Vote blanc et peuple citoyen

votation blancLe débat sur le vote blanc nécessite peut-être un éclaircissement au vu des commentaires sous le billet précédent «  petit pas timide vers la reconnaissance du vote blanc »

Bon, reprenons depuis le début, si vous êtes d’accord.

Je suis partisan d’une liberté de vote totale pour le citoyen, ce qui me conduit à reconnaître une valeur politique égale à tous les votes, y compris le vote blanc. Ce faisant je refuse de disqualifier ceux des électeurs qui ont choisi d’accomplir leur devoir électoral en votant blanc, sous le prétexte développé par certains qu’ils s’excluraient d’eux mêmes du système et de l’injonction générale «  tu votes pour décider » .

Sur quoi est fondée cette injonction ? Sur la tradition qui remonte à la monarchie de juillet ?  ou plus sûrement sur la peur des élites de voir le mécanisme électoral leur échapper tout comme l’onction démocratique à leur prise de pouvoir ? Pour elles en effet le vote blanc doit être sans  effet dans les résultats de l’élection car il favoriserait la non décision, le non engagement, l’immobilisme, et au final le découragement et le blocage des institutions ; au nom de l’efficacité et du pragmatisme il faudrait  ranger le bulletin blanc sur l’étagère des fantasmes démocratiques.

Qui contesterait que le vote blanc même réduit à un vote nul non comptabilisé dans les suffrages exprimés exerce une influence sur l’évaluation elle-même du résultat des élections actuelles dans un contexte d’abstentionnisme latent que tout le monde peut percevoir ?

Et dans le cas où le vote blanc est validé  tout comme un suffrage « exprimé », qu’est  ce qui permet d’affirmer que la classe politique serait incapable de se voir interpellée sur sa faculté de rénovation ?

Et enfin qui dit qu’il n’y a pas de solution « technique » à l’agencement du bulletin blanc dans les votes exprimés ? Ce serait l’occasion  d’approfondir la distinction entre 1er tour et 2ième tour, entre élection nationale et élection locale, entre scrutin présidentiel et scrutin parlementaire, entre vote majoritaire et vote à la proportionnelle, que sais je encore : pourquoi l’imagination « technocratique » ne pourrait-elle pas servir à la visibilité du peuple dans son entier ?

Selon le mot de F .Mauriac «  en politique il n’existe que des crimes collectifs ». En effet c’est un crime de vouloir dénier au peuple d’exercer sa liberté par les urnes tout en faisant comme si on agissait dans son intérêt. En politique le collectif c’est le peuple, le pouvoir du collectif c’est la souveraineté du peuple et il est risqué pour la démocratie en général et la démocratie représentative en particulier de s’en affranchir par une mesquinerie électoraliste comme le refus discriminatoire du vote blanc, refus qui détournerait  de l’acceptation pleine et entière de la citoyenneté, celle du peuple citoyen.

3 réflexions au sujet de « Vote blanc et peuple citoyen »

  1. Il m’arrive de voter blanc. Je limite ce genre d’action au vote local.
    Dans ces cas là, viens en ligne de compte mon souhait ou non de participer au financement d’une formation politique, ou non.

    Voter, ce n’est pas que désigner un candidat ou une formation, c’est aussi attribuer des fonds publics à tel ou tel.

  2. exact, on en vient au financement public des partis politiques en rapport avec les suffrages exprimés décisionnels lors d’une élection
    repenser peut -être les modalités de ce financement , par exemple toute fraude électorale étant de nature à supprimer le robinet du financement suivant des critères à définir ( c’est mon coté proc qui reprend le dessus )

  3. Ah, ah, ah !
    Votre coté Proc’ fait dans la provoc’ !
    Je vois le coup qu’à la suite d’une invalidation de vote, l’huissier et le juge viennent récupérer les sous plusieurs années après … Surtout quand on sait comment sont validés les comptes de campagnes électorales (affaire Karachi et Bétencourt)
    Avec les casseroles que traine le précédent président, si son affaire de fraude au financement était retenu au point d’invalider son élection (ah, zut, il n’y a pas de sanction de ce type dans le code pénal ou le code électoral, arrêtez-moi si je me trompe), il faudrait remettre à plat l’ensemble de son action et de ses projets de lois (illégaux car relevant d’un gouvernement illégitime), chouette bazar en perspective !
    Il faudrait inventer la législature « putative », ses lois, son gouvernement … ses défiscalisations !
    Vive Saint-Just, vive la Révolution !
    J’ai eu l’occasion de lire les discours de Saint-Just : c’est totalitaire, à en perdre la tête !

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