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Le Cirque du glyphosate

glyphosate

Le glyphosate est l’ ingrédient actif de l’herbicide  le plus utilisé dans le monde sous le nom de  » Roundup ». Il a été commercialisé dès 1974 par l’entreprise américaine Monsanto spécialisée dans le secteur de la chimie agricole puis à partir des années 80 dans celui des biotechnologies agricoles . Depuis le brevet de cette molécule synthétique qui appartenait à la société Monsanto,  est passée dans le domaine public. En l’espace de 40ans, de 1974 à 2014, la production de désherbants à base de glyphosate est passée de 3 200 tonnes à 825 000 tonnes, et elle intéresse 130 pays et une centaine de sociétés. L’enjeu social (sanitaire et environnemental), économique, et financier lié à la commercialisation du produit est énorme à l’échelon planétaire . En France  métropolitaine aussi, la consommation de l’herbicide y a atteint le volume de 9 100 tonnes en 2016 ( source INRA) La question de la toxicité du produit devient alors capitale et se pose aux scientifiques comme aux politiques chaque fois qu’il convient d’homologuer le produit en vue de son utilisation par les industriels comme la Société Monsanto.

L’histoire de cette entreprise agrochimique est assez « sulfureuse « . Indépendamment des différents scandales  sanitaires auxquels elle s’est trouvée impliquée depuis son origine  ( (exemple:1.3 L’utilisation de l’agent orange pendant la guerre du Viêt Nam ), on notera qu’en mars 2017  les « Monsanto papers » du nom de ces milliers de documents confidentiels rendus publics à la faveur de procédures judiciaires intentées contre l’entreprise aux Etats-Unis par des agriculteurs ayant été exposés aux produits toxiques ,  seraient , selon une enquête faite par le  journal Le Monde ( art du 28/11/2017) , de nature à  » livrer le récit de décennies de manipulation de la science pour garantir le maintien du glyphosate sur le marché » et à rendre crédible  une véritable stratégie d’influence déployée par l’entreprise Monsanto pour défendre son désherbant best-seller, le « Roundup » à base de glyphosate.

La saga européenne du glyphosate dure depuis prés de deux ans , en tout cas depuis qu’il est question de renouveler la licence attachée à l’utilisation du glyphosate  par les acteurs économiques comme Monsanto, licence qui devait expirer le 15 décembre.  La confusion  est née avec des expertises discordantes sur la dangerosité du produit , des études qui permettent de faire dire qu’il est nocif , ou qu’il ne l’est pas.  Elle s’est accompagnée d’une cacophonie politique tout aussi certaine que la science était incertaine .La France était favorable au retrait du marché et l’Allemagne s’était abstenue jusqu’ici .
Après une bataille entre les pro et anti glyphosate, après une Initiative Citoyenne Européenne( ICE)  ayant recueilli fin juin  2017   plus d’un million de signatures pour la  sortie du glyphosate, après la résolution du Parlement européen , prise le 24 octobre 2017, et visant à l’élimination progressive du glyphosate dans l’Union européenne d’ici cinq ans ,
le 27 novembre 2017,un revirement  de l’Allemagne permettait de faire adopter, à une majorité qualifiée( (55 % des États représentant 65 % de la population) par les 28 Etats membre réunis en comité ad hoc ,  la proposition  de la  Commission européenne tendant à  ré-autoriser pour 5 ans l’utilisation du glyphosate ( et non pas 10 ans  ou 15 comme il avait été envisagé à l’origine)
Contrairement à l’Allemagne, La France a voté contre la ré-autorisation pendant 5 ans marquant ainsi sa préférence pour une sortie du glyphosate dans un délai de 3 ans, proposition soutenue par l’Elysée et le ministre de la transition écologique N Hulot. La sortie du glyphosate par la France au bout de 3 ans serait juridiquement possible , d’ailleurs il est déjà interdit dans les espaces publics depuis 2017 et le sera pour les particuliers en janvier 2019. C’est une autre histoire d’appliquer l’interdiction dans l’ensemble du secteur agricole et c’est là que la bât blesse. Pourquoi ?
 Parce que l’emploi généralisé du glyphosate dans notre pays fait effet de système. Son retrait du marché rend nécessaires  des changements profonds dans les pratiques agricoles. De plus envisagé de façon unilatérale, le retrait  causerait des distorsions concurrentielles sur le marché  contraire aux intérêts du secteur agricole français : selon un rapport de l‘INRA ( Institut national de la Recherche Agronomique ) saisi le 2 novembre 2017 du sujet , les alternatives au glyphosate existent mais il n’y aurait pas de solution miracle, précisent les experts. La FNSEA ( la Fédération Nationale des Syndicats des Exploitants Agricoles) est opposée à une interdiction du glyphosate en l’absence  « d’alternative viable ». Chez les agriculteurs, on ne veut pas d’une opération qui se solderait  par une baisse du niveau de revenu,  le maintien du niveau de rendement ou le cumul des deux ( voir LM du 6 décembre 2017) .( voir également https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate) En définitive, on ne sait toujours pas aujourd’hui si le principe de l’interdiction est acquis au plan européen ( on préfère parler de renouvellement de licence) de sorte qu’un retrait anticipé des français, non coordonné avec les autres Etats membres de l’UE,  serait aventureux. On attend donc les mesures d’adaptation du gouvernement français au retrait  programmé…à 3 ans (au lieu de 5 ans) par E Macron.

Le glyphosate est connu pour être  un herbicide d’une efficacité redoutable sur le couvert végétal des terres mais on sait aussi qu’il dégrade la qualité du sol, de l’eau, et peut s’inscrire dans la chaine alimentaire avec des effets nuisibles pour la santé de l’homme. Il est classé comme perturbateur endocrinien et soupçonné d’être cancérogène. L’évaluation de sa toxicité revêt donc une importance de premier plan . La société civile internationale  s’est mobilisée , notamment autour d’un procès symbolique tenu à La Haye en 2016 par le Tribunal International Monsanto . Marie Monique Robin qui enquête depuis prés de 10 ans sur  » le monde selon Monsanto » en rend compte dans un documentaire avec la participation de Arte sous l’intitulé « Le Roundup  face à ses juges » ( URGENT à voir l’émission est en accés libre jusqu’au 16 decembre2017)

Il faut rappeler qu’en France  la lutte contre le cancer est une cause nationale depuis de nombreuses années. C’est grâce à une initiative française que le Centre International de Recherche sur le Cancer, le CIRC a été crée en 1965 , sous l’égide  de lOMS et de l’ONU.

Or c’est cet organisme international , le CIRC,  qui a classé le glyphosate comme produit » cancérogène problable » en mars 2015 en répondant à la question de la toxicité du produit . Après une quarantaine d’années d’exploitation de plus en plus intensive , il était grand temps d’envoyer un message d’alerte concernant le danger du glyphosate pour la santé humaine . Que fait l’Union Européenne « qui protège » ? Elle aligne sa position  sur ses propres expertises. Trés bien sauf que  ni l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ni l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) ne partagent l’avis du CIRC . Pour ces agences européennes spécialisées l’effet cancérogène du glyphosate est  improbable. Comment expliquer une telle discordance ? On est en droit de s’interroger sur les processus d’expertise en cours .

On observe d’une part que des  études épidémiologiques sur les populations le plus exposées ont pu être réalisées , cependant elles sont tout aussi délicates à mener dans le court terme, qu’elles sont couteuses dans le long terme. De telles études, pourtant indispensables scientifiquement, supposent «  ‘de pouvoir compter les malades et les morts et les attribuer sans équivoque au produit «  , comme le souligne pertinemment Stéphane FOUCART, dans une chronique Planète publiée dans LM du 3/4 décembre 2017. Le glyphosate ne serait pas forcément le produit phytosanitaire le plus toxique parmi ceux mis sur le marché ayant un caractère dangereux pour la santé de l’homme.

D’autre part on découvre que l’avis favorable au renouvellement de l’homologation du glyphosate établi par l‘ Efsa et ayant servi à la décision du 27 novembre 2017 des instances européennes de ré-autoriser l’utilisation du glyphosate pour une période de 5 ans à compter du 15 decembre 2017, comportait le copier-coller d’une centaine de pages extraites du dossier d’homologation de l’entreprise Monsanto et tendant à démontrer que le glyphosate n’est ni géno-toxique, , ni repro-toxique, ni cancérogène. Plusieurs ONG , dont « Générations futures » en France sont prêtent à saisir le juge européen pour infraction à la réglementation européenne ( Règlement (CE) n o  1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil ) qui tend à garantir une « évaluation indépendante, objective et transparente » des demandes formulées par les industriels .

En  France, l’Office parlementaire  d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst, organisme bicaméral créé en 1983, a été saisi  par la commission des affaires européennes et le commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, des éventuelles turpitudes des agences spécialisées européennes. Au cours de son audience du 9 novembre 2017, il a désigné comme chef de mission le mathématicien prix nobel et député LRM  Cédric Villani , lequel fait partie du Conseil scientifique de l’Union Européenne  installé récemment auprès du Jean Claude Junker, Président de la Commission Européenne.

M Villani devait déclarer en séance:« En effet, l’analyse scientifique est difficile(…)Aujourd’hui, les scientifiques se demandent si certains effets nocifs observés sur le terrain sont dus au glyphosate lui même, à une combinaison de substances ou à des variantes de glyphosate. Il nous revient d’expliquer comment des méthodologies différentes aboutissent à des résultats différents « Il n’écarte pas non plus la possibilité d’une « éventuelle manipulation » , les Monsanto papers ayant démontré que « l’entreprise payait des lobbyistes pour influencer les résultats des études  » C’est pourquoi se pose selon lui, « la question de l’évaluation du travail des agences (européennes) qui ont mené les etudes(…)la question de fond c’est la confiance publique dans les institutions »

Il va bien falloir que le groupe de travail mené par M Villani s’interroge sur le manque supposé d »indépendance et d’objectivité de ces structures expertales européennes, voire sur l’éthique des chercheurs sans paraître vouloir faire un procès d’intention à l’UE et à ses modalités de fonctionnement. Nous sommes impatients de voir le résultat de la démarche de notre Parlement , en rappelant le mot de Clémenceau  » Si vous voulez faire quelque chose , faites le , sinon créez une commission »

En attendant et pour conclure, la saga européenne est loin d’être terminée sur la question du Glyphosate. C’est évidemment une question de confiance publique qui revêt un caractère emblématique et engage la crédibilité de l’UE  » qui protège ». L’ « affaire « du Glyphosate fait se confronter les logiques agricoles industrielles et celles attachées à la préservation de l’environnement naturel de l’homme et à la protection de sa santé, la logique capitaliste du marché et la logique écologiste. C’est aussi un enjeu de santé publique qui requiert la plus grande transparence dans le processus décisionnel , et le droit , pour les agriculteurs comme pour les consommateurs, à un diagnostic sans ambiguïtés sur la toxicité du Glyphosate ou tout produit  herbicide, pesticide  à base de Glyphosate.

Le glyphosate est-il oui ou non dangereux pour l’homme et que dit la science sur ce danger? En cas de réponse affirmative , tout doit être mis en oeuvre pour stopper sa commercialisation . 40 ans se sont écoulés depuis la première utilisation de cette molécule synthétique brevetée par la société américaine Monsanto, 40 ans de mise en  » danger » potentiel des utilisateurs de désherbants chimiques sur les champs de céréales ou ailleurs , 40 ans que l’entreprise Monsanto joue de son influence pour s’opposer à l’interdiction du glyphosate et retarder  son  retrait du marché.

Il est temps de dire STOP : la question du Glyphosate met en lumière non seulement des enjeux scientifiques auxquels sont peu préparés les citoyens , mais aussi des enjeux de démocratie et de réappropriation des enjeux économiques lorsqu’ils obéissent à des forces mortifères.

 

Mélenchon en virée chez les cousins québécois

 

jean-luc-melenchon-alexandre-boulerice-1 Mélenchon est allé au contact des québécois pour témoigner de son engagement pour mettre en mouvement , et accompagner  les français  dans une révolution citoyennne que commandent les temps nouveaux .  La suprématie d’une oligarchie financière et politique à l’oeuvre dans les accords internationaux de libre échange est un obstacle à abattre et  » l’américan way of live  » comme modèle de développement économique doit être remis en cause face aux défis écologiques pointés par la communauté scientifique .

https://www.facebook.com/events/598254873660573/ conférence  de melenchon à la bibliotheque et archives nationales au Quebec

 

Extrait du billet  » carnet de route de Montréal  » publié par Mélenchon sur son blog   »l’ Ere du peuple » Allez y voir les chroniques québécoises .

« C’est une affaire sérieuse que de vouloir conquérir démocratiquement le pouvoir de son pays, renverser un régime institutionnel et mettre en mouvement une force aussi immense que celle du peuple français pour ouvrir une voie nouvelle dans l’Histoire. » JL Mélenchon 

Retrospective du « printemps érable » par JLM  ICI http://melenchon.fr/2016/04/22/depuis-le-printemps-erable/

Le Monde du Travail dans la rue le 31 mars 2016 contre l’abandon du principe préférentiel du contrat de travail à durée indéterminée

Nicolas Doisy, chief economist à Chevreux (Crédit Agricole), parait-il l’un des plus grands courtiers d’Europe, nous faisait  part en avril 2012  à un mois du scrutin présidentiel du plan de bataille des financiers. Ecoutez le ICI  VIA LE BLOG  Convergence des LUTTES

http://www.convergence-des-luttes.org/appel-du-31-mars-2016/

M Doisy, fin connaisseur des marchés, prédisait alors qu’ en cas de victoire,  Hollande allait s’en prendre au monde du travail sous la pression de la loi du marché, je traduis – celle des investisseurs et spéculateurs en tous genres . Il ajoutait que pour gagner  les élections Hollande devait affabuler sur le monde de la Finance : c’est avec un réel cynisme qu’il faisait allusion au discours du Bourget en janvier 2012 lorsque le futur président  présenta comme son adversaire le monde de la finance. Tout comme sa gesticulation pour la renégociation des traités européens tout cela relevait, selon lui, de la même posture, tout dans l’esbroufe face à la montée de JL Mélenchon. 

Force est de constater que notre économiste – instruit par les préceptes du milliardaire Warren Buffet pensait comme son maître  que les riches avaient déjà gagné la partie . C’est sans doute en partie vrai puisque  Hollande une fois au pouvoir s’est aligné sur leur règle du jeu : la loi du marché.

Aujourd’hui  en France , le projet de la loi El  khomri du nom du ministre du travail met fin au principe protecteur pour les salariés du contrat de travail à durée indéterminé  inadéquat avec le néoliberalisme sauvage proné par les libéraux de droite et les libéraux de gauche . Le monde de l’emploi s’est externalisé , libéralisé, mondialisé c’est la course aux bas salaires pour la multitude , les bonus et super profits pour les autres  . Le monde du  travail est dynamité par les affairistes . Il  appelle à la grève ce 31 mars 2016.

Pour revenir à l’interview de M Doisy, aux détours de ses explications, le journaliste l’interrogeait sur la nature de son contrat avec le  Crédit Agricole.

« Etes vous sous CDI ou sous CDD ? »

« Sous CDI bien évidemment «   répondit le professionnel de la finance dans un rictus d’autosatisfaction .

Salariés de tous les pays unissez vous !!!

Délibération municipale : Gaz de schiste

nimesvilleLe groupe Total , dont le permis d’exploitation des gaz de schiste sur la région obtenu en 2010 , est désormais autorisé à prospecter  notamment dans le Gard , après une abrogation par l’administration, puis une validation par la justice administrative ,  de ce permis dit de Montélimar . 

 Le 6 février 2016 le conseil municipal de Nîmes a voté une délibération exprimant le voeu dans un souci de protection du territoire et de sa population,  de voir le gouvernement mettre un terme  aux  démarches  tendant à l’extraction du gaz de schiste par cette société pétrolière . Le département  faisait de même une semaine plus tard , actant des résultats de la COP21 et de la volonté des Etats du monde entier de réduire la consommation des énergies fossiles.

La délibération nîmoise a recueillie la majorité des voix , sauf celles du Front National animé par le très jeune Yoann Gilletqui se croit manifestement au cirque dans son rôle d’opposant à l’establishment .

Pour preuve , lors du conseil d’agglomération en soirée du 8 février , M Gillet   faisait le grief au Président Lachaud ( centriste UDI ) qui dirigeait la séance, de vouloir précipiter les votes mis à l’ordre du jour sans lui laisser le temps de se prononcer , en lâchant cette boutade

 » je comprends , Monsieur le Président , que vous soyez pressé , vous ne voulez pas louper Marine Lepen qui s’exprime ce soir à la TV. «   Comique .

Plus sérieusement

Manif le 28 février à Barjac pour soutenir l’action  à visée écologique contre le gaz de schiste.

Le contexte macro économique actuel : l’extraction et l’exploitation des hydocarbures non conventionnels ( petrole et gaz de schiste ) sur leur territoire ont permis aux Nord américains de relancer leur économie  avec un investissement massif dans les technologies d’extraction et d’exploitation qui ont un prix , le prix de l’indépendance énergétique .   La chute du prix du pétrole  qui concerne les pays producteurs de pétrole conventionnel  ( augmentation de la production) a pour effet de ralentir la tendance vers le non conventionnel qui coute plus cher  et met en difficulté les investisseurs comme le groupe Total .

VOLSKWAGEN un géant de l’automobile, déloyal.

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Le consortium allemand à la tête du groupe Volskwagen , le groupe aux douzes marques qui voulait devenir premier constructeur mondial à la place de Toyota est obligé  de rabattre son caquet .  Obsédés par cet objectif  de compétivité les dirigeants du groupe auto allemand ont atteint cet objectif au cours du premier semestre 2015 . Paradoxalement Volkswagen ne souhaite plus continuer la course aujourd’hui , selon les déclarations de son nouveau patron Matthias Muller qui précise dans l’hebdomadaire allemand Wirtschaftswoche. « je ne considèrerai pas la taille seule comme une fin en soi. Que l’on soit numéro un, deux ou trois en volume, cela m’est égal ». 

CADTM : Eric TOUSSAINT nous parle de la dette

Sur le site du  » Comite pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde » vous pouvez prendre connaissance des travaux d’ Eric Toussaint

Presentation

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

Succés de la manif du 9 avril contre le projet de loi Macron

Le  parti de Gauche est vent debout contre la ligne économique définie par le Ministre de l’Economie Emmanuel Macron, issu du sérail financier et bancaire et soutenu par le gouvernement socialiste français qui a chaussé les pantoufles de l’ordo libéralisme allemand depuis le traité (EV:  1/12/2009) de Lisbonne ( Espagne) . Le socialiste François Hollande, élu en mai 2012 Président de la République  a accepté , malgré un affichage électoral contraire , d’être muselé par le pacte budgétaire européen entré en vigueur ( EV)  le 1 janvier 2013  . Aujourd’hui , Mme Merkel, son vis à vis allemand,   souhaite manifestement conserver l’avantage acquis de la période Shroeder sur les autres pays européens  grâce au  dumping social  pratiqué au cours de cette période ( 2000-2010) et asseoir son leadership par la contrainte du respect des traités internationaux ( Pacta sunt servanda) La France est en cours de rattrapage . Bravo M le Ministre !!!!

Manifestation du 9 avril contre la loi Macron… par lepartidegauche

Une autre route pour l’Europe

europeennes_2014C’est l’appel pour les élections européennes lancé par Euro-pen, un réseau européen d’économistes progressistes ( dont „Economistes atterrés„Econosphères ) qui invite les citoyens européens  à choisir des alternatives pour  l’Europe . A partir d’un état des lieux , Il propose 5 axes de changement radical dans la gestion des affaires européennes et des institutions qui en sont en charge. Cet appel est disponible EnglishFrenchGermanGreekItalian,PortugeseSpanishCatalan et Basque.

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Sommaire 

 

L’ état de l’Union  :  

<<  À la veille des élections européennes de mai 2014, l’Europe, victime de politiques d’austérité sans fin, connaît la stagnation économique, la montée des inégalités et un écart croissant entre les pays du centre et ceux de la périphérie. La démocratie s’est affaiblie au niveau national et n’a pas été développée au niveau européen. Le pouvoir s’est concentré entre les mains d’institutions technocratiques, qui n’ont pas de comptes à rendre aux peuples, et celles des États les plus forts. En même temps, des vagues de populisme déferlent en Europe, où de dangereux mouvements nationalistes se développent dans certains pays. Ce n’est pas l’Europe que l’on imaginait il y a quelques décennies comme un espace de paix et d’intégration économique et politique. Ce n’est pas l’Europe qui promettait des progrès économiques et sociaux, l’extension de la démocratie et des droits sociaux. Une rupture radicale est nécessaire. Les élections européennes de mai 2014 sont une occasion importante de rejeter l’impasse néolibérale de l’Europe comme les tentations populistes et d’affirmer qu’une autre route pour l’Europe est possible.

Le Réseau européen d’économistes progressistes (Euro-pen), qui réunit des économistes et des groupes de la société civile, appelle les citoyens européens et les forces politiques et sociales à engager un débat à l’échelle de l’Europe entière sur les alternatives possibles. Nous proposons cinq axes de rupture des politiques européennes. Ces idées devraient être au centre de la campagne électorale, ainsi que des activités du nouveau Parlement européen et de la nouvelle Commission.

 1. En finir avec l’austérité

Les politiques budgétaires restrictives de l’UE, le Pacte de stabilité et de croissance comme le Traité budgétaire doivent être abandonnés. Les règles budgétaires doivent être remises en cause et l’objectif d’équilibre structurel pour les soldes publics doit être remplacé par une stratégie économique coordonnée qui permette aux États membres de conduire la politique budgétaire nécessaire pour sortir de la crise. Sans une forte stimulation de la demande, il n’y a aucune issue à la stagnation actuelle. Des investissements publics pour une transition écologique devraient jouer un rôle majeur, financés au niveau européen par un grand programme de prêts de la Banque européenne d’investissement. Un plan européen d’investissements publics est nécessaire pour revivifier des activités économiques, qui s’inscrivent dans la transition écologique et fournissent des emplois de qualité. Ces actions devraient être au cœur d’une nouvelle politique industrielle pour l’Europe, orientée vers un objectif de long terme : une transformation sociale et écologique de notre modèle économique, avec une forte réduction de la consommation d’énergie non renouvelable.

 2. Contrôler la finance

Face à la déflation et au cercle vicieux des politiques restrictives, de la dépression et de concurrence par la baisse des salaires, la politique monétaire de la zone euro doit changer radicalement, pour permettre à l’inflation de revenir à au moins 2 %. La Banque centrale européenne doit fournir des liquidités pour des politiques expansionnistes et doit agir comme prêteur en dernier ressort pour les dettes publiques. Le problème des dettes publiques doit être résolu par une responsabilité commune de la zone euro et par la restructuration des dettes. Des euro-obligations devraient être introduites non seulement pour financer les dettes publiques, mais aussi pour financer la conversion écologique de l’économie européenne. Une réduction radicale de la taille du secteur financier est nécessaire, via une taxe sur les transactions financières, l’élimination de la finance spéculative et le contrôle des mouvements de capitaux. Les règles de la nouvelle Union bancaire, telles qu’elles sont prévues, ne s’attaquent ni aux défauts fondamentaux ni à l’instabilité du système financier ; des règles plus strictes devraient interdire les activités financières les plus spéculatives et les plus risquées ; il faut introduire une séparation stricte entre banques commerciales et banques d’investissement. Les centres financiers offshore et les paradis fiscaux de l’Union européenne doivent être éliminés grâce à une harmonisation fiscale poussée et une régulation financière plus stricte.

3. Développer l’emploi, réduire les divergences économiques

Le taux de chômage dans l’Union européenne a atteint un niveau record. C’est une source de faiblesse économique et de désintégration sociale ; la création d’emplois nouveaux dans des activités économiques socialement et écologiquement durables doit devenir une priorité politique majeure. Au sein de la zone euro, les déséquilibres extérieurs doivent être réduits en obligeant les pays excédentaires à s’ajuster eux aussi. La pression pour réduire les salaires et les droits des travailleurs doit s’arrêter ; la compétitivité ne devrait pas reposer sur de bas salaires, mais sur des investissements et des productivités plus élevées. Un salaire minimum au niveau européen – ajusté pour chaque pays selon son PIB par habitant – devrait être introduit.

 4. Réduire les inégalités

Les inégalités ont atteint des niveaux record dans les pays développés, ce qui empêche un retour à une croissance équitable. Le modèle social européen devrait être défendu et développé par des politiques de redistribution, de protection sociale et d’assistance fondées sur la solidarité à l’échelle européenne. Afin de réduire les inégalités et de défendre l’État-providence, des changements profonds des systèmes fiscaux sont nécessaires, avec une harmonisation fiscale en Europe, pour empêcher les grandes entreprises d’échapper à l’imposition des bénéfices, et un transfert de la taxation assise sur le travail à celle assise sur la richesse et les ressources non renouvelables.

 5. Développer la démocratie

Les décisions de politique économique doivent être soumises à un choix démocratique. Nous devons empêcher les banquiers, les technocrates et les lobbies financiers ou industriels de déterminer les décisions qui nous concernent tous. La démocratie devrait être étendue, avec un plus grand contrôle des parlements et la participation des citoyens au niveau national et européen. En réponse à la crise, la portée de l’action publique devrait être étendue dans des activités économiques, comme le secteur financier et bancaire, le renouveau productif et les services publics. Les négociations en cours sur le Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP ou TAFTA) envisagent une réduction majeure du domaine des choix démocratiques, des marges d’action et des réglementations publiques ; stopper ces négociations devrait être une priorité politique majeure du nouveau parlement. Nous appelons les citoyens européens à soutenir cette vision d’une autre route pour l’Europe et à voter pour des candidats et des forces politiques qui s’engageront à la défendre. L’émergence d’une coalition progressiste dans le nouveau parlement européen sera déterminante pour mettre fin aux politiques en faillite, conduites par la « grande coalition » entre le centre-droit et le centre-gauche qui gouverne la plus grande partie de l’Europe. L’Europe ne peut survivre que si elle prend une autre route. L’Europe doit signifier la justice sociale, la responsabilité environnementale, la démocratie et la paix. Cette autre Europe est possible ; le choix est entre nos mains. Réseau européen d’économistes progressistes (Euro-pen) Les organisations membres sont :

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La ligne de rupture recommandée par Euro-pen est celle du Parti de Gauche  dont l’objectif de refonder l’Europe relève d’un futur souhaitable et réalisable.