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L' anthropologue Emmanuel TERRAY nous parleje voterai pour Mélenchon …vraisemblablement

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Emmanuel Terray né en 1935 est un anthropologue français de formation philosophique.Agrégé de philisophie, il s’oriente vers l’anthropologie politique, discipline dont il devient un grand nom sous l’influence de  maîtres à penser comme Louis Althusser, Georges Balandier, Claude Lévi-Strauss

terray emmanuelIl vient de publier un livre  » Penser à droite » (ed Galilée) résultat de l’étude des grands penseurs de droite depuis la révolution.A l’issue de ses travaux il estime que la vision du monde « de droite » est aujourd’hui hégémonique . Au cours d’un entretien accordé en mars 2012 aux journalistes de Rue 89 il va nous préciser ce que sont les valeurs de droite et ce qu’est être de droite , notamment dans le paysage politique actuel en passant en revue les différents candidats et les formations politiques qui les soutiennent . Homme de gauche , pour lui c’est le Front de Gauche qui incarne le mieux les valeurs de gauche et il confie qu’il votera vraisemblablement pour Jean Luc Mélenchon .
Ecoutons le répondre aux questions de Rue 89 à l’occasion de cet interview dont voici quelques extraits
>E Terray se présente « Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite. »
>Il continue en donnant quelques clés  de compréhension  » la droite défend l’ordre établi (…) mais l’ordre établi  change sous la pression des mouvements du monde »
>Quelles que soient les tensions il remarque que les fondamentaux restent les mêmes  » l’ordre,le hierarchie, l’autorité , la priorité donnée au plus proche sur le plus lointain. » L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite  ( des tenants du libéralisme économique à la droite classique conservatrice) – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation »
>Il situe Sarkozy « du coté du libéralisme ( valeurs: mobilité, nomadisme, gout du risque et la compétition de l’autre) , Juppé et Bayrou du coté de la « droite classique et conservatrice ( valeurs : stabilité , enracinement, sécurité et consensus)
>S’agissant de Hollande , les choses sont plus compliquées  » c’est un homme de gauche qui subit trés fort l’hégémonie de droite  »  » il ne propose rien qui relève de l’utopie «  or Emmanuel Terray pense que « sans utopie il n’y a pas vraiment de pensée de gauche »
>Sur Mélenchon, il précise « Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique »
MISE A JOUR
un autre interview ICI avec Alain Gerard Slama le 5 mai 2012 sur Marianne 2

Que choisir ? Environnement ou écologie.

Billet publié le 9 avril modifié le 12 avril en italique .

Fort d’un sondage IFOP selon lequel seulement 27 % des français considèrent que la protection de l’environnement est « tout à fait prioritaire », le journal LM (8 et 9 avril 2012) a demandé aux prétendants à l’Elysée leur position sur des sujets précis et nous livre le résultat de son enquête dans le tableau çi après

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L’ENQUETE

Quelle est la position du Front de Gauche face aux partis dominants ?

Sur le nucléaire

Pour Sarkozy et Hollande pas question d’abandonner la filière nucléaire 75 % de la production électrique est d’origine nucléaire tout juste Hollande envisage-t-il de réduire ce chiffre à 50 % à l’horizon 2050. Mélenchon est favorable à la sortie du nucléaire et préconise de faire trancher la question par un référendum à partir d’une politique alternative énergétique programmée.

Sur les énergies fossiles

Sarkozy fait semblant d’oublier qu’en 2011 la France a continué à aider ces énergies fossiles  par des niches fiscales  à hauteur de 5,8 milliards d’euros en 2011 (chiffres officiels confirmés par son ministère de l’économie et l’OCDE) alors que l’Agence internationale de l’Energie plaide pour l’abandon des énergies créatrices de CO2. Mélenchon et Hollande sont prêts à s’aligner sur cette  recommandation internationale et à favoriser les énergies renouvelables.

Sur le gaz de schiste

Sous le gouvernement de Sarkozy  la loi du 13 juillet 2011 interdit l’usage de la fracturation hydraulique et autoriseraient l’usage de techniques respectueuses de l’environnement. Pas question pour Mélenchon de maintenir les autorisations d’exploiter déjà accordées, tandis que Hollande s’en tient à la loi.

Sur le réchauffement climatique.

Tous les candidats sont favorables à une taxe carbone à acquitter par les compagnies aériennes dont les avions décollent ou se posent dans l’Union européenne comme semble l’avoir décrété la commission européenne.

Sur le péage urbain ( villes de + de 300 000 habitants ) Sarkozy et Hollande sont pour le principe Mélenchon contre.

Sur la biodiversité et la trame verte opposable à tout projet d’infrastructure, Sarkozy et Hollande y sont favorables , Mélenchon aussi

Sur le projet de l’aeroport de Notre DAME des Landes ( grand ouest Nantes : maire JM Ayraut) Sarkozy et Hollande d’accord Mélenchon contre

Sur les OGM : l’interdiction de la culture des OGM en France a fait consensus, sous réserve disent les deux majoritaires de laisser une place à l’expérimentation. Danger : le lobbying ( Monsanto) n’est donc pas à exclure.

Sur les pesticides : Le fait de rendre obligatoire l’objectif de réduire de 50%  l’usage des pesticides d’ici 2018, à cause de leur action nocive sur la santé largement démontré scientifiquement , fait également consensus

Sur la pollution de l’eau dans les estuaires et les marées d’algues vertes: Mélenchon est pour une réduction drastique et autoritaire de la taille des élevages (aux épandages nocifs) à condition de prendre des mesures sociales appropriées, tandis que Sarkozy et Hollande font des circonvolutions pour ne pas se mettre le monde agricole à dos. Point d’orgue sur la pollution de l’eau, la France ne fait pas d’efforts suffisants pour appliquer la règlementation européenne, raison pour laquelle elle se voit traduite devant la CJUE par la Commission.

Parmi les sujets qui fâchent, reste  la question du pic pétrolier et de l’industrie automobile (avec le moteur à explosion du siècle dernier comme technologie à dépasser) un sujet qui n’a pas été abordé par le journal Le Monde et pour cause: l’automobile est le signe social par excellence de notre société de consommation. Je rappelle que l’ambition du Front de gauche est de sortir des énergies carbonées.

LES INTERROGATIONS

Au delà des réponses des candidats, il convient de s’interroger sur ce qu’il faut entendre par les mots environnement et écologie. Je remarque que les journalistes du Monde tout en laissant entendre que dans la campagne présidentielle « l’environnement semble oublié » évoquent en  même temps le  « défi écologique » sur lequel il conviendrait donc  d’interpeller les candidats.

Que signifie ce va-et-vient langagier aussi bien chez les commentateurs que chez les hommes politiques, entre la notion d’environnement et celle d’écologie. Peut-on indistinctement utiliser l’une et l’autre de ces notions en faisant comme si elles désignaient la même réalité ? Je ne le crois pas.

J’entends par écologie, l’écologie politique, référence faite à une façon de remettre en question notre mode de développement économique fondé sur la croissance continue et l’accaparement des richesses et les inégalités croissantes. Il s’agit alors de percevoir un tournant historique auquel invite la pensée écologiste : autrement dit, selon les tenants de l’écologie politique, notre humanité, dans ce qui est la colonne dorsale de notre vie collective, l’économie, est confrontée à un nécessaire changement de cap,  radical et déterminant. Le résultat : un savant mélange de démocratie et d’économie politique qui mène à un changement de mentalités, de comportements librement consenti à l’échelle locale et planétaire.

J’entends par environnement, le droit environnemental et sa place dans l’organisation de nos sociétés à l’intérieur desquelles se construit ce droit indépendamment d’une remise en cause du système capitaliste. Ce droit a pour finalité de corriger les excès d’un productivisme capitaliste qui dégrade la planète, la biodiversité et l’éco-systéme de l’homme sans lequel il n’y a même plus de vie possible. Ce sont toutes les dégradations environnementales qui sont visées et dont il convient de se préoccuper  (le réchauffement climatique, les pollutions en tous genres, de l’eau, de la terre et de l’air, la déforestation, l’urbanisation etc..) Ce sont ces  dégradations, outre les catastrophes naturelles devenues de plus en plus fréquentes,  dont il convient de protéger l’homme, où qu’il soit, où qu’il habite, où qu’il vive. Ce sont ces dégradations dont il convient de se prémunir dans l’ici et le maintenant commandé par l’urgence et par le combat nécessaire pour un  droit de l’environnement effectif en tant que droit humain fondamental.

Il n’est donc pas étonnant que la notion d’environnement rejoigne celle  d’écologie politique, bien que chacune d’entre elles ne soit pas réductible à l’autre , la première influant sur la seconde et vice versa .

Force est de constater que les acteurs économiques dans l’activité qui est la leur supportent mal les contraintes environnementales qui passent le plus souvent  pour des règles tatillonnes, soit qu’elles gênent le travail des uns ( les agriculteurs) soit qu’elles réduisent la compétitivité des autres ( les industriels), des règles indésirables pour ceux qui , forcés par la concurrence et la compétition continuent de piloter leurs entreprises le nez dans le guidon. L’objectif de maximalisation des profits dans le système du capitalisme « avancé » qui est le nôtre, a cette caractéristique d’être un objectif à-tout-prix, surtout au prix  d’une croissance productiviste qui dégrade de plus en plus notre Planète.

JL Mélenchon en avançant l’idée de faire de  la « dette écologique  » une  nouvelle règle de gouvernance, tant dans la cité que dans l’entreprise, propose de dépasser cette tension entre deux directions apparemment séparées, l’une révolutionnaire, l’autre réformiste.  Que choisir ? Au Front de Gauche nous ne voulons pas Il ne s’agit  pas de choisir   la protection de l’environnement indépendamment d’une vision écologique de la société. Une société écologique serait une société qui réintroduirait de la durabilité dans toute chose, un contre modèle à l’instantanéité du privatif, peu soucieux du futur et du bien commun qui s’y attache, le bien commun de tous, la Terre. Une société de responsabilité et de conscience collective.

Le capitalisme « vert » tel qu’il est proposé par les tenants du libéralisme économique fait le choix de dissocier l’environnement de l’écologie politique car l’écologie politique remet en question un des fondamentaux du libéralisme qui est : pas de pilotage politique et les hommes seront bien gardés par la loi du marché. Les mêmes , lorsque la crise est là, détournent le regard, souffrant de voir leurs propres contradictions et à ce stade , choisir l’environnement sans l’écologie politique relève du même aveuglement.

Voilà pourquoi  Mélenchon préconise d’ inscrire dans notre loi fondamentale  le principe de la  « dette écologique » . Cela consiste  à prévenir les atteintes à l’environnement en un temps où l’on voit déjà se profiler des seuils d’irréversibilité irréparables pour l’être humain et son milieu naturel. Mieux vaut prévenir que guérir. (un principe de médecine traditionnelle chinoise qui donne un autre motif de se tourner vers la Chine pour voir ce qu’il est devenu .)

Conclusion : Révolution citoyenne + planification écologique = révolution écologique

Economie, écologie et spiritualité – Entretien avec Frédéric Lenoir.mov

je refléchis à quelques commentaires , quelques passerelles , quelques approfondissements de cette parole avec laquelle je suis en écho  . Je remercie gérard de m’avoir  permis d’en prendre connaissance même si j’ai l’impression d’être familiarisé avec cette problématique  qui met en perspective l’économie, l’écologie et l’ activité spirituelle de l’être humain.C’est pas pour rien que Frederic Lernoir a été surnommé « Le touche à tout de Dieu » (son blog )

Je vais tenter cependant quelques observations à partir du questionnement suscité par le titre. La spiritualité est-elle première ou dernière ? Pourquoi le mot politique n’y figure pas?  Je pense que La spiritualité  a été de tout temps une affaire de culture par quoi l’homme se singularise dans le monde et y répond . La carte du monde de l’homme entendu comme son système de croyances participe de sa spiritualité . Lenoir définit la spiritualité moderne comme une force de résistance aux puissances de l’argent et aux mécanismes, aux logiques marchandes qui les accompagnent . La question qui se pose alors est de savoir si la logique marchande n’est pas en elle même une nouvelle spiritualité propre au développement économique capitaliste tel que nous le connaissons. Lenoir ne croit pas ou ne croit plus  en  la révolution politique , c’est sa vision du monde actuel et sans doute est ce pour cela que le terme politique ne figure pas dans le titre . Il part du constat d’un capitalisme  actuellement  destructeur de l’humain , de sa biosphère et invite à la redécouverte  de la profondeur de l’humain , du vivant,  par une expérience personnelle dite individuelle seule capable de donner envie de maîtriser les logiques marchandes contraires . C’est pourquoi il conclut  que dans le capitalisme ambiant qui est le nôtre  » C’est par la révolution individuelle  qu’on va pouvoir faire une révolution collective qui sera plus globale, mais je crois qu’il faut encore un peu de temps. » C’est sur cette conclusion que j’ai quelques réserves . A l’heure d’Internet , de la mondialisation et des effets systémiques en cascade, à l’heure d’un état d’urgence permanent je ne crois pas que nous devions nous résigner à prendre le temps sauf à digérer dans son coin sa révolution individuelle qui ne serait qu’une introspection supplémentaire. La politique c’est la préscience de l’adversité à laquelle l’homme ne peut échapper à moins qu’il imagine une solidarité  qui ne s’acquière que s’il accepte d’y engager sa vie . Cet engagement là , je ne saurais dire s’il est premier , mais peu importe il a tout son sens ,toute son importance , toute sa vitalité lorsqu’on décide d’affronter l’alienation barbare de l’ignorance et de la haine . L’homme varie , la barbarie qu’il fabrique non et c’est elle qu’il faut affronter  pendant qu’il en est encore temps.

Une remarque pour finir:

la vidéo de Lenoir commence à dater (elle n’est pas contemporaine des revolutions arabes de 2011 ) , elle a été mise en ligne en janvier 2010 par la réalisatrice , elle peut être utilement complétée avec  une autre partie de l’entretien intitulée « laïcité et croyances « , ainsi le tableau de Lenoir ( non pas Renoir) sera complet tant sur  ses certitudes que sur  ses intimes convictions, comme il le dit en 2010.

J’ai decouvert sur you tube ( curieusement je n’ai pas trouvé sur son blog une videothéque qui archive ses entretiens filmés) une autre vidéo datée de janvier 2011 où Lenoir s’exprime sur la révolte tunisienne qui commence contre le régime de Ben Ali (avant sa fuite). Pour quelqu’un qui ne croit pas aux révolutions politiques il est prompt à donner son opinion quitte à se tromper sur  l’islamisme religieux de la population tunisienne qui a démontré sa force au cours de la révolution qui a suivi et qui a vu les partis islamistes dominer les elections (comme d’ailleurs dans les autres pays arabes en ébulition Lybie , Egypte)

Lenoir est un « citoyen de la planète Terre  » comme il se définit lui même : il aime philosopher, méditer et prier il ne s’occupe pas de politique sinon il annoncerait la couleur. 

Une société de consommation avec un pouvoir d'achat qui diminue , est ce possible ?

consommateurs-supermarche-gramont-9-aout-2010-613987-304x170REGARDEZ mais ne touchez pas

Selon les chiffres de l’Insee publiés en ce début d’année ( avec anticipation pour le mois de décembre) les dépenses en biens de consommation des ménages français ont ralenti d’un point en 2011 avec une croissance 0,3% contre 1,3% en 2010 ( moyenne bien inférieure au rythme d’avant la crise de l’ordre de 2% par an)

Donc la consommation des ménages est atone, et le restera en 2012,  la croissance est grippée et le restera car la consommation des ménages en est son moteur essentiel en tout cas en France : le prévisionnel de croissance du PIB en 2012 de l’ordre de 0,I% n’est pas fait pour rendre optimiste et la  récession nous colle aux basques.

La contraction de la consommation peut trouver plusieurs explications en temps de crise


1. la réduction du niveau de l’emploi avec augmentation du chômage et précarisation accrue : la tendance dans les chaumières est à la prudence . Lorsque l’on peut on épargne , lorsque l’on ne peut pas on sauvegarde  l’essentiel, dans les deux cas on réduit la consommation tous azimuts .Reste la consommation basique mais les prix augmentent (la baguette de pain,le café,l’essence ,le chauffage…)

2. la réduction des avantages sociaux ou acquis sociaux qui touche les plus défavorisés.

3. l’augmentation des taxes qui se répercutent sur le prix à la consommation auquel le porte monnaie du consommateur doit faire face . Le plus bel exemple de ce transfert en est la TVA sociale à venir . Il s’agit de réduire le  cout du travail ( mesure  applaudie par le Medef) , en externalisant de l’entreprise sur le consommateur le financement de la protection sociale assuré jusqu’à présent par les partenaires sociaux dans un rapport de solidarité employés -patrons .

La baisse du pouvoir d’achat est bien là pour la masse des salariés qui ne vivent que de leur travail et auxquels on veut imposer une cure d’austérité .

Alors que faire ? La réduction du pouvoir d’achat dans une société de consommation n’est pas la panacée . Pour éviter la schyzophrénie à laquelle elle expose, redevenons maitres de notre argent. Bien, commençons par limiter la consommation des banques par qui le scandale  est arrivée . Commençons par boycotter les produits bancaires ( tous les types d’assurances et abonnements ou services que les banques proposent, les cartes bancaires etc ) , retirons l’ensemble de nos revenus disponibles et gérons notre propre argent centime après  centime. Adressons nous aux banques coopératives  en cas de besoin. Exit la financiarisation à outrance ,cause de tous nos soucis .


La réduction du cout du travail dont la plus emblématique est la TVA sociale envisagée par le Gouvernement Sarkozy et applaudie par le Medef, s’agissant d’externaliser de l’entreprise le  financement de la protection sociale et de le transférer sur l’impot du consommateur.

La laïcité, une nécessaire exigence démocratique, reste à l'appliquer….

A mon ami DUCROS pour qui je me décarcasse  sous la forme d’un nouveau billet en réponse à son commentaire du billet précédent sur la laïcité

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Mon second

La radicalité ne m’effraie pas, bien au contraire surtout s’il s’agit d’une radicalité concrète , qui  apporte des solutions . C’est bien le cas de la laïcité qui a apporté une solution aux guerres de religions. Certains ont pu dire ( par exemple Michel Onfray dans un article du Monde 6et 7 mars 2011) que nos sociétés occidentales, « l’occident a été formaté par plus d’un millénaire de christianisme » certes , mais pour autant faut-il oublier que nous français, au prix d’une révolution et en s’affranchissant de la tutelle des Eglises nous avons inscrit sur tous les frontons de nos mairies une spiritualité laïque commune qui s’exprime par la devise « liberté, égalité , fraternité » Nos Eglises font partie aujourd’hui de notre patrimoine culturel et artistique comme témoin d’une histoire faite aussi de larmes et de sang.

« Le magnifique héritage de civilisation » que nous léguerait, selon N Sarkozy, la chrétienté est un jugement de valeur historique, qui ressemble à celui de Samuel Huntington, théoricien du choc des civilisations et de la stigmatisation de l’Islam. Dans la bouche d’un Président d’une République laïque qui célèbre le patrimoine national c’est une « roublardise » comme le soutient JL Mélenchon

«  La loi de 1905, argumente-t-il, dispose que ce n’est pas au nom de leur dimension religieuse que l’Etat restaure des monuments mais au titre de leur portée artistique universelle »

La tradition républicaine de la France moderne est de lutter contre l’obscurantisme religieux et on devine aisément de quel coté N Sarkozy le situe entre la chrétienté et l’Islam (le port du voile islamique et de la burqua en est un exemple) . Sa faute est de se laisser instrumentaliser par les thèses racistes de l’extrême droite qui pratique l’exclusion d’une religion étrangère à ( et en ) l’Occident et renforce la xénophobie aux antipodes de la laïcité dont les principes directeurs ont été conçus plutôt comme une solution à l’exercice tranquille de la liberté religieuse que comme une arme de guerre.

Mais il y a bien des traditions républicaines qui ne sont plus respectées dans la France d’aujourd’hui

Il faut bien comprendre , et ce sera notre conclusion , que derrière la laïcité se profile l’espérance du peuple : que la fin ne justifie jamais les moyens . Car, en général , c’est toujours lui qui en fait les frais . C’est pourquoi la laïcité est une exigence démocratique et on peut s’étonner que la plupart des pays européens n’ aient pas cru devoir en adopter le principe nécessaire.

Au coeur du racisme, la questiondu multiculturalismeet de l'identité nationale face à l'Islam

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Mon premier

Avant d’être élu Président de la République, lorsqu’il n’était encore qu’un ministre de l’intérieur et des cultes, N Sarkozy penchait pour une France  multiculturelle .Il était à l’origine de la création en 2003 du Conseil Français du culte musulman ( CFCM) .  Il disait alors « la France n’est plus seulement catholique «  et il constatait volontiers que l’islam y était « une des grandes religions » (on croit savoir la deuxième). Aujourd’hui N Sarkozy semble vouloir retoquer le principe de laïcité, ce principe républicain fondateur qui impose la séparation totale entre les Eglises et les Institutions, entre le spirituel et le temporel .

Comment s’y prend-t-il ?

Il dénonce l’échec du multiculturalisme : certains diront que la définition  du multiculturalisme comme toutes les expressions en « isme » manque de contours précis . Pour notre part, nous comprenons par « échec du multiculturalisme » l’évocation  d’une politique qui aurait échoué, celle qui favorisait jusqu’à présent  une France multiculturelle, c’est à dire  une France tolérante à l’égard de toutes les cultures et les religions, dont l’exercice est garanti  par l’idéal républicain de la laïcité. Pour faire bref, la laïcité garantit certes la liberté et la diversité religieuse  mais la laïcité ne saurait autoriser que les communautés religieuses  se developpent les unes contre les autres ou en diffusent des  pratiques qui seraient contraires à l’esprit républicain inspiré de la laïcité . La république française est une et indivible et c’est dans le cadre des lois de la République que les libertés s’exercent.

Force est de constater que  la question du multiculturalisme est devenue en France celle de la place de l’Islam dans la République. Pourquoi ? Parce que la France abrite la communauté arabe la plus importante d’Europe et qu’aujourd’hui, les pays européens craignent un flux migratoire en provenance du monde arabe, déstabilisé  par les mouvements révolutionnaires qui viennent de se produire en Tunisie, en Egypte, et en Libye.

L’Islam est-il compatible avec la République ?

Pourquoi cette question est -t-elle relancée maintenant ? La pratique de l’Islam concerne  en effet une population musulmane à majorité d’origine arabe estimée déjà à près de 5 millions d’individus , environ 2000 mosquées  et lieux de prière existent en France, des inaugurations sont en perspective avec financement public ( déguisé ou pas à cause de son caractère illégal).

Même question sur un autre angle : les valeurs de la République laïque sont-elles compatibles avec  la religion islamique ?

C’est une question politique de première importance qui a déjà été labouré par le droit international dans le cadre des conventions internationales portant notamment sur le droit familial ou les droits fondamentaux de la personne, signées par les pays de droit musulman qui n’ont pas renoncé à la religion dans la conduite du  gouvernement des hommes ou des Etats.

Avec l’immigration maghrébine, et d’une manière générale des personnes étrangères de culte musulman,   la question du multiculturalisme est devenue, en France, la question de la laïcité devenue elle même co-substantielle à celle de l’’identité nationale, expression mise au gout du jour par N Sarkozy. En effet en formant son premier gouvernement le Président de la république  a apposé les deux mots « identité nationale » à celui d’ « immigration » désignant ainsi  un nouveau  ministère celui de l’Immigration et de l’Identité nationale. Eric Besson, le transfuge du Parti socialiste, nommé à la tête de ce ministère, n’a pas hésité à engager un débat national sur cette notion  »d’identité nationale », qui faisait déjà polémique . « L‘identité  nationale » comme affichage d’une politique publique en charge de l’immigration a pu donner lieu à quelques confusions, malentendus voire dérapages : on s’en souvient le débat sur le sujet a provoqué les dérives habituelles de l’extrême droite, prompte à stigmatiser la religion islamique et la pratique du culte musulman en France. C’est à la faveur d’un remaniement ministériel au mois de novembre 2010, que   le Ministère de l’Immigration et de l’identité nationale a été  supprimé et que  le secteur de l’immigration a été  placé sous la coupe ( réglée) du Ministère de l’Intérieur. Cependant l’idée a tracé son sillon, derrière les Français il y a une identité nationale et il convenait de l’affirmer pour la majorité au pouvoir.

Mais  subrepticement,  nous voyons la religion islamique  prendre les habits d’une religion étrangère avec le port du voile islamique, la consommation de la viande  Hallal, l’éducation dans des écoles coraniques, les prêches des imams et les  prières de rue, et avec enfin la construction de mosquets et de minarets. La pratique de l’Islam devient un argument de rejet de la culture musulmane et des communautés musulmanes : par la religion on confond  » les français musulmans qui ont l’air étranger et les étrangers musulmans qui n’ont pas l’air français » . Et c‘est, en définitive   dans une ambiance d’islamophobie européenne ancrée de plus en plus dans les esprits, que N Sarkozy dénonce l’échec du multiculturalisme en ces termes :

Le multiculturalisme « c’est un échec. « Dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui accueillait (…) Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, la communauté nationale. Si on n’accepte pas cela, on ne vient pas en France« (…)« Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir pratiquer leur religion (…) mais il ne peut s’agir que d’un islam de France et non pas d’un islam en France« ( …)

Comme le suggère Samuel Huntington, père de la théorie du « choc des civilisations » certains peuvent  estimer que  la religion est le fondement de toute civilisation et de sa culture. L’identité nationale, matrice d’une communauté nationale  devient  alors inséparable d’un « héritage religieux national »  d’un passé historique religieux aux repères identitaires . Mais si nous n’y prenons garde , un tel positionnement peut servir  à stigmatiser  le fait religieux nouveau que constitue le phénomène de la pratique de l’Islam en France  par une communauté musulmane présente et devenue visible  sur le territoire national .

Que faire ? Revenons à nos fondamentaux de vie publique .

Si la République est une et indivisible c’est pour défendre la démocratie et les exigences démocratiques de la socièté française exluent le racisme sous toutes ses formes . Mieux la forme républicaine de la démocratie française garantie par la Constitution,  interdit toute atteinte à l’ordre politique laïque. Celui-ci  postule la diversité culturelle et religieuse . En conséquence de quoi, tous les pratiquants d’une religion sont égaux devant la loi .  C’est dire que rendre justice à cette égalité  est le seul principe qui vaille en République.  C’est un principe supérieur qui valide en même temps le multiculturalisme et la citoyenneté dans un processus de création continue démocratique qui n »exclut ni l »un ni l »autre.

Pour répondre à la question de l’échec du multiculturalisme posé par la parole présidentielle, on serait tenté de dire qu’il ne suffit pas pour être dédouané de la responsabilité de l’échec du multiculturalisme de changer les règles du jeu : il convient d’en   rechercher  les causes . Qu’est ce qui fait obstacle au mélange des cultures ? que signifie  la montée d’un communautarisme national ou l’idée d’un héritage religieux national ?   Qu’est-ce qui facilite l’expression des thèses racistes de l’extrême droite xénophobe ?

Parmi les causes, sans doute la crise de la démocratie  et une absence totale d’ambition républicaine porteuse du projet démocratique à la française issu de l’esprit des Lumières et de la Révolution.

N Sarkozy après avoir eu tort de créer le ministère de l’Identité nationale, a eu raison de le supprimer mais attention aux enseignements de la sagesse populaire  » chassez le naturel et il revient au galop « 

SOURCES

LM du 27/02/11 : l’échec du multiculturalisme, ou de N Sarkozy

LM du 1/03/11 : A quels problèmes se heurte la pratique de l’Islam en FRANCE

Blog politique de JL Melenchon où est developpé l’idée selon laquelle l’ordre politique laïque qui est le nôtre est fondé à ne délibérer que sur ce qui est commun et non sur les différences

MISE A JOUR du 3/03/11 :

Bingo, le naturel revient au triple galop !!! Voir le discours de N Sarkozy au Puy en Velay consacré à l’héritage patrimonial de la France, un  héritage chrétien  qu’il célèbre et qu’il assume au nom de la France dans les  termes suivants .

« La chrétienté , dit-il , nous a laissé un magnifique héritage de civilisation « . Il ajoute , » Président d’une République laïque je peux le dire car c’est la vérité (…) Cet héritage c’est une chance , c’est d’abord un devoir(…) nous devons le transmettre aux générations et nous devons l’assumer sans complexe et sans fausse pudeur(…) conserver et restaurer cet héritage , une mission à laquelle l’Etat ne peut et ne doit se dérober »  Site Elysée

RAPPEL:

Le Président Sarkozy en visite chez Benoit XVI Discours au Latran Rome le 20/12/07 Site Elysée

Noam CHOMSKY aurait listé (le net disant )10 stratégies de manipulation des masses

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Un texte intitulé « Les dix stratégies de manipulation de masses » attribué à Noam Chomsky le linguiste nord-américain, circule  sur le net (avec le titre, allez voir sur Google , c’est le Buzz) . Je viens de le recevoir dans ma boîte de message, aucune mention de la source . Aprés quelques recherches il s’avère que la source n’est pas Chomsky et que Chomsky n’est pas l’auteur de cette liste mettant en perspective les ressorts de la manipulation de l’opinion publique, même si les travaux de cet éminent chercheur ( « La fabrique du consentement ») ont largement contribué à éclairer ce problème de nos sociétés contemporaines .

Examinons donc cette liste dont la source serait ( ICI) et ajoutons à notre reflexion un Onzième commandement  » la stratégie du mensonge  » la chose du monde , comme on sait,  la mieux partagée.

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles  7;

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Source : Le Grand Soir Jean Bricmont

Retour sur le cannibalisme

Lors d’un précédent billet, intitulé « meurtre et cannibalisme en prison  » , j’ai relaté , à partir d’une connaissance purement médiatique du dossier , l’affaire judiciaire concernant un nommé Cocaign accusé du meurtre de son co-détenu dans une prison de Rouen. Cocaign ayant mangé un morceau du poumon de sa victime , cette affaire  posait la question d’ un meurtre tabou et plus généralement du cannibalisme et de sa signification

Voir ICI sur le blog Slate écrit par Marc de BONI un billet intitulé « nous sommes tous des cannibales » qui compléte l’interrogation.

cannibalis-universalis

« Nous sommes une espèce cannibale » , dit l’auteur, et « la marque de l’anthropophagie est partout et elle l’a toujours été »

Elle a toujours été depuis des millénaires , et l’auteur bien documenté nous l’enseigne par des aller retour dans l’histoire des sociètés  de l’antiquité à nos jours , sur tous les continents du sud au nord et de l’est à l’ouest et  l’homme occidental à mesure qu’il traverse des continents découvre que le cannibalisme se pratique partout.

Au XX siècle sous l’influence de la pensée freudienne le cannibalisme comme l’inceste sont élevés au rang de tabous fondateurs des sociétes humaines. Mais si la consommation d’humains n’a plus cours aujourd’hui dans le monde occidental ( sauf cas isolés de transgressions criminelles) , sa pratique fascine , une pratique en vogue au moins dans son acception symbolique qui rend l’idée de dévorer plus acceptable. On dévore l’adversaire  pour incarner la victoire au sens propre , absorber la force d l’autre , acquérir ses qualités

Quelle est donc cette tendance puisque pour l’homme occidental le qualificatif de cannibale fait toujours référence à une sorte de déshumanisation radicale ?

A cette interrogation ,l’auteur conclut que  l’esprit du  cannibalisme est toujours persistant dans nos sociétés modernes  » on persiste à dévorer les autres , non leur chair mais leur force de travail , leurs idées, leur richesses , pour capitaliser et prospérer » « et la loi du « manger ou être mangé  » est loin d’avoir disparu .

Curieux raccourci de l’anthropologie à l’économique , l’auteur insiste sur les moeurs économiques cannibales du capitalisme ambiant . » nous sommes tous des cannibales » dit-il  Veut-il dire que  le le capitalisme enferme des horreurs economiques qui ressemblent fort aux pratiques cannibales des sociétés archaïques

« Humain trop humain »   »l’homme est un loup pour l’homme »" Toutes ses expressions nous conduisent plus sûrement à la pensée philosophique selon laquelle l’humain porte en soi sa propre inhumanité et s’il faut faire avec, parions que l’humain l’emporte sur son contraire.

Sources bibliographiques :

- W. Arens, The Man-eating Myth, Oxford University Press, 1979.

- L.V. Thomas, Le Cadavre de la biologie à l’anthropologie, Bruxelles, Complexe, 1980.

- M. Patou-Mathis, Mangeurs de viande, Paris, Perrin, 2009.

- J. Jelinek, Encyclopédie illustrée de l’homme préhistorique, Paris, Grund, 1975.

- C. Lévi-Strauss, Cannibalisme et travestissement rituel (1974-1975), In Paroles données, Plon, 1984.

- F. Lestringant, Le Cannibale, grandeur et décadence, Perrin, 1994.

- M. Monestier, Cannibales, histoire et bizarreries de l’anthropophagiehier et aujourd’jui, Le cherche midi,  2000.


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"La vitesse peut tuer pas seulement sur les routes"

CITATIONS LOGO« Trop vite » c’est le titre de l’essai que vient de publier aux éditions Albin Michel Jean Louis SERVAN SCHREIBER, journaliste,  fondateur de l’Expansion et directeur de Psychologies Magazine.

L’auteur examine les rapports humains comme les institutions démocratiques qui se sont transformés sous l’influence de la révolution informatique et numérique, de la miniaturisation des technologies nouvelles, de l’internet sans fil ni frontières.

Résultat : Nous sommes devenus prisonniers du présent dont nous subissons la tyrannie

JLSS  «  Sous l’effet de l’accélération du mode de communication entre les humains, aujourd’hui le présent est devenu plus dense, plus envahissant, réduisant du même coup notre disponibilité intellectuelle  pour réfléchir. Collectivement, notre vue à long terme s’est complètement atrophiée et pris dans ce mouvement nous semblons mêmes incapables d’en mesurer les conséquences sur nos vies… L’accélération des rapports qui s’est accentuée depuis le début du XXI siècle a entrainé un rétrécissement du futur et du passé … Nous sommes désormais enferm »s dans notre présent avec comme ligne d’horizon pour envisager la suite des choses rien de plus que le bout de nos chaussures. »

Cette impasse du présent concerne  aussi bien le monde politique qu’ économique

Au plan politique les institutions démocratiques, telles qu’elles fonctionnent, hyperinformées et réactives, ont du mal à sortir de la logique purement électoraliste.

JLSS « Un responsable politique ne peut plus envisager une action à long terme . Avec l’électorat toujours sur les talons , il n’a plus le temps de réfléchir .De manière insidieuse, cele va réduire alors la capacité de ces institutions à résoudre les gros problèmes »

Au plan économique, l’univers des affaires est paralysé par une vision à court terme qui n’est pas étrangère à la crise économique de cette fin de décennie.

JLSS« Dans ce domaine comme dans celui de l’environnement, pour sortir de la zône de danger il faudrait des réformes en profondeur, réformes que le court-termisme nous empêche d’imaginer… Ainsi la bombe financière et la bombe environnementale vont continuer à se promener sans que l’on puisse s’en protéger »

Conclusion :

Se soustraire au court-termisme et maitriser l’instantanéité planétaire qui rejoint celle de notre condition humaine. Redécouvrir la réflexion collective et une saine démocratie.

Jean Louis SERVAN SCHREIBER conclut  « pour prendre conscience que l’on est myope il faut utiliser ses neurones … » on aimerait bien ajouter au tableau : pour agir il faut y croire, plus démocrates, ensemble.

( source : Le devoir 03/08/10 F. Déglise  journaliste québécois))