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AGENDA POLITIQUE : Lisbonne 21et 22 Octobre 2017 . Plan B en Europe de la gauche radicale européenne .

Cinquième sommet  des partenaires européens de la gauche radicale qui proposent de transformer l’Union européenne en cas de victoire électorale avec un plan A , rester dans l’Europe, et un plan B , sortir de l’Europe, de ses traités de discipline budgétaire et de la politique d’austérité.

L’Europe insoumise se retrouve à Lisbonne pour le 5ème sommet du plan B

Face à l’offensive ultralibérale tous azimut de l’Union Européenne, qui en France s’incarne dans les politiques mises en oeuvre par Macron, la sortie des traités européens est plus que jamais d’actualité, de manière concertée (plan A) ou unilatérale avec ceux qui seront en accord avec nous (plan B). C’est le message que portera la délégation du Parti de Gauche (représentés par Eric Coquerel, Corinne Morel-Darleux, Sophie Rauszer et Djordje Kuzmanovic) ces 21 et 22 octobre à Lisbonne lors du cinquième sommet du « plan B ».

Après Paris et Madrid en 2015, Copenhague en 2016 et Rome en mars dernier, ce moment poursuivra la construction d’une alternative « revendiquant la démocratie pour les peuples d’Europe et affirmant la coopération démocratique et la solidarité comme alternative au déficit démocratique et social imposé par le traité de Lisbonne il y a dix ans ». Il s’agit là d’un jalon important pour les élections européennes de 2019 qui permettra au peuple français de choisir la France Insoumise plutôt que le couple Macron-Merkel et à leur Europe de la crise sociale.

L’appel pour le sommet du plan B à Lisbonne :
Le programme du Plan B à Lisbonne :
Live streaming de l’ouverture er de la clôture de plan B à Lisbonne : https://www.facebook.com/PortugalLeftNews
Eric Coquerel, député de la France Insoumise et Co-Coordinateur du Parti de Gauche et Djordje Kuzmanovic, Secrétaire National du Parti de Gauche pour les questions internationales et de défense

https://youtu.be/0GkAtXH_TBY Discours de Jean-Luc Mélenchon prononcé le dimanche 24 janvier 2016 en conclusion du premier sommet pour un plan B en Europe.

https://www.lepartidegauche.fr/3031/; sommet du plan B de Rome le s11 et 12 mars 2017

https://europeinsoumise.org/index.php/fr/content_page/19-a-la-une/41-olivier#.WetecHBXi5Q.facebook 

As a new financial crisis threatens the world, actors of the radical Left convene at the fifth Plan B summit to save Europe from the neoliberal regime leading it to destruction. The future is being invented in Lisbon.

Le cinquième sommet du plan B en Europe s’ouvre aujourd’hui à Lisbonne. Il réunira des acteurs de la gauche transformatrice d’une vingtaine de pays européens et de tous horizons politiques, associatifs ou scientifiques. Cette rencontre est significative: selon Hervé Hannoun et Peter Dittus, respectivement Directeur Général Adjoint et Secrétaire Général de la Banque des Règlements Internationaux, nous sommes à la veille de la pire crise bancaire de notre histoire. Cette paire franco-allemande qui ne peut être soupçonnée de clémence envers le gauchisme a tiré une conclusion de ces découvertes qui se traduisaient par le titre de leur livre: « Révolution requise».

Lors de la fondation du Parti de la gauche française, il y a plus de huit ans, une autre paire franco-allemande composée de Jean-Luc Mélenchon et d’Oskar Lafontaine était parvenue à la même conclusion. Ils n’ont pas été écoutés, la crise de 2008 a eu lieu et, par conséquent, la Grèce a été outrageusement placée sous surveillance. Le premier Plan B Summit a eu lieu à Paris à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon, Zoé Konstantopoulou en Grèce, Stefano Fassina, ancien ministre des Finances italien, Oskar Lafontaine, fondateur de Die Linke, sociologues, juristes et acteurs de mouvements nationaux et européens. Notant que la capitulation de la Grèce «a été réalisée par la fermeture des banques grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et la menace de ne pas leur permettre de rouvrir jusqu’à ce que le gouvernement grec accepte une nouvelle version d’un programme raté», ne plus jamais laisser chanter les peuples d’Europe! Cette initiative a rapidement rejoint une vingtaine de pays représentés aux sommets de Madrid, de Copenhague et de Rome et est devenue le creuset de la réinvention européenne.

L’observation faite au premier Sommet est maintenant largement acceptée: «Nous devons échapper à l’inanité et à l’inhumanité des traités européens actuels et les remanier afin de jeter la camisole de force du néolibéralisme, abroger le traité budgétaire et rejeter l’accord de libre échange avec le États (TTIP) ». Ces traités sapent la capacité des États à intervenir économiquement et les obligent ainsi à déléguer leurs tâches au secteur privé, menant à une marchandisation du monde qui n’a préservé aucun aspect de la vie humaine – santé, éducation, transport, nourriture, logement et même la terre elle-même. Après neuf ans de politiques d’austérité, même les partis sociaux-démocrates qui ont contribué à leur mise en œuvre commencent lentement à admettre que le retrait des traités est nécessaire. Oui mais comment? C’est là que le plan A entre en action.

Certains soulignent que ces traités ne sont pas négociables; ils ne pourraient être modifiés qu’à l’unanimité par les 28 (bientôt 27) États membres, condition improbable. Il n’y aurait donc d’autre solution que de faire usage, comme le Royaume-Uni, du fameux article 50 qui déclenche la sortie de l’Union européenne – tous les États membres étant totalement isolés et incapables de négocier quoi que ce soit, l’UE ne cédant jamais à quoi que ce soit. En réalité, la force des traités est pour la plupart une illusion. Il devrait suffire de se rappeler qu’après s’être enfoncé aussi loin que possible dans une austérité absurde et contre-productive, la Banque centrale européenne a manqué à son mandat d’inonder le continent de liquidités; Personne ne s’y opposa, à part quelques ordolibéraux à l’esprit unique en Allemagne. Mario Draghi a même été célébré comme un grand sauveur pour faire exactement ce que les économistes de gauche l’avaient pressé de faire depuis le début – sauf qu’il l’a fait mal, puisque son stimulus monétaire a profité aux banques privées qui n’ont pas manqué l’occasion de spéculer l’argent public. Aucun État n’a été sanctionné pour ne pas avoir respecté des règles budgétaires insoutenables. L’Allemagne, dont l’excédent commercial viole les règles de l’UE sur les déséquilibres excessifs, est tout sauf félicité pour cela. Les traités, comme les promesses, ne lient que ceux qui y croient.

L’Union européenne n’est pas asphyxiée par ses traités mais par des institutions qui décident de les faire respecter quand elles en ont envie. Cela dit, il est communément admis que l’ennemi est «Bruxelles», une puissance qui domine les États membres. C’est une autre idée fausse. La Commission européenne, loin d’être un organe exécutif européen, n’est pas le vrai pouvoir. Le pouvoir est en fait au Conseil européen et au Conseil de l’Union européenne, c’est-à-dire aux chefs d’État et à leurs ministres. Sa définition officielle indique que le Conseil européen n’a pas de fonction législative, mais qu’il est néanmoins un «véritable centre de décision politique» et «donne l’impulsion nécessaire au développement de l’Union», définissant des orientations et des priorités politiques générales. En d’autres termes, c’est le Conseil européen qui détermine l’esprit des lois proposées ultérieurement par la Commission et soumises au Conseil des ministres européens. Pour sa part, le Parlement européen joue uniquement le rôle de chambre d’enregistrement.

De plus, le Conseil n’est pas un organe supranational, mais un lieu où les États s’affrontent et où la volonté de l’un ou de plusieurs d’entre eux s’impose aux autres. «Bruxelles» et «Europe» sont donc des entités abstraites qui masquent simplement une lutte à l’ancienne entre des puissances rivales. Parmi ces pouvoirs, le gouvernement conservateur allemand a été celui qui a le plus réussi à imposer sa volonté à ses partenaires. Il est donc tentant de considérer que la lutte pour la transformation de l’Europe est avant tout une lutte contre l’Allemagne. C’est seulement partiellement vrai.

D’abord parce qu’il y a une opposition en Allemagne. De plus, les conservateurs allemands n’ont pu agir qu’avec la complicité d’autres gouvernements conservateurs et sociaux-démocrates à travers l’Europe. Ils ont continué à l’ériger en modèle tout en se cachant pitoyablement derrière son soi-disant pouvoir pour justifier leurs renonciations. Les conservateurs allemands n’ont jamais eu un adversaire assez déterminé ou assez préparé – mais il n’en prend qu’un. Il n’en prend qu’une parce que le système est de nouveau au bord de la panne. Un seul lien dans la chaîne des institutions systémiques doit rompre pour que toute la chaîne s’effondre. Cela arrivera finalement à moins que les mesures contenues dans le plan A empêchent une telle catastrophe; la menace de le déclencher pourrait faire sortir la tête des autruches.

L’accession au pouvoir d’un gouvernement de gauche transformateur est donc l’un des enjeux du Sommet Plan B. Cependant, un gouvernement de ce type devra pouvoir s’appuyer sur une grande mobilisation populaire, conscient de ce qui est en jeu et prêt pour un bras de fer. Il est également possible que la réforme de l’Union européenne en laissant ses traités échoue. L’Appel à l’action de Lisbonne a-t-il défini comme un plan B l’invention «d’autres formes de coopération européenne, le rétablissement de la souveraineté et la mise en place de nouveaux mécanismes pour les choix monétaires et économiques des peuples»? Même si l’Union européenne s’effondrait sous le poids de ses contradictions, ce ne serait pas la fin de l’histoire.

Le plan B est une désobéissance unilatérale mais coordonnée à l’égard de l’Union européenne. Si, par exemple, un État souhaitant introduire une taxe écologique et sociale aux frontières de l’Union européenne devait faire face à un mur de rejet par d’autres États, il l’introduirait à ses frontières nationales, assurant ainsi un effet d’entraînement sur autres partenaires intéressés. « Il ne s’agit pas d’obtenir les meilleurs résultats possibles dans chacun de nos pays en s’appuyant sur des degrés de latitude relatifs accordés par leur puissance économique et leur poids démographique respectifs », explique Eric Coquerel, mais de travailler ensemble sur un plan B concret qui prend tenir compte des caractéristiques de chaque pays, c’est-à-dire de leurs réalités politiques, économiques et sociales. Ce n’est qu’ainsi que le slogan d’une «autre Europe» peut être surmonté – ce dernier étant systématiquement empêché par la règle de l’unanimité, qui consacre de facto la doctrine néolibérale. Sur les questions monétaires, par exemple, il existe de nombreuses réponses politiques qui peuvent varier en fonction du contexte, de la sortie de la zone euro à une monnaie commune ou à un système monétaire remanié. Mais tous sont d’accord avec la devise du Bloco portugais: ne plus sacrifier pour l’Euro!

Si le plan B devait être mis en œuvre, il serait crucial que le plan A ait effectivement déclenché une mobilisation populaire. Ce dernier vise non seulement à doter les États désireux d’initier une refondation européenne, mais aussi à donner vie à un idéal internationaliste de solidarité qui a été miné par l’UE en opposant les peuples les uns aux autres. Cet internationalisme renouvelé est une priorité absolue. Les partisans de l’Union européenne telle que nous la connaissons ont en effet déployé des moyens considérables pour faire connaître une lecture téléologique de la construction européenne qui aboutirait à un «idéal». L’Europe serait le berceau de la démocratie et des droits de l’homme, elle aurait une cohérence et une unité essentielles qui auraient attendu des siècles avant d’être réalisées politiquement, et cela serait en cours. Une fois ce mythe accepté, l’Union européenne devient un projet sacro-saint qui doit être protégé au prix de tous les sacrifices: sa valeur métaphysique justifierait d’accepter des catastrophes matérielles et même des brutalités physiques plutôt que de les remettre en question.

Il est donc important de souligner que le mythe européen vient avec un brin de preuve. Il n’y a pas de définition précise de ce qu’est «l’Europe». La déclaration de Charles de Gaulle sur l’Europe s’étend de l’Atlantique à l’Oural, sa frontière naturelle avec l’Asie. Pourtant, l’Oural n’a aucune frontière: les peuples asiatiques et caucasiens vivent de part et d’autre de cette chaîne de montagnes de basse altitude. L’Oural ne sépare pas non plus les entités politiques, car elles traversent la Russie. La frontière orientale de l’Europe n’est pas plus claire: la Grèce était ottomane pendant six siècles. Au sud, l’Europe est naturellement délimitée par le détroit de Gibraltar, mais cette frontière naturelle n’a pas empêché les Arabes de s’installer en Espagne ou dans les Etats européens de coloniser l’Afrique. La complexité de l’histoire du continent n’est cependant pas du tout prise en compte par le mythe européen, celui-ci se résumant généralement à la Grèce antique, à la Joconde et au Goethe. Des discussions sans fin sur les limites des frontières de l’Union européenne s’ensuivent également.

Ce spectre culturel rétréci, réduit à quelques symboles, pourrait facilement être confondu avec un colonialisme démodé: la privation de souveraineté des pays d’Europe du Sud est allée de pair avec une stigmatisation de leurs peuples – comme ce fut le cas pour les Grecs, un jour honorés comme les inventeurs de la démocratie, et le lendemain évoqués avec des stéréotypes infâmes habituellement réservés aux peuples de l’autre côté de la Méditerranée. Rejeter le mythe européaniste, c’est donc aussi rouvrir l’horizon des possibles. Si la construction européenne actuelle s’avérait impossible à réformer, toutes les options resteraient ouvertes pour forger de véritables relations de coopération et d’échanges égalitaires dont notre monde a tant besoin pour ne pas tomber dans l’abîme.

C’est cet espoir que le Sommet Plan B entend donner à la vie. Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire, mais c’est un espace de dialogue et de propositions qui n’a jamais été vu auparavant au niveau européen. Il ouvre la voie à des majorités sociales dans chaque pays. Ce 5 ème Sommet de Lisbonne sera l’occasion de faire un nouveau pas en avant: rendre la structure permanente, créer une plateforme unique au lieu des différents sites créés pour chaque Sommet pour permettre une plus grande ouverture, produire du matériel argumentatif – en d’autres termes , pour fédérer la résistance.

Olivier Tonneau et Sophie Rausze

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APPEL POUR UN PLAN B LISBONNE   #planBLisboa

https://euro-planb.pt/appel-plan-b-lisbonne/Pour une Europe de la coopération démocratique et de la solidarité

Après Paris, Madrid, Copenhague et Rome, le 5ème sommet du Plan B se tiendra les 21 et 22 octobre 2017 à Lisbonne, revendiquant la démocratie pour les peuples d’Europe et affirmant la coopération démocratique et la solidarité comme alternative au déficit démocratique et social imposé par le traité de Lisbonne il y a dix ans.

 

Le traité de Lisbonne, avec l’Acte unique européen, le Marché commun et les directives principales les mettant en place (directive Bolkestein et travailleurs détachés) est une pierre angulaire  de la contradiction entre l’intégration européenne néolibérale et les démocraties européennes garantissant aux peuples la pleine jouissance des droits civiques, politiques et sociaux. Le traité de Lisbonne a imposé le même projet de concentration du pouvoir et d’affaiblissement des démocraties rejeté par le « non » français et néerlandais aux référendums de 2005.

 

En 2015, un autre référendum a été brutalement méprisé, en violation directe du mandat populaire et de la souveraineté populaire : le glorieux « non » grec du 5 juillet aux mesures austéritaires extrêmes et antidémocratiques imposées par les institutions européennes et le FMI. Le coup d’État contre le « non » du  peuple grec a été fait par la Commission Européenne et la BCE, via le refus de liquidité et l’étranglement financier utilisés comme moyen d’extorsion. Depuis juillet 2015, l’Union européenne, le FMI et le gouvernement grec ont imposé au peuple grec les mêmes mesures que celles rejetées par référendum et ont continué à soumettre le pays et le peuple à une dette qui a été jugée illégale, illégitime, odieuse et insoutenable par la Commission de la vérité sur la dette du Parlement. Le coup d’État contre le peuple grec est un coup d’État contre la démocratie en Europe, face auquel nous somme obliger de réagir, résister et répondre avec un plan politique solide. Et en effet, ce fut après ce coup d’État que l’initiative du Plan B a été lancée pour protéger les peuples européens, restaurer la démocratie en Europe et assurer la prospérité et l’égalité pour les sociétés européennes.

 

Les règles du Pacte de Stabilité et de Croissance et maintenant du TSCG font partie des principales raisons de l’inégalité et de l’échec économique, parce qu’elles refusent aux démocraties la capacité financière de mettre en œuvre des politiques sociales majeures. À l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro, l’austérité et le mercantilisme basés sur la dévaluation des coûts du travail approfondissent les fractures sociales et les inégalités en Europe. Alimenté par cette destruction sociale, un autre ennemi de la démocratie se développe : les forces ultranationalistes et xénophobes.

 

Compte tenu de cette désintégration sociale et politique, les anciens partis sociaux-démocrates et conservateurs insistent sur la formule d’une intégration plus antidémocratique, d’un contrôle austéritaire sur les budgets nationaux et d’attaques des politiques sociales et politique du travail, créant des conditions non viables pour les générations actuelles et futures, et privant la jeunesse de l’espoir de vivre dans la dignité, la prospérité et la liberté.

 

Le CETA et les autres accords de libre-échange similaires, soutenus par les partis conservateurs et sociaux-démocrates, sont le cheval de Troie qui subordonne les démocraties au pouvoir des entreprises et des fonds d’investissements.

 

L’échec des traités et institutions de l’UE et n’est pas l’échec de l’Europe et de ses peuples. Les démocraties européennes ont besoin d’une alliance internationale des forces progressistes, démocratiques et populaires, des syndicats et des mouvements sociaux qui luttent pour une rupture avec les traités  de l’Union européenne et qui construisent une nouvelle coopération qui sert les intérêts de nos peuples et protège la démocratie et les droits civiques, politiques, sociaux, économiques et environnementaux. Une coopération qui favorise la paix internationale à travers le rejet du militarisme et de l’industrie de l’armement, la solidarité avec les migrants et les réfugiés, et la lutte pour un développement international de normes démocratiques, sociales et environnementales élevées.

 

Le sommet du Plan B à Lisbonne sera l’occasion d’approfondir davantage les voies alternatives développées lors du sommet de Rome. Le point de départ de notre analyse est que les traités actuels de l’UE sont une camisole de force pour nos démocraties, nos sociétés et nos économies. Nous voulons initier des mouvements civiques de désobéissance et obtenir des majorités dans chacun de nos pays pour exiger la négociation d’un nouveau cadre européen qui permette : des politiques de développement social qui rompent avec le pouvoir de la Banque centrale européenne (BCE), des prêts directs aux États,  une redistribution des investissements publics et une restructuration et mutualisation des dettes publiques qui éliminent les dettes illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables.

 

Si ce plan A échoue, à cause de l’hostilité prévisible des institutions de l’UE, le résultat ne sera pas la capitulation à Bruxelles. Dans ce cas, le ou les pays devraient ouvrir la voie à un plan B qui rende possible d’autres formes de coopération européenne, restaurant la souveraineté et mettant en place de nouveaux mécanismes pour les choix monétaires et économiques des peuples.

 

Les grandes mobilisations anti-austérité et les diverses luttes sociales qui mobilisent les peuples dans toute l’Europe et au-delà sont une force-clef dans notre cause commune pour la démocratie et la justice sociale et environnementale. La désobéissance civile aux exigences de l’austérité permanente s’inscrit dans le chemin vers une mobilisation sociale et une résistance démocratique importantes.

 

Les partis politiques progressistes, les syndicats, les féministes, les écologistes, les défenseurs des droits humains, les autres mouvements sociaux et militants qui se sont rassemblées dans les forums du Plan B sont unis : entre sauver l’Union européenne et l’Euro et sauver nos peuples des griffes de l’austérité, nous choisirons toujours les droits sociaux et démocratiques de nos peuples.

 

 

Melenchon dans le débat sur l’avenir de l’EUROPE

LA VIDÉO de l’intervention de JL Mélenchon ( pour lire le compte rendu integral de toutes les interventions à l’Assemblée nationale CLIQUEZ ICI)

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Retranscription intégrale de l’intervention de Melenchon

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« M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Mélenchon.

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la ministre, mes chers collègues, la géopolitique a toujours commandé la politique, et la longue histoire de France en atteste. Encerclés je ne sais combien de fois sous l’Ancien régime, envahis quatre fois par notre voisin au cours d’un peu plus d’un siècle, agressés par toute l’Europe lorsque nous avons fondé la République, nous avons, comme leçon de notre histoire, décidé finalement de nous orienter vers la construction d’une union européenne. C’est notre histoire, et rien ne sert de revenir sur les conditions dans lesquelles elle s’est faite.

En revanche, nous pouvons faire ce que nous voulons de l’avenir. La cause est devenue confuse en France, et la nation française, qui est la nation politique en Europe, comme le reconnaissent tous nos voisins, a besoin de savoir où elle va. De ce point de vue, depuis 2005, tout est confus. On a voulu nous faire croire, avec le traité de Lisbonne, que le vote de la France en faveur du « non » était en fait un « oui ». Puis le président Hollande, après avoir dit qu’il renégocierait le traité budgétaire, a fini par le signer sans rien avoir renégocié.

C’est pourquoi les deux interventions du président Macron, celle qu’il a faite à l’ouverture de la conférence des ambassadeurs et celle qu’il a faite à la Sorbonne, sont les bienvenues : nous sortons enfin de cette politique en demi-teinte qui était celle des petits pas, qui ne disait ni où elle allait ni par quel chemin elle comptait passer. C’est donc une opération de clarification à laquelle je souscris.

J’ajoute que je partage le diagnostic du Président : on ne peut plus continuer ainsi. Le chemin actuel ne mène nulle part, sinon à une dislocation dont chacun risque de renvoyer la responsabilité à son voisin. Nous avons besoin de transformer la prochaine élection européenne en un vrai débat politique sur l’avenir de l’Europe. Cela, j’y souscris.

Mais l’essentiel du discours du président Macron consiste en un basculement du paradigme européen. Pour la première fois, un président de la République française définit la souveraineté de la France comme étant conditionnée par celle de l’Europe. Devant les ambassadeurs, M. Macron déclare : « Pour la France, […] le lieu de notre souveraineté aujourd’hui c’est l’Europe. » À la Sorbonne, il affirme : « L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle ». Je suis en désaccord complet avec cette formule. Et je voudrais qu’on l’entende comme un moment de pensée philosophique, politique, car c’est sur ce terrain qu’on arrivera à avoir un débat.

Qu’est-ce que la souveraineté ? Elle est évoquée dix-huit fois dans le discours de la Sorbonne, mais elle n’est jamais définie. La souveraineté, c’est l’autorité sans partage d’un groupe sur la population qui le compose et le territoire qu’il occupe. Et la légitimité de cette autorité sans partage, c’est la démocratie. C’est parce que la loi est votée par tous qu’elle s’applique à tous. Il n’y a donc de souveraineté que dans le peuple, et il n’y a de communauté que la communauté légale constituée par le peuple constituant qui décide des lois qui s’appliquent à lui. Voilà où est la souveraineté de la France : dans son peuple. Et cette définition est celle de son histoire ; il n’en existe pas d’autre. Il n’y a pas de lieu de la souveraineté. Il ne faut pas confondre la souveraineté et la puissance. La puissance de la France est d’ailleurs liée à la souveraineté de son peuple, pas à son commerce extérieur, ni à ses échanges commerciaux !

M. Adrien Quatennens. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Elle est liée à la souveraineté du peuple, parce que c’est le peuple qui a toujours tiré la France des impasses dans lesquelles ses élites maintes fois l’ont enfermée.

Je vous mets en garde contre l’idée qu’au paradigme central de l’autorité populaire viendraient se substituer des chiffons rouges qu’on partagerait. L’Europe de la défense serait ainsi devenue la nouvelle mode, par exemple, et on en oublie quel sort a connu la Communauté européenne de défense quand elle nous a été proposée. La défense n’est pas un projet commun. La défense, c’est l’Europe de la guerre. La guerre contre qui ? Il faut dire les choses comme elles sont, d’un bout à l’autre des résolutions de l’Union européenne : contre la Russie. Je ne suis pas d’accord : la Russie est non pas un ennemi, mais un partenaire. Nous n’avons pas à nous organiser contre les Russes.

M. Jean-Louis Bourlanges. Voilà qui est embêtant.

M. Jean-Luc Mélenchon. En revanche, nous devons nous souvenir que la stratégie de défense de la France repose sur la dissuasion nucléaire. On en pense ce qu’on veut, mais c’est l’arme ultime des Français. La dissuasion nucléaire ne se partage pas. On ne met pas vingt-neuf doigts sur le bouton – c’est déjà assez grave qu’un seul puisse appuyer. Et cette stratégie, qui est celle de la France, n’est pas compatible avec les batteries antimissiles que l’OTAN a installées en Pologne et dans les pays périphériques de la Russie comme une menace, car cela signifie que l’Europe pourrait devenir un théâtre d’opérations, ce que nous, Français, avons toujours refusé. La dissuasion nucléaire est tous azimuts. Quand on demandait au général de Gaulle s’il ne trouvait pas que c’était un peu excessif, compte tenu de l’existence d’un allié, les États-Unis d’Amérique, il soutenait que le monde n’allait pas plus mal depuis qu’on avait pris cette décision. Il avait raison.

M. Julien Aubert. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. Ce qui tue l’Europe, c’est d’avoir rendu impossible l’expression d’un intérêt général européen, c’est-à-dire d’avoir empêché son peuple, ses peuples de constituer ensemble un intérêt général, qui est nécessairement un intérêt social. Les traités européens interdisent l’harmonisation sociale, ils interdisent l’harmonisation fiscale. Ils ne connaissent qu’une règle : la concurrence libre et non faussée, c’est-à-dire la compétition de chacun contre tous à l’intérieur des nations et entre les nations. C’est parce qu’on agit de cette manière que progressivement les nations deviennent des coquilles vides où ceux qui sont les plus avantagés ne veulent plus prendre en charge ceux qui le sont moins. Cela mène à un indépendantisme régional généralisé des plus favorisés vis-à-vis de ceux qui le sont moins.

Je voudrais vous montrer que le résultat de cette logique est déjà sous vos yeux, sous nos yeux à tous. Les frontières, à la stabilité desquelles nous sommes tous attachés, car nous savons les dangers que leur déplacement fait peser sur tout le continent, n’ont cessé de bouger autour de nous : en Yougoslavie, il y a désormais sept États à la place d’un, et on compte 400 000 déplacés ; la Tchécoslovaquie s’est divisée en Tchéquie et Slovaquie, heureusement sans cris ni heurts.

Et le mouvement se poursuit aujourd’hui : le Brexit soulève de nouveau la question des frontières entre l’Écosse et le Royaume-Uni, entre les deux Irlande. Les Flamands en Belgique récriminent contre l’appartenance des Wallons au royaume. Et la Catalogne s’agite sous nos yeux. Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que la substance de la nation, le contrat qui la fonde, c’est-à-dire la souveraineté du peuple et son intérêt social commun sont démembrés.

M. Jean-Louis Bourlanges. Cela n’a pas de sens !

M. Jean-Luc Mélenchon. Voilà ce qui tue l’Europe plus que tout autre égoïsme, plus que toute autre construction bureaucratique incompréhensible.

Il faut donc changer de cap. Ce sera l’objet de cette élection, du moins c’est ce que je souhaite ; et cela doit apparaître aussi clairement que possible. On m’a soutenu que, parce qu’il y avait un Parlement européen, le peuple était représenté, mais ce n’est pas du tout le cas. Le Parlement européen est le seul Parlement au monde qui n’a pas la possibilité de proposer une loi. Dans le meilleur des cas, il partage son pouvoir avec la Commission et le Conseil ; le reste du temps, c’est-à-dire 70 % de l’activité du Parlement européen, les textes pourraient tout aussi bien être votés dans un club de philatélistes, car ils n’ont pas la moindre incidence pratique sur le reste de l’Europe.

Il faut changer de cap, il faut rendre possible l’harmonisation sociale et fiscale entre les peuples d’Europe. C’est ce que nous avons appelé le plan A ; il faut un plan A pour changer de cap.

Vous en avez proposé un avec une dizaine ou une quinzaine de propositions, monsieur le ministre, mais je vous invite à les regarder dans le détail. Quelqu’un a sans doute mal rédigé les fiches du président Macron, car ses propositions sur le volet numérique existent déjà et devraient voir le jour en 2019. De même, il existe déjà un office de la sécurité alimentaire et une police des frontières. La seule chose qui n’existait pas jusque-là, c’est l’idée absconse que la France n’ait plus de commissaire à la Commission européenne. Et puisque nous avons déjà cinq présidents, pourquoi n’aurions-nous pas deux parlements, par-dessus le marché ? C’est bien ce qui est proposé !

C’est la confusion. Il nous faut des règles claires sur le nerf qui agite tout le reste de l’organisme. Il faut mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne, organiser le rachat de la dette publique directement aux États, car on en a pour cent ans à rembourser cette dette dans toute l’Europe. Personne ne la remboursera jamais, sachez-le, mes chers collègues ! Et c’est absurde de proposer aux générations qui viennent d’avoir pour seul objectif d’acquitter une dette. La liquider n’est rien, c’est de la technique, et je pourrais m’en ouvrir à vous quand vous le voudrez.

Ensuite, il faut maintenir le niveau de l’euro au niveau du dollar ; chaque fois que l’euro est surévalué, nous nous ruinons. Il faut prohiber les instruments financiers toxiques, taxer les transactions financières, contrôler les mouvements de capitaux, organiser la conférence européenne sur les dettes souveraines, arrêter la libéralisation des services publics, mettre en place un protectionnisme solidaire. J’ai vu que le Président commence à le proposer en mettant une taxe carbone aux frontières de l’Europe, ce qui est un début ; si ça vaut pour le carbone, ça doit valoir pour le reste. Il faut mettre fin au dumping à l’intérieur de l’Union européenne, refonder la politique agricole commune pour garantir l’autosuffisance alimentaire, laquelle était d’ailleurs garantie par la première PAC et ne l’est plus aujourd’hui. Enfin, il faut abandonner le marché carbone, qui est un droit à salir quand on en a les moyens.

Mes chers collègues, la France n’est pas mineure, la France est souveraine, et elle peut l’être. La France est contributeur net au budget de l’Union européenne : les 7 milliards d’euros qu’elle verse servent à organiser les infrastructures de nos concurrents. La France n’est ni occidentale ni européenne, la France est universaliste parce qu’elle est présente sur les cinq continents. La France est francophone, et le français sera d’ici peu la troisième langue la plus parlée dans le monde.

Pour conclure, si j’ai moi aussi, bien sûr, le souci de l’Europe, ce que je veux d’abord partager, c’est l’optimisme de ma patrie républicaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR.)

Reflexions et commentaires  sur l’ avenir de l’UE et l’opposition  Macron – Mélenchon

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Le mardi 10 octobre 2017, Jean-Luc Mélenchon s’est donc exprimé à la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre du débat sur l’avenir de l’Union européenne qui suivait une déclaration du gouvernement ( pou voir le compte rendu integral de toutes les interventions CLIQUEZ ICI ).

JL Mélenchon dénonce le fait que la souveraineté populaire ait été bafouée après le référendum de 2005 sur l’adoption ou non d’une Constitution européenne. De la même façon  il dénonce  le manque  d’honnêteté   du Président Hollande d’avoir laissé croire que le traité budgétaire européen serait renégocié avant sa ratification par la France . Il appelle ensuite à une harmonisation sociale et fiscale inexistante en Europe . Il propose, à l’appui du programme du mouvement la France insoumise, des mesures de nature à refonder l’Europe sur le plan économique et financier ( voir son intervention à l’Assemblée Nationale)) , sans abandonner sur le terrain de la Défense nationale , la logique française de la dissuasion nucléaire.

JL Mélenchon revient sur la notion fondamentale de  souveraineté, encouragé par la prétention de E Macron à refonder « une «  Europe souveraine, unie et démocratique. »

JL Mélenchon pense que E Macron confond  la notion de souveraineté et celle de puissance et il critique ses propos, ceux  prononcés devant les étudiants de la Sorbonne « L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle, c’est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos valeurs et nos intérêts.Il y a une souveraineté européenne à construire,» (  discours de la Sorbonne sur la refondation de l’Union Européenne ) et ceux prononcés devant les ambassadeurs de France  » Pour la France, le lieu où construire les outils de notre puissance et apporter la juste réponse aux défis qui se présentent, le lieu de notre souveraineté aujourd’hui c’est l’Europe. »( discours du President de la republique à l’ouverture de la conférence des ambassadeurs)

Avec JL mélenchon on comprend mal cette distinction entre « souveraineté » et « puissance »  tout comme reste énigmatique la distinction faite par le Président E. Macron  entre « souveraineté réelle » et « souveraineté européenne «   .

Essayons de deviner . Où s’exerce la souveraineté ? s’exerce -t-elle à Bruxelles  ? à Paris ? à Berlin ? ou ailleurs ?  Et est ce que, comme le prétend Mélenchon ,  » le discours de E Macron consiste à bouleverser le paradigme européen « ?

Sans l’Europe, point de souveraineté réelle du pays semble nous dire  le Président Macron pour qui  l’effectivité de la souveraineté de la France  passe par l’échelon européen. Une façon de dire que, dans l’Union européenne, les délégations de compétence des Etats membres en faveur de l’Union ne sont pas des abandons de souverainété. Toute chose connue et maitrisée suivant le principe de subsidiarité . La nouveauté vient du constat fait par E Macron « je le dis aujourd’hui avec une conviction intacte : l’Europe que nous connaissons est trop faible, trop lente, trop inefficace, » Le Président français en tire une conséquence : il n’est plus envisageable de faire face aux défis mondiaux sans « détermination commune » c’est pourquoi il entend ainsi construire une  » « souveraineté européenne «  dans l’union . Toute chose non connue, et c’est là que se situe le débat et l’ insoumission de JL Mélenchon .

JL Mélenchon argumente . « Il n’y a de souveraineté que dans le peuple «  

C’est notre histoire institutionnelle qui nous l’enseigne . Chez nous  en effet, on entend par le mot souveraineté , l’exercice souverain du pouvoir politique. Hier ce pouvoir était de droit divin,  aujourd’hui il est attribué au peuple qui l’exerce.  C’est l’histoire de la Révolution française. Le peuple et la souveraineté populaire (l’exercice du pouvoir par le peuple )deviennent alors seule source de la légitimité politique et la démocratie le seul régime soutenable . Ainsi en démocratie Il n’y a de souveraineté que dans le peuple , la démocratie est co-substantielle au princeps de la souveraineté populaire qui fonde la Nation . Dont acte.

Mélenchon ajoute « La puissance de la France est d’ailleurs liée à la souveraineté de son peuple, pas à son commerce extérieur, ni à ses échanges commerciaux ! » L’affirmation n’est pas évidente dans un monde dominée par l’économique, le commerce et la finance .Il est vrai que le pouvoir économique conditionne le souveraineté des Etats, plus un Etat est fort économiquement plus il gagne  en indépendance , c’est presque une lapalissade. Cependant force est de constater que dans l’économie de marché qui s’est imposée sur le continent européen et dans le monde entier, les Etats sont devenus interdépendants. C’est la règle du marché, jugée la plus juste par la doctrine du libéralisme économique, qui prévaut . Dans ce contexte systémique de l’économie contemporaine ,il n’a échappé à personne la méfiance envers les Etats qui sont enclins à intervenir dans l’économie et fausser la concurrence . La prévalence  de la souveraineté politique, un tantinet nationale, a cédé le pas en faveur d’une politique du profit , de la croissance économique et de l’emploi et pour faire bref , ce sont les sociétés dites  multinationales qui sont en fait transnationales, voire supranationales qui font la loi et fixent les règles du jeu. Que les paradis fiscaux soient pérennes n’est pas un hasard .Toute chose qui sort du constat macronien.

 S’il s’agit de débattre de l’avenir de l’Union Européenne, autant s’interroger sur le présent L’Union Européenne n’est ni un Etat fédéral, ni une confédération d’Etats. L’ Union européenne ce sont des instances qui fonctionnent depuis plus d’un demi siècle : on ne parle pas de l’Europe en tant que  nation européenne mais comme la première puissance économique mondiale . Au delà de la concorde voulue entre les pays européens ayant connu  deux guerres mondiales sur leur continent , l’interêt à l’origine du marché commun, était dans les premiers temps de la construction européenne , la volonté commune de réguler la libre concurrence affichée comme un princeps de l’économie . Cette volonté a cédé le pas à une volonté de dérégulation sous le diktat des puissances de l’argent  dans un monde financiarisé à outrance. La crise financière de 2008  en a fait déchanter  quelques uns . Pour certains,  les plus visionnaires à notre avis, la seule plus value d’une Union serait  de démocratiser la décision économique par une souveraineté européenne plus démocratique et nécessairement écologique.  Le Président Macron , fin connaisseur de Machiavel, ne dit pas un mot sur l’Ecologie politique et le bras de fer avec la Haute Finance .  » Dans le monde tel qu’il va  » comme il a l’habitude de dire ce n’est pas sa préoccupation .Tout le débat est là.

Le monde de demain sera écologique ou ne sera pas . Nous pensons que le défi de l’Europe est dans l’écologie politique, une conviction sur le projet européen que nous partageons avec tous les utopistes comme l’étaient …les pères fondateurs de la Communauté européenne qui ont eu le mérite d’avoir été des précurseurs et dont l’oeuvre n’est pas à jeter aux orties si l’on a le souci de l’Europe.

Juan BRANCO , un insoumis visionnaire

Présentation par citation interposée

« Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de   loups ( A .CHRISTIE)

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Avocat de WIKILEAKS pendant un temps et conseiller juridique de son fondateur Julian ASSANGE, Juan BRANCO d’origine espagnole né le 28 aout 1989 dans la province de Malaga est juriste de formation , spécialisé en droit international ( L’ordre et le Monde chez fayard ,essai critique sur le fonctionnement de la Cour pénale internationale)  et dans le domaine du numérique auteur d un livre sur le sujet [Réponses à Hadopi, Capricci, 2011].

Il a travaillé , sous la Présidence Hollande , auprès de la ministre Aurélie FILIPETTI en 2012 puis comme conseiller dans le cabinet de Laurent FABIUS , alors ministre des affaires étrangères

Il est agé aujourd’hui de 28 ans . Militant de la France Insoumise , il a fait la campagne de JL Melenchon en 2017 et  a porté les couleurs de ce mouvement aux législatives  , en tant que candidat dans la 12e circonscription ( la plus pauvre : Clichy sous bois) de Seine-Saint-Denis.

Interviewé le 8 octobre 2017, par Natacha POLONY, il affiche une maturité peu ordinaire dans sa vision des choses et des hommes. Son engagement dans la France Insoumise participe de sa volonté de vouloir transformer le monde , sous les auspices d’une responsabilité  entièrement tournée vers le souci de l’autre,  une manière de définir la politique comme un sacerdoce, une abnégation de soi  allergique au conflits d’intérets  qui caractérisent le monde politique actuel.

Servi par une journaliste de qualité apparemment subjuguée par sa capacité d’explication intelligente et courageuse , il gagne à être écouté.( voir les videos ci apres )

20 juin 2007 https://youtu.be/uBaAvHxdShw

6 juin 2017 http://www.numerama.com/politique/263074-itw-juan-branco.html

Discours du Président de la République à l’Assemblée Générale des Nations Unies: New York 19 Septembre 2017

https://www.pscp.tv/Elysee/1kvJpjerZBmKE?t=31m1s

Voici la retranscription de son discours :

« Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Si j’ai aujourd’hui le privilège de m’exprimer devant vous, je sais à qui je le dois. Je le dois à tous ceux qui, voici un peu plus de soixante-dix ans, se sont levés contre un régime barbare qui s’était emparé de mon pays, la France. Je le dois aux Nations qui ont entendu le cri de ces résistants et qui, d’Amérique, d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, ont, vers les côtes françaises, envoyé à leurs secours leurs filles et leurs fils. Ils ne savaient pas tous ce qu’était la France, mais ils savaient que la défaite de la France était aussi la défaite d’idéaux qu’ils partageaient, dont ils étaient fiers et pour lesquels ils étaient prêts à mourir. Ils savaient que leur liberté et leurs valeurs, dépendaient de la liberté d’autres femmes, d’autres hommes vivant à des milliers de kilomètres d’eux.

Je le dois à ceux qui, la guerre finie, ont osé la réconciliation et ont reconstruit un nouvel ordre international. A ceux qui, comme René CASSIN, ont compris que les Droits de l’Homme étaient au cœur de la légitimité internationale. A ceux qui ont jugé les coupables, recueilli les victimes, réparé les fautes, à ceux qui ont voulu croire que les valeurs, que cette guerre avait bafouées, devaient reprendre leur place, les valeurs de tolérance, de liberté, d’humanité qui sont fondatrices des Nations unies. Pas parce que ces valeurs étaient belles, mais parce qu’elles étaient justes et permettaient d’éviter que le pire n’advienne.

Si je vous dis tout cela, ça n’est pas simplement pour vous parler d’Histoire, mais lorsqu’aujourd’hui, j’entends nombre de nos collègues parler du monde tel qu’il va, ils oublient un peu de cette Histoire dont nous venons, et que ce qui nous paraît exotique ou si loin de nous, si loin de nos intérêts immédiats est peut-être ce qui détermine et déterminera le plus nos vies.

Mesdames et Messieurs, si mon pays aujourd’hui possède, dans l’ordre des Nations, cette place un peu singulière, cela lui confère une dette, une dette à l’égard de tous ceux qu’on a privés de leur voix. Et je sais que le devoir de la France est de parler pour ceux qu’on n’entend pas. Car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain. Et en ce jour, ce sont ces voix oubliées que je veux porter.

>>>>>J’ai entendu Bana, citoyenne d’Alep, et c’est sa voix que je veux ici porter. Elle a vécu sous la terreur des bombardements, des polices et des milices, elle a connu les camps de réfugiés. Le peuple syrien a assez souffert pour que la Communauté internationale prenne acte d’un échec collectif et s’interroge sur ses méthodes.

Pour établir une paix durable et juste, il y a urgence à nous concentrer sur le règlement politique de la crise, par la transition, comme le Conseil de sécurité l’a acté à l’unanimité dans la résolution 2254, de 2015. La France est à l’initiative, avec ses partenaires, pour soutenir les efforts des Nations unies et enclencher enfin une feuille de route politique inclusive en Syrie. C’est pour cela que je souhaite que nous puissions lancer un groupe de contact avec tous les membres du P5 et l’ensemble des parties prenantes. Aujourd’hui, le format dit « d’Astana » peut être utile, mais il ne suffit pas. Et ces derniers jours ont mis en lumière bien des difficultés.

Donnons-nous les moyens réels d’enclencher les négociations. Car la solution sera, à terme, politique, et non militaire. C’est notre intérêt à tous, et d’abord bien entendu celui des Syriens.

Dans ce contexte, j’ai indiqué quelles étaient nos deux lignes rouges. D’abord une intransigeance absolue sur l’emploi d’armes chimiques. Les auteurs de l’attaque du 4 avril dernier devront être traduits devant la Justice internationale, et cela ne doit plus jamais se produire.

Ensuite, l’absolue nécessité d’aménager les accès aux soins de tous et toutes, de permettre les structures médicales, de protéger les populations civiles. La France a décidé d’en faire l’une des priorités de sa présidence du Conseil de sécurité le mois prochain.

Agir pour le pays en Syrie, c’est agir pour le peuple syrien, mais c’est aussi nous protéger tous du terrorisme islamiste. Car en Syrie, en Irak, c’est contre le terrorisme que nous nous battons au premier chef. Nous agissons pour tous ceux qui ont péri dans ces attaques au cours des derniers mois. Car le terrorisme djihadiste a frappé sur tous les continents nos concitoyens, quelle que soit leur religion. Nous devons ainsi tous nous protéger en unissant nos forces, et notre sécurité devient la première priorité. C’est le sens des initiatives que la France porte pour lutter contre l’utilisation d’Internet par les terroristes, et contre toutes les sources de leur financement.

C’est pourquoi j’ai souhaité que nous puissions organiser en 2018 une conférence sur ce combat durant laquelle je vous appelle toutes et tous à vous engager. Mais c’est aussi le sens de l’action militaire que la France mène au sein de la Coalition en Syrie et en Irak, dans le respect du Droit international. Ce combat contre le terrorisme, il est militaire, il est diplomatique, mais il est aussi éducatif, culturel, moral. Il passe par notre action au Moyen-Orient en Afrique, mais aussi en Asie, et il doit tous et toutes nous réunir.

>>>>>J’ai entendu Ousmane, écolier à Gao, et c’est sa voix que je veux ici porter. Son enfance se passe au Mali dans la hantise des attentats aveugles. Et pourtant, son seul rêve est d’aller à l’école sans risquer la mort. Au Sahel, nous sommes tous et toutes désormais engagés. Nations unies, pays de la région au sein de la Minusma et de la Force conjointe du G5, Union européenne et ses Etats-membres, et je veux ici rendre hommage à tous ces acteurs en rappelant que c’est un effort particulièrement douloureux et cher en vies humaines.

Notre défi est aujourd’hui, là aussi, d’éradiquer le terrorisme, et pour ce faire, de renforcer les capacités nationales pour que les Etats eux-mêmes prennent en charge leur sécurité. Quels que soient les moyens que nous mettrons, nous ne réussirons pas dans notre mission collective si les pays les plus concernés ne sont pas en mesure d’assumer leurs propres responsabilités. C’est pourquoi j’ai soutenu, dès ma prise de fonction, le déploiement de la force conjointe du G5 Sahel, et j’en appelle ici à votre mobilisation collective.

C’est pourquoi aussi je veux m’investir dans le renforcement du soutien aux opérations africaines de paix, car c’est cela, l’avenir. Nous devons repenser collectivement l’articulation entre maintien de la paix, organisations régionales et pays hôtes. Et notre capacité à répondre aux aspirations de paix des populations en dépend.

Assurément, la réponse militaire ne pourra jamais être la seule réponse, et je veux ici insister sur la nécessité d’une réponse politique, et je pense bien sûr à la mise en œuvre de l’Accord d’Alger et a notre politique de développement.

>>>>>J’ai entendu aussi Kouamé, et c’est sa voix que je veux ici porter. Jeté sur les routes, il a traversé l’Afrique avant de remettre son sort en Libye entre les mains de passeurs. Il a traversé la Méditerranée, il est parvenu à bon port, quand tant d’autres périssaient en mer. Le réfugié, le déplacé, ou celui qu’on appelle tristement le « migrant », est en réalité devenu le symbole de notre époque. Le symbole d’un monde où aucune barrière ne pourra s’opposer à la marche du désespoir, si nous ne transformons pas les routes de la nécessité en route de la liberté.

Ces migrations sont politiques, climatiques, ethniques ; ce sont à chaque fois ces routes de la nécessité. La nécessité, c’est aujourd’hui la fuite, face aux persécutions dont sont victimes les Rohingyas. Plus de 400.000 réfugiés dont la majorité sont des enfants. Les opérations militaires doivent cesser, l’accès humanitaire doit être assuré, et le droit rétabli face à ce qui est, nous le savons, un nettoyage ethnique. La France prendra l’initiative au Conseil de sécurité sur ce sujet.

La nécessité, c’est le départ pour sauver sa famille quand la guerre fait rage et que le droit international humanitaire n’est plus respecté, mais instrumentalisé, comme en Syrie dans la stratégie de violence des acteurs ; l’exil, quand les défenseurs de la liberté sont les premières cibles des pouvoirs en place. La protection des réfugiés est un devoir moral et politique dans lequel la France a décidé de jouer son rôle. En soutenant le Haut-commissariat aux Réfugiés partout où il doit intervenir, en ouvrant des voies légales de réinstallation au plus proche des zones de conflit, au Liban, en Jordanie, en Turquie, mais aussi au Niger et au Tchad, en défendant le droit d’asile et le respect absolu de la convention de Genève.

Le 28 août dernier à Paris, nous avons réuni des pays africains et européens les plus directement concernés par les flux migratoires sur la route de la Méditerranée centrale. Nous avons adopté une feuille de route dont la priorité est de lutter contre les trafiquants qui font commerce de la misère. Nous devons mettre un terme aux violations insupportables des droits fondamentaux en mettant en place une infrastructure humanitaire avec le HCR et l’OIM, en aidant les pays d’origine et de transit à mieux contrôler les flux.

Mais si, face au terrorisme, aux migrations, les réponses de court terme s’imposent afin de gérer les crises, c’est notre volonté politique de traiter les causes profondes de toutes ces instabilités qui est aujourd’hui en jeu. Ces migrations, ce terrorisme, ce sont des défis politiques avant tout, profonds, pour nous tous et toutes. Car les causes profondes, morales, civilisationnelles, si nous voulons les relever, c’est par une véritable politique de développement que nous pouvons le faire.

C’est pourquoi j’ai décidé que la France jouerait son rôle en fixant l’objectif de consacrer 0,55 % de notre revenu national pour l’aide publique au développement d’ici cinq ans.

Je vous remercie pour vos applaudissements, mais je veux les tempérer en quelque sorte. D’abord parce que je sais que certains attendent davantage et que ça n’est jamais assez et la France aujourd’hui n’est pas suffisamment à ce rendez-vous ; mais surtout parce que ça n’est pas tellement l’argent qui est la question principale. C’est l’efficacité de cet argent. C’est ce à quoi nous le destinons. C’est de mieux évaluer, c’est de mieux être en responsabilité sur cet argent, que tous et toutes nous mettons.

Alors, oui, je veux que la France soit au rendez-vous de l’aide publique au développement mais je veux surtout que cette aide publique au développement fasse l’objet de plus d’innovations, de plus d’intelligence, de méthodes différentes, d’une plus grande responsabilité sur le terrain, c’est cela ce que je veux avec vous. L’enjeu aujourd’hui c’est que cette aide publique au développement arrive bien sur le terrain de manière simple, efficace, en étant évaluée, aille bien à la destination initialement recherchée, c’est cela ce que nous avons voulu faire par exemple avec l’Alliance pour le Sahel que nous avons lancée avec l’Union européenne, la banque mondiale et le PNUD.

Ensuite, c’est d’avoir des priorités claires, la première c’est d’investir dans l’éducation parce que c’est par l’éducation que nous gagnerons cette bataille contre l’obscurantisme, celle qui est aujourd’hui en train de faire basculer des pays, des régions entières, en Afrique comme au Proche et Moyen-Orient. Et j’appelle ici la communauté internationale à être au rendez-vous en février 2018 à Dakar pour la reconstitution du partenariat mondial pour l’éducation que la France coprésidera avec le Sénégal. C’est une bataille essentielle que nous mènerons là, c’est celle qui consiste précisément à donner la possibilité aux jeunes filles et aux jeunes garçons de ne pas sombrer dans l’obscurantisme, de pouvoir choisir leur avenir, pas celui qui leur sera imposé par nécessité ou celui que nous leur choisirions ici dans cette salle.

La deuxième priorité c’est d’investir dans la santé, dans la lutte contre les grandes pandémies et contre la malnutrition parce qu’aucun espoir n’est permis quand on ne peut pas se former ni se soigner.

Dans ce combat pour le développement nous avons aussi besoin de soutenir la place des femmes, la culture et la liberté d’expression. Partout où la place de la femme est remise en cause, bafouée, c’est le développement qui est bloqué, c’est la capacité d’une société à s’émanciper, à prendre sa juste place qui est ainsi bloquée, ce ne sont pas des sujets de société anodins, c’est un combat de civilisation profond, c’est notre combat, ce sont nos valeurs et elles ne sont pas relatives, elles sont éminemment universelles sur tous les continents, toutes les latitudes. Partout où la culture est bafouée là aussi c’est notre capacité collective à relever ces défis qui est réduite.

C’est pourquoi l’UNESCO est aujourd’hui une institution particulièrement essentielle et a à cet égard un rôle clé, conserver au monde un visage humain quand tant d’obscurantismes voudraient en supprimer l’incroyable diversité. C’est pour que la culture et la langue de chacun vivent et perdurent que nous nous battons pour que continue le progrès de l’esprit.

Et la liberté d’expression est elle aussi une bataille dont l’actualité n’est pas moins importante. L’ONU a vocation à protéger la liberté de ceux qui pensent, réfléchissent, s’expriment et notamment la liberté de la presse. C’est pourquoi j’appelle à la désignation d’un représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies sur la protection des journalistes dans le monde car en aucun cas la lutte contre le terrorisme, le durcissement du monde dans lequel nous vivons ne saurait justifier la réduction de cette liberté.

>>>>>Je parle enfin au nom de Jules, mon compatriote, vivant sur l’île de Saint-Martin, je songe à sa maison détruite, à sa peur que cela ne recommence encore et encore parce que le réchauffement climatique multiplie les catastrophes. L’avenir du monde c’est celui de notre planète qui est en train de se venger de la folie des hommes, la nature nous rappelle à l’ordre et nous intime d’assumer notre devoir d’humanité et de solidarité. Elle ne négociera pas, il revient à l’humanité de se défendre en la protégeant. Les dérèglements climatiques font voler en éclats la traditionnelle opposition entre le Nord et le Sud, les plus fragiles sont toujours les premières victimes emportées dans un tourbillon d’injustices, nous sommes tous frapper par les emballements terribles du climat de la Chine aux Caraïbes en passant par la Russie ou la corne de l’Afrique.

Mon pays devant cette assemblée avait promis un accord universel à paris, il a été obtenu et signé dans cette salle. Cet accord ne sera pas renégocié, il nous lie, il nous rassemble, le détricoter serait détruire un pacte qui n’set pas seulement entre les états mais aussi entre les générations. Il pourra être enrichi de nouvelles contributions, de nouveaux apports mais nous ne reculerons pas. Je respecte profondément la décision des Etats-Unis et la porte leur sera toujours ouverte mais nous continuerons avec tous les gouvernements, avec les collectivités locales, les villes, les entreprises, les ONG, les citoyens du monde à mettre en œuvre l’Accord de Paris. Nous avons pour nous la force des pionniers, l’endurance, la certitude et l’énergie de ceux qui veulent construire un monde meilleur et, oui, ce monde meilleur créera de l’innovation, des emplois n’en déplaise à ceux et celles qui veulent croire que l’avenir ne se regarde qu’en arrière.

Nous le construirons sans attendre en mettant en œuvre nos contributions comme la France l’a fait en adoptant son plan Climat qui la place sur le chemin de la neutralité carbone. En rassemblant à Paris le 12 décembre prochain tous ceux qui sont décidés à avancer autour de solutions concrètes en mobilisant les financements publics et privés et je confirme ici que la France y prendra sa part en allouant cinq milliards d’euros par an à l’action sur le climat d’ici à 2020. Nous redoublerons d’ambitions en présentant dès cet après-midi un pacte mondial pour l’environnement dont l’ambition sera de forger le droit international du siècle qui vient avec l’appui des agences de l’ONU. Quand certains voudraient s’arrêter nous devons continuer à avancer, à aller plus loin parce que le réchauffement climatique, lui, ne s’arrête pas, parce que nos dérèglements ne s’arrêtent pas, parce que notre devoir de solidarité et d’humanité ne s’arrête pas.

Mesdames et Messieurs, derrière chacun de nos décisions il y a ces voix, il y a ces vies, il y a le cortège invisible de ceux que nous devons défendre parce qu’un jour on nous a nous-mêmes défendus. Toutes ces voix qui appellent pourquoi ne les entendons-nous pas davantage ? Pourquoi ne savons-nous plus faire ce qui voici 70 ans avait redonné à l’humanité entière la force de croire en elle, la responsabilité planétaire, le goût de l’entraide, la foi dans le progrès ? Et oui, lorsque je vous parle de Bana, d’Ousmane, de Kouamé ou de Jules je parle de mes concitoyens, je parle de vos concitoyens et de chacun d’entre eux car nos intérêts, notre sécurité ce sont aussi les leurs ! Nous sommes irrémédiablement liés les uns aux autres dans une communauté de destins pour aujourd’hui et pour demain. Alors les équilibres du monde, oui, ont profondément changé ces dernières années, le monde est redevenu multipolaire, cela veut dire qu’il nous faut réapprendre la complexité du dialogue mais aussi sa fécondité.

Notre action collective se heurte à l’instabilité des états, ainsi de la Libye, six ans après son intervention armée je prends acte devant cette assemblée de la responsabilité particulière de la France pour que ce pays retrouve la stabilité. La rencontre de La Celle-Saint-Cloud du 25 juillet dernier a permis de faire avancer la réconciliation indispensable à la réussite du processus politique sous l’égide des Nations Unies. Aux côtés du secrétaire général et de son représentant spécial nous devons parvenir en 2018 à l’organisation d’élections qui marqueront le début d’une restauration effective de l’Etat et j’y mettrai toute mon énergie.

Ainsi pour le Venezuela l’action collective doit maintenir dans ce pays le respect de la démocratie, le respect de toutes les forces politiques et ne rien céder aux tendances dictatoriales qui sont aujourd’hui à l’œuvre.

Ainsi en Ukraine nous devons inlassablement là aussi faire respecter les engagements pris et permettre le cessez-le-feu effectif et progressivement comme nous le faisons avec l’Allemagne tout particulièrement permettre là aussi aux parties en présence de respecter le droit international et parvenir à la fin de ce conflit.

Le multilatéralisme peine à faire face aux défis de la prolifération nucléaire, il ne parvient pas à conjurer des menaces que nous pensions à jamais révolues et qui sont réapparues brutalement dans notre présent.

Ainsi Pyongyang a franchi en le revendiquant un seuil majeur dans l’escalade militaire. La menace nous concerne tous immédiatement, existentiellement, collectivement. A ce jour, la Corée du nord n’a donné aucun signe d’une volonté de négocier, ses dirigeants s’enferment dans une surenchère acharnée, notre responsabilité avec tous nos partenaires dont la Chine et la Russie est de ramener par la fermeté à la table des négociations d’un règlement politique de la crise. La France refusera toute escalade et ne fermera aucune porte au dialogue, si les conditions sont réunies pour que ce dialogue soit utile à la paix.

C’est ce même objectif qui me conduit à défendre l’accord nucléaire avec l’Iran. Notre engagement sur la non prolifération nucléaire a permis d’obtenir, le 14 juillet 2015, un accord solide, robuste et vérifiable, qui permet de garantir que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui, sans rien proposer d’autre, serait une lourde erreur. Ne pas le respecter serait irresponsable. Parce que c’est un accord utile, essentiel à la paix, à l’heure où le risque d’une spirale infernale ne saurait être exclu. C’est ce que j’ai dit hier aux Etats-Unis et à l’Iran.Je souhaite, pour ma part, que nous complétions cet accord par un travail qui permettra d’encadrer l’activité balistique de l’Iran, par un travail qui permettra d’encadrer la situation après 2025 que ne couvre pas l’accord de 2015. Soyons plus exigeants, mais en rien ne détricotons ce que les accords précédents ont déjà permis de sécuriser. Regardons la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, avons-nous, par l’absence de dialogue, mieux endiguer la situation en Corée du Nord ? Pas une seule seconde. Partout où le dialogue, le contrôle, le multilatéralisme se dote d’armes efficaces, il est utile. C’est cela ce que je veux pour nous tous et toutes.

Alors, je ne sais si mon lointain successeur aura, dans soixante-dix ans, le privilège de s’exprimer devant vous. Le multilatéralisme survivra-t-il à la période de doutes et de dangers que nous connaissons ? En vérité, il faudrait que nous nous souvenions de l’état du monde, voici soixante-dix ans, brisé par la guerre, stupéfait par les génocides. Il faudrait que nous retrouvions aujourd’hui l’optimisme, l’ambition, le courage que nous avons opposés à ces raisons de douter, que nous retrouvions foi en ce qui nous unit. C’est-à-dire que nous retrouvions confiance en ces valeurs fondatrices de l’ONU qui sont universelles et qui protègent les individus partout sur la planète et garantissent leur dignité.

Mais Mesdames et Messieurs, pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Parce que nous avons laissé s’installer que le multilatéralisme était en quelque sorte un sport confortable, un jeu pour diplomates assis, l’instrument des faibles, c’est cela ce qui s’est passé depuis tant et tant d’années. Parce que nous avons laissé croire qu’on était plus crédibles et plus forts lorsqu’on agissait de manière unilatérale. C’est faux. Parce que nous avons laissé croire, parfois par cynisme, que le multilatéralisme ne pouvait pas tout régler.

Alors, nous avons laissé les dérèglements du monde prendre le dessus. Nous avons trainé à régler le réchauffement climatique, à traiter des inégalités contemporaines qu’un capitalisme déréglé s’est mis à produire. Nous avons laissé des voix discordantes s’élever. Mais à chaque fois, c’est la voix du plus fort qui l’emporte à ce jeu. Nous avons, par langueur, par oubli de l’Histoire qui nous a faits, nous avons laissé s’installer l’idée qu’on est plus forts hors du multilatéralisme.

Mais notre défi contemporain, celui de notre génération, c’est de savoir le refonder. C’est d’expliquer qu’aujourd’hui, dans le monde tel qu’il va, il n’y a rien de plus efficace que le multilatéralisme. Pourquoi ? Parce que tous nos défis sont mondiaux : le terrorisme, les migrations, le réchauffement climatique, la régulation du numérique, tout cela, nous ne les règlerons qu’à l’échelle de la planète, de manière multilatérale. A chaque fois que nous acceptons que ce ne soit pas le multilatéralisme, alors nous laissons la loi du plus fort l’emporter.

Parce que, oui, mes amis, consacrer notre vision du monde, c’est par le multilatéralisme que nous pourrons le faire. Parce que cette vision est universelle. Elle n’est pas régionale. Parce qu’à chaque fois que nous avons cédé à certains qui disaient que la place de la femme, c’était l’affaire de quelques-uns, à un certain bout de la planète, mais pas des autres, que l’égalité entre les citoyens, c’était l’affaire d’une civilisation, mais pas d’une autre, nous avons abandonné ce qui nous a rassemblés ici, dans ce lieu, l’universalité de ces valeurs. Là aussi, nous avons cédé, dans certains pays, à la loi du plus fort.

Parce qu’à chaque fois que les grandes puissances, assises à la table du Conseil de sécurité, ont cédé à la loi du plus fort, ont cédé à l’unilatéralisme, ont pu dénoncer des accords qu’elles avaient elles-mêmes signés, elles n’ont pas respecté le ciment du multilatéralisme qui est la règle du droit. C’est cela ce qui nous a fait, c’est cela qui construit la paix dans la durée.

Alors oui, aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin du multilatéralisme, non pas parce que ce serait un mot confortable, non pas parce que ce serait en quelque sorte un refuge pour gens intelligents. Parce que le multilatéralisme, c’est la règle du droit, c’est l’échange entre les peuples, c’est l’égalité de chacune et chacun d’entre nous, c’est ce qui permet de construire la paix et de relever chacun de nos défis.

Alors oui, pour ce faire, l’Organisation des Nations unies a toute légitimité pour agir et préserver les équilibres du monde. C’est pourquoi je veux une ONU plus responsable, plus efficace, plus agile et je soutiens pleinement le projet du secrétaire général des Nations unies, son ambition, sa volonté de porter une organisation à l’échelle des défis de la planète. Nous avons besoin de sortir de nos bureaux, des rencontres entre Etats et entre Gouvernements pour aller chercher d’autres énergies, pour représenter différemment le monde tel qu’il est et pour revenir sur des dogmes dans lesquels nous nous sommes parfois installés.

Nous avons besoin d’un Conseil de sécurité qui puisse prendre des décisions efficaces et ne pas être enfermé dans le droit de veto, quand des atrocités de masse sont commises. Nous avons besoin d’une meilleure représentation de toutes les forces en présence de tous les continents. Nous avons besoin d’une articulation dans la gestion des crises, avec l’Union européenne, l’Union africaine, les organisations sous-régionales qui sont des acteurs essentiels. C’est pourquoi la France sera là, aux côtés des Nations unies, pour la réforme en cours.

Pour conclure, Mesdames et Messieurs, je voulais vous dire que les voix oubliées que j’ai voulu porter ce jour ne peuvent résonner que dans une enceinte comme celle-ci. Une enceinte où chacun a sa place, où chacun peut se faire entendre de ceux qui ne veulent pas écouter. A ceux-ci, je dirai : ne pas écouter la voix des opprimés et des victimes, c’est laisser leur malheur grandir, prospérer, jusqu’au jour où il nous frappera tous. C’est d’oublier que nous-mêmes, chacune et chacun, à un moment de notre Histoire, nous avons été ces opprimés et d’autres ont entendu nos voix. C’est oublier que notre sécurité, c’est leur sécurité, que leur vie engage la nôtre et que nous saurions restés indemnes dans un monde qui s’embrase.

Ne pas écouter ceux qui nous appellent à l’aide, c’est croire que les murs et les frontières nous protègent. Mais ce ne sont pas les murs qui nous protègent. C’est notre volonté d’agir, c’est notre volonté d’influencer le cours de l’Histoire. C’est notre refus d’accepter que l’Histoire s’écrive sans nous, pendant que nous nous croyons à l’abri. Ce qui nous protège, c’est notre souveraineté et l’exercice souverain de nos forces au service du progrès. C’est cela l’indépendance des Nations dans l’interdépendance qui est la nôtre.

Ne pas écouter ces voix, c’est croire que leur misère n’est pas la nôtre. Que nous posséderons pour toujours les biens dont ils ne pourront que rêver. Mais lorsque ce bien, c’est la planète, lorsque ce bien, c’est la paix, la justice, la liberté, pensez-vous que nous puissions en jouir seuls, dans un coin ?

Si nous ne prenons pas la défense de ces biens communs, nous serons tous balayés. Nous laissons s’enflammer des brasiers où demain l’Histoire jettera nos propres enfants.

Oui, aujourd’hui encore plus qu’hier, nos biens communs, c’est aussi notre intérêt, notre sécurité, c’est aussi leur sécurité. Il n’y aurait pas d’un côté l’irénisme  ( désir de concorde ) de ceux qui croient à la règle de droit et au multilatéralisme et, de l’autre côté, le pragmatisme de certains unilatéraux. C’est faux.

Notre efficacité réelle se joue dans ce combat ici. Alors, avec vous, je veux croire aujourd’hui dans un multilatéralisme fort, responsable. C’est la responsabilité de notre génération, si elle ne veut pas laisser place à la fatalité. Nous n’avons qu’un courage à avoir, Mesdames et Messieurs, celui d’entendre ces voix, celui de ne pas dévier de la trace que nous devons laisser dans l’Histoire et celui, à chaque instant, de considérer que nous devons réconcilier notre intérêt et nos valeurs, notre sécurité et les biens communs de la planète. Notre génération n’a pas le choix, car elle doit parler pour aujourd’hui et pour demain.

Je vous remercie. »

 

Le Parti de Gauche HORS RADAR

 

Le dimanche 18 juin 2017,à Marseille  au soir du second tour des élections législatives,  avant les résultats définitifs du scrutin sur la quatrième circonscription de Marseille où il se présentait, Jean-Luc Mélenchon prenait la parole,  sans doute conforté par sa probable victoire . Voici son discours qu’il a lu contrairement à ses habitudes , c’est dire que chaque mot pèse et peut  légitimement engager le débat au delà de la simple polémique que les médias de la pensée dominante n’ont pas tardé à lui  opposer par la suite.

NB : en gras les mots ou expressions qui me paraissent devoir appeler des commentaires

DISCOURS DE MELENCHON 20170618

“ Ce soir, nos adversaires dans l’Histoire et dans la société semblent remporter une victoire qui paraît écrasante.

Néanmoins, dans cette ambiance, il y a aussi des bonnes nouvelles. Et même des très bonnes.

La première

est que l’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive : notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique dans cette élection, faisant ainsi la démonstration de l’état d’épuisement d’institutions qui prétendent organiser la vie de la société avec un mode de scrutin où une minorité étriquée a tous les pouvoirs. C’est pourquoi je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l’appeler au combat avec les mots et dans les formes qui conviendront à la compréhension et aux possibilités de chacun. Pour peu que nous la sollicitions, alors cette force peut se déployer et passer de l’abstention à l’offensive. C’est à cela que nous l’appelons.

La deuxième bonne nouvelle,

c’est que pour le faire, le peuple français dispose à l’Assemblée nationale d’un groupe « La France insoumise » cohérent, discipliné, offensif. Et c’est lui, avec tous ceux qui voudront le rejoindre – et qui sont les bienvenus – dans un combat où l’on cherchera toujours à rallier le maximum de ceux qui veulent entrer dans la lutte, c’est lui qui appellera le pays, le moment venu, à la résistance sociale. Et j’informe le nouveau pouvoir que pas un mètre du terrain du droit social ne lui sera cédé sans lutte.

Cette majorité boursoufflée qui est constituée à l’Assemblée nationale n’a pas, à nos yeux, la légitimité – à supposer qu’une quelconque en ait jamais – n’a pas la légitimité pour perpétrer le coup d’État social qui était en prévision. C’est à dire : la destruction de tout l’ordre public social par l’abrogation du code du travail.

Cette majorité n’a pas la légitimité pour transformer le régime des libertés publiques dans le sens restrictif qui est prévu par l’idée de faire passer dans la loi ordinaire les dispositions, pour le coup vraiment extraordinaires, de l’état d’urgence. Non : elle n’en a pas la légitimité.

C’est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime dans cette circonstance. Et c’est la raison pour laquelle je dis que le nouveau pouvoir, s’il juge que c’est vraiment la nécessité pour le pays, et que cela est conforme à son intérêt, alors il faut qu’il procède par la voie la plus démocratique qui est en son pouvoir. C’est à dire : que le peuple français soit consulté par référendum pour savoir si oui ou non il veut de ce que cette minorité prétend lui imposer.

Voilà, mesdames et messieurs, mes bien chers amis, la raison pour laquelle je peux dire, sans m’éloigner trop de la conscience aiguë que j’ai de la gravité du moment, mes remerciements pour toutes celles et tous ceux qui ont permis l’élection de tant de nouveaux députés « France insoumise ». Notre mouvement a à peine un an, je le sais bien. Et nous marchons sur des sentiers inconnus de nous. Nous allons donc tâcher d’avancer en ayant toujours à l’esprit d’abord que c’est notre utilité pour les autres qui justifie notre existence.

Je me réjouis de voir tant de jeunes hommes et de jeunes femmes, pour certains – et non les moins nombreux – à peine trentenaires, devenir vos porte-parole. La jeune génération est là. Le combat est assuré, en toute hypothèse, de sa pérennité.

Bien sûr, j’ai de la tristesse pour tous ceux qui auront, à la fin de leurs efforts, eu l’unique récompense de toucher de près le but, hélas sans l’atteindre. Ils vont me manquer, je vous le dis.

Mais notre groupe et notre mouvement, fort de ses 500 000 affiliés, est une force immense. Une élection est une élection. Ce qui compte, c’est la permanence, la fermeté des convictions et les formes d’organisation qui les portent. Et bien tout cela, tout cela a été atteint ! Tout cela a réussi !

Le peuple français n’a donné aucune chance aux survivants de l’ancien monde. Et il nous a désignés pour, dorénavant, porter devant le fanal du combat.

J’appelle, comme à l’Assemblée, dans le pays, dans les villes et les campagnes, à la formation partout d’un nouveau front populaire politique, social et culturel, capable de rassembler dans toute leur diversité de méthodes d’action, de pensées, toutes celles et tous ceux qui savent et qui ont compris que le moment de l’Histoire qui se présente devant nous s’écrit avec un grand « H ». Et que nous allons choisir d’une façon ou d’une autre, encore, dans les mois et les années qui viennent, dans quel monde nous voulons vivre, dans quelle société nous voulons vivre. C’est à dire que l’espérance d’un monde des jours heureux reste intacte à la condition que, dorénavant, la force de l’abstention devienne la force de la révolution citoyenne. »

 COMMENTAIRES

1)Selon les médias , 6 inscrits sur 10 , ne sont pas allés voter au second tour des législatives ce qui signifierait que la majorité présidentielle de La République en Marche ( LRM)ne représente pas la majorité arithmétique de tous ceux qui avaient droit de vote lors du scrutin des législatives . Depuis l’avènement de la V république en 1958, cette abstention battrait un nouveau record que Jean Luc Mélenchon qualifie de  » gréve générale civique « . Il parait nécessaire d’y regarder de plus prés.

Dans notre droit constitutionnel les votes blancs ne sont toujours pas considérés comme suffrages exprimés , mais en 2012 une réforme du début du quinquennat de Hollande a permis de les comptabiliser officiellement et de les distinguer des votes nuls .(La loi n° 2014-172 visant à reconnaître le vote blanc aux élections a été adoptée le 21 février 2014    https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2014/2/21/INTX1240667L/jo/texte)

Avant cette loi , les resultats officiels des scrutins se contentaient  de mentionner le nombre d’inscrits , le nombre de votants et le nombre de suffrages exprimés ( lesquels représentaient l’ensemble des bulletins, moins les blancs et les nuls). Depuis cette loi ( voir la circulaire d’application)  une nouvelle comptabilisation des votes s’impose de nature à rendre visible le vote blanc qui exprime une volonté de ne voter pour aucun candidat . Ces nouvelles données publiques rendent aléatoires les comparaissons entre avant et aprés 2014 sur le phénomène de l’abstention en général.

2)Le vote blanc ne peut pas être assimilé à de la résignation au même titre que  » d’aller à la pêche » le jour des elections , ce qui pose une autre question : le fait de ne pas utiliser volontairement son bulletin de vote pourrait -il signifier un acte de protestation face à l’offre politique du moment ? et dans ce cas dans quelles proportions ?. Les conclusions des politologues , à cet égard, devraient pouvoir s’entourer d’ études plus approfondies afin de dépasser la simple logique arithmétique .

3)Le discours sur une  révolution citoyenne qui supposerait  une implication par les urnes d’une nouvelle mentalité politique populaire fondée sur l’urgence écologique , sociale et démocratique a -t-il des chances de se concrétiser  dans une majorité de pouvoir,  sans  le préalable d’une opinion favorable  ? Et le ralliement des abstentionnistes à la France Insoumise de Melenchon y suffirait il  ? La rupture avec le capitalisme financier , signe distinctif de la France insoumise , ouvre -t-elle la voie à une adhésion sinon massive , disons majoritaire sur cette ligne d’action ?

4) Quid du Parti de Gauche , totalement absent des radars  ? Le PG créé par Mélenchon dont les principaux cadres ont porté le mouvement de la France Insoumise,est-il obsolète ?
Pourquoi la crise de la représentativité qui affecte le monde politique passe par la crise des partis politiques ? Une des réponses se situe dans l’incapacité de prouver à l’intérieur de la vie interne d’un parti l’esprit démocratique qu’il prône pour la gouvernance d’un pays. La démocratie ne peut pas se passer de règles, on peut même avancer que  la démocratie et la diversité qu’elle contient , est incarnée par un état de droit  qui doit être respecté et respectable afin d’éviter l’évanescence  d’un droit formel servant d’alibi . Comme le dit Jean Luc le politique est au service des autres, et les autres sont tous ceux qui désirent un avenir meilleur . Le meilleur est loin de faire l’unanimité , il nécessite une organisation au service d’un idéal de vie  , et , à ce titre la vision du meilleur pousse à nous confronter à la diversité et à la complexité du vivant . Sans organisation, sans expérience du collectif , l’idéal démocratique est peu de choses . Il va donc falloir pour tous ceux qui partagent cette nouvelle mentalité politique axée sur l’urgence écologique, sociale et démocratique d’opter pour un type d’organisation ,et d’adapter les moyens aux objectifs dans l’ordre et si possible dans la discipline comme le suggère Mélenchon. L’appel au combat de Jean Luc , l’appel à un front populaire  a mis hors radar le Parti de Gauche . Revient-il aux militants de le remettre en perspective et comment ? Faut-il envisager sa dissolution ? Ou bien faut-il réfléchir aux modalités de la relation entre FI et le PG ? Où se trouvent les temps de la démocratie politique , hors les temps de vote , et  hors la  logique électoraliste de la conquête du pouvoir à laquelle est confiné tout groupement politique au moins dans son acceptation  la plus usuelle ? Que reste-t-il du PG , que reste -t-il de la France Insoumise ? et comment organiser la conquête de l’opinion sur le programme de l’avenir en commun?

5) S’agissant de l’opinion locale , l’analyse des chiffres électoraux ,circonscription par circonscription est incontournable , tout comme l’expérience des candidats PG aux élections .

 

Affaire FILLON : ce qui n’est pas interdit n’est pas forcément autorisé .

 

Qu il dégage

Qu il dégage

Né en 1954 François Fillon est un homme politique qui a fait carrière en exerçant différents mandats locaux dans la région des pays de la Loire notamment la Sarthe , ainsi que des mandats nationaux comme sénateur ou député ,  avant de devenir ministre sous différents gouvernements de droite et premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.

C’est un chrétien à titre privé et un conservateur ordo-libéral au plan politique( modèle allemand)

Son entrée  à Matignon n’était pas passée  inaperçue à l’époque . A peine nommé chef du gouvernement par Sarkozy , il déclarait, sans prendre de pincettes   » être à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier ». Nicolas Sarkozy au lieu de lui dire  » casse toi pov’ con »  l’a convaincu de prendre son mal en patience en le maintenant durant tout le quinquennat à ses cotés comme » simple collaborateur « . Après avoir bataillé contre Jean Francois Copé au sein de son parti après le défaite de Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2012 gagnées par François Hollande , il fallait s’attendre à voir le sourcilleux mais  ambitieux   Fillon présenter sa candidature pour les élections présidentielles de 2017 .  Il remportait haut la main les primaires de la droite et du Centre en Novembre 2016 , exit Nicolas Sarkozy et Alain Juppé . Dans l’élan de sa victoire il décidait , le bougre ,  de se rendre peu de temps après en Allemagne,  faire sa génuflexion devant Angela Merkel toute prête déjà à le canoniser Président comme l’ensemble des médias … sauf un  » Le Canard enchainé » journal satirique spécialisé dans le décryptage des gens de pouvoir et de leurs vérités cachées.

Que s’est-il passé?  Fin janvier 2017 à la suite des révélations du « Canard Enchainé » , journal qui est , rappelons le ,  une véritable institution dans la presse écrite, française , incontournable dans les travées du pouvoir , éclate ce que l’on appelle le Pénélopegate . De quoi s’agit-il ?

Mme Pénélope Fillon , l’épouse de F Fillon a été employée  comme assistante parlementaire de son mari  de 1988 à 1990, de 1998 à 2000 , et de 2012 à 2013 et comme assistante parlementaire du suppléant  Marc Joulaud de 2002 à 2007 . Son traitement mensuel avoisinait 4000euros et  le montant total des revenus tirés de cette activité était évalué selon le Canard Enchainé à une somme de l’ordre de 800 000 euros en 15ans .  Mais c’est là que le bât blesse . Cet emploi familial ne cacherait-il pas un cadeau  financé par l’argent public dont disposait son mari  ou son suppléant au titre de la députation ? F. Fillon  n’avait pas besoin de répéter « J’aime ma femme » , n’est-il pas normal  entre mari et femme de  se faire de petits cadeaux, mais si l’intention libérale ( vouloir faire un cadeau) suinte d’un emploi de complaisance payé avec de l’argent public , c’est autre chose . Curieusement  Pénélope Fillon qui avait donné 5 enfants à son homme d’Etat de mari et restait fidèlement à ses cotés,  affirmait en 2007 , à un journal britannique lors d’une interview,  qu’elle n’ avait jamais été l’assistante parlementaire de son mari. Epouse , mère de famille , mais pas assistante parlementaire, ou quoique ce soit d’autre. C’était dit, et qui plus est, filmé . Faut-il voir dans de tels propos  une  discrétion convenue autour d’un emploi fictif qui ferait mauvais genre s’il venait à l’idée d’un journaliste d’y voir de plus prés.

Quoiqu’il en soit, la suspicion d’emplois fictifs pour le candidat à la Présidentielle , conduisait le Parquet de Paris ,via le Parquet Financier National ( PNF) à ouvrir dès le 25 janvier 2017 un enquête confiée à l’ Office Central de Lutte contre le Corruption et les Infractions Financières et Fiscales ( OCLCIF) . Au bout d’un mois d’enquête, après audition notamment des époux Fillon , une information judiciaire était ouverte contre X par requisitoire introductif en date du 27 février 2017 des chefs notamment de détournement de fonds publics et  recel : étaient également visés  pour des faits distincts l’abus de biens sociaux  , le trafic d’influence et le manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique.

Fillon clame son innocence et met en cause l’autorité de la justice , notamment celle du Parquet de Paris et par conséquent de ses chefs hiérarchiques François Molins Procureur de la République et Christian Marin Procureur général.Il n’est pas inutile de remarquer  que la saisine des juges d’instruction , qui est en soi une orientation procédurale équilibrée lorsque les personnes mises en cause sont des gens de pouvoir,  a le mérite de mettre en mouvement l’action publique et d’échapper à la toute récente réforme des délais de prescriptions qui réduit la prescription des infractions  » occultes et dissimulées  » à une periode de 12 ans après les faits . Dans l’affaire Fillon les faits antérieurs à 2005 auraient été prescrits  et légalement pardonnés .

Pardon , vous avez dit pardon ! Oui ,  Fillon en présentant ses excuses au peuple de France a sollicité  son pardon pour avoir prêté le flanc aux reproches de favoritisme ou d’appât du gain à travers des emplois familiaux non  interdits par la loi française certes,  mais ce qui n’est déjà plus le cas pour les institutions européennes  et la réglementation européenne et on ferait mieux de s’en inspirer .

D’un point de vue général, on peut avancer l’idée que la rémunération de l’assistant parlementaire , dans une démocratie bien ordonnée, est censée être la juste contrepartie d’obligations professionnelles exercées par l’intéréssé dans le cadre de sa mission,  à savoir faciliter le travail  de l’élu : en France cet élu est autorisé à embaucher , grâce à une indemnité financière de l’Etat en sus de son traitement, une équipe à son service dans le cadre de son activité parlementaire . Qui définit son activité parlementaire et celle de son assistant , SVP?

L’erreur de M Fillon est de croire  qu’il suffit d’affirmer que sa femme était à son service pour être dispensé d’en justifier le poste de travail précis surtout lorsque le montant du salaire est important, de l’ordre de 4000 euros nets mensuels et  qu’il implique des contraintes de formation, de compétence et de disponibilité à la hauteur de la rémunération … sauf à admettre qu’il s’agit d’un emploi fictif . Or Mme Fillon a été si discrète que la question se pose , mais la défense des époux Fillon  a désormais toute latitude pour présenter aux juges d’instruction les éléments de preuve de nature à donner une réelle consistance à l’activité d’assistante parlementaire de Mme Fillon.

Certains pourraient être conduits à penser que ce Pénélopegate est dérisoire par rapport aux enjeux démocratiques attachés à la candidature de F Fillon aux présidentielles , comme tente de le faire admettre implicitement celui-ci , en se maintenant dans la course à l’Elysée. Tout dépend comment on définit le dérisoire , n’est-ce pas ?

Pour le citoyen contribuable , ce n’est pas dérisoire d’être salarié  de la République sans contrepartie . Souvenons nous du témoignage émouvant de Martine Crnkovic,

 filloniste de toujours , d’au moins 30 ans , et maire de Louailles : quelle n’a pas été sa surprise d’apprendre que Mme Fillon était l’assistante parlementaire de son mari  (toujours la même discrétion autour de cet emploi ccomme s’il convenait de ne pas l’ébruiter)  et bouleversée par la suspicion de détournement d’argent public qui pèse sur le couple Fillon  dont elle est une proche  « J’espère , dit-elle , qu’elle l’a mérité (l’argent public). » Qui juge du mérite , SVP ?

Pour le citoyen appelé aux urnes  , ce n’est pas dérisoire qu’un homme d’Etat candidat  aux plus hautes fonctions , n’assume pas les principes éthiques exigés de lui , en se dissimulant derrière des excuses inopérantes mais révélatrices d’une lâcheté malsaine qui va jusqu’à désavouer le travail de la justice républicaine de son pays comme le fait , par ailleurs une autre responsable politique Marine Le Pen, porte parole de l’extrême droite en France. On serait tentés de dire « C’est bonnet blanc et blanc bonnet « 

La leçon de l’histoire !  chacun pourra en décider . Qu’il soit cependant permis de rappeler à tous les démocrates que ce qui n’est pas interdit n’est pas forcément autorisé . C’est l’interprétation que les spécialistes donne de l’Etat de droit : celui-ci chevillé au corps de la démocratie  inclut l’abus de droit et l’apparence de légalité n’excuse pas tout . Le droit peut devenir un instrument de fraude et la maxime latine  » Fraus omnia corrumpit «  est toujours d’application. La dictature et la corruption  vont de pair et l’humoriste pourrait rajouter :  « l’homme est un Dieu car comme lui il ne change pas » ( réplique tirée des épisodes de la série : The Young Pope) Lorsque Fillon, les poings fermés tancent ses amis en leur lançant   » je resterai inébranlable »  … comme Dieu … , il n’est pas sûr que le peuple soit du même avis lors du prochain rendez vous électoral.

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Oyez ,oyez  Nîmois,  jeudi 2 mars 2017 Môssieur François Fillon, sorti tout droit de son manoir , vient vous rendre visite , il vient vous dire qu’il n’a commis aucune faute …. alors n’oubliez pas les casseroles . Au Parnasse à 19h.

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MISE A JOUR : On apprend ce 1er mars que FILLON est convoqué le 15 mars devant les juges d’instruction pour sa mise en examen au vu du dossier transmis par le Parquet . Bruno LEMAIRE fait savoir par communiqué  qu’il démissionne de la campagne de F .FILLON, celui-ci ayant déclaré,  qu’ il retirerait sa candidature s’il était mis en examen. Il aura intêret à respecter sa parole le moment venu , càd après sa mise en examen.

S’il ne le fait pas et il ne semble pas disposer à le faire à ce jour M Fillon n’ayant pas fait l’objet d’un placement en garde à vue au cours de l’enquête le concernant , le principe de sa mise en accusation commencerait à dater de sa mise en examen à partir de laquelle il bénéficierait jusqu’au jugement d’une présomption  d’innocence  qui lui garantirait d’être traité  dignement et équitablement par la justice de son pays. S’agissant d’un candidat potentiel aux élections présidentielles aucune disposition légale ne lui interdit de déposer officiellement sa candidature s’il dispose des parrainages voulus .


MISE A JOUR  : la conference de presse de F Fillon du 1 mars 2017 cliquez ICI http://www.rtl.fr/actu/politique/video-francois-fillon-revivez-sa-conference-de-presse-7787477724 . F Fillon promet de rapporter la preuve que son épouse l’a réellement assisté dans son travail parlementaire, tout en continuant à délégitimer la justice  en charge d’évaluer cette preuve exigée de lui et de lui seul en tant que candidat aux fonctions suprêmes de l’Etat . 

Nous pensons que l’opinion publique, et c’est heureux , est en situation de réclamer  un haut niveau de sens éthique de la part des candidats à l’election présidentielle , un moment fort de notre démocratie qui engage l’avenir du pays . 

L’emploi familial sur les deniers publics de l’Etat ( cela concernerait environ un quart des députés) est un choix hasardeux pour le parlementaire qui  a l’ ambition de devenir Président de la République.  C’est le cas de F Fillon . Hasardeux , pourquoi ?

Parce que dans le contexte d’une campagne électorale  la faute de F Fillon et non pas l’erreur comme il le prétend, c’est d’avoir , en tant que candidat à l’élection présidentielle, prêté le flanc à une vérification judiciaire de sa situation professionnelle , comme une société démocratique l’ exige, et d’avoir ainsi forcé la justice à intervenir  sur un terrain où elle n’a pas vocation à intervenir , le terrain de la moralité politique , lequel cependant ne saurait être exclu de son champ de compétence , voire de sa mission légale et constitutionnelle .  Le recours à un emploi familial pour un parlementaire , dans l’état de notre droit , peut difficilement échapper aux suspicions d’emplois de complaisance à partir du moment où la frontière entre le professionnel, le privé ou l’intime est difficile à faire.

A cotoyer le pouvoir de prés pendant de longues années on peut en venir à se considérer au dessus des lois et  les exemples ne manquent pas de cette triste réalité qui forge chez nos hommes politiques ce sentiment « d’ être intouchable » et de le croire . Comme N Sarkozy , F Fillon ne sera jamais quitte de ses attaques outrancières contre l’ institution judiciaire  dont il critique publiquement l’autorité, voire la légitimité démocratique.

N’oublions pas que le Pénélopegate n’est qu’un volet de l’affaire Fillon dont l’activité de conseil d’un groupe d’assurances est inquiétante lorsqu’il inclut dans son programme politique de presidentiable  une espèce de privatisation de la Sécurité sociale  et donc de la disparition de cette institution, de sa mort .  Cela donne tout son sens ( son sang …!!! ) à l’expression  « assassinat politique » utilisée par Fillon pour  défendre son image contre le système mediatico-judiciaire dont il se dit la victime , tout comme le serait le processus démocratique . C’est  » l’hôpital qui se fout de la charité » .

La malhonnêteté de F Fillon  n’échappe pas  au bon sens populaire . Sommé de s’expliquer sur un usage de l’argent public, comme tout homme d’Etat doit s’y attendre ( il a été premier ministre de la France pendant 5 ans), il nie tout comportement fautif et déplace la faute sur  « celui » qui lui demande des comptes , le peuple à travers ses institutions démocratiques . C’est F Fillon qui porte atteinte au processus démocratique au moment même où il désigne comme traitre son juge, le peuple et les institutions qui le représentent dans la société démocratique qui est la nôtre . Car au delà du fait d’avoir eu recours intentionnellement ou pas à un emploi fictif , cette attitude anti républicaine le disqualifie pour la fonction présidentielle. Au bout du bout , le candidat à la Présidence de la République doit pouvoir afficher  une moralité exemplaire dans sa vie publique c’est une marque de respect pour le peuple  , les citoyens qui sont appelés à l’élire .Si ce n’est pas le cas il doit s’abstenir ou dégager .F Fillon n’accepte ni l’un ni l’autre .

MISE A JOUR : communiqué du 1 mars 2017 du premier président et du procureur général de la Cour de Cassation , presidents du Conseil Superieur de la Magistrature cliquez ICIgoo.gl/75DTjE 

On peut y lire notamment un rappel du principe  d’indépendance des magistrats même si ,à y regarder de prés , c’est de l’indépendance de  l’autorité judiciaire qu » il s’agit  dans la Constitution, loi fondamentale où les magistrats  puisent leur légitimité, celle de rendre la justice au nom du peuple français : leur légitimité ne découle pas de  l’élection comme dans d’autres pays. Mais il est aussi question du devoir des magistrats  » de ne pas s’engager publiquement dans le débat électoral » , la forme concise du communiqué n’a sans doute pas permis de préciser : sauf  s’ils sont eux mêmes candidats à des élections publiques , ce qui peut les conduire,  s’ils sont élus , à devoir faire un choix de carrière , ce qui ne leur est pas interdit mais fortement déconseillé …au moins jusqu’à leur retraite .

MISE A JOUR  La presse étrangère

Un vent mauvais souffle sur l’élite française  à l’image de F Fillon qui en porte une lourde responsabilité .

Selon La Tribune de Genève « 

la présidentielle 2017 est d’ores et déjà abîmée…D’ordinaire les politiques appellent au calme, en 2017 en France ils veulent que la rue les protége de la justice « 

Fillon -Le Pen même discours

Selon le Telegrah(anglais) « le scandale François Fillon ( en accusant l’Etat français de tentative d’assassinat politique pas seulement contre lui mais aussi contre le processus démocratique ) conduit la politique française dans le caniveau » 

Le caniveau : le choix de sortir du pacte républicain et de la cohésion républicaine .

 

 

 

 

Demorand et son équipe sert un magnifique interview à Mélenchon

Excellent exercice journalistique , où chacun ( intervieweurs et interviewé) a pris sa part , bon pour la démocratie et bon pour tous ceux  qui ne connaissent pas ou peu ou mal  le candidat Mélenchon.

En effet Les journalistes de France Inter lors de l’émission  » questions politiques » ont su permettre à JL Mélenchon de préciser sa vision présidentielle du monde actuel et le rôle qu’il réserve à la France dans le contexte de la mondialisation financière et de la destruction de notre écosystème sous l’emprise d’un libre échange qui est loin d’ aboutir à un partage équitable des richesses , à l’interne comme  à l’externe des Etats Nations . La France est en panne démocratique,  raison pour laquelle la constitution d’une 6ieme République marquerait la Présidence de Mélenchon si celui ci accédait à cette magistrature suprême .

Laïcité plutôt que communautarisme , transition écologique et écosocialisme plutôt que capitalisme financier , la diplomatie plutôt que la guerre , tels sont les axes de reflexion autour desquels s’ajustent ses propositions .

Quant à la division de la gauche , question centrale selon Demorand, qui ramène le débat sur la  campagne électorale,  » elle ne vient pas des personnes, des égos » , se plait à dire JL Mélenchon  qui poursuit  » ça vient d’une différence sur le fond du programme »( voir les explications de Mélenchon sur ce point à partir de l’indice 54. )Ainsi la rupture avec le PS n’est pas une posture , elle fonde l’espoir primo en un consensus majoritaire avec les français pour une autre politique à la hauteur des enjeux locaux et internationaux, secundo en un  changement de cap civilisationnel et une rupture qui s’impose  avec le capitalisme de l’argent . Il suffit d’y croire et de convaincre c’est l’ambition légitime d’un homme qui a placé sa vie au service des autres .

JLM France Insoumise ;Mélenchon à Copenhague 20161122

 

Le 19 novembre 2016, Jean-Luc Mélenchon s’exprimait à Copenhague, au Parlement danois, lors d’une nouvelle conférence pour un plan B en Europe où il expliquait qu’en cas de victoire électorale il s’opposera , en tant que nouveau Président de la République française , à la politique d’austérité de l’Union Européenne et plaidera pour la sortie des traités de discipline budgétaire ( 2012) ( Plan A). Il s’opposera à la ratification des  traités de libre échange envisagés entre l’UE-Canada (CETA) et l’ UE-États-Unis (TAFTA), et à création d’une Europe de la Défense porteuse d’une logique de guerre .

S’il parvient à conquérir le pouvoir et à diriger le pays , la gouvernance conservatrice  de l’UE ,  peut le contraindre à sortir du mécanisme actuel ou à venir ( un nouveau traité serait en cours de négociation porté par les 5 présidents de l’Union Européenne -)L’hypothése est envisagée , c’est le plan B, la sortie de l’Europe  avec les pays européens qui se seraient ralliés à la cause .

Pour le moment il dénonce les prétentions des instances européennes à consolider la construction du marché unique et de la monnaie unique sans égard pour la démocratie sociale rangée au placard face aux défis de la mondialisation financière . Ni Etat fédéral, ni retour à la souveraineté des Etats pleine et entière , l’UE marche , masquée,  vers plus d’integration , elle devient une menace pour la démocratie des peuples.( le  » non » français à la Constitution européenne détourné par la ratification du traité de Lisbonne, la mise sous tutelle de la Grèce par une Troika européenne, l’ordo libéralisme allemand, ou la manière d’imposer  l’euro fort allemand  qui a fait fuir le Royaume Uni ))

La refondation de l’Europe est à l’ordre du jour , il devient urgent de connaitre ce qui se fabrique à ce sujet et se range dans les cartons , y compris ceux  de France Insoumise.