Europe ou pas Europe: le fédéralisme?

Il est assez répandu de dire que la crise de la zone euro est révélatrice d’erreurs de montage de la monnaie unique(*), comme si les crises liées à la disparité des situations nationales secouées par les soubresauts de la croissance mondiale n’avaient pas été anticipées, défaut d’anticipation aggravé par un défaut d’évaluation on pense notamment à l’entrée en zone euro de la Grèce à peine sortie de la pénurie voire de la pauvreté, on oublie la non entrée en zone euro de l’Angleterre, de sa banque et le cordon ombilical entre Wall Street et la City de Londres .  Chaque Etat membre de la zone Euro accepterait une démarche autoritaire et contraignante qui ferait miroiter une sortie de crise pour l’ensemble de la zône, sans exclusive . On reparle d’intégration pour échapper à la désintégration, et de fédéralisme européen.

(*)  L’ euro est devenu l’épicentre de la crise actuelle à cause des défauts inhérents à sa construction « G SOROS dans  » Le chaos financier mondial » ed presses de france 2012

europe-apres1Christian Levesque, (directeur du Centre d’études et de recherche internationale de sciences-po (CERIinternationales de sciences -po) et Thierry Chopin ( Directeur des études de la fondation Robert Schuman)Jean François Jamet, économiste se sont penchés sur la question. A  la suite de leur ouvrage commun intitulé « L’Europe d’après. En finir avec le péssimisme » les deux premiers ont accordé un interview à Clementine Forissier d’ Euractiv dont voici quelques extraits, les plus significatifs ,à notre avis , de l’état de leurs reflexions.

« Or, si nous ne parvenons pas à nous entendre sur la signification même du mot de gouvernement économique et in fine à nous accorder sur une conception commune du système politique et économique de l’Union, et en réalité du fédéralisme, les Etats ne pourront s’entendre sur un gouvernement commun et il sera difficile d’envisager « l’après ». »

« L’UE est le plus grand marché mondial, elle reste le principal acteur de la mondialisation(..)L’Union reste le premier bénéficiaire des investissements directs étrangers dans le monde, la zone euro dispose d’une monnaie internationale crédible et ce que l’on qualifie abusivement de crise de l’euro est en réalité une crise des politiques budgétaires et des divergences de compétitivité »

‘ »Par ailleurs, on l’a dit, la crise actuelle replace la question de l’intégration – notamment économique – au cœur des débats. Ce débat est en réalité politique : la relance du projet européen suppose non seulement de définir des réformes, qui permettront d’améliorer son efficacité mais aussi d’adopter un discours politique à même de lui donner une forte légitimité populaire »

« Un tel projet( la poursuite de l’integration) doit se faire avec un dessein préalable et avec une légitimation politique suffisante. Il faut que les dirigeants européens cherchent et parviennent à convaincre les citoyens de l’utilité et de la légitimité de l’UE pour affronter les défis du monde globalisé. »

Que faut-il en penser ?

europerevolutionLe discours actuel coince sur le volet social, la marche forcée vers un fédéralisme financier comme si c’était une nécessité qui commanderait au reste, n’est pas audible par tous ceux qui défendent une ligne de rupture avec le modèle financier de l’ économie néolibérale à l’origine de la crise. La plupart des spécialistes en conviennent : la spéculation a joué contre l’économie réelle.   La concurrence libre et non faussée sans Etat fédéral européen, sans budget fédéral européen calculé pour le developpement en contrefeux des crises, sans convergences fiscales et économiques, sans mutualisation de la dette souveraine européenne, sans démocratie européenne constitutionnelle fondatrice d’une justice civile et pénale, est une supercherie. La preuve en est faite.

L’union monétaire qui n’aurait jamais due être dissociée d’une union budgétaire, fiscale et bancaire avec une vision précise d’une  union politique régulatrice  a favorisé un modèle institutionnel européen désastreux   ( le traité de Lisbonne) , un géant aux pieds d’argile: une monnaie forte sans peuple pour la défendre, un systéme financier déresponsabilisé, et un faux semblant de démocratie .

L’Europe oui, mais pas pour soigner  cette oligarchie de bureaucrates bruxellois  payée pour masquer  l’incurie politique européenne, celle qui consiste, bon gré ou mal gré,  à paralyser les mécanismes de régulation et de contre pouvoirs   face aux puissances financières et aux lobbies de toutes sortes. Certes la Cour de justice de l’union européenne est habituée à prendre le relais en cas de panne politique mais le pire serait qu’elle perde son indépendance sous la pression d’un choix austéritaire.

On n’accepte la contrainte supra nationale que pour un bien commun. La crise actuelle a le mérite de mettre à cru  le sens de la projection européenne portée par les Etats membres : aucun ne veut abandonner  une parcelle de souveraineté sans contrepartie. Celle -ci ne peut être uniquement la sortie de crise, il est besoin qu’elle s’accompagne d’un  souffle nouveau pour le projet européen car l’Europe est en crise d’efficacité et de légitimité et elle le demeurera sans solidarité non pas des banques mais des peuples sur le terrain social, sur le terrain de la confiance sociale que les politiques d’austérité sont en train de saccager sans la moindre vergogne.

Pour en savoir plus

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/europe/221148104/leurope-dapres-contribution-a-strategie-globale-sort

http://www.robert-schuman.eu/ouvrage.php?num=140

videos du 27/06/2012 à la veille du sommet européen

http://www.robert-schuman.eu/partenariats_france24-archives.php

1.quelle croissance pour sauver l’Europe ? (partie 1) table ronde avec Michel Barnier commissaire européen aux affaires interirures et aux sevices financiers , Eva Joly députée européen(groupe Les verts) , Harlem desir député européen (groupe socialistes et démocrates ), Guy Verhofstadt,député belge européen, Président du groupe des démocrates et libéraux.

2.quelle croissance pour sauver l’Europe? ( partie 2)

table ronde avec Henri Weber, député européen( groupe des socialistes et democrates) Corinne Lepage députée européenne( groupe alliance des démocrates et libéraux) Constance Le Grip (groupe parti populaire européen)Eva Joly députée européen présidente de la commission du développement(groupe Les verts) et Giuliani le président de la Fondation en conférence audio

3. voir aussi Pierre Maystadt President honoraire de la Banque européenne d’investissement (BEI) auteur du livre « Europe : le Continent perdu? » Lui aussi critique la haute finance pour s’être éloignée de l’économie réelle,il le fait à travers un discours feutrée mais on peut en tirer la conclusion . Crise= responsabilité commune des politiques et des banquiers.