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Naoto Kan, Premier Ministre japonais lors de la catasptrophe de Fukushima, nous parle

Les technocrates de tous poils, si vous les écoutez, vous bassinent de  leur conviction profonde qui est la suivante .Face à l’adversité, faites confiance en la technologie et aux progrès technologiques, ainsi qu’au  modèle de croissance qui est le nôtre( celui des sociétés développées) A propos de la question nucléaire, que n’a-t-on pas entendu cet anesthésiant de la pensée critique qui consiste à s’en remettre à ceux qui savent .

Eh bien soit  . Commençons alors par écouter ces hommes d’Etat, ces dirigeants qui ont du affronter sur leur sol  la situation d’urgence liée à une catastrophe nucléaire et le poids des décisions pour les  populations placées sous leur sauvegarde. Ils ne sont pas nombreux . Mélenchon a raison de rappeler que » deux hommes savent de quoi il s’agit (…). Mikhaïl Gorbatchev et Naoto Kan ».

Le premier était le président de l’Union Soviétique lors de la catastrophe de Tchernobyl , classé niveau 7 survenu le 26 avril 1986 en Ukraine. Certains historiens ne sont pas loin de penser  que cet accident nucléaire a compté dans le processus de démantèlement de l’Empire soviétique, tout comme dans l’expérience du pouvoir du Président Gorbatchev, soupçonné d’en avoir été le fossoyeur.

Le second était premier ministre du Japon lors de la catastrophe de Fukushima (11mars 2011), un accident nucléaire classé niveau 7 le plus élevé, combiné avec un tremblement de terre et un tsunami. Né en 1946 cet homme, physicien de formation et homme d’Etat de premier rang, issu du Parti Démocrate Japonais, a grandi au sein d’un pays dont la Nation a été la première et la seule marquée par le  feu nucléaire avec les bombardements de Hiroshima et Nagasaki  mettant fin au conflit armé avec les Etats Unis lors de la seconde guerre mondiale. Dans le règlement du conflit les japonais ont été interdits d’arme nucléaire , ils ont pu cependant développer sur leur territoire une industrie nucléaire de pointe dans la croyance qu’ils pouvaient en maitriser les dangers grâce à l’excellence de leur technologie et de leur appareil scientifique . C’est ce que croyait le premier ministre Naoto Kan  avant Fukushima. Il quitte ses fonctions le 26 août 2011 en se positionnant déjà  en faveur de la sortie totale du nucléaire. Son jugement est catégorique : l’homme ne maîtrise pas l’atome. Il s’élève contre la pensée dominante qui veut imposer l’image d’une société technologique à l’abri de toute  catastrophe nucléaire. En Europe , il a pu constater avec satisfaction que l’Allemagne d’Angela Merkel avait pris position, après Fukushima, contre l’industrie nucléaire.

2 mars 2018 Tokyo : Vidéo de l’ audition de Naoto Kan

13 mars 2018 conférence de presse à L’Assemblée Nationale invité par le groupe FI

Le 13 mars 2018, Invité par  le groupe parlementaire « La France insoumise » dans les locaux du Palais Bourbon, Naoto Kan Premier ministre japonais au moment de la catastrophe de Fukushima a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il est venu témoigner de son expérience  à propos de l’accident nucléaire de Fukushima, qui a eu lieu sous son gouvernement, il en a explicité le déroulé et ses conséquences. Il a abordé aussi la question des énergies renouvelables et du mix énergétique. Il a fait part de ses craintes et de ses espoirs à travers le combat qu’il mène en faveur de l’abandon de l’énergie nucléaire dans le domaine militaire comme dans le domaine civil., les deux exploitations étant intimement liées .

https://youtu.be/8zkTj2Ut0To

  16 mars 2018 Billet de JL Mélenchon à propos du déjeuner de reception avec Naoto Kan

« J’ai déjeuné avec monsieur Naoto Kan, le Premier ministre du Japon au moment de l’accident de Fukushima. Mathilde Panot, députée insoumise du Val-de-Marne et animatrice de la campagne de « votation pour la sortie du nucléaire », nous avait réunis autour de cette table. Il y avait, avec les accompagnateurs du Premier ministre japonais et deux de mes collègues députés, Loïc Prudhomme, et Bénédicte Taurine insoumis de Gironde et de l’Ariège. Tout ce qui compte sur le sujet s’est dit dans la conférence de presse du groupe insoumis à l’assemblée et je me fais un devoir de vous donner le lien pour y revenir si vous souhaitez aller plus avant dans la compréhension de l’accident de Fukushima.(..)

Mais Naoto Kan avait eu son effet. Je le scrutais pendant la conversation. Je le scrutais du regard tant que je pouvais pour vaincre ce foutu barrage de la langue et des cultures mimétiques pour deviner quelque chose du personnage et apprendre, passionnément. Car deux hommes savent de quoi il s’agit et seulement deux sur cette planète. Lui, et Mikhaïl Gorbatchev. Eux seuls deux ont eu sur les épaules le poids d’une telle situation quand il faut décider. Tout seul. Au milieu de gens qui s’affolent, d’experts qui ne sont pas d’accord, de gens qui mentent et d’autres qui cachent les informations. Seul avec des milliers de gens qui fuient et obstruent les routes, des directeurs qui refusent d’obéir et ouvrent leur parapluie personnel. Seul pour évaluer le rayon d’évacuation des populations sachant qu’à mesure que la catastrophe avançait, il s’élargissait de 30 à 50 puis 150 et 250 kilomètres jusqu’à inclure Tokyo. Des millions de gens à faire partir. Mais pour aller où et pour combien de temps ?

Au Japon, tout le monde pensait qu’un tel accident était impossible. C’est un miracle qu’il n’ait pas été deux fois pire quand on connaît le détail de l’histoire. Rien n’était donc sérieusement prévu car de toute façon on pensait que les exercices traditionnels d’évacuations anti-sismiques suffiraient à maitriser la population et ses réactions. Tout planta. Depuis le groupe électrogène amené sur place pour relancer le refroidissement qu’il était impossible de brancher sur la pompe ad hoc, jusqu’à l’évaluation sur l’état de fusion du cœur nucléaire et le risque de fusion sur le toit de la centrale avec les barres de carburant stockés dans une piscine qui n’était plus refroidie. Tout était planté car aucun plan traditionnel n’envisageait un rayon de 30 kilomètres d’évacuation de la population.(…)

Mais le 11 mars 2011, se déclenchait au large des côtes japonaises un séisme d’une magnitude exceptionnelle. Plusieurs heures après, un tsunami atteignait les côtes nippones. La vague atteignait par endroit 30 mètres de haut ! Le tsunami a coupé l’alimentation électrique du système de refroidissement des réacteurs. Il a aussi mis hors d’état de marche les groupes électrogènes de secours. Dès lors, les réacteurs n’étaient plus refroidis. Le combustible à l’intérieur de deux réacteurs est alors entré en fusion. L’augmentation de la température fit exploser du toit du réacteur et une bonne partie de l’enceinte de confinement. A partir de là se dégagèrent des fuites radioactives massives dans l’atmosphère. Dans l’urgence, et ne sachant que faire, il fut décidé de refroidir les réacteurs en fusion avec de l’eau de mer. Tout empira. Car il se trouve que le circuit ad hoc mis en place pour cette manœuvre souffrait de nombreuses fuites. Ainsi, de l’eau contaminée s’est largement répandue dans l’océan et les sous-sols. En avril 2011, les rejets d’eau contaminée furent 20 000 fois supérieur à la limite normalement autorisée annuellement. Aux dernières nouvelles, la solution pour éviter qu’une partie de l’eau contaminée ne s’infiltre dans les sous-sols et finisse dans l’océan pacifique n’a toujours pas été trouvée.

Le gouvernement japonais considère que 30 000 km2 ont été contaminés. Soit 8% de la surface totale de l’archipel japonais. Malgré cela, certaines zones rouvrent à la population qui souhaite y revenir. Greenpeace a récemment mesuré la radioactivité dans ces villes. Les niveaux de radiations y atteignent parfois 100 fois le niveau préconisé par la commission internationale de protection radiologique (CIPR). Les scientifiques de l’ONG considèrent qu’on n’y retrouvera pas un niveau de radiation normal avant les années 2050. Quant à la zone la plus proche de la centrale, toujours interdite, cela ne se produira pas avant le siècle prochain.

Les conséquences sur la santé humaine de tels niveaux de radioactivité sont aussi diverses que durables. Elles sont pour l’instant impossible à quantifier. Les cancers déclenchés par la radioactivité libérée au moment de l’accident peuvent se manifester jusqu’à soixante ans plus tard. Quoi qu’il en soit, le taux de mortalité des personnes âgées a été multiplié par 3 l’année suivant l’accident. Une augmentation du taux de mortalité infantile et d’anomalies de la thyroïde sur les nouveaux nés a été constatée jusqu’en Californie. La contamination océanique fut la plus importante jamais constatée. Avec les conséquences que l’on imagine sur les produits de la pêche.

À cette heure, la question même de la centrale de Fukushima n’est pas réglée. D’abord, personne ne sait que faire des 400 000 tonnes d’eau de mer utilisées pour refroidir continuellement les réacteurs jusqu’à ce jour et qui sont pour l’instant entreposés dans des cuves. Ou plutôt si : faute d’autre solution, le gouvernement japonais envisagerait de déverser cette eau dans l’océan pacifique. De même des 250 tonnes de combustibles nucléaires fondus dans les cuves. Pour le moment, les Japonais n’ont même pas réussi à localiser précisément ce magma. Il est pratiquement impossible d’introduire un robot ou une machine dans la cuve et de l’en faire sortir tant la radioactivité y est forte. Ainsi, il n’est pas possible de dire quand finiront les travaux de démantèlement de la centrale.

Je scrutais Naoto Kan assis en face de moi à table. J’essayais de m’imprégner de ce que cet homme contient en lui, qui lui a permis de tenir bon dans une telle épreuve. Aucun officiel français ne l’a jamais rencontré ni interrogé, aucun institut de recherche en sciences politiques, aucun ministre, président. Rien. Personne dans le pays le plus nucléarisé du monde ne s’est intéressé à ce que sa personne peut nous apprendre. Le type des basses besognes à l’Élysée qui passe son temps à s’occuper de nous n’a pas pensé une seconde à lui faire rencontrer Macron au moment où celui-ci doit prendre la décision du grand carénage pour relancer les vieilles centrales. Même juste pour aider cet homme, je parle de Macron, à se préparer au cas où il lui faudrait affronter quelque chose de cet ordre. La radio du pouvoir, France inter, s’est contenté d’un reportage minimaliste dans la ligne pseudo sarcastique du style fin de banquet pour ironiser sur le fait que Naoto Kan est devenu anti-nucléaire après avoir été très pronucléaire.(…) »

Autres documentaires videos

  2,3,4 novembre 2017 message adressé par Naoto Kan au Forum Social International anti nucléaire à Paris

Janvier 2015 interview mené par Hervé Kempt   à consulter imperativement. https://www.youtube.com/watch?v=Oii6OkVBLcQ et https://youtu.be/Pa0z5HTNlho

 31 mars 2011 Visite et discours de N Sarkosy à la Nation japonaise comme Président de la République Française et Président du G20 et G8 . « La France a fait le choix de l’énergie nucléaire  » comprendre la sortie du nucléaire n’est pas à l’ordre du jour et Naoto Kan sait à quoi s’en tenir avec la France dont les lobbies pro nucléaires sont en première ligne .C’était en 2011….

Le Cirque du glyphosate

glyphosate

Le glyphosate est l’ ingrédient actif de l’herbicide  le plus utilisé dans le monde sous le nom de  » Roundup ». Il a été commercialisé dès 1974 par l’entreprise américaine Monsanto spécialisée dans le secteur de la chimie agricole puis à partir des années 80 dans celui des biotechnologies agricoles . Depuis le brevet de cette molécule synthétique qui appartenait à la société Monsanto,  est passée dans le domaine public. En l’espace de 40ans, de 1974 à 2014, la production de désherbants à base de glyphosate est passée de 3 200 tonnes à 825 000 tonnes, et elle intéresse 130 pays et une centaine de sociétés. L’enjeu social (sanitaire et environnemental), économique, et financier lié à la commercialisation du produit est énorme à l’échelon planétaire . En France  métropolitaine aussi, la consommation de l’herbicide y a atteint le volume de 9 100 tonnes en 2016 ( source INRA) La question de la toxicité du produit devient alors capitale et se pose aux scientifiques comme aux politiques chaque fois qu’il convient d’homologuer le produit en vue de son utilisation par les industriels comme la Société Monsanto.

L’histoire de cette entreprise agrochimique est assez « sulfureuse « . Indépendamment des différents scandales  sanitaires auxquels elle s’est trouvée impliquée depuis son origine  ( (exemple:1.3 L’utilisation de l’agent orange pendant la guerre du Viêt Nam ), on notera qu’en mars 2017  les « Monsanto papers » du nom de ces milliers de documents confidentiels rendus publics à la faveur de procédures judiciaires intentées contre l’entreprise aux Etats-Unis par des agriculteurs ayant été exposés aux produits toxiques ,  seraient , selon une enquête faite par le  journal Le Monde ( art du 28/11/2017) , de nature à  » livrer le récit de décennies de manipulation de la science pour garantir le maintien du glyphosate sur le marché » et à rendre crédible  une véritable stratégie d’influence déployée par l’entreprise Monsanto pour défendre son désherbant best-seller, le « Roundup » à base de glyphosate.

La saga européenne du glyphosate dure depuis prés de deux ans , en tout cas depuis qu’il est question de renouveler la licence attachée à l’utilisation du glyphosate  par les acteurs économiques comme Monsanto, licence qui devait expirer le 15 décembre.  La confusion  est née avec des expertises discordantes sur la dangerosité du produit , des études qui permettent de faire dire qu’il est nocif , ou qu’il ne l’est pas.  Elle s’est accompagnée d’une cacophonie politique tout aussi certaine que la science était incertaine .La France était favorable au retrait du marché et l’Allemagne s’était abstenue jusqu’ici .
Après une bataille entre les pro et anti glyphosate, après une Initiative Citoyenne Européenne( ICE)  ayant recueilli fin juin  2017   plus d’un million de signatures pour la  sortie du glyphosate, après la résolution du Parlement européen , prise le 24 octobre 2017, et visant à l’élimination progressive du glyphosate dans l’Union européenne d’ici cinq ans ,
le 27 novembre 2017,un revirement  de l’Allemagne permettait de faire adopter, à une majorité qualifiée( (55 % des États représentant 65 % de la population) par les 28 Etats membre réunis en comité ad hoc ,  la proposition  de la  Commission européenne tendant à  ré-autoriser pour 5 ans l’utilisation du glyphosate ( et non pas 10 ans  ou 15 comme il avait été envisagé à l’origine)
Contrairement à l’Allemagne, La France a voté contre la ré-autorisation pendant 5 ans marquant ainsi sa préférence pour une sortie du glyphosate dans un délai de 3 ans, proposition soutenue par l’Elysée et le ministre de la transition écologique N Hulot. La sortie du glyphosate par la France au bout de 3 ans serait juridiquement possible , d’ailleurs il est déjà interdit dans les espaces publics depuis 2017 et le sera pour les particuliers en janvier 2019. C’est une autre histoire d’appliquer l’interdiction dans l’ensemble du secteur agricole et c’est là que la bât blesse. Pourquoi ?
 Parce que l’emploi généralisé du glyphosate dans notre pays fait effet de système. Son retrait du marché rend nécessaires  des changements profonds dans les pratiques agricoles. De plus envisagé de façon unilatérale, le retrait  causerait des distorsions concurrentielles sur le marché  contraire aux intérêts du secteur agricole français : selon un rapport de l‘INRA ( Institut national de la Recherche Agronomique ) saisi le 2 novembre 2017 du sujet , les alternatives au glyphosate existent mais il n’y aurait pas de solution miracle, précisent les experts. La FNSEA ( la Fédération Nationale des Syndicats des Exploitants Agricoles) est opposée à une interdiction du glyphosate en l’absence  « d’alternative viable ». Chez les agriculteurs, on ne veut pas d’une opération qui se solderait  par une baisse du niveau de revenu,  le maintien du niveau de rendement ou le cumul des deux ( voir LM du 6 décembre 2017) .( voir également https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate) En définitive, on ne sait toujours pas aujourd’hui si le principe de l’interdiction est acquis au plan européen ( on préfère parler de renouvellement de licence) de sorte qu’un retrait anticipé des français, non coordonné avec les autres Etats membres de l’UE,  serait aventureux. On attend donc les mesures d’adaptation du gouvernement français au retrait  programmé…à 3 ans (au lieu de 5 ans) par E Macron.

Le glyphosate est connu pour être  un herbicide d’une efficacité redoutable sur le couvert végétal des terres mais on sait aussi qu’il dégrade la qualité du sol, de l’eau, et peut s’inscrire dans la chaine alimentaire avec des effets nuisibles pour la santé de l’homme. Il est classé comme perturbateur endocrinien et soupçonné d’être cancérogène. L’évaluation de sa toxicité revêt donc une importance de premier plan . La société civile internationale  s’est mobilisée , notamment autour d’un procès symbolique tenu à La Haye en 2016 par le Tribunal International Monsanto . Marie Monique Robin qui enquête depuis prés de 10 ans sur  » le monde selon Monsanto » en rend compte dans un documentaire avec la participation de Arte sous l’intitulé « Le Roundup  face à ses juges » ( URGENT à voir l’émission est en accés libre jusqu’au 16 decembre2017)

Il faut rappeler qu’en France  la lutte contre le cancer est une cause nationale depuis de nombreuses années. C’est grâce à une initiative française que le Centre International de Recherche sur le Cancer, le CIRC a été crée en 1965 , sous l’égide  de lOMS et de l’ONU.

Or c’est cet organisme international , le CIRC,  qui a classé le glyphosate comme produit » cancérogène problable » en mars 2015 en répondant à la question de la toxicité du produit . Après une quarantaine d’années d’exploitation de plus en plus intensive , il était grand temps d’envoyer un message d’alerte concernant le danger du glyphosate pour la santé humaine . Que fait l’Union Européenne « qui protège » ? Elle aligne sa position  sur ses propres expertises. Trés bien sauf que  ni l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ni l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) ne partagent l’avis du CIRC . Pour ces agences européennes spécialisées l’effet cancérogène du glyphosate est  improbable. Comment expliquer une telle discordance ? On est en droit de s’interroger sur les processus d’expertise en cours .

On observe d’une part que des  études épidémiologiques sur les populations le plus exposées ont pu être réalisées , cependant elles sont tout aussi délicates à mener dans le court terme, qu’elles sont couteuses dans le long terme. De telles études, pourtant indispensables scientifiquement, supposent «  ‘de pouvoir compter les malades et les morts et les attribuer sans équivoque au produit «  , comme le souligne pertinemment Stéphane FOUCART, dans une chronique Planète publiée dans LM du 3/4 décembre 2017. Le glyphosate ne serait pas forcément le produit phytosanitaire le plus toxique parmi ceux mis sur le marché ayant un caractère dangereux pour la santé de l’homme.

D’autre part on découvre que l’avis favorable au renouvellement de l’homologation du glyphosate établi par l‘ Efsa et ayant servi à la décision du 27 novembre 2017 des instances européennes de ré-autoriser l’utilisation du glyphosate pour une période de 5 ans à compter du 15 decembre 2017, comportait le copier-coller d’une centaine de pages extraites du dossier d’homologation de l’entreprise Monsanto et tendant à démontrer que le glyphosate n’est ni géno-toxique, , ni repro-toxique, ni cancérogène. Plusieurs ONG , dont « Générations futures » en France sont prêtent à saisir le juge européen pour infraction à la réglementation européenne ( Règlement (CE) n o  1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil ) qui tend à garantir une « évaluation indépendante, objective et transparente » des demandes formulées par les industriels .

En  France, l’Office parlementaire  d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst, organisme bicaméral créé en 1983, a été saisi  par la commission des affaires européennes et le commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, des éventuelles turpitudes des agences spécialisées européennes. Au cours de son audience du 9 novembre 2017, il a désigné comme chef de mission le mathématicien prix nobel et député LRM  Cédric Villani , lequel fait partie du Conseil scientifique de l’Union Européenne  installé récemment auprès du Jean Claude Junker, Président de la Commission Européenne.

M Villani devait déclarer en séance:« En effet, l’analyse scientifique est difficile(…)Aujourd’hui, les scientifiques se demandent si certains effets nocifs observés sur le terrain sont dus au glyphosate lui même, à une combinaison de substances ou à des variantes de glyphosate. Il nous revient d’expliquer comment des méthodologies différentes aboutissent à des résultats différents « Il n’écarte pas non plus la possibilité d’une « éventuelle manipulation » , les Monsanto papers ayant démontré que « l’entreprise payait des lobbyistes pour influencer les résultats des études  » C’est pourquoi se pose selon lui, « la question de l’évaluation du travail des agences (européennes) qui ont mené les etudes(…)la question de fond c’est la confiance publique dans les institutions »

Il va bien falloir que le groupe de travail mené par M Villani s’interroge sur le manque supposé d »indépendance et d’objectivité de ces structures expertales européennes, voire sur l’éthique des chercheurs sans paraître vouloir faire un procès d’intention à l’UE et à ses modalités de fonctionnement. Nous sommes impatients de voir le résultat de la démarche de notre Parlement , en rappelant le mot de Clémenceau  » Si vous voulez faire quelque chose , faites le , sinon créez une commission »

En attendant et pour conclure, la saga européenne est loin d’être terminée sur la question du Glyphosate. C’est évidemment une question de confiance publique qui revêt un caractère emblématique et engage la crédibilité de l’UE  » qui protège ». L’ « affaire « du Glyphosate fait se confronter les logiques agricoles industrielles et celles attachées à la préservation de l’environnement naturel de l’homme et à la protection de sa santé, la logique capitaliste du marché et la logique écologiste. C’est aussi un enjeu de santé publique qui requiert la plus grande transparence dans le processus décisionnel , et le droit , pour les agriculteurs comme pour les consommateurs, à un diagnostic sans ambiguïtés sur la toxicité du Glyphosate ou tout produit  herbicide, pesticide  à base de Glyphosate.

Le glyphosate est-il oui ou non dangereux pour l’homme et que dit la science sur ce danger? En cas de réponse affirmative , tout doit être mis en oeuvre pour stopper sa commercialisation . 40 ans se sont écoulés depuis la première utilisation de cette molécule synthétique brevetée par la société américaine Monsanto, 40 ans de mise en  » danger » potentiel des utilisateurs de désherbants chimiques sur les champs de céréales ou ailleurs , 40 ans que l’entreprise Monsanto joue de son influence pour s’opposer à l’interdiction du glyphosate et retarder  son  retrait du marché.

Il est temps de dire STOP : la question du Glyphosate met en lumière non seulement des enjeux scientifiques auxquels sont peu préparés les citoyens , mais aussi des enjeux de démocratie et de réappropriation des enjeux économiques lorsqu’ils obéissent à des forces mortifères.

 

ETNA mars 2017 : eruption du plus haut volcan d’Europe toujours en activité


Après plus d’un an de calme, l’Etna entre en… par LEXPRESS

« Sa notoriété, son importance scientifique et ses valeurs culturelles et pédagogiques sont d’importance mondiale ». L’Unesco a inscrit ce vendredi au patrimoine mondial le volcan italien Etna, l’un des « plus emblématiques et des plus actifs du monde ». Le mont Etna, qui culmine à 3300 mètres dans l’est de la Sicile, est le plus important volcan en activité en Europe, avec une activité connue depuis au moins 2700 ans, « ce qui en fait l’une des histoires documentées du volcanisme les plus longues du monde », selon l’agence des Nations unies.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/24henimage/l-etna-classe-pour-l-eternite_1259700.html#tDseDcx6tpFtp65D.99

CADTM : Eric TOUSSAINT nous parle de la dette

Sur le site du  » Comite pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde » vous pouvez prendre connaissance des travaux d’ Eric Toussaint

Presentation

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

La fonte des glaces au pole sud, sur le continent antarctique, inquiète les américains

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Les Etats Unis, plutôt peu réceptifs  aux préoccupations écologiques, actent   dans leur pays les effets du réchauffement climatique : vagues de chaleur, inondations et ouragans plus fréquents dans les régions du Nord-Est, sécheresses et pénuries d’eau dans le Sud-Est, baisse des rendements agricoles dans les Grandes Plaines, fonte des glaciers dans l’Alaska, côtes rongées par la montée du niveau de la mer en Louisiane et en Floride, etc. Ces phénomènes vont  s’accentuer selon  l’Evaluation climatique nationale  réalisée   par les scientifiques américains qui  ont remis leurs conclusions  au Président des Etats Unis le 6 mai 2014 . Le diagnostic inquiétant fait dire à  Barack Obama « qu’il est urgent  d’agir contre le changement climatique « 
D’autres études scientifiques dont les observations réalisées par la NASA  ont mis en évidence le recul des glaciers et l’acccéleration  de l’écoulement des eaux : les chercheurs américains pronostiquent , à  l’appui de leur évaluations, une montée du niveau des océans susceptibles de nuire aux populations exposées .
Les projections du GIEC  ( groupe intergouvernemental  sur l’evolution du climat , instance onusienne ), vont dans le même sens, selon les  derniers   rapports (septembre 2013 à avril 2014)

Alain Caillé : Utilitarisme, don et politique

alain cailléAlain Caillé, sociologue français né en 1944, dirige la Revue du M.A.U.S.S ( Mouvement antiutilitariste  dans les sciences sociales ) depuis sa création dans les années 1980 . Inspirateur du philosophe Jean-Claude Michéa, il est l’un des chefs de file importants de la critique de l’économie contemporaine.

Ses ouvrages récents :(1) Pour un manifeste du convivialisme, 2014 Le Bord de l’eau, 120 p., 14,80 €.(2) Don, intérêt et désintéressement : Bourdieu, Mauss, Platon et quelques autres, Le Bord de l’eau, 220 p., 16,50 €.

Interviewé par Bertrand Rothé , journaliste de Marianne, Alain CAILLÉ concéde avoir beaucoup progressé sur la question de l’utilitarisme. Sa théorie du don y a une place particulière Il défend une conception humaniste du don ,  » un don qui ne soit ni du coté du calcul généralisé , ni du coté du sacrifice  »  .  Dans la continuité de la pensée de Marcel Mauss ( 1872-1950) considéré comme le père de l’anthropologie française , comme un savant et un politique à la fois, proche collaborateur de Jean Jaures,   A Caillé  fait du don une affaire politique qu’il ramène à l’humain d’abord .

 

Une galaxie en 3D

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 © AFP PHOTO/A-CNES-ARIANESPACE

19 DÉCEMBRE 2013: Le lanceur Soyouz décolle de Sinnamary en Guyane et met sur orbite le télescope spatial de l’Agence spatiale européenne (ESA) -Gaia-, bijou technologique qui doit effectuer une cartographie de la galaxie en trois dimensions, ainsi que localiser et caractériser plus d’un milliard d’étoiles.  Bravo . La connaissance est notre vraie richesse.

 Compte rendu sur  VOILA ACTU http://actu.voila.fr/actualites/sciences/2013/12/19/le-telescope-spatial-europeen-gaia-se-lance-dans-la-chasse-aux-etoiles_16905353.html

 <<< « Nous sommes à l’aube de révolutionner notre compréhension de l’histoire de la Voie lactée », a lancé le Pdg d’Arianespace, Stéphane Israël, pour saluer ce lancement, débuté deux minutes seulement après le lever du soleil sur la jungle guyanaise.

Haut comme un immeuble de douze étages, le lanceur Soyouz, qui compte plus de 1.800 tirs à son actif, s’est élancé comme prévu à 09H12 GMT (06H12 heure de Guyane, 10h12 heure de Paris).Une heure plus tard, en une dernière révérence aux Terriens, Gaia a déployé sa « jupe » de dix mètres de diamètre, constituée d’un côté des panneaux solaires destinés à l’alimenter en énergie et de l’autre d’un parasol mettant à l’abri ses instruments ultra-sensibles de l’éclat du Soleil.

« L’arpenteur de la galaxie », dont la mission est de réaliser un atlas en 3D de la Voie lactée, est désormais en route vers son poste d’observation privilégié, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre.Il faudra environ un mois au télescope spatial pour atteindre ce « point de Lagrange 2″, qui suit notre planète dans sa révolution autour du Soleil et offre un panorama unique sur l’horizon de l’Univers, à l’abri des parasites de la Terre et de la Lune. Cette mission de l’Agence spatiale européenne (ESA) doit durer au moins cinq ans pendant lesquels le satellite localisera un milliard d’étoiles, chacune étant observée environ 70 fois. Plus de 99% d’entre elles n’ont jamais eu leur distance mesurée avec précision. « Gaia est l’aboutissement de neuf années de travaux intensifs qui vont permettre une avancée exceptionnelle pour la compréhension de notre univers, de son histoire et de ses lois. Cette mission prolonge celle d’Hipparcos », satellite consacré à l’astrométrie lancé en 1989 par l’ESA, a souligné Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, l’agence spatiale française.

  »Archéologie galactique »: Gaia reprend ainsi la tradition européenne de cartographie des étoiles, héritage de l’astronome grec Hipparque, qui le premier mesura à l’oeil nu la position d’un millier d’étoiles. Plus de 2.000 ans après lui, Hipparcos a déjà fourni les coordonnées célestes de quelque 120.000 étoiles, un atlas qui fait encore référence aujourd’hui.(…)

Gaia permettra aussi aux astrophysiciens de faire « de l’archéologie galactique » en reconstituant l’évolution de notre galaxie Le satellite doit déterminer la position et le mouvement des étoiles, mais également leur distance, le paramètre le plus difficile à obtenir. La plus proche est à une distance de près de 40 milliards de kilomètres…Gaia, avec ses deux télescopes en carbure de silicium, sera cent fois plus précis qu’Hipparcos. Il pourra « voir » des étoiles dont l’éclat est 400.000 fois plus faible que celles visibles à l’oeil nu. Pour préserver toute la précision des mesures de Gaia, le satellite sera surveillé en continu depuis le sol par un réseau de télescopes, de sorte qu’on connaîtra sa position à 100 mètres près. Avec plus d’un pétaoctet de données à récolter, soit la capacité de 250.000 DVD, « le traitement quotidien est probablement le défi le plus important », a estimé François Mignard. Six centres, dont le centre de traitement des données du Centre spatial de Toulouse, décortiqueront ce flux continu de données, inutilisables à l’état brut et qu’il faudra rendre intelligibles. Pour relever ce défi, le CNES, qui effectuera 35 à 40% de ce traitement, s’est doté d’une puissance de calcul de 6.000 milliards d’opérations par seconde.>>>

Contribution d’un physicien nucléaire au débat sur la transition énergétique: le concept « énergie »

KLEIN ETIENNE

Il  est nécessaire que les savants nous instruisent, sans que soit  reportée sur eux une  prise de décision  de nature politique dans une sorte de chassé croisé  hypocrite et confus.

De quoi l’énergie est-elle le nom ? S’interroge Etienne Klein , en tant que physicien nucléaire au CEA ( Commissariat à l’energie atomique ) lors d’une conférence donnée le 18/12/2012 intégrée çi dessous

Evidemment il n’ignore pas qu’au point de vue politique le débat va s’engager sur la transition énergétique . Faut-il parler de transition ou de  révolution ?

Je pense que  la transition énergétique doit devenir  le noyau d’un questionnement démocratique plus large , celui de la transition écologique de la  société notamment vers  le passage à un autre mode de développement et par conséquent un autre mode d’organisation  qui ne soit pas facteur de croissance des inégalités, qui ne heurte pas les principes de l’humanité première notamment celui de la responsabilité dans le respect de la dignité humaine . C’est « l’humain abord » . Dans un contexte d’évolution de notre société plus en plus déshumanisant, les constat ( crise de la finance, crise de croissance, crise du droit et de la démocratie, perte du lien social, débandade environnementale ) augurent mal de l’avenir . Il est donc vital de comprendre quels sont nos critères de choix , l’argent ou la science .

Dernier ouvrage de E Klein , préparée ou devancée par une autre conférence ( la vie  de Ettore Majorana et la nature des neutrinos)

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L'entreprise de la nouvelle ère

L’entreprise est une réalité humaine , qui entreprend sinon l’homme ? Sa finalité est économique, et personne ne contestera que l’entreprise est le noeud de relations complexes comme l’étude du vivant nous l’enseigne  C’est pourquoi il devient urgent, dans le contexte de crise économique que nous connaissons, de s’interroger sur la place de l’entreprise de demain  dans le nouveau mode de développement économique , le nouveau logiciel , le nouveau paradigme qu’il est devenu impératif d’inventer. Les sociétés occidentales dites riches ou prospères ont le devoir d’y répondre avant toutes les autres, celles qui ne sont pas sorties de la pauvreté, et autrement que par « faire toujours de la même chose » : c’est là la difficulté . C’est pourquoi ,   le débat ouvert sur le sujet avec deux experts en prospectives, comme le fait la journaliste Véronique Anger, rédactrice des Di@logues Stratégiques,  lors d’une émission diffusée le 11 octobre 2012 , était  intéressant à plus d’un titre .

D’un coté Joêl de Rosnay , 75 ans , docteur es sciences , spécialiste en informatique,  il est conseiller de la Présidence de la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette écrivain et essayste , auteur de plusieurs ouvrages le dernier intitulé  » Surfer la vie » ou comment sur -vivre dans la société fluide . ICI SON BLOG

De l’autre coté Philippe Dessertine 49 ans , docteur en gestion et finance , il est directeur de l’Institut de la Haute Finance ,auteur de plusieurs ouvrages dont  » La décompression  » ou des solutions aprés le Krach ( 2011): au cours d’une conférence à Bordeaux ICI il nous explique  la crise avec un talent certain de conteur . ICI SON BLOG permet de faire plus amplement connaissance

Tous deux partent des mêmes conclusions : nous vivons la fin d’un monde .Pour le premier c’est la fin du monde industriel et l’ouverture d’une nouvelle ère technologique , pour le second c’est la fin de la finance adossée à un modéle de développement et de croissance impossible à généraliser à l’échelon planétaire. Bien sûr , je vois la critique : ce sont deux bourgeois ensemble et leur élucubrations futuristes nous passent au dessus de la tête .  Il n’empêche qu’ils véhiculent avec eux, l’absolue nécessité de voir qu’un monde est en train de finir ( le même constat que nous faisons ) et de faire l’expérience d’une transformation salvatrice pour l’humanité ( la même aventure que nous souhaitons), et il y a comme un air de famille avec la vision aujourd’hui et maintenant qu’entretient le Front de Gauche  dans l’action politique  » révolutionnaire » et ses débouchés en termes de pouvoir.

Sortir du nucléaire :comment le décider ?

nucleairecivauxLe référendum, comme expression de la volonté populaire, est un instrument de démocratie directe qui permet de donner la parole au peuple. Il sert à tempérer le pouvoir des représentants en évitant son absolutisme, voire à s’y substituer par un contournement de circonstance sur un sujet majeur. Quoiqu’il en soit, il  apparaît aujourd’hui comme une forme majeure d’expression  démocratique indispensable à l’exercice de la citoyenneté. Cependant l’histoire nous apprend qu’il peut être un instrument de manipulation en faveur des régime autoritaires ou du  plébiscite d’un seul homme,  qu’il peut donner lieu à des questions biaisées ou mal posées , ou enfin qu’il peut donner lieu à trancher des questions complexes auxquelles il est difficile de répondre de façon binaire par un oui ou par un non.  De tels risques imposent donc d’en faire un usage raisonné soumis aux nécessaires exigences d’une société démocratique telles qu’elles sont définies, acceptées et protégées par un Etat de droit qui s’identifie à la démocratie elle même . La loi référendaire issue d’un référendum populaire ne peut émerger en dehors  d’un regard critique des instances chargées de conforter l’Etat de droit, selon le cas ,  le conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel, et les Cours européennes : Cour européenne des droits de l’homme , et Cour de justice de l’Union européenne .

Le recours au référendum sur la question du nucléaire sous entend celle d’un choix structurant sur notre vie collective : en effet notre consommation électrique est assurée dans notre pays à 75% par l’énergie nucléaire et postule que les avantages sont supérieurs aux inconvénients. Après la catastrophe de Fukushima cette vision des choses est devenue moins probante et les dangers de cette politique énergétique plus visibles. Pour autant comment sortir de l’énergie nucléaire ? L’adhésion populaire est-elle requise sur un sujet qui mobilise toutes les peurs et fait craindre la paralysie de l’entendement ?  Si nous répondons par l’affirmative, le mécanisme du référendum sur la question du nucléaire ne sera pas une mince affaire à mettre en œuvre au plan politique. En définitive tout dépend de la confiance accordée à l’implication populaire dans la décision publique.