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LU: lettre politique de Laurent Joffrin du 31 mai 2018

L Joffrin ( directeur de publication du journal « Libération », disserte sur le macronisme , la façon dont Macron exerce le pouvoir depuis son élection il y a un an. Rien de nouveau sous le soleil , « un trés ancien nouveau monde  » selon lui  au vu des réformes engagées . Voyons ça…

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«  »"Résumons ce qu’on devinait dès les premiers pas et qui apparaît en pleine lumière après un an de macronisme : il n’y a pas plus de «nouveau monde» dans cette politique que de beurre en branche. Le tourbillon de réformes entreprises par le gouvernement Philippe à l’ombre de Jupiter se ramène à un plan somme toute assez plat : l’application à la France des réformes libérales à l’œuvre dans le monde depuis la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Les dernières annonces le confirment si besoin en était : libéralisation de la loi Littoral jugée trop contraignante, réforme des aides sociales accusées d’être des trappes à chômage, assouplissement des règles de cession des HLM, plan Banlieue de Jean-Louis Borloo écarté au profit d’une philosophie entrepreneuriale symbolisée par le vieux proverbe «Aide-toi et le Ciel t’aidera» : tout concorde. L’individu est tout ou presque, les corps intermédiaires sont des obstacles et non des partenaires, les «premiers de cordée» tireront tout le monde. C’est la suite d’une séquence uniforme : réforme fiscal e au profit des plus riches, libéralisation du marché du travail, réduction prévue de quatre points des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires, réforme de la SNCF au nom de la concurrence, fin programmée des protections depuis toujours consenties aux cheminots. Rien de neuf dans cette affaire : on y trouve les grands principes des grands ancêtres, Bastiat, Hayek, Milton Friedman, et la longue préparation menée de manière à la fois discrète et tout à fait publique au sein des cénacles de la classe dirigeante, Fondation Saint-Simon, symposium de Davos, Institut Turgot, Institut Montaigne, etc. Et, dans une version droitisée, parmi les travaux des deux commissions Attali, dont le secrétaire était un jeune inspecteur des Finances nommé… Emmanuel Macron. Nouveau monde et vieux projet…

«Ultra-libéralisme» ? Evitons les slogans. La France reste l’un des pays les plus administrés au monde, où les dépenses publiques représentent plus de la moitié du produit intérieur. Mais justement : c’est pour mettre fin à cette exception française que cette politique est mise en œuvre, non par la société ou par «les individus» mais par un seul, logé à l’Elysée et qui mène son faux nouveau monde à la baguette. C’est la répudiation – par des méthodes jacobines – de la tradition de jacobinisme qui remonte à plus de deux siècles, ou de la greffe social-démocrate tentée avec plus ou moins de bonheur par les socialistes français au pouvoir. Un libéralisme vertical et impérieux, un bonapartisme du laisser-faire, une politique à la Guizot, premier chantre des «premiers de cordée», mâtinée de Napoléon III. Autrement dit une antique tradition, maintenue jusqu’ici sous le boisseau, soudain libérée par la divine surprise de mai 2017. »" ».

Commentaires :

Le macronisme tel qu’il se dessine après un an d’exercice du pouvoir par le nouvel hôte de l’Elysée ressemble bien à du bonapartisme, une volonté de gouverner qui ne s’empare pas d’états d’âme démocratiques sur l’alpha et l’oméga de la politique actuelle  :  la force économique du pays .  L’option d’un ultra libéralisme économique téléguidé par un modèle financier supra étatique, cimente une  volonté de transformation  qui passe pour le remède à l’impuissance de tous face aux défis contemporains et gloire à Macron et son élite à son service.

 

Mediacratie, enquête de Aude Lancelin ( 12/04/2018 Vraiment politique-Le Média)

l’émission commence à l’indice 21.30

Invités de l’émission:

Paul Moreira , grand reporter, journaliste d’investigation, coresponsable du collectif « Informer n’est pas un délit » ( ed chez Calmann- Levy)

Henri Maler , Professeur de Sciences politiques à Paris , fondateur de Acrimed, coauteur avec Sege Halimi de l’ouvrage  » l’opinion ça se travaille  »

Henri Guaino, ex député des Yvelines , conseiller spécial et porte plume de N sarkozy

Divina Frau-Meigs, professeure en Sciences de l’information et de la Communication , membre de la commission de réflexion de l’UE sur les « fake news »

Patrick Champagne ,sociologue ,ex collaborateur de C Bourdieux ovrages  » faire l’opinion » et  » le couple dépendance  »

Commentaires :

 

Lettre ouverte de Yann MOIX à Emmanuel MACRON à propos des violences policières à Calais

moix

“ Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez «migrants» : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que «ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires.» Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.Je ne suis pas, comme vous dites, un «commentateur du verbe» : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux droits fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

( ICI extrait du documentaire qui sera diffuse sur Arte au mois de mAI 2018)

Vous menacez de saisir la justice si les «faits dénoncés» ne sont pas «avérés». Voici donc, monsieur le Président, les ­images des conséquences obscènes de ­votre politique.Ces actes de barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

«Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques», avez-vous dit. Ajoutant : «Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.Journalistes, policiers : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres précis, et vous êtes impardonnable ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure.

Quand une police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la dignité de l’homme  ? Vous y avez répondu vous-même : «Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement.»L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les violences policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

«La situation est ce qu’elle est par la brutalité du monde qui est le nôtre», dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion  ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.Vous avez osé dire : «Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République.» Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de «l’humanité», les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberrati

La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un «crime contre l’humanité». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas : c’était un Calais pipé ; c’était ­un Calais imaginaire et vide ; c’était un ­Calais sans «migrants». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

Le Défenseur des droits (J Toubon )a dénoncé, lui aussi, le «caractère exceptionnellement grave de la situation», qu’il n’hésite pas à décrire comme étant «de nature inédite dans l’histoire calaisienne». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un crime.

Je citerai enfin les conclusions de la «mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois» d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur : «L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation].»Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier : «Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur( Gerard Collomb) qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants.»Vous dites : «Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la violence.» Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une «fake news», vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu. Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire  ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

Le préfet du Pas-de-Calais ( Fabien Sudry) m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.Jean Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie. »

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En réponse à Yann MOIX , le prefet Sudry aux ordres , tweete  son désaccord

Lui aussi  affirme , voyons de prés de quoi il retourne

« aucun détenteur de la force publique, écrit-il, ne reçoit, ni n’a reçu d’instructions contraires à la déontologie (utilisation de gaz lacrimogène sur des points d’eau ou au moment de la distribution des repas, reveil des personnes pendant la nuit, exercice de violences physiques : tout agent qui se rendrait coupables de tels agissements, serait immédiatement sanctionné , avec la plus grande sévérité , sur  initiative de ma part »(…) Des images que vous présentez ( que Yann Moix présente) comme des preuves des violences policières aujourd’hui semblent montrer en réalité des opérations de maintien de l’ordre au temps du bidonville de la Lande avant octobre 2016 (…)

Selon le préfet Sudry , Yann Moix  » semble découvrir qu’il est trés légitimement fait usage proportionné de gaz lacrimogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empecher l’intrusion des migrants dans le tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais ( il faut rappeler la mort de 4 migrants en 2017,soit renversés par des poids lourds, soit en tombant d’un poids lourd en circulation, ou pour protéger les transporteurs routiers ( dont l’un est mort il y a quelques mois aprés avoir percuté un barrage monté par des migrants). Il choisit de ne pas dire un mot du dispositif humanitaire mis en place par l’Etat à Calais et qui permet aux migrants qui refusent les hébergements proposés systématiquement par l’Etat d’avoir accès à l’eau potable , à des douches , des sanitaires, ainsi qu’aux soins de santé au centre hospitalier de Calais ( 30 passages par jour en moyenne) »

Les accusations du chroniqueur sont gravissimes,selon le Prefet   » la principale , écrit-il, étant qu’un » protocole de bavure »aurait été sciemment organisé par l’Etat à Calais « .

Les Collombes républicaines seraient -elles l’instrument d’un Etat policier ? That is the question .

LU chez Marianne « Plaidoyer pour un conseil de déontologie du journalisme »

 CLIQUEZ >>> https://www.marianne.net/debattons/tribunes/plaidoyer-pour-un-conseil-de-deontologie-du-journalisme?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

c’est un article daté du 6/12/2017 publié parThomas Guénolé :politologue insoumis. Auteur d’Islamopsychose (Fayard, 2017), La Mondialisation malheureuse (éditions First) et Petit guide du mensonge en politique (Fayard, 2017, réédition).

Le 4 /12/2017 JL Mélenchon avait annonçé  dans son blog son intention de faire signer une pétition pour la création d’une instance de recours contre les abus du pouvoir médiatique qui ressemblerait à « un conseil de déontologie du journalisme ».

Cette initiative fait suite notamment à la scandaleuse émission de parti pris , organisée par France 2, intitulée « L’émission politique « , animée par la journaliste Léa Salamé et son équipe, à laquelle avait été invité  le 30/11/2017 JL Mélenchon , tombé ,selon lui, dans un véritable traquenard.

Sur les chartes professionnelles des journalistes

>><Syndicat national des journalistes     

>>>Acrimed 

>>>La charte européenne des devoirs et des droits des journalistes de 1971

Le conseil de déontologie : une instance de sanction ?des journalistes ? de l’organe de presse auquel ils appartiennent ? Quel préjudice et quelles victimes ?

Le Média : lancement live du 11 octobre 2017

https://www.youtube.com/watch?v=Do-P0c37E0U

Le Média est votre nouveau média indépendant, collaboratif, pluraliste, culturel, francophone, humaniste, féministe, antiraciste, écologiste et progressiste. Ce mercredi 11 octobre 2017 débute la campagne de souscription et d’élaboration de ce média. Son lancement officiel, lui, est programmé pour le lundi 15 janvier 2018. Mais rien, absolument rien, ne se fera sans vous. NOS ENGAGEMENTS 1. Ce média, coopératif, sera indépendant : sa gouvernance impliquera ses sociétaires, ses salariés et ses « bénéficiaires ». 2. Ce média sera collaboratif : s’appuyant sur un réseau de correspondants, d’associations, d’ONG, il fera appel aux collaborations citoyennes. 3. Ce média sera pluraliste : s’affranchissant de la dictature de l’urgence, il laissera sa place à la confrontation des idées et aux débats de fond. 4. Ce média sera culturel et francophone : sans se limiter au seul hexagone, il contribuera à la valorisation et à la création culturelle de la francophonie. 5. Ce média sera humaniste et antiraciste : il s’engagera dans la lutte contre les discriminations et travaillera au renforcement des solidarités humaines. 6. Ce média sera écologiste et progressiste : il soutiendra les initiatives qui favorisent l’harmonie entre les hommes et la nature. Retrouvez notre manifeste sur https://www.change.org/p/media-citoyen Devenez co-propriétaire du Média : http://lemediatv.fr/socios/

Nicole FERRONI, mon humoriste préféré

 Nicole précise sa pensée sur le deuxième tour des présidentielles  et sur les deux qualifiés, Marine Le Pen ( extrême droite anti européenne  ) et Emmanuel MACRON ( extrême finance pro européenne ). Sa précédente chronique était passée  comme un plaidoyer pour l’abstention. Contrariée,  ce mercredi  elle corrige le tir : elle choisit son adversaire  -Marine Le Pen – dont les sbires auront tôt fait, s’ils parvenaient au pouvoir de supprimer des ondes et d’ailleurs l »humour et la caricature comme modalité de la liberté d’expression.

Pour Nicole, il n’est Pas question que sa chronique de la semaine dernière ,  abstentionniste  à l’insu de son génie bateleur,  contribue  de façon indirecte et à une voix près , à la montée du taux de suffrages exprimés en faveur de  Marine Le Pen

Vous le verrez dans la vidéo çi dessous,  Nicole a forcé son talent dans une ambiance méditerranéenne qui la rapproche du berceau de la démocratie, et de la tragédie grecque.

Affaire FILLON : ce qui n’est pas interdit n’est pas forcément autorisé .

 

Qu il dégage

Qu il dégage

Né en 1954 François Fillon est un homme politique qui a fait carrière en exerçant différents mandats locaux dans la région des pays de la Loire notamment la Sarthe , ainsi que des mandats nationaux comme sénateur ou député ,  avant de devenir ministre sous différents gouvernements de droite et premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.

C’est un chrétien à titre privé et un conservateur ordo-libéral au plan politique( modèle allemand)

Son entrée  à Matignon n’était pas passée  inaperçue à l’époque . A peine nommé chef du gouvernement par Sarkozy , il déclarait, sans prendre de pincettes   » être à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier ». Nicolas Sarkozy au lieu de lui dire  » casse toi pov’ con »  l’a convaincu de prendre son mal en patience en le maintenant durant tout le quinquennat à ses cotés comme » simple collaborateur « . Après avoir bataillé contre Jean Francois Copé au sein de son parti après le défaite de Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2012 gagnées par François Hollande , il fallait s’attendre à voir le sourcilleux mais  ambitieux   Fillon présenter sa candidature pour les élections présidentielles de 2017 .  Il remportait haut la main les primaires de la droite et du Centre en Novembre 2016 , exit Nicolas Sarkozy et Alain Juppé . Dans l’élan de sa victoire il décidait , le bougre ,  de se rendre peu de temps après en Allemagne,  faire sa génuflexion devant Angela Merkel toute prête déjà à le canoniser Président comme l’ensemble des médias … sauf un  » Le Canard enchainé » journal satirique spécialisé dans le décryptage des gens de pouvoir et de leurs vérités cachées.

Que s’est-il passé?  Fin janvier 2017 à la suite des révélations du « Canard Enchainé » , journal qui est , rappelons le ,  une véritable institution dans la presse écrite, française , incontournable dans les travées du pouvoir , éclate ce que l’on appelle le Pénélopegate . De quoi s’agit-il ?

Mme Pénélope Fillon , l’épouse de F Fillon a été employée  comme assistante parlementaire de son mari  de 1988 à 1990, de 1998 à 2000 , et de 2012 à 2013 et comme assistante parlementaire du suppléant  Marc Joulaud de 2002 à 2007 . Son traitement mensuel avoisinait 4000euros et  le montant total des revenus tirés de cette activité était évalué selon le Canard Enchainé à une somme de l’ordre de 800 000 euros en 15ans .  Mais c’est là que le bât blesse . Cet emploi familial ne cacherait-il pas un cadeau  financé par l’argent public dont disposait son mari  ou son suppléant au titre de la députation ? F. Fillon  n’avait pas besoin de répéter « J’aime ma femme » , n’est-il pas normal  entre mari et femme de  se faire de petits cadeaux, mais si l’intention libérale ( vouloir faire un cadeau) suinte d’un emploi de complaisance payé avec de l’argent public , c’est autre chose . Curieusement  Pénélope Fillon qui avait donné 5 enfants à son homme d’Etat de mari et restait fidèlement à ses cotés,  affirmait en 2007 , à un journal britannique lors d’une interview,  qu’elle n’ avait jamais été l’assistante parlementaire de son mari. Epouse , mère de famille , mais pas assistante parlementaire, ou quoique ce soit d’autre. C’était dit, et qui plus est, filmé . Faut-il voir dans de tels propos  une  discrétion convenue autour d’un emploi fictif qui ferait mauvais genre s’il venait à l’idée d’un journaliste d’y voir de plus prés.

Quoiqu’il en soit, la suspicion d’emplois fictifs pour le candidat à la Présidentielle , conduisait le Parquet de Paris ,via le Parquet Financier National ( PNF) à ouvrir dès le 25 janvier 2017 un enquête confiée à l’ Office Central de Lutte contre le Corruption et les Infractions Financières et Fiscales ( OCLCIF) . Au bout d’un mois d’enquête, après audition notamment des époux Fillon , une information judiciaire était ouverte contre X par requisitoire introductif en date du 27 février 2017 des chefs notamment de détournement de fonds publics et  recel : étaient également visés  pour des faits distincts l’abus de biens sociaux  , le trafic d’influence et le manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique.

Fillon clame son innocence et met en cause l’autorité de la justice , notamment celle du Parquet de Paris et par conséquent de ses chefs hiérarchiques François Molins Procureur de la République et Christian Marin Procureur général.Il n’est pas inutile de remarquer  que la saisine des juges d’instruction , qui est en soi une orientation procédurale équilibrée lorsque les personnes mises en cause sont des gens de pouvoir,  a le mérite de mettre en mouvement l’action publique et d’échapper à la toute récente réforme des délais de prescriptions qui réduit la prescription des infractions  » occultes et dissimulées  » à une periode de 12 ans après les faits . Dans l’affaire Fillon les faits antérieurs à 2005 auraient été prescrits  et légalement pardonnés .

Pardon , vous avez dit pardon ! Oui ,  Fillon en présentant ses excuses au peuple de France a sollicité  son pardon pour avoir prêté le flanc aux reproches de favoritisme ou d’appât du gain à travers des emplois familiaux non  interdits par la loi française certes,  mais ce qui n’est déjà plus le cas pour les institutions européennes  et la réglementation européenne et on ferait mieux de s’en inspirer .

D’un point de vue général, on peut avancer l’idée que la rémunération de l’assistant parlementaire , dans une démocratie bien ordonnée, est censée être la juste contrepartie d’obligations professionnelles exercées par l’intéréssé dans le cadre de sa mission,  à savoir faciliter le travail  de l’élu : en France cet élu est autorisé à embaucher , grâce à une indemnité financière de l’Etat en sus de son traitement, une équipe à son service dans le cadre de son activité parlementaire . Qui définit son activité parlementaire et celle de son assistant , SVP?

L’erreur de M Fillon est de croire  qu’il suffit d’affirmer que sa femme était à son service pour être dispensé d’en justifier le poste de travail précis surtout lorsque le montant du salaire est important, de l’ordre de 4000 euros nets mensuels et  qu’il implique des contraintes de formation, de compétence et de disponibilité à la hauteur de la rémunération … sauf à admettre qu’il s’agit d’un emploi fictif . Or Mme Fillon a été si discrète que la question se pose , mais la défense des époux Fillon  a désormais toute latitude pour présenter aux juges d’instruction les éléments de preuve de nature à donner une réelle consistance à l’activité d’assistante parlementaire de Mme Fillon.

Certains pourraient être conduits à penser que ce Pénélopegate est dérisoire par rapport aux enjeux démocratiques attachés à la candidature de F Fillon aux présidentielles , comme tente de le faire admettre implicitement celui-ci , en se maintenant dans la course à l’Elysée. Tout dépend comment on définit le dérisoire , n’est-ce pas ?

Pour le citoyen contribuable , ce n’est pas dérisoire d’être salarié  de la République sans contrepartie . Souvenons nous du témoignage émouvant de Martine Crnkovic,

 filloniste de toujours , d’au moins 30 ans , et maire de Louailles : quelle n’a pas été sa surprise d’apprendre que Mme Fillon était l’assistante parlementaire de son mari  (toujours la même discrétion autour de cet emploi ccomme s’il convenait de ne pas l’ébruiter)  et bouleversée par la suspicion de détournement d’argent public qui pèse sur le couple Fillon  dont elle est une proche  « J’espère , dit-elle , qu’elle l’a mérité (l’argent public). » Qui juge du mérite , SVP ?

Pour le citoyen appelé aux urnes  , ce n’est pas dérisoire qu’un homme d’Etat candidat  aux plus hautes fonctions , n’assume pas les principes éthiques exigés de lui , en se dissimulant derrière des excuses inopérantes mais révélatrices d’une lâcheté malsaine qui va jusqu’à désavouer le travail de la justice républicaine de son pays comme le fait , par ailleurs une autre responsable politique Marine Le Pen, porte parole de l’extrême droite en France. On serait tentés de dire « C’est bonnet blanc et blanc bonnet « 

La leçon de l’histoire !  chacun pourra en décider . Qu’il soit cependant permis de rappeler à tous les démocrates que ce qui n’est pas interdit n’est pas forcément autorisé . C’est l’interprétation que les spécialistes donne de l’Etat de droit : celui-ci chevillé au corps de la démocratie  inclut l’abus de droit et l’apparence de légalité n’excuse pas tout . Le droit peut devenir un instrument de fraude et la maxime latine  » Fraus omnia corrumpit «  est toujours d’application. La dictature et la corruption  vont de pair et l’humoriste pourrait rajouter :  « l’homme est un Dieu car comme lui il ne change pas » ( réplique tirée des épisodes de la série : The Young Pope) Lorsque Fillon, les poings fermés tancent ses amis en leur lançant   » je resterai inébranlable »  … comme Dieu … , il n’est pas sûr que le peuple soit du même avis lors du prochain rendez vous électoral.

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Oyez ,oyez  Nîmois,  jeudi 2 mars 2017 Môssieur François Fillon, sorti tout droit de son manoir , vient vous rendre visite , il vient vous dire qu’il n’a commis aucune faute …. alors n’oubliez pas les casseroles . Au Parnasse à 19h.

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MISE A JOUR : On apprend ce 1er mars que FILLON est convoqué le 15 mars devant les juges d’instruction pour sa mise en examen au vu du dossier transmis par le Parquet . Bruno LEMAIRE fait savoir par communiqué  qu’il démissionne de la campagne de F .FILLON, celui-ci ayant déclaré,  qu’ il retirerait sa candidature s’il était mis en examen. Il aura intêret à respecter sa parole le moment venu , càd après sa mise en examen.

S’il ne le fait pas et il ne semble pas disposer à le faire à ce jour M Fillon n’ayant pas fait l’objet d’un placement en garde à vue au cours de l’enquête le concernant , le principe de sa mise en accusation commencerait à dater de sa mise en examen à partir de laquelle il bénéficierait jusqu’au jugement d’une présomption  d’innocence  qui lui garantirait d’être traité  dignement et équitablement par la justice de son pays. S’agissant d’un candidat potentiel aux élections présidentielles aucune disposition légale ne lui interdit de déposer officiellement sa candidature s’il dispose des parrainages voulus .


MISE A JOUR  : la conference de presse de F Fillon du 1 mars 2017 cliquez ICI http://www.rtl.fr/actu/politique/video-francois-fillon-revivez-sa-conference-de-presse-7787477724 . F Fillon promet de rapporter la preuve que son épouse l’a réellement assisté dans son travail parlementaire, tout en continuant à délégitimer la justice  en charge d’évaluer cette preuve exigée de lui et de lui seul en tant que candidat aux fonctions suprêmes de l’Etat . 

Nous pensons que l’opinion publique, et c’est heureux , est en situation de réclamer  un haut niveau de sens éthique de la part des candidats à l’election présidentielle , un moment fort de notre démocratie qui engage l’avenir du pays . 

L’emploi familial sur les deniers publics de l’Etat ( cela concernerait environ un quart des députés) est un choix hasardeux pour le parlementaire qui  a l’ ambition de devenir Président de la République.  C’est le cas de F Fillon . Hasardeux , pourquoi ?

Parce que dans le contexte d’une campagne électorale  la faute de F Fillon et non pas l’erreur comme il le prétend, c’est d’avoir , en tant que candidat à l’élection présidentielle, prêté le flanc à une vérification judiciaire de sa situation professionnelle , comme une société démocratique l’ exige, et d’avoir ainsi forcé la justice à intervenir  sur un terrain où elle n’a pas vocation à intervenir , le terrain de la moralité politique , lequel cependant ne saurait être exclu de son champ de compétence , voire de sa mission légale et constitutionnelle .  Le recours à un emploi familial pour un parlementaire , dans l’état de notre droit , peut difficilement échapper aux suspicions d’emplois de complaisance à partir du moment où la frontière entre le professionnel, le privé ou l’intime est difficile à faire.

A cotoyer le pouvoir de prés pendant de longues années on peut en venir à se considérer au dessus des lois et  les exemples ne manquent pas de cette triste réalité qui forge chez nos hommes politiques ce sentiment « d’ être intouchable » et de le croire . Comme N Sarkozy , F Fillon ne sera jamais quitte de ses attaques outrancières contre l’ institution judiciaire  dont il critique publiquement l’autorité, voire la légitimité démocratique.

N’oublions pas que le Pénélopegate n’est qu’un volet de l’affaire Fillon dont l’activité de conseil d’un groupe d’assurances est inquiétante lorsqu’il inclut dans son programme politique de presidentiable  une espèce de privatisation de la Sécurité sociale  et donc de la disparition de cette institution, de sa mort .  Cela donne tout son sens ( son sang …!!! ) à l’expression  « assassinat politique » utilisée par Fillon pour  défendre son image contre le système mediatico-judiciaire dont il se dit la victime , tout comme le serait le processus démocratique . C’est  » l’hôpital qui se fout de la charité » .

La malhonnêteté de F Fillon  n’échappe pas  au bon sens populaire . Sommé de s’expliquer sur un usage de l’argent public, comme tout homme d’Etat doit s’y attendre ( il a été premier ministre de la France pendant 5 ans), il nie tout comportement fautif et déplace la faute sur  « celui » qui lui demande des comptes , le peuple à travers ses institutions démocratiques . C’est F Fillon qui porte atteinte au processus démocratique au moment même où il désigne comme traitre son juge, le peuple et les institutions qui le représentent dans la société démocratique qui est la nôtre . Car au delà du fait d’avoir eu recours intentionnellement ou pas à un emploi fictif , cette attitude anti républicaine le disqualifie pour la fonction présidentielle. Au bout du bout , le candidat à la Présidence de la République doit pouvoir afficher  une moralité exemplaire dans sa vie publique c’est une marque de respect pour le peuple  , les citoyens qui sont appelés à l’élire .Si ce n’est pas le cas il doit s’abstenir ou dégager .F Fillon n’accepte ni l’un ni l’autre .

MISE A JOUR : communiqué du 1 mars 2017 du premier président et du procureur général de la Cour de Cassation , presidents du Conseil Superieur de la Magistrature cliquez ICIgoo.gl/75DTjE 

On peut y lire notamment un rappel du principe  d’indépendance des magistrats même si ,à y regarder de prés , c’est de l’indépendance de  l’autorité judiciaire qu » il s’agit  dans la Constitution, loi fondamentale où les magistrats  puisent leur légitimité, celle de rendre la justice au nom du peuple français : leur légitimité ne découle pas de  l’élection comme dans d’autres pays. Mais il est aussi question du devoir des magistrats  » de ne pas s’engager publiquement dans le débat électoral » , la forme concise du communiqué n’a sans doute pas permis de préciser : sauf  s’ils sont eux mêmes candidats à des élections publiques , ce qui peut les conduire,  s’ils sont élus , à devoir faire un choix de carrière , ce qui ne leur est pas interdit mais fortement déconseillé …au moins jusqu’à leur retraite .

MISE A JOUR  La presse étrangère

Un vent mauvais souffle sur l’élite française  à l’image de F Fillon qui en porte une lourde responsabilité .

Selon La Tribune de Genève « 

la présidentielle 2017 est d’ores et déjà abîmée…D’ordinaire les politiques appellent au calme, en 2017 en France ils veulent que la rue les protége de la justice « 

Fillon -Le Pen même discours

Selon le Telegrah(anglais) « le scandale François Fillon ( en accusant l’Etat français de tentative d’assassinat politique pas seulement contre lui mais aussi contre le processus démocratique ) conduit la politique française dans le caniveau » 

Le caniveau : le choix de sortir du pacte républicain et de la cohésion républicaine .