dumping à l’intérieur de l’Union européenne, refonder la politique agricole commune pour garantir l’autosuffisance alimentaire, laquelle était d’ailleurs garantie par la première PAC et ne l’est plus aujourd’hui. Enfin, il faut abandonner le marché carbone, qui est un droit à salir quand on en a les moyens.

Mes chers collègues, la France n’est pas mineure, la France est souveraine, et elle peut l’être. La France est contributeur net au budget de l’Union européenne : les 7 milliards d’euros qu’elle verse servent à organiser les infrastructures de nos concurrents. La France n’est ni occidentale ni européenne, la France est universaliste parce qu’elle est présente sur les cinq continents. La France est francophone, et le français sera d’ici peu la troisième langue la plus parlée dans le monde.

Pour conclure, si j’ai moi aussi, bien sûr, le souci de l’Europe, ce que je veux d’abord partager, c’est l’optimisme de ma patrie républicaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR.)

Reflexions et commentaires  sur l’ avenir de l’UE et l’opposition  Macron – Mélenchon

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Le mardi 10 octobre 2017, Jean-Luc Mélenchon s’est donc exprimé à la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre du débat sur l’avenir de l’Union européenne qui suivait une déclaration du gouvernement ( pou voir le compte rendu integral de toutes les interventions CLIQUEZ ICI ).

JL Mélenchon dénonce le fait que la souveraineté populaire ait été bafouée après le référendum de 2005 sur l’adoption ou non d’une Constitution européenne. De la même façon  il dénonce  le manque  d’honnêteté   du Président Hollande d’avoir laissé croire que le traité budgétaire européen serait renégocié avant sa ratification par la France . Il appelle ensuite à une harmonisation sociale et fiscale inexistante en Europe . Il propose, à l’appui du programme du mouvement la France insoumise, des mesures de nature à refonder l’Europe sur le plan économique et financier ( voir son intervention à l’Assemblée Nationale)) , sans abandonner sur le terrain de la Défense nationale , la logique française de la dissuasion nucléaire.

JL Mélenchon revient sur la notion fondamentale de  souveraineté, encouragé par la prétention de E Macron à refonder « une «  Europe souveraine, unie et démocratique. »

JL Mélenchon pense que E Macron confond  la notion de souveraineté et celle de puissance et il critique ses propos, ceux  prononcés devant les étudiants de la Sorbonne « L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle, c’est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos valeurs et nos intérêts.Il y a une souveraineté européenne à construire,» (  discours de la Sorbonne sur la refondation de l’Union Européenne ) et ceux prononcés devant les ambassadeurs de France  » Pour la France, le lieu où construire les outils de notre puissance et apporter la juste réponse aux défis qui se présentent, le lieu de notre souveraineté aujourd’hui c’est l’Europe. »( discours du President de la republique à l’ouverture de la conférence des ambassadeurs)

Avec JL mélenchon on comprend mal cette distinction entre « souveraineté » et « puissance »  tout comme reste énigmatique la distinction faite par le Président E. Macron  entre « souveraineté réelle » et « souveraineté européenne «   .

Essayons de deviner . Où s’exerce la souveraineté ? s’exerce -t-elle à Bruxelles  ? à Paris ? à Berlin ? ou ailleurs ?  Et est ce que, comme le prétend Mélenchon ,  » le discours de E Macron consiste à bouleverser le paradigme européen « ?

Sans l’Europe, point de souveraineté réelle du pays semble nous dire  le Président Macron pour qui  l’effectivité de la souveraineté de la France  passe par l’échelon européen. Une façon de dire que, dans l’Union européenne, les délégations de compétence des Etats membres en faveur de l’Union ne sont pas des abandons de souverainété. Toute chose connue et maitrisée suivant le principe de subsidiarité . La nouveauté vient du constat fait par E Macron « je le dis aujourd’hui avec une conviction intacte : l’Europe que nous connaissons est trop faible, trop lente, trop inefficace, » Le Président français en tire une conséquence : il n’est plus envisageable de faire face aux défis mondiaux sans « détermination commune » c’est pourquoi il entend ainsi construire une  » « souveraineté européenne «  dans l’union . Toute chose non connue, et c’est là que se situe le débat et l’ insoumission de JL Mélenchon .

JL Mélenchon argumente . « Il n’y a de souveraineté que dans le peuple «  

C’est notre histoire institutionnelle qui nous l’enseigne . Chez nous  en effet, on entend par le mot souveraineté , l’exercice souverain du pouvoir politique. Hier ce pouvoir était de droit divin,  aujourd’hui il est attribué au peuple qui l’exerce.  C’est l’histoire de la Révolution française. Le peuple et la souveraineté populaire (l’exercice du pouvoir par le peuple )deviennent alors seule source de la légitimité politique et la démocratie le seul régime soutenable . Ainsi en démocratie Il n’y a de souveraineté que dans le peuple , la démocratie est co-substantielle au princeps de la souveraineté populaire qui fonde la Nation . Dont acte.

Mélenchon ajoute « La puissance de la France est d’ailleurs liée à la souveraineté de son peuple, pas à son commerce extérieur, ni à ses échanges commerciaux ! » L’affirmation n’est pas évidente dans un monde dominée par l’économique, le commerce et la finance .Il est vrai que le pouvoir économique conditionne le souveraineté des Etats, plus un Etat est fort économiquement plus il gagne  en indépendance , c’est presque une lapalissade. Cependant force est de constater que dans l’économie de marché qui s’est imposée sur le continent européen et dans le monde entier, les Etats sont devenus interdépendants. C’est la règle du marché, jugée la plus juste par la doctrine du libéralisme économique, qui prévaut . Dans ce contexte systémique de l’économie contemporaine ,il n’a échappé à personne la méfiance envers les Etats qui sont enclins à intervenir dans l’économie et fausser la concurrence . La prévalence  de la souveraineté politique, un tantinet nationale, a cédé le pas en faveur d’une politique du profit , de la croissance économique et de l’emploi et pour faire bref , ce sont les sociétés dites  multinationales qui sont en fait transnationales, voire supranationales qui font la loi et fixent les règles du jeu. Que les paradis fiscaux soient pérennes n’est pas un hasard .Toute chose qui sort du constat macronien.

 S’il s’agit de débattre de l’avenir de l’Union Européenne, autant s’interroger sur le présent L’Union Européenne n’est ni un Etat fédéral, ni une confédération d’Etats. L’ Union européenne ce sont des instances qui fonctionnent depuis plus d’un demi siècle : on ne parle pas de l’Europe en tant que  nation européenne mais comme la première puissance économique mondiale . Au delà de la concorde voulue entre les pays européens ayant connu  deux guerres mondiales sur leur continent , l’interêt à l’origine du marché commun, était dans les premiers temps de la construction européenne , la volonté commune de réguler la libre concurrence affichée comme un princeps de l’économie . Cette volonté a cédé le pas à une volonté de dérégulation sous le diktat des puissances de l’argent  dans un monde financiarisé à outrance. La crise financière de 2008  en a fait déchanter  quelques uns . Pour certains,  les plus visionnaires à notre avis, la seule plus value d’une Union serait  de démocratiser la décision économique par une souveraineté européenne plus démocratique et nécessairement écologique.  Le Président Macron , fin connaisseur de Machiavel, ne dit pas un mot sur l’Ecologie politique et le bras de fer avec la Haute Finance .  » Dans le monde tel qu’il va  » comme il a l’habitude de dire ce n’est pas sa préoccupation .Tout le débat est là.

Le monde de demain sera écologique ou ne sera pas . Nous pensons que le défi de l’Europe est dans l’écologie politique, une conviction sur le projet européen que nous partageons avec tous les utopistes comme l’étaient …les pères fondateurs de la Communauté européenne qui ont eu le mérite d’avoir été des précurseurs et dont l’oeuvre n’est pas à jeter aux orties si l’on a le souci de l’Europe.

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