7 janvier 2015: Tuerie contre les animateurs de Charlie Hebdo

Wolinsky,Cabu,Charb,Tignous

Wolinsky,Cabu,Charb,Tignous

Le 07/01/2015 au siège de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo qui était sous la menace islamiste depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, un commando de deux hommes, habillés en tenue sombre, cagoulés  et armés de fusils de guerre, ont fait irruption dans un immeuble du 11 ieme arrondissement de  Paris,  où se tenait , comme tous les mercredis, une réunion des principaux animateurs du journal. Ils ont tiré dessus les journalistes et leur entourage.

Selon les premières informations,  23 personnes ont été touchées . Une douzaine ont perdu la vie dont - Stéphane Charbonnier, dit Charb, 47 ans qui dirigeait Charlie Hebdo depuis 2009. «  Pas de gosses , pas de femme,pas de voiture , pas de crédit ,aimait-il dire . Il préférait  » mourir debout que vivre à genoux . »  - Bernard Verlhac, dit Tignous 57 ans qui dessinait pour la presse depuis 1980-Cabu ,Jean Cabut, de son vrai nom, était à 76 ans, l’un des « parrains » du dessin satirique à la française, né dans les années 60 dans Hara-Kiri. Il a été le créateur des personnages emblématiques du Grand Duduche, l’étudiant lunaire et le fameux Beauf, aux lunettes noires et à la moustache arrogante-Wolinsky, dessinateur, qui était lui aussi une figure de la caricature , collaborateur en son temps de Hara-Kiri.-Bernard Maris, économiste réputé et chroniqueur à France Inter . Après cette tuerie, c’est la rédaction  toute entière de Charlie Hebdo qui est décapitée .

On compte aussi 11 blessés dont 4 dans une situation critique.

Il  s’agit évidemment d’un drame absolu pour l’ensemble des victimes et leurs familles.  7journalistes de Charlie Hebdo ont été tués.  C’est un assassinat politique  de toute évidence, un acte que  les autorités ont qualifié d’acte de guerre terroriste  et qui requiert, comme l’a rappelé le président de la République française , un rassemblement national autour des valeurs républicaines incontournables comme le droit à la vie , la liberté de conscience et d’opinion des citoyens et la défense de la liberté de la presse .

Au cours de cette opération quasi militaire dirigée en temps de paix contre un journal et exécutée avec sang froid, les meurtriers armés de fusils d’assaut ont également donné la mort à deux policiers. L’un, le brigadier Franck Brinsolaro, abattu dans les locaux de la rédaction, aux cotés du dessinateur Charb,  dont il  était chargé d’assurer la sécurité L’autre,   Ahmed Merabet, a été tué dans la rue au moment de la fuite des tireurs : à la suite d’une fusillade, ce policier blessé, étendu au sol, et rendu inoffensif  a été achevé à bout portant par l’un d’entre eux .

La  volonté de donner la mort et l’ apparente détermination à mener à bien leur entreprise au cri de « Allah est grand », selon ce que rapportent certains témoins de la scène,  n’est pas sans poser question sur l’Islam, l’islamisme et le djihadisme au nom duquel   es deux français ont agi . Pour ce que nous en savons , tout s’est passé comme si la haine envers les humoristes caricaturistes s’était doublée d’une haine envers les policiers : celui tombé au sol qu’on achève d’une balle tirée à bout portant est la démonstration d’une folie meurtrière alimentée par une haine totale contre l’ordre républicain. Reste à savoir qui sont ces individus et tirer les enseignements de leur comportement . Mais je ne suis pas sûr qu’on y découvre  autre chose que la nature du mal qui a dicté cette tuerie : le passage de certains d’entre nous sur l’autre rive de l’humanité en se détachant  du sentiment de dignité humaine, et la responsabilité collective de nos sociétés  à fabriquer de l’inhumain, de l’inacceptable, de l’intolérable 

Les auteurs de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo ont réussi à prendre la fuite  et sont activement recherchés . Il paraitrait que l’un d’eux aurait laissé  » trainér  » une carte d’identité dans un véhicule volé retrouvé . Ici bas , la  bêtise fait souvent bon ménage avec la cruauté . La cruauté arme , la bêtise désarme, et  le peuple en sera juge . Il sait reconnaître l’injustice et l’ attentat contre Charlie Hebdo  en est une qui fait saigner le coeur au souvenir de ceux qui y ont trouvé la mort et de l’affection qu’on leur portait , au souvenir aussi du symbole qu’ils représentaient reconnu par tous les amis de la France, pays de libertés . Il n’y a pas de politique sans symbole et il n’y a pas de symbole durable sans courage. Nos dessinateurs préférés, défenseurs de la laïcité, n’en manquaient pas .

Bref, l’enquête est ouverte , la justice est en marche  et elle a intérêt à conclure rapidement, la liberté assassinée mérite tous les soins et toute la vigilance des institutions citoyennes en démocratie avancée.

 

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