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Reflexions sur ce qui arrive et la condition des gens , retour sur la démocratie vivante au fil de l’actualité

Lettre ouverte de Yann MOIX à Emmanuel MACRON à propos des violences policières à Calais

moix

“ Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez «migrants» : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que «ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires.» Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.Je ne suis pas, comme vous dites, un «commentateur du verbe» : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux droits fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

( ICI extrait du documentaire qui sera diffuse sur Arte au mois de mAI 2018)

Vous menacez de saisir la justice si les «faits dénoncés» ne sont pas «avérés». Voici donc, monsieur le Président, les ­images des conséquences obscènes de ­votre politique.Ces actes de barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

«Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques», avez-vous dit. Ajoutant : «Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.Journalistes, policiers : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres précis, et vous êtes impardonnable ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure.

Quand une police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la dignité de l’homme  ? Vous y avez répondu vous-même : «Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement.»L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les violences policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

«La situation est ce qu’elle est par la brutalité du monde qui est le nôtre», dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion  ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.Vous avez osé dire : «Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République.» Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de «l’humanité», les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberrati

La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un «crime contre l’humanité». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas : c’était un Calais pipé ; c’était ­un Calais imaginaire et vide ; c’était un ­Calais sans «migrants». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

Le Défenseur des droits (J Toubon )a dénoncé, lui aussi, le «caractère exceptionnellement grave de la situation», qu’il n’hésite pas à décrire comme étant «de nature inédite dans l’histoire calaisienne». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un crime.

Je citerai enfin les conclusions de la «mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois» d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur : «L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation].»Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier : «Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur( Gerard Collomb) qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants.»Vous dites : «Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la violence.» Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une «fake news», vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu. Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire  ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

Le préfet du Pas-de-Calais ( Fabien Sudry) m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.Jean Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie. »

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En réponse à Yann MOIX , le prefet Sudry aux ordres , tweete  son désaccord

Lui aussi  affirme , voyons de prés de quoi il retourne

« aucun détenteur de la force publique, écrit-il, ne reçoit, ni n’a reçu d’instructions contraires à la déontologie (utilisation de gaz lacrimogène sur des points d’eau ou au moment de la distribution des repas, reveil des personnes pendant la nuit, exercice de violences physiques : tout agent qui se rendrait coupables de tels agissements, serait immédiatement sanctionné , avec la plus grande sévérité , sur  initiative de ma part »(…) Des images que vous présentez ( que Yann Moix présente) comme des preuves des violences policières aujourd’hui semblent montrer en réalité des opérations de maintien de l’ordre au temps du bidonville de la Lande avant octobre 2016 (…)

Selon le préfet Sudry , Yann Moix  » semble découvrir qu’il est trés légitimement fait usage proportionné de gaz lacrimogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empecher l’intrusion des migrants dans le tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais ( il faut rappeler la mort de 4 migrants en 2017,soit renversés par des poids lourds, soit en tombant d’un poids lourd en circulation, ou pour protéger les transporteurs routiers ( dont l’un est mort il y a quelques mois aprés avoir percuté un barrage monté par des migrants). Il choisit de ne pas dire un mot du dispositif humanitaire mis en place par l’Etat à Calais et qui permet aux migrants qui refusent les hébergements proposés systématiquement par l’Etat d’avoir accès à l’eau potable , à des douches , des sanitaires, ainsi qu’aux soins de santé au centre hospitalier de Calais ( 30 passages par jour en moyenne) »

Les accusations du chroniqueur sont gravissimes,selon le Prefet   » la principale , écrit-il, étant qu’un » protocole de bavure »aurait été sciemment organisé par l’Etat à Calais « .

Les Collombes républicaines seraient -elles l’instrument d’un Etat policier ? That is the question .

Comment on:  » J Sanchez , maire FN de beaucaire ( Gard) sur les menus au porc servis dans les cantines scolaires

Aujourd’hui, entre autres facéties, M Sanchez refuse de servir dans sa cantine scolaire un repas de substitution aux enfants qui ne mangent pas du porc au motif que les familles de ces enfants de confession musulmane font entrer le fait religieux à l’école, et que c’est anti républicain. Il crée ainsi une polémique qui fait buzz dans les médias  mais plus sérieusement , face à la bêtise crasse de cette décision de l’ élu frontiste, on se demande si la république n’aurait pas intérêt à exiger des candidats aux élections un certificat d’aptitude républicaine.
Refuser un repas de substitution dans le cas d’espèce c’est un acte de discrimination, c’est un acte de soustraction volontaire de l’élu aux obligations de service public qui sont les siennes attachées au fonctionnement des  cantine scolaires mises à la disposition des enfants de la commune, enfants que la loi et la justice républicaine exigent de recevoir comme ils sont, et de les traiter de façon égale, c’est un acte qui porte atteinte à l’intérêt supérieur des enfants, un concept reconnu au plan international qui sert à protéger l’enfant  au delà des confessions et vicissitudes familiales et qui assure le respect de de ses droits . C’est çà la République française, une république qui commence par celle des enfants et le souci de leur bien être et de leur libre épanouissement.
On sait que la courtoisie, la maturité républicaine et la délicatesse n’ étouffent pas ces potentats locaux. Le drame c’est qu’ils sont élus et qu’ils ne méritent pas de porter la ceinture tricolore quand ils font passer des vessies pour des lanternes à des fins contraires à l’éthique républicaine.( Gard)https://www.youtube.com/watch?v=_IyqhwSsiJY
Le commentaire a été publié dans Objectif Gard le 19 janvier 2018 à la rubrique « Ca reste entre nous les indiscrétions de la semaine  » ICI http://www.objectifgard.com/2018/01/14/ca-reste-entre-nous-les-indiscretions-de-la-semaine-70/

L’avenir en commun, programme de la France Insoumise

Le programme de la France Insoumise, autant vous l’ annoncer tout de suite , ne passe pas par » l‘Américan way of life « , que ce modèle de société consumériste s’impose  soit comme un rêve soit comme une réalité de par le monde.

Antoine a décidé de présenter ce programme via des vidéos explicatives à partir du bouquin  » l’avenir en commun » distribué lors de dernières élections présidentielles et législatives de 2017

premiere video sur la construction de ce programme  ICI https://www.youtube.com/watch?v=n2E1IlgQ4fE&feature=youtu.be

a suivre

La conception du Ministére public français

logo2Par décision en date du 8 septembre 2017 le Conseil constitutionnel a statué sur une QPC, soulevée devant le Conseil d’Etat par l’Union syndicale des magistrats relativement à l’indépendance des magistrats du parquet et a considéré comme conforme à la constitution les dispositions de l’art 5 de l’ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature, qui placent les magistrats du parquet « sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l autorité du garde des sceaux, ministre de la justice. »

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LU chez Marianne « Plaidoyer pour un conseil de déontologie du journalisme »

 CLIQUEZ >>> https://www.marianne.net/debattons/tribunes/plaidoyer-pour-un-conseil-de-deontologie-du-journalisme?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

c’est un article daté du 6/12/2017 publié parThomas Guénolé :politologue insoumis. Auteur d’Islamopsychose (Fayard, 2017), La Mondialisation malheureuse (éditions First) et Petit guide du mensonge en politique (Fayard, 2017, réédition).

Le 4 /12/2017 JL Mélenchon avait annonçé  dans son blog son intention de faire signer une pétition pour la création d’une instance de recours contre les abus du pouvoir médiatique qui ressemblerait à « un conseil de déontologie du journalisme ».

Cette initiative fait suite notamment à la scandaleuse émission de parti pris , organisée par France 2, intitulée « L’émission politique « , animée par la journaliste Léa Salamé et son équipe, à laquelle avait été invité  le 30/11/2017 JL Mélenchon , tombé ,selon lui, dans un véritable traquenard.

Sur les chartes professionnelles des journalistes

>><Syndicat national des journalistes     

>>>Acrimed 

>>>La charte européenne des devoirs et des droits des journalistes de 1971

Le conseil de déontologie : une instance de sanction ?des journalistes ? de l’organe de presse auquel ils appartiennent ? Quel préjudice et quelles victimes ?

Le Cirque du glyphosate

glyphosate

Le glyphosate est l’ ingrédient actif de l’herbicide  le plus utilisé dans le monde sous le nom de  » Roundup ». Il a été commercialisé dès 1974 par l’entreprise américaine Monsanto spécialisée dans le secteur de la chimie agricole puis à partir des années 80 dans celui des biotechnologies agricoles . Depuis le brevet de cette molécule synthétique qui appartenait à la société Monsanto,  est passée dans le domaine public. En l’espace de 40ans, de 1974 à 2014, la production de désherbants à base de glyphosate est passée de 3 200 tonnes à 825 000 tonnes, et elle intéresse 130 pays et une centaine de sociétés. L’enjeu social (sanitaire et environnemental), économique, et financier lié à la commercialisation du produit est énorme à l’échelon planétaire . En France  métropolitaine aussi, la consommation de l’herbicide y a atteint le volume de 9 100 tonnes en 2016 ( source INRA) La question de la toxicité du produit devient alors capitale et se pose aux scientifiques comme aux politiques chaque fois qu’il convient d’homologuer le produit en vue de son utilisation par les industriels comme la Société Monsanto.

L’histoire de cette entreprise agrochimique est assez « sulfureuse « . Indépendamment des différents scandales  sanitaires auxquels elle s’est trouvée impliquée depuis son origine  ( (exemple:1.3 L’utilisation de l’agent orange pendant la guerre du Viêt Nam ), on notera qu’en mars 2017  les « Monsanto papers » du nom de ces milliers de documents confidentiels rendus publics à la faveur de procédures judiciaires intentées contre l’entreprise aux Etats-Unis par des agriculteurs ayant été exposés aux produits toxiques ,  seraient , selon une enquête faite par le  journal Le Monde ( art du 28/11/2017) , de nature à  » livrer le récit de décennies de manipulation de la science pour garantir le maintien du glyphosate sur le marché » et à rendre crédible  une véritable stratégie d’influence déployée par l’entreprise Monsanto pour défendre son désherbant best-seller, le « Roundup » à base de glyphosate.

La saga européenne du glyphosate dure depuis prés de deux ans , en tout cas depuis qu’il est question de renouveler la licence attachée à l’utilisation du glyphosate  par les acteurs économiques comme Monsanto, licence qui devait expirer le 15 décembre.  La confusion  est née avec des expertises discordantes sur la dangerosité du produit , des études qui permettent de faire dire qu’il est nocif , ou qu’il ne l’est pas.  Elle s’est accompagnée d’une cacophonie politique tout aussi certaine que la science était incertaine .La France était favorable au retrait du marché et l’Allemagne s’était abstenue jusqu’ici .
Après une bataille entre les pro et anti glyphosate, après une Initiative Citoyenne Européenne( ICE)  ayant recueilli fin juin  2017   plus d’un million de signatures pour la  sortie du glyphosate, après la résolution du Parlement européen , prise le 24 octobre 2017, et visant à l’élimination progressive du glyphosate dans l’Union européenne d’ici cinq ans ,
le 27 novembre 2017,un revirement  de l’Allemagne permettait de faire adopter, à une majorité qualifiée( (55 % des États représentant 65 % de la population) par les 28 Etats membre réunis en comité ad hoc ,  la proposition  de la  Commission européenne tendant à  ré-autoriser pour 5 ans l’utilisation du glyphosate ( et non pas 10 ans  ou 15 comme il avait été envisagé à l’origine)
Contrairement à l’Allemagne, La France a voté contre la ré-autorisation pendant 5 ans marquant ainsi sa préférence pour une sortie du glyphosate dans un délai de 3 ans, proposition soutenue par l’Elysée et le ministre de la transition écologique N Hulot. La sortie du glyphosate par la France au bout de 3 ans serait juridiquement possible , d’ailleurs il est déjà interdit dans les espaces publics depuis 2017 et le sera pour les particuliers en janvier 2019. C’est une autre histoire d’appliquer l’interdiction dans l’ensemble du secteur agricole et c’est là que la bât blesse. Pourquoi ?
 Parce que l’emploi généralisé du glyphosate dans notre pays fait effet de système. Son retrait du marché rend nécessaires  des changements profonds dans les pratiques agricoles. De plus envisagé de façon unilatérale, le retrait  causerait des distorsions concurrentielles sur le marché  contraire aux intérêts du secteur agricole français : selon un rapport de l‘INRA ( Institut national de la Recherche Agronomique ) saisi le 2 novembre 2017 du sujet , les alternatives au glyphosate existent mais il n’y aurait pas de solution miracle, précisent les experts. La FNSEA ( la Fédération Nationale des Syndicats des Exploitants Agricoles) est opposée à une interdiction du glyphosate en l’absence  « d’alternative viable ». Chez les agriculteurs, on ne veut pas d’une opération qui se solderait  par une baisse du niveau de revenu,  le maintien du niveau de rendement ou le cumul des deux ( voir LM du 6 décembre 2017) .( voir également https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate) En définitive, on ne sait toujours pas aujourd’hui si le principe de l’interdiction est acquis au plan européen ( on préfère parler de renouvellement de licence) de sorte qu’un retrait anticipé des français, non coordonné avec les autres Etats membres de l’UE,  serait aventureux. On attend donc les mesures d’adaptation du gouvernement français au retrait  programmé…à 3 ans (au lieu de 5 ans) par E Macron.

Le glyphosate est connu pour être  un herbicide d’une efficacité redoutable sur le couvert végétal des terres mais on sait aussi qu’il dégrade la qualité du sol, de l’eau, et peut s’inscrire dans la chaine alimentaire avec des effets nuisibles pour la santé de l’homme. Il est classé comme perturbateur endocrinien et soupçonné d’être cancérogène. L’évaluation de sa toxicité revêt donc une importance de premier plan . La société civile internationale  s’est mobilisée , notamment autour d’un procès symbolique tenu à La Haye en 2016 par le Tribunal International Monsanto . Marie Monique Robin qui enquête depuis prés de 10 ans sur  » le monde selon Monsanto » en rend compte dans un documentaire avec la participation de Arte sous l’intitulé « Le Roundup  face à ses juges » ( URGENT à voir l’émission est en accés libre jusqu’au 16 decembre2017)

Il faut rappeler qu’en France  la lutte contre le cancer est une cause nationale depuis de nombreuses années. C’est grâce à une initiative française que le Centre International de Recherche sur le Cancer, le CIRC a été crée en 1965 , sous l’égide  de lOMS et de l’ONU.

Or c’est cet organisme international , le CIRC,  qui a classé le glyphosate comme produit » cancérogène problable » en mars 2015 en répondant à la question de la toxicité du produit . Après une quarantaine d’années d’exploitation de plus en plus intensive , il était grand temps d’envoyer un message d’alerte concernant le danger du glyphosate pour la santé humaine . Que fait l’Union Européenne « qui protège » ? Elle aligne sa position  sur ses propres expertises. Trés bien sauf que  ni l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ni l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) ne partagent l’avis du CIRC . Pour ces agences européennes spécialisées l’effet cancérogène du glyphosate est  improbable. Comment expliquer une telle discordance ? On est en droit de s’interroger sur les processus d’expertise en cours .

On observe d’une part que des  études épidémiologiques sur les populations le plus exposées ont pu être réalisées , cependant elles sont tout aussi délicates à mener dans le court terme, qu’elles sont couteuses dans le long terme. De telles études, pourtant indispensables scientifiquement, supposent «  ‘de pouvoir compter les malades et les morts et les attribuer sans équivoque au produit «  , comme le souligne pertinemment Stéphane FOUCART, dans une chronique Planète publiée dans LM du 3/4 décembre 2017. Le glyphosate ne serait pas forcément le produit phytosanitaire le plus toxique parmi ceux mis sur le marché ayant un caractère dangereux pour la santé de l’homme.

D’autre part on découvre que l’avis favorable au renouvellement de l’homologation du glyphosate établi par l‘ Efsa et ayant servi à la décision du 27 novembre 2017 des instances européennes de ré-autoriser l’utilisation du glyphosate pour une période de 5 ans à compter du 15 decembre 2017, comportait le copier-coller d’une centaine de pages extraites du dossier d’homologation de l’entreprise Monsanto et tendant à démontrer que le glyphosate n’est ni géno-toxique, , ni repro-toxique, ni cancérogène. Plusieurs ONG , dont « Générations futures » en France sont prêtent à saisir le juge européen pour infraction à la réglementation européenne ( Règlement (CE) n o  1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil ) qui tend à garantir une « évaluation indépendante, objective et transparente » des demandes formulées par les industriels .

En  France, l’Office parlementaire  d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst, organisme bicaméral créé en 1983, a été saisi  par la commission des affaires européennes et le commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, des éventuelles turpitudes des agences spécialisées européennes. Au cours de son audience du 9 novembre 2017, il a désigné comme chef de mission le mathématicien prix nobel et député LRM  Cédric Villani , lequel fait partie du Conseil scientifique de l’Union Européenne  installé récemment auprès du Jean Claude Junker, Président de la Commission Européenne.

M Villani devait déclarer en séance:« En effet, l’analyse scientifique est difficile(…)Aujourd’hui, les scientifiques se demandent si certains effets nocifs observés sur le terrain sont dus au glyphosate lui même, à une combinaison de substances ou à des variantes de glyphosate. Il nous revient d’expliquer comment des méthodologies différentes aboutissent à des résultats différents « Il n’écarte pas non plus la possibilité d’une « éventuelle manipulation » , les Monsanto papers ayant démontré que « l’entreprise payait des lobbyistes pour influencer les résultats des études  » C’est pourquoi se pose selon lui, « la question de l’évaluation du travail des agences (européennes) qui ont mené les etudes(…)la question de fond c’est la confiance publique dans les institutions »

Il va bien falloir que le groupe de travail mené par M Villani s’interroge sur le manque supposé d »indépendance et d’objectivité de ces structures expertales européennes, voire sur l’éthique des chercheurs sans paraître vouloir faire un procès d’intention à l’UE et à ses modalités de fonctionnement. Nous sommes impatients de voir le résultat de la démarche de notre Parlement , en rappelant le mot de Clémenceau  » Si vous voulez faire quelque chose , faites le , sinon créez une commission »

En attendant et pour conclure, la saga européenne est loin d’être terminée sur la question du Glyphosate. C’est évidemment une question de confiance publique qui revêt un caractère emblématique et engage la crédibilité de l’UE  » qui protège ». L’ « affaire « du Glyphosate fait se confronter les logiques agricoles industrielles et celles attachées à la préservation de l’environnement naturel de l’homme et à la protection de sa santé, la logique capitaliste du marché et la logique écologiste. C’est aussi un enjeu de santé publique qui requiert la plus grande transparence dans le processus décisionnel , et le droit , pour les agriculteurs comme pour les consommateurs, à un diagnostic sans ambiguïtés sur la toxicité du Glyphosate ou tout produit  herbicide, pesticide  à base de Glyphosate.

Le glyphosate est-il oui ou non dangereux pour l’homme et que dit la science sur ce danger? En cas de réponse affirmative , tout doit être mis en oeuvre pour stopper sa commercialisation . 40 ans se sont écoulés depuis la première utilisation de cette molécule synthétique brevetée par la société américaine Monsanto, 40 ans de mise en  » danger » potentiel des utilisateurs de désherbants chimiques sur les champs de céréales ou ailleurs , 40 ans que l’entreprise Monsanto joue de son influence pour s’opposer à l’interdiction du glyphosate et retarder  son  retrait du marché.

Il est temps de dire STOP : la question du Glyphosate met en lumière non seulement des enjeux scientifiques auxquels sont peu préparés les citoyens , mais aussi des enjeux de démocratie et de réappropriation des enjeux économiques lorsqu’ils obéissent à des forces mortifères.

 

L’alibi de la confiance

La confiance sert quelquefois d’alibi à l’absence de règles. D’un point de vue sociologique et institutionnel, si l’organisation humaine commande d’avoir des règles, l’absence de règles ne signifie pas pour autant un défaut  d’organisation, mais un  défaut de démocratie. L’échange né  de la discussion participe du contrat de confiance qui rend vivante une démocratie. Sans cela, la démocratie n’est qu’un faux semblant au service d’une mystification, la confiance pour la confiance, le pouvoir pour le pouvoir.

Pareillement au plan  psychologique  et relationnel,  l’injonction « Fais confiance «   est tout aussi paradoxale que le serait l’injonction « sois spontané ». Si je demande à quelqu’un d’être spontané , en même temps il ne peut plus l’être puisque je lui demande . Pareillement la confiance ne se donne pas, elle se partage dans un rapport de réciprocité. On a presque envie de dire que ces dispositions psychologiques que sont la confiance ou la spontanéité  se méritent plus qu’elles ne se dictent.

Entrons maintenant dans le jeu de l’analyse économique. Un chercheur du CNRS, Thibault Gajdos, vient d’écrire une tribune publiée dans le journal LM du 17 Novembre 2017 ,intitulée « Peut-on faire confiance aux riches ?« 

C’est apparemment ce que fait Macron, sacrifiant ainsi à la logique de la confiance « le bien le plus précieux pour une économie » selon l’expression de  son ministre de l’économie Bruno Lemaire lors de l’Université d’été du Medef le 30 aout 2017. Macron, alors qu’il était ministre de l’économie sous la Présidence Hollande  a fait voter et mis en oeuvre le CICE , le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, une baisse des charges inconditionnelle en faveur des patrons. En tant que Président, il continue sur la même lancée en supprimant l’ISF.  Il compte sur les plus riches pour investir et relancer l’économie, pour favoriser l’embauche plutôt que d’augmenter les dividendes des actionnaires et les salaires des dirigeants. Les statisticiens ont du mal à le démontrer que la confiance a payé . Peu importe, Macron croit aux vertus de la confiance et on ne trahit pas la confiance du Président … des riches !!! Allo, quoi ? Les « paradise papers »  ? Des riches qui veulent échapper à l’impôt grâce aux paradis fiscaux, c’est normal  mais comment peut-on faire confiance quant à leur sens du bien commun, s’interroge T. Gadjos, si les mêmes « cherchent à diminuer »  leur contribution fiscale par l’optimisation fiscale (une évasion fiscale qui ne dit pas son nom)? Qui est le dindon de la farce ? Sûrement pas Macron et son ministre de droite qui dénonce depuis des lustres « l’assistanat » des plus défavorisés. Or il résulterait d’études menées par l’Université de Berkeley ou de  l’Institut européen d’administration des affaires (Insead) que les classes supérieures, sous l’emprise de l’appât du gain, sont plus enclines à tricher que les classes inférieures. Et  Gadjos de conclure « la menace semble le meilleur moyen d’amener les riches à respecter les règles ».

On ne peut pas, ne pas faire allusion ici au « verrou fiscal de Bercy ». C’est quoi ? En France l’administration fiscale dispose historiquement, d’un pouvoir exorbitant, notamment celui d’être le maitre d’oeuvre des poursuites pénales en matière de fraude fiscale. C’est le ministre du budget qui dénonce au Procureur de la République les contribuables susceptibles de comparaitre devant un tribunal correctionnel où des peines de prison peuvent être requises et prononcées. Régulariser un dossier fiscal par le paiement d’une amende fiscale pour le contribuable indélicat, lui permet en général d’échapper aux poursuites pénales infamantes et à la peine de prison. On comprend dés lors que la majorité présidentielle LRM n’ait pas voté la suppression du verrou fiscal. Faites confiance en Bercy : il saura comment traiter les riches.