La République selon Gilbert Collard,député gardois affidé à Marine Le pen

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L'avocat mariniste, Gilbert Collard

L’avocat Gilbert Collard comme casse bonbons au Palais Bourbon , c’était du prévisible. L’avocat à la Cour, à la Télévision ( suivant une expression acquise au contact des prétoires) et maintenant avocat au Front national,  l’avait annoncé lui-même.  » je serai un casse couilles démocratique » déclarait-il   au lendemain de son élection dans la deuxième circonscription du Gard, «  en utilisant tous les arguments de droit«  précisait-il.

Maître Collard sur les bancs de l’Assemblée nationale n’a pas tardé à montrer ce qu’il savait faire ou ne pas faire. Jugez en par vous-même. en visionnant son intervention à l’occasion de la discussion au Palais Bourbon du projet de loi, cher à F Hollande, instituant les  emplois d’avenir pour  les jeunes peu ou pas qualifiés . Voilà ce que j’en ai retenu .

L’ avocat prend la parole pour proposer à ses collègues de voter un amendement qui introduit dans la loi le critère de la « préférence nationale » chère à l’extrême droite. Réserver aux français la priorité des emplois d’avenir autrement dit  » Jeunes étrangers s’abstenir ». Pour cet avocat pénaliste, il est impossible d’ignorer qu’une telle discrimination  est interdite à l’embauche, que le contrevenant encourt des sanctions pénales ( Articles 225-1 à 225-4 du code pénal ), que ce principe de non discrimination fondé sur la nationalité est applicable à tous les employeurs en droit du travail ( Articles L1132-1 à L1132-4 du code du travail ) qu’il apparaît évident que le législateur ne saurait en affranchir le mécanisme des emplois d’avenir en appliquant ce qu’il est convenu d’appeler  » la préférence nationale » ,  principe au coeur du programme du Front national qui prétend en faire un principe  de gouvernement tout à fait contraire à la forme républicaine de gouvernement exigée par la Constitution.

Ce serait faire injure à l’avocat de supposer sa méconnaissance du droit positif en la matière. Maître Collard savait que son amendement contre républicain était insoutenable et qu’il serait rejeté, c’est pourquoi il a choisi, trés vite, d’interpeller ceux qui manifestaient leur désapprobation, il en oubliait même de terminer la lecture de son amendement qui concernait les citoyens des différents pays de l’Union européenne .

 » Mais que vous ont fait les français? (…) s’exclame -t-il dés le premier murmure d’opposition.

« Quoi! on ne peut pas parler de la France ici (…) poursuit-il .

Du  haut de son perchoir, le Président de séance l’interpelle à son tour  à plusieurs reprises  » Nous vous écoutons, mon cher collègue, revenons à l’amendement  «  comme une invitation courtoise mais insistante à changer de registre.

Eh bien , le « cher collègue » devait continuer  à vitupèrer «  je n’ai pas à parler à des gens qui n’aiment pas la France (…) dés qu’on parle de la France vous vous agitez comme des marionnettes (…) vous êtes des urnes (!!!) à hurler (…) lance-t-il dans l’enceinte  de  cette honorable assemblée qui incarne la représentation nationale et le peuple tout entier .

Je m’arrête un instant sur cette surenchère verbale violente et blessante à tous égards. C’est un grand classique de la provocation. Le voilà donc, auront pensé certains « ce casse couilles démocratique » auto-proclamé ,   en action au service de l’extrême droite .

Un député se lève, c’est un Martiniquais, il  prend la parole avec calme, et  lui répond sur le fond avec sérénité, sans le traiter de clown :  » on ne fait dans la socièté française aucune distinction de race, de couleur, d’origine. » C’était une façon de lui rappeler que la société française se construit depuis des lustres au delà de la race, de la couleur ou de l’origine sur des valeurs républicaines affirmées dont la fraternité humaine  n’est pas la moindre. La République ne se construit pas sur un principe de discrimination, sur un principe d’exclusion comme le sous entend le critère de « préférence nationale » prôné par le Front national.

Maître Collard revient alors à la barre ( en quelque sorte), il a compris qu’il fallait feindre  de regretter des paroles malheureuses , et convaincre de sa bonne foi .

 » Je souhaite simplement qu’on dise , conclut-il, que les emplois d’avenir on les réserve aux français ( on avait compris) parce que c’est eux qui vont consentir les sacrifices necesssaires » Enfin un argument !

« Faux » lui répond un autre député , il n’y a pas que les nationaux qui payent des impôts, en dehors des nationaux   » toute personne residant sur le territoire français ( régulièrement s’entend) et payant des impots participe au financement de ce dispositif  » .

Pour finir , force est de constater que  M Collard est resté taisant sur le  sort réservé aux citoyens de l’Union européenne, pourtant l’amendement 179 qu’il présentait,  consistait à insérer dans la loi un alinéa libellé en ces termes : « L’emploi d’avenir s’adresse en priorité aux jeunes de nationalité française, et subsidiairement aux citoyens des États membres de l’Union Européenne. » C’est faire peu de cas du § 2 de l’article 21 de la Charte européenne des droits fondamentaux qui interdit  » toute discrimination fondée sur la nationalité «  dans le champ d’application du droit communautaire : il n’est pas sûr que la Cour de Justice de l’Union européenne aurait été d’accord avec cette atteinte à la liberté de circulation des personnes à l’intérieur de l’Union européenne via une atteinte au principe fondamental d’égalité et de non discrimination à l’emploi entre les citoyens européens de l’Union.

Comme il fallait s’y attendre l’amendement Collard a été rejeté. Le Parlement a définitivement adopté la loi dans la nuit du 9 au 10 octobre 2012, Mme Maréchal Le Pen et M Collard ont voté contre. Les communistes se sont abstenus , je ne suis pas sûr que ce soit un bon choix, le texte amendé du gouvernement de gauche représente une avancée sociale incontestable face à la montée du chômage chez les jeunes, notamment ceux les plus en difficultés. ( voir Le dossier emplois d’avenir LES ECHOS )

NB : Chronique du Gard où un député gardois s’en prend à un autre député gardois, Collard contre Cavard, le premier NI ( non inscrit) apparenté au FN ( front national), le second EELV  apparenté PS. Serait-ce les prémisses des futures élections municipales à Nîmes ?




2 réflexions au sujet de « La République selon Gilbert Collard,député gardois affidé à Marine Le pen »

  1. Evidemment qu’il connait le C.P !
    Parce qu’évidemment, et vous le savez pertinemment, ses propos ne s’adressent qu’à son électorat. Il pourra éventuellement reprendre ses propos retranscrits dans les débats parlementaires pour justifier de son « combat pour la France » … Ça vous pose un homme.

    1. lorsque j’ai regardé la vidéo pour la première fois , je me suis dit que tout le monde avait compris le personnage . Que nenni . Les commentaires étaient majoritairement élogieux sur le net. Que faire ? Fallait-il que j’abandonne cette outrance ? me contenter qu’elle alimente ma colère de voir ainsi la République maltraitée ? Je me suis résolu à décrypter à la manière de monpostdemocrate, une façon de croire que je ne perds pas mon temps alors que d’autres combats m’assaillent. Peu importe après tout, maintenant c’est dans la boite : je suis apaisé.
      christian

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