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Affaire BENALLA: le garde du corps de MACRON s’invite dans les manifestations du 1er Mai et joue au policier interpellateur à l’origine de plusieurs arrestations arbitraires.

Au plus prés de l'action

Au plus prés de l’action

Le 1er Mai, c’est la fête nationale du Travail, c’est un jour férié et chômé pour tous les travailleurs sauf pour Alexandre BENALLA. Promu « M Sécurité » au sein du palais présidentiel il s’est invité dans les manifestations du 1er mai pour parfaire sa connaissance dans la gestion des opérations de maintien de l’ordre .

En 2016-17,  à peine âgé de 25 ans , BENALLA se voyait confier le soin d’organiser la sécurité  du candidat Emmanuel MACRON qui avait démissionné de son poste de Ministre de l’Economie pour créer son propre Mouvement « la République en Marche » et se lancer dans la campagne présidentielle.(*) Ayant prouvé son efficacité au cours de celle-ci,   A.BENALLA  restait au service de E.MACRON , élu  Président de la République,  et obtenait en retour un poste de chargé de mission en matière de sécurité,  en tant qu’adjoint au chef de cabinet  M François Xavier LAUCH. Avec des appointements  de l’ordre de 6000 euros , logement et voiture de fonction, port d’arme autorisé, il était censé superviser la mise en oeuvre de la sécurité du Président  à coté ou en parallèle du circuit officiel de protection du Président de la République (GSPR :Goupe de sécurité du Président de la République commandé par le Colonel Lionel LAVERGNE et le commandement militaire de l’Elysée-garde républicaine dirigée par le Général Eric BIO FARINA) . Visiblement, lors des déplacements publics ou privés, A BENALLA assurait lui-même et physiquement une sorte de  garde rapprochée du chef de l’Etat ou du couple présidentiel , un garde du corps, bagagiste à l’occasion entretenant, semble-t-il,  un lien de proximité révélateur d’une grande confiance entre les deux hommes .
(*) le directeur de campagne de E MACRON, M Jean Marie GIRIER est devenu le chef de cabinet du Ministre de l’Interieur Gerard COLLOMB, )
Hélas cette confiance a été trahie . Comment ?
A.BENALLA n’est pas un fonctionnaire, ni un policier d’Etat, il n’est placé ni sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB, ni sous celle du Prefet de police de la Préfecture de Paris M Michel DELPUECH . En intégrant, dans l’appareil d’Etat, le cabinet présidentiel dont il dépend hiérarchiquement de façon dite « officieuse » sans relever de l’organigramme officiel, il a acquis une autorité de fait  dans le domaine de sa compétence, un peu comme le porte voix du Président . Officiellement il avait obtenu le titre de Lieutenant-Colonel dans la  réserve de la Gendarmerie sur décision du Général LIZUREY,directeur de la Gendarmerie Nationale, un titre parait-il honorifique censé lui donner de la hauteur dans les audits « sur la fonction de protection» avec les hauts gradés du Corps.On ne peut pas imaginer cette promotion sans le tapis rouge du Président .
Sur sa demande,  il avait été autorisé à participer aux opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations sociales du 1er Mai à Paris qu’on prévoyait assez rudes ( ce qui fut le cas puisque plus de 283 personnes ont été arrêtés à l’occasion des heurts avec les manifestants,153 présentées devant un OPJ,  et 109  placées en garde à vue -LM 27-7).
Lors d’un rassemblement en fin de journée sur la place de la Contrescarpe, dans le 5 ieme arrondissement,   A. BENALLA était filmé , coiffé d’un casque de CRS, en train de maitriser , non sans brutalités , un manifestant  et sa compagne au milieu des forces de sécurité de la Préfecture de Police de Paris , appelées à disperser la foule sur cette place très touristique où un appel à un «apéro convivial» avait été lancé par le Comité d’action inter-lycéen relayé par le syndicat étudiant UNEF et La France Insoumise (LFI).
C’est le directeur de cabinet d’E MACRON , M Patrick STRZODA préfet hors cadre connu pour sa pondération et sa loyauté au service de l’Etat qui a autorisé la présence de BENALLA le 1er mai  2018 aux cotés des Compagnies républicaines de sécurité de la  Prefecture de Police de Paris, lesquelles sont placées sous l’autorité du Prefet de police de Paris Michel DELPUECH.
Deux mois et demi après ces évènements autour de la fête du Travail , le 18 juillet 2018 le journal Le Monde révélait au grand public, au moyen de vidéos réalisées par des témoins,  les violences policières commises  par Alexandre Benalla  accompagné de son ami de longue date Vincent CRASE ,45 ans,  tous deux réservistes de la gendarmerie .Vincent CRASE était de son coté , rémunéré comme salarié de  LREM ( la République en Marche) le parti présidentiel victorieux des élections, à la tête duquel  était  placé Christophe CASTANER, un proche de la première heure de E Macron , nommé secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement .
On apprenait alors,  que dés le lendemain de la manifestation du 1er Mai le directeur de cabinet du Président, M Patrick STRZODA, ayant pris connaissance de certaines vidéos  avait convoqué A.BENALLA , en urgence , pour une mise à pied de 15 j et une suspension de salaire après en avoir référé au Président de la République en voyage en Australie , le secrétaire général Alexis KHOLER avisé. Comme en atteste la lettre de notification de sanction administrative datée du 3 mai ( reproduite dans LM du 20 juillet), Il était fait grief au chargé de mission d’avoir participé de façon active aux opérations de maintien de l’ordre, alors qu’il était entendu qu’il devait rester à distance en tant qu’observateur et adopter  un comportement exemplaire.  Au moment des faits A BENALLA ( ce qui n’est pas le cas de V.CRASE)pouvait être considéré comme régulièrement intégré aux forces de police en tant qu’observateur.
La sanction disciplinaire de M Patrick STRZODA faisait allusion à un  » comportement inapproprié «  , aucune allusion à des violences  et on suppose aucune communication aux autorités judiciaires . Tout semblait avoir été réglé au plan administratif. Pourtant des citoyens ont été interpellés, et retenus  de concert par BENALLA et CRASE qui ne disposaient d’aucune habilitation officielle, requise pour cette action placée sous le contrôle de l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle.
Après les révélations sur le site du journal LM, la Garde des Sceaux Mme Nicole BELLOUBET , qui dispose au sein de son ministère d’un directeur des affaires criminelles et des grâces chargé de la renseigner sur les affaires sensibles ,  interpellée par les députés de l’opposition au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon le jeudi 19 juillet, parvenait à peine à faire comprendre que le nommé A.BENALLA avait agi en électron libre  ( ce qui est heureux , le contraire serait gravissime) en commettant des actes  « inadaptées »  La Ministre  renvoyait au  Procureur de la République le soins d’évaluer et de dire si les violences  » policières  » commises par de faux policiers  étaient répréhensibles. Celui-ci ouvrait le lendemain une enquête préliminaire du chef de  » violences par une personne chargée d’une mission de service public »usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique , détournement d’images de vidéo-surveillance , complicité et recel »
L’affaire Benalla venait de naître suivie d’un maelström journalistico-politique d’une semaine dont l’effet de choc n’est pas banal , contrairement à l’expression « une tempête dans un verre d’eau « utilisée par le Président E MACRON qui s’est montré habile à noyer le poisson, pendant toute une semaine , par un silence jupitérien remarqué. Voyons de plus prés cette affaire d’Etat qui a dérangé  la Macronie toute une semaine.
-1.Une procédure de licenciement était engagée, sous la pression des médias, dés le 20 juillet,  par l’Etat major Elyséen contre BENALLA,   ruinant la communication de la veille de M Bruno-Roger PETIT, porte parole de l’Elysée tambourinant que la sanction de Mise à pied prise le 3 mai était exemplaire : prêter main forte aux forces de police ne pouvait pas être bien grave, n’est ce pas ? . Que BENALLA s’enquière, lorsque son comportement « inapproprié » a été révélé au grand jour , d’obtenir des images de la vidéo-surveillance utilisée par la PP, cela devenait plus choquant que le comportement violent affiché par le « stagiaire observateur » . Et comme le diable se cache dans les détails, comment expliquer que le jour du 1er mai l’intéressé agissait de concert avec le nommé CRASE, lequel , qui plus est,  était armé. Sans doute A. BENALLA  avait pris cette autre initiative,  de demander à Vincent CRASE de l’accompagner sur le terrain, en sous marin,  et au final de participer tous les deux à des interpellations des « fauteurs » de trouble.
-2.Placé en garde à vue le 20 juillet (*) , deux jours plus tard soit le dimanche 22 juillet , A .BENALLA était mis en examen après l’ouverture  d’une information judiciaire et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement. Le couple de manifestants brutalisés sur la place de la Contrescarpe se constituait partie civile.Il n’avait fait l’objet le 1er Mai et les jours suivants, d’ aucun signalement au Procureur de la République de Paris ou à son parquet , pourtant il pouvait déjà leur être reproché des jets de projectiles contre les forces de l’ordre( LM27-7) Aucun procès-verbal n’avait donc été dressé à leur encontre, pratique tout à fait inhabituelle pour laquelle le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne , MJacques MERIC doit normalement rendre des comptes.
(*)étonnant ! son véhicule de fonction mal garé devant le commissariat était enlevé par la fourrière, une heure après qu’il y soit arrivé , selon le CANARD ENCHAINÉ.
-3.L’Assemblée nationale  et le Sénat  se sont mobilisés : les deux chambres  constituaient  chacune de leur coté, des commissions d’enquête parlementaire.Le 2O juillet, à la suite d’un conciliabule au Palais Bourbon entre Christophe CASTANERRichard FERRAND président du groupe LREM, Marc FESNEAU président du groupe MODEM, François de RUGY, président de l’Assemblée Nationale, Mme Yaël BRAUN PIVET, président de la commission des lois et en présence de Mme BELLOUBET  il était décidé que la Commission des lois de l’AN se dote des privilèges d’une commission d’enquête parlementaire pour un mois, des auditions étaient programmées  notamment celle du ministre de l’Intérieur Gerard COLLOMB . Celui-ci , entendu sous serment , le lundi 23 juillet, renvoyait la patate chaude  à la Préfecture de Police de Paris et au Préfet de Police Michel DELPUECH, lequel se tournait vers l’Elysée évoquant  des pratiques de copinage malsaines avec ses services .( sic !!!)
-4. A l’Assemblée Nationale qui planchait sur un projet de révision constitutionnelle de première importance,  avec une réforme envisagée du Parlement , la réduction du nombre de députés , l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin, la réduction du droit d’amendement, la révision du cumul des mandats , les groupes d’opposition ont donné de la voix. Ils n’ont eu aucun mal à évoquer une affaire d’Etat mise en lumière par les dysfonctionnements révélés par le cas Benalla, garde privatif de E.Macron , par sa présence dans les forces de police de sécurité le 1er mai, et par son manque de sang froid évident.
  Le dimanche 22 juillet la ministre de la Justice informait les députés que l’examen du projet de révision constitutionnelle était suspendu sine die , accusant l’opposition de manoeuvres d’obstruction, faisant comme si la crise n’était pas née d’un comportement « inapproprié » ( selon STRZODA) « inadmissible » (selon Gérard COLLOMB) « inacceptable « (selon Christophe CASTANER) »choquant »(selon Edouard PHILIPPE) et enfin « fautif » (selon Alexis KHOLER) comportement  imputable à qui ? Au garde du corps du président de la République le nommé BENALLA . C’est bien lui qui a mis le feu aux poudres alors que sa situation de proximité avec le  Président MACRON aurait du au contraire l’en dissuader. On peut être tenté de penser que la seule conception du pouvoir dont ce collaborateur zélé a hérité, c’est l’effet de Cour. Il faut l’incohérence d’un François BAYROU ou sa duplicité naturelle inspiratrice, pour dire « en même temps » que l’affaire BENALLA n’est pas une affaire d’Etat( LM 29-30/07) et que « dans l’inconscient monarchique français , l’Elysée est investi de pouvoirs d’autant plus fascinants qu’ils sont mystérieux «  Au secours docteur FREUD !!!!!

 

-5.Les circonstances des évènements du 1er Mai où deux individus ( BENALLA et CRASE) se faisaient  passer pour des policiers avec des signes extérieurs de la fonction,  avec une arme à la hanche pour CRASE, ainsi que le détournement d’images de vidéo surveillance de la Préfecture de Police de PARIS ont entrainé la mise en examen de trois policiers appartenant à la DOPC ( direction de l’Ordre Public et de la Circulation)  Laurent SIMONIN controleur général , chef d’Etat Major adjoint depuis 2011, 3O ans de carriere à la PP Maxence CREUSAT, commisssaire de police depuis 2011 à la PP, et Jean Yves HUNAULT ancien gardien de la paix , 10 ans de carriere à la DOPC, officier de liaison de l’Elysée.
Ni Alain GIBELIN, patron de la DOPC, ni le major de police MIZERSKI, policier référent de Benalla sur le terrain des opérations le 1er mai 2018  n’ont été inquiétés, le premier parce qu’il n’avait pas été informé de la prise en charge de Benalla aux coté des forces de sécurité de maintien de l’ordre, le second parce qu’il n’avait reçu aucune instructions précises sur sa mission. Il ressort du rapport de l’IGPN que la DOPC  gère les manifestations sur le ressort de la PP sans passer par le Ministère de l’Intérieur, et s’occupe de l’accompagnement des « observateurs ». L’IGPN ( Inspection Générale de la Police Nationale ) saisie  proposait, aprés enquête, un recadrage des mesures d’accompagnement des » observateurs  » au sein de la PP  .Gérard Collomb devait  adopter immédiatement ces préconisations en vue de leur diffusion aux services  compétents .

-6.De son coté, Alexis KHOLER, bras droit de MACRON, invitait les conseillers et divers chargés de mission recrutés sans apparaitre au Journal Officiel , à faire les déclarations ad hoc sur leurs patrimoines et les liens d’interêt auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, instance présidée par Jean Louis NADAL, ex procureur général de la Cour Suprême, et contournée jusque là , tout comme l’article 11 de la loi du 11 Octobre 2013 qui oblige  » les membres des cabinets ministériels et les collaborateurs du Président de la République à adresser au Président de la HATVP une déclaration de situation patrimoniale et une déclaration d’intérêts (…) dans les deux mois qui suivent leur entrée en fonction « . D’autre part il annonçait la réorganisation des services de protection attachés à personne du Président qui seraient détachés de la Police Nationale et du Ministère de l’Intérieur comme sous François Mitterrand,  pour constituer un service unique sous l’autorité directe du Président .Le projet était déjà en chantier depuis quelques mois et Alexandre BENALA y avait eu ses entrées dans les réunions préparatoires .

L’ affaire BENALLA , a eu pour effet d’en énerver plus d’un, pas pour les mêmes raisons.Ceux qui veulent protéger l’image du Président de la République écorchée par le comportement « inadmissible » de son garde du corps privatif, et ceux qui dénoncent le dévoiement des institutions républicaines en matière de sécurité.

Georges KIEJMAN fait partie de la première catégorie. Habitué à donner sa caution juridique aux hommes de pouvoirs, excellent orateur , pour lui (tribune LM du 31 juillet), Alexandre  BENALLA n’est que du menu fretin. Ce collaborateur présidentiel  s’est cru tout autorisé  et l’avocat  ne s’est pas privé de suggérer  la dérive individuelle, « absurde et irréfléchie » de ses actes . Il écrit  à son propos  » On ne joue pas aux gendarmes du Dimanche et on ne se livre pas à des brutalités (…) »

Pauvre BENALLA  en effet, il a cru faire sa BA (bonne action)de la journée en prêtant main forte à une opération de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations citoyennes du 1er Mai  . Malheureusement il n’est pas fils de Dieu, pas de  pain béni,  mais un pain dans la gueule d’un manifestant supposé fauteur de trouble dans le cadre d’une interpellation  musclée . Mais voilà, il n’émarge ni à la police administrative de l’Etat, ni à sa police judiciaire de sorte qu’il n’avait aucun droit ni titre d’agir comme il l’a fait, sauf la complicité tacite de l’appareil policier ( fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie)

L’avocat KIEJMAN, qui a été un temps ministre de la justice , connait parfaitement les arcanes de l’institution, et la singularité de la co-existence de la Maison Police et de la Maison justice .Il renvoie  aux juges le soin de trancher la question de savoir si l’article 73 du Code de Procédure pénale, invoqué par BENALLA au soutien de sa  défense , est applicable en l’espèce
article 73 CPP » Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche.« 
 
Pour être complet, encore aurait-il fallu  citer à coté de l’article 73 du CPP  l’article 53 du même Code qui définit l’enquête de flagrance en ces termes:
article 53 CPP » Est qualifié crime ou délit flagrant le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique, ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit. »
Il a été admis en jurisprudence qu’un citoyen, une personne  ordinaire qui n’est  investie d’aucun pouvoir de police  ni d’une quelconque autorité publique peut devenir, à l’occasion de circonstances précises -le crime ou délit flagrant- un collaborateur occasionnel non pas de la police mais de la justice. Dans ces conditions il acquiert la qualité nécessaire pour procéder à une arrestation en flagrance avec mise à disposition immédiate à un Officier de police judiciaire.  L’article 73 du CPP veut combiner deux intérêts apparemment opposés
-celui de confier exclusivement à la police judiciaire le soin de lutter contre la délinquance sous le contrôle de l’autorité judiciaire , gardienne des libertés individuelles.
-celui d’éviter de décourager l’engagement citoyen dans la lutte contre la délinquance dans un but d’efficacité .
Or Alexandre BENALLA , chargé de mission du Président , autorisé à accompagner les forces de sécurité lors des manifestations du 1er mai , a intentionnellement trompé la confiance de son entourage décidant, contrairement à sa mission, de jouer au policier de façon active allant jusqu’à l’interpellation de  » fauteurs  » de trouble  avec un comparse armé. L’intégration de Benalla dans un dispositif policier précis de maintien de l’ordre, où l’affrontement avec la population est envisagé dans toutes ses conséquences et dans le respect des valeurs démocratiques , exclut qu’il puisse se prévaloir du bénéfice de l’article 73 du CPP.  Même  le commandant de la compagnie républicaine de sécurité présente sur les lieux témoignait qu’il avait cru avec ses hommes avoir affaire à un fonctionnaire de police. Ce jour là, dans les circonstances de l’espèce A BENALLA,   n’est pas un citoyen ordinaire , une personne sans qualité protégée par l’article 73 du CCP,
Mais protégé de quoi ?
On ne saurait faire injure à l‘avocat KIEJMAN ni même à François BAYROU, baron de la Macronie sous le masque du Modem, ( LM 31 JUILLET 2018) tous deux prompts à critiquer ceux qui instrumentalisent l’affaire BENALLA en une affaire d’Etat , d’oublier le principe constitutionnel selon lequel « nul ne peut être arbitrairement détenu » ou retenu ( article 66 de la Constitution du 4 Octobre 1958) et les dispositions de droit pénal qui en découlent
article 454-4 CP » Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.Lorsque l’acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d’une durée de plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et à 450 000 euros d’amende. »
Apparemment Alexandre BENALLA ne s’est pas soucié de ces dispositions pénales tout comme le système d’accompagnement de BENALLA au sein de la Préfecture de  police de Paris, . L’article 73 du CPP ne le protège pas d’une responsabilité pour arrestation,  détention ou séquestration arbitraire  et les violences policières concomitantes au cours de l’interpellation sans droit qui lui est reprochée sont nécessairement illégitimes, arbitraires et attentatoires à la liberté individuelle.

Si A. BENALLA a trahi quelqu’un, c’est par le mensonge , et c’est aux citoyens qu’il ment , encouragé par un système policier laxiste, et peu scrupuleux sur la rigueur républicaine exigée des forces de l’ordre.. N’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris qui ont remis à BENALLA  les accessoires policiers pour aller sur le terrain des opérations conformément aux voeux de l’intéréssé, n’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris  qui ont remis à BENALLA sur sa demande , le lendemain des révélations du Monde, un disque  extrait du système de vidéo surveillance de la PP, où les suspects de la place de la Contrescarpe étaient filmés entrain de jeter des projectiles sur les forces de l’ordre , comme si le secret professionnel n’était pas opposable à BENALLA

Plus grave , n’est-ce pas le Préfet de Police Michel DELPUECH qui a satisfait à la demande d’autorisation de port d’arme de BENALLA , en octobre 2017 , alors que les services compétents du Ministère de l’Intérieur s’y étaient opposés, et sans qu’ils aient été informés de cette autorisation du Préfet ? Est-on bien sûr que ce haut fonctionnaire n’a pas mis en danger la sécurité du Président de la République ?

Mais surtout comment peut -on s’enorgueillir , au sommet de l’Etat, de l’embauche d’un collaborateur  affiné aux questions de sécurité et dispensé  » en même temps » que d’une  formation éthique républicaine suffisante capable de lui éviter certains écueils , d’un contrôle de comportement dans le cadre d’une activité exposée et à risque , pour lui et pour le Président de la République auquel le peuple a confié son destin.

En guise de réponse on retiendra la sentence de Fénelon : « Les princes ont un pouvoir infini sur ceux qui les approchent ; et ceux qui les approchent ont une faiblesse infinie en les approchant. »

Dire qu’on assume tout, comme l’a fait E MACRON le 24 juillet, sur un ton de bravache digne d’un adolescent attardé, c’est ne rien assumer du tout , pire cela devient insupportable si l’impression donnée vient conforter ce que l’effet de Cour désigne , le pouvoir du Prince. C’est le cas de l’affaire BENALLA.

L’affaire BENALLA est une affaire d’Etat parce quelle est devenue, pour des questions institutionnelles tout à fait sérieuses, une affaire BENALLA-MACRON. L’épisode n’est pas terminé . A l’opposé de ses fanfaronnades politiques, E MACRON promet des mesures à la rentrée : il n’est pas sûr que quelque chose ne saute pas à la PP de Paris, déjà convoitée par la Mairie de Paris .Certains pourraient s’en réjouir, d’autres pourraient préférer voir sauter le verrou de Bercy, un autre Etat dans l’Etat.

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contre les fauteurs de trouble du 1er mai .

Dans tous les cas ,  Benalla , semble s’être rendu coupable d’une arrestation arbitraire en se faisant passer aux yeux de tous pour un policier , trompant aussi bien les manifestants que les forces de l’ordre ( voir le témoignage du commandant-divisionnaire Pierre LELEU, chef de l’unité de la CRS 15 de Béthune, qui se trouvait place de la Contrescarpe le 1er mai..) « Fraus omnia corrumpit «  le soi disant devoir du citoyen ( l’article 73 du CPP) que Benalla  invoque pour sa défense est en fait et en droit insoutenable, tout comme les violences policières que le traitement disciplinaire et administratif du comportement de l’intéressé le surlendemain des faits a eu pour effet de mettre sous le boisseau.

Yann MOIX, écrivain, journaliste, temoigne sur Calais

L’écrivain Yann Moix dénonce  dans une lettre ouverte ( voir çi dessous) adressée à Emmanuel Macron et publiée dans le journal Libération le 21 janvier 2018 le traitement infligé aux migrants à Calais dont il rend compte dans un documentaire à paraitre sur Arte, et accuse les forces de l’ordre d’actes de barbarie.Il fustige la politique migratoire de la France qui intègre au plus haut niveau ces actes répréhensibles dont il porte témoignage . Interrogé sur France Inter le lendemain, il s’explique sans détour sur l’indignation qui l’anime, et met en cause la duplicité sur le sujet du Président de la République lui-même qui joue les humanistes dans ses discours officiels comme celui tenu devant l’ONU le 17 septembre 2017( voir ICI sur notre site http://monpostdemocrate.info/?p=15261 la retranscription de son discours )

En visite à Calais le 16 janvier Emmanuel Macron s’était élevé contre «l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels» des migrants, tout en précisant que «si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». » Rien de surprenant à ce que le préfet du Pas de Calais ( Fabien Sudry) ait affirmé  de son coté que «l’usage du gaz lacrymogène s’était fait  dans le respect de la réglementation» pour «mettre fin aux tentatives d’intrusion sur la rocade, sur les sites du port et du tunnel sous la Manche et pour stopper les débordements et les rixes entre migrants».

Président Macron et Préfet Sudry ne pouvaient  ignorer  les conclusions d’un rapport de l’administration commandé par le ministre de l’Interieur G Collomb et publié le 23 octobre 2017, juste un an aprés l’évacuation de la jungle de Calais, rapport selon lequel des «manquements» à la déontologie policière étaient «plausibles» à Calais, avec un « usage disproportionné» des gaz lacrymogènes.

Le préfet Sudry, en réponse à Yann MOIX, répond sur twitter  et défend , oh surprise, les serviteurs de l’Etat , l’infamie , selon lui , est du coté du chroniqueur en quête de notoriété.

 L’indignation de  Yann Moix nous parait pourtant bien réelle: dans ses écrits et ses explications, il semble vouloir dépasser le cadre de la responsabilité individuelle des policiers en dénonçant un véritable  » protocole de la bavure » c’est à dire un schéma d’obéissance et de commandement qui conduit à des traitements inhumains et dégradants , et auquel doivent se plier les forces de l’ordre, tout comme le soldat qui doit tuer pour ne pas être tué…

Souvenons nous  que l’usage de la force par les services de sécurité sont soumis , au niveau européen , à des critères qui excluent tout acte qui  relèverait d’un traitement inhumain et dégradant dont la gravité est avérée .  La violence policière ne peut pas servir de prétexte à une impuissance politique de traiter humainement et dignement le phénomène migratoire, assimilé selon un langage dévoyé qui appartient à l’extrême droite à une « ‘invasion »  migratoire.

Il est temps de prendre la mesure des réflexes de pouvoir qui déshonorent la République.

Lettre ouverte de Yann MOIX à Emmanuel MACRON à propos des violences policières à Calais

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“ Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez «migrants» : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que «ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires.» Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.Je ne suis pas, comme vous dites, un «commentateur du verbe» : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux droits fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

( ICI extrait du documentaire qui sera diffuse sur Arte au mois de mAI 2018)

Vous menacez de saisir la justice si les «faits dénoncés» ne sont pas «avérés». Voici donc, monsieur le Président, les ­images des conséquences obscènes de ­votre politique.Ces actes de barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

«Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques», avez-vous dit. Ajoutant : «Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.Journalistes, policiers : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres précis, et vous êtes impardonnable ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure.

Quand une police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la dignité de l’homme  ? Vous y avez répondu vous-même : «Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement.»L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les violences policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

«La situation est ce qu’elle est par la brutalité du monde qui est le nôtre», dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion  ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.Vous avez osé dire : «Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République.» Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de «l’humanité», les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberrati

La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un «crime contre l’humanité». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas : c’était un Calais pipé ; c’était ­un Calais imaginaire et vide ; c’était un ­Calais sans «migrants». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

Le Défenseur des droits (J Toubon )a dénoncé, lui aussi, le «caractère exceptionnellement grave de la situation», qu’il n’hésite pas à décrire comme étant «de nature inédite dans l’histoire calaisienne». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un crime.

Je citerai enfin les conclusions de la «mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois» d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur : «L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation].»Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier : «Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur( Gerard Collomb) qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants.»Vous dites : «Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la violence.» Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une «fake news», vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu. Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire  ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

Le préfet du Pas-de-Calais ( Fabien Sudry) m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.Jean Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie. »

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En réponse à Yann MOIX , le prefet Sudry aux ordres , tweete  son désaccord

Lui aussi  affirme , voyons de prés de quoi il retourne

« aucun détenteur de la force publique, écrit-il, ne reçoit, ni n’a reçu d’instructions contraires à la déontologie (utilisation de gaz lacrimogène sur des points d’eau ou au moment de la distribution des repas, reveil des personnes pendant la nuit, exercice de violences physiques : tout agent qui se rendrait coupables de tels agissements, serait immédiatement sanctionné , avec la plus grande sévérité , sur  initiative de ma part »(…) Des images que vous présentez ( que Yann Moix présente) comme des preuves des violences policières aujourd’hui semblent montrer en réalité des opérations de maintien de l’ordre au temps du bidonville de la Lande avant octobre 2016 (…)

Selon le préfet Sudry , Yann Moix  » semble découvrir qu’il est trés légitimement fait usage proportionné de gaz lacrimogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empecher l’intrusion des migrants dans le tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais ( il faut rappeler la mort de 4 migrants en 2017,soit renversés par des poids lourds, soit en tombant d’un poids lourd en circulation, ou pour protéger les transporteurs routiers ( dont l’un est mort il y a quelques mois aprés avoir percuté un barrage monté par des migrants). Il choisit de ne pas dire un mot du dispositif humanitaire mis en place par l’Etat à Calais et qui permet aux migrants qui refusent les hébergements proposés systématiquement par l’Etat d’avoir accès à l’eau potable , à des douches , des sanitaires, ainsi qu’aux soins de santé au centre hospitalier de Calais ( 30 passages par jour en moyenne) »

Les accusations du chroniqueur sont gravissimes,selon le Prefet   » la principale , écrit-il, étant qu’un » protocole de bavure »aurait été sciemment organisé par l’Etat à Calais « .

Les Collombes républicaines seraient -elles l’instrument d’un Etat policier ? That is the question .

Le Daech , une bande d’assassins politico-religieux

DAECH

Le Daech, c’est d’abord une bannière sous laquelle se sont regroupés des arabo-musulmans qui veulent se faire passer pour des religieux en qualifiant comme tels leurs actes criminels contre les populations, un     djihad », un combat armé tourné contre tous  les mécréants au Moyen Orient ( Irak, Syrie , Libye etc…)  ou hors Moyen Orient ( l’Occident ) . Ceux  qui se réclament du Daech ne sont pas un peuple constitué, ni un Etat reconnu au plan international , leurs agissements assassins à visée politique commis le plus souvent par des kamikaze sont des attentats terroristes barbares  qui rangent leur auteurs au ban de la communauté internationale et religieuse.

 Dans un billet récent publié le 23/12/2015 il écrit   » le père Noel gouvernemental est une ordure «  On sait que Mélenchon ne s’encombre pas du politiquement correct  au point qu’il lui arrive de désigner le président de la République sous l’expression « l’autre ». Il est vrai qu’il y a de quoi perdre son sang froid après un Sarkozy, Président de la République tout en restant le premier partisan de son parti et en  annexant le poste de premier ministre, surtout après Hollande , le social -libéral illusionniste de gauche à droite et Président monarque  façon Bayrou . Voici ce que j’écrivais sous le billet de Mélenchon à propos de la constitutionnalisation de l’Etat d’urgence .

« La forme républicaine de gouvernement est un impératif catégorique, voire constitutionnel. Toute tentative de s’écarter de cette forme de gouvernement par les pouvoirs constitués porte atteinte au droit du citoyen français de vivre en République selon le pacte républicain fondateur aux 3 maximes : liberté, égalité , fraternité. Cette atteinte est caractérisée par la volonté d’un pouvoir éxécutif d’inclure dans la constitution de son peuple, des pouvoirs policiers exorbitants qui ne se justifieront que par l’autorisation constitutionnelle qui en ait donné, sans les circonstances exceptionnelles de la mise en danger du peuple de France par un autre peuple. Daech n’est pas un peuple constitué, c’est une association de malfaisants qui prône le crime organisé à l’échelon planétaire tout comme n’importe quelle autre Mafia. La réprobation est quasi universelle, la réponse la plus appropriée serait d’étoffer la justice pénale internationale sous l’égide d’instances onusiennes sous le contrôle desquelles s’exerceraient des pouvoirs d’investigation et de répression susceptibles de garantir la sureté des personnes, non celle des peuples, à proprement parler . Ainsi on éviterait le piège de verser dans des mesures anti démocratiques pour « le bien du peuple » , ce qui n’est pas aussi risible que ça en a l’air par les temps qui courent. »

Comme le suggère, un constitutionnaliste, professeur de droit public de son état,M Rousseau, normaliser l’Etat d’urgence dans la Constitution ou poser son principe n’équivaut pas à avaliser des mesures liberticides de façon pérenne. Selon cet éminent juriste , pour le détail, une loi organique votée à la majorité qualifiée suffirait.  .

Mais Hollande veut constitutionnaliser l’ état d’urgence , car c’est une façon à lui de rallier le peuple français à la réponse du pouvoir éxécutif de lutter contre le terrorisme et ce, après les attentats des terroristes djihadistes sur le sol français . Il a désigné l’ennemi : le groupe Daech . Ce groupe  incarne la menace sans doute faut-il se garder d’occulter les variantes Al Qaida, sa branche maghrébine (ACMI), sa branche yéménite ( AQPA) qui se rangent aux coté du Daech contre la coalition internationale hostile aux djihadistes . La guerre avalisée par l’ONU, et engagée au Moyen Orient contre ceux qui se réclament du Daech, est une guerre asymétrique,dit-on. En effet ce n’est pas une confrontation d’Etat à Etat, de souveraineté à souveraineté,  parce que le peuple de Daech n’existe pas, ce qui contrarie beaucoup ce groupe qui revendique l’appelation d’Etat Islamiste (EI)ou donne à ses milices affranchies de l’Etat de droit au plan international  le nom usurpé d’armées.

Les attentats qu’ils revendiquent un peu partout , comme celui du Bataclan sont le fait   de meurtriers, d’assassins,  qui ont lâché les amarres avec la simple humanité pour se rapprocher d’un Dieu fantasmé moyenâgeux.   Dans ce cas, point n’est besoin de changer la Constitution française pour les combattre , si notre République est toujours vivante, son peuple  bien que meurtri par des actes barbares  est capable de maturité. Grâce à son passé historique il sait reconnaître les « illuminés » de la foi , il n’est pas en danger de désunion dans sa défense de la paix civile et des valeurs républicaines. Face au Daech, il dispose d’une force légitime , celle de ses armées. Face au Daech il est capable de ne pas discriminer la communauté musulmane avec ses milliers d’adeptes qui vivent leur religion en paix et dans la paix  même si certains pensent  le contraire avec la montée du Front National et du racisme anti musulman . Changer la Constitution ne ne nous mettrait pas à l’abri d’abus de pouvoir si les circonstances faisaient accéder au pouvoir le Front national animé d’un esprit sécuritaire peu soucieux des libertés républicaines et sourd à la tolérance , cette qualité républicaine  qui humanise la fraternité , à ne pas confondre avec le laxisme que le chef de l’extrême droite , Marine Le Pen  dénonce à tous crins pour  stigmatiser le défaut  d’autorité des gouvernants ou  l’ irresponsabilité des juges.

Pour ce qui concerne la déchéance de nationalité pour les bi nationaux nés en France, les choses sont différentes. Il ne s’agit pas de la réponse du berger à la bergère qu’a cru devoir faire Hollande en bombardant les territoires où se trouve implanté le groupe Daech ( Syrie , Irak), ou en autorisant le déploiement de pouvoirs exorbitants  confiés à la police administrative . Avec la question de la déchéance de la nationalité on touche au noyau dur, l’âme républicaine . La République tentée de recourir à ce moyen  touche au coeur même du pacte républicain : celui de la fraternité. Cette valeur renvoie à une responsabilité politique première qui fonde le principe  d’une société démocratique organisée , elle la rend responsable d’abord de ses nationaux, de tous ses nationaux , à égalité  qui restent des citoyens et des sujets de droit , à part entière , quelles que soient les circonstances . Avec comme devise la fraternité, la République  impose à ses dirigeants d’adopter une politique de prévention et de répression dans le cadre d’un ordre public adéquat , qui intégre l’ensemble de ses nationaux . Les lois pénales anti terroristes actuelles en donnent les contours, avec une peine complémentaire à la clé, la peine d’interdiction des droits civiques et de famille. Le droit de punir  de la déchéance de la nationalité des nationaux qualifiés de criminels terroristes, même limitée aux binationaux, n’est pas envisageable pour un républicain et contraire à l’état de droit fixé par notre Constitution (*): on réinventerait ainsi le crime sanctionné par la peine du bannissement. Comme la mort physique , la mort citoyenne ne peut pas être organisée . Ce serait s’abandonner à l’idéologie de l’extrême droite  toujours prompte à guillotiner ( au sens propre comme  au sens figuré) au nom d’une pureté ethnique . Ce serait un shoot en touche indigne de la France. Pourquoi Hollande veut-il nous entrainer sur ce terrain ?HOLLANDE

PIOCHE INTERNET

(*)http://www.liberation.fr/france/2015/12/24/terrorisme-punir-n-est-pas-dechoir-et-dechoir-n-est-pas-punir_1422827

Marc Trévidic ex juge d’instruction specialisé en matière de terrorisme . Selon M. Trévidic, ce projet pose des «questions pratiques» : «Comment expulser un individu qui a toujours vécu en France ? Une autre nation a-t-elle à gérer quelqu’un né chez nous ?».

 

Tentative de suicide manquée : mère-fils ?a suivre

Le titre dans le Dauphiné libéré  » il poignarde sa mère pendant son sommeil » a attiré mon attention : on touche ici à un tabou .

Les faits ont été commis , dans la nuit du 23 au 24 octobre 2015, à Vallouise dans les Hautes Alpes où la mère et le fils, d’origine marseillaise , étaient venus passés le week -end  dans la résidence secondaire de la famille. Le père était resté à Marseille où le fils, 39 ans ,  et les parents habitent ensemble habituellement.

L’auteur de ce geste  meurtrier a lui même alerté les pompiers pour qu’ils viennent porter secours à sa mère entre la vie et la mort . Le pronostic vital de la victime, agée de 59 ans est engagé, elle  a été  hospitalisée en urgence au Centre hospitalier de  Briançon .

Les militaires de la Gendarmerie de la Brigade locale de l’Argentière -la-Bessée et de la brigade de recherches de Briançon, chargés de l’enquête, ont appréhendé le suspect dont les premières explications sont énigmatiques . Il aurait eu ce soir là le projet morbide de mettre fin à ses jours comme à ceux de sa mère à qui il a porté , pendant qu’elle était endormie, deux coups de couteau , l’un au cou et l’autre au  thorax . Après ce geste il aurait renoncé à se tuer. Il n’était apparemment pas sous l’influence de l’alcool ou de la  drogue, les analyses ultérieures  permettront de le confirmer ou non  . Il n’était pas suivi au plan psychiatrique ou psychologique et exerçait une activité professionnelle régulière.

Les premiers renseignements sur cette famille ne sont pas défavorables . Cependant , s’agissant d’un drame familial,  les enquêteurs seront vraisemblablement conduits à approfondir le système familial tel qu’il fonctionnait ou dysfonctionnait et la nature des relations entre ses membres. Une telle approche sera sans doute utile pour expliquer le geste de ce fils , frappé de l’indignité d’un des derniers tabous qui nous gouvernent .

Le meurtre  ou sa tentative , avec cette circonstance qu’il  a été commis sur un ascendant , est puni de la peine la plus haute dans notre droit ,  la réclusion criminelle à perpétuité.

 

 

 

Vol de l’argent public en bande organisée

 

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On apprend que M Claude Guéant est cité à comparaitre devant le juge correctionnel pour recel de détournement de fonds publics commis courant 2002 -2004 dont l’auteur principal n’est autre que l’ancien directeur général de la Police nationale et ex-Prefet de Police de Paris M Michel Gaudin . Trois autres préfets sont poursuivis devant le tribunal pour complicité . Tout ce beau monde travaillait à l’époque au sein du cabinet du ministre de l’Intérieur , M Nicolas Sarkozy dont Guéant était le bras droit et directeur de cabinet . Bref , un bel aréopage de serviteurs de l’Etat mis en cause , de quoi s’agit-il ?

Le ministre de l’Intérieur et son administration dispose officiellement de sommes en argent liquide destinée à faire face à des frais ponctuels d’enquêtes et de surveillance , comme la rétribution  d’informateurs, voire l’infiltration d’agents au sein d’un trafic.

Guéant, nommé directeur de cabinet de N Sarkozy en mai 2002 , considère à son arrivée au Ministère de l’Intérieur , qu’il convient de rétablir la pratique des primes de cabinet abolie sous le gouvernement Jospin quelques mois auparavant . Au sommet de la hierarchie policière il est décidé de détourner à cette fin ( ou de continuer à détourner ) une partie des frais d’enquête et de surveillance et plutôt que d’en faire bénéficier les hommes de terrain privilégier les hommes de cabinet, autrement dit la garde rapprochée du Ministre qui est censé tout ignorer même s’il est le chef suprême de son administration  . D’où l’affaire dite « des primes de cabinet »  l’octroi de primes non déclarées , en dehors des dotations officielles . Il paraitrait que le fisc  aurait détourné , quant à lui le regard sur cette pratique  scabreuse , une fraude fiscale évidemment.

Guéant s’est fait remettre entre 2002 et 2004  par Gaudin la somme mensuelle de 12 000 euros puisée dans l’enveloppe des frais d’enquête de la Police :  il en captait une bonne partie pour lui pour régler en espèces des factures  d’équipement liées à  son appart . C’est d’ailleurs à l’occasion d’une perquisition effectuée à son domicile en février 2013, dans le cadre du financement libyen de la campagne présidentielle en 2002 de son patron , N Sarkozy  que les policiers ont découvert cette série de factures suspectes pour un montant d’environ 47 500 euros . Pauv con !!!  Guéant résume ainsi sa situation, si l’on en croit les journalistes du journal LM du 28 mai 2015 qui retranscrivent le contenu d’une de ses écoutes téléphoniques  . Il est vrai qu’avoir conservé des documents compromettants , c’est pas génial pour un ministre , certains pourraient penser que c’est la tendance à se croire au dessus du panier qui fait disparaitre la faute . Est ce le cas de M Guéant ? Sans doute car depuis 2004, il a gravi les échelons du pouvoir pour devenir un homme d’Etat influent .  Aprés un passage au ministère des Finances  (sic) il devient le secrétaire général de l’Elysée , puis Ministre de l’Intérieur en remplacement de Brice Hortefeux  , lui aussi en délicatesse avec la justice ( qui a plusieurs défauts mais pas celui d’oublier)

Et toujours le même Mentor  , qu’on voit revenir à la vitesse grand V  avec toute sa bande aprés son échec de 2012.

7 janvier 2015: Tuerie contre les animateurs de Charlie Hebdo

Wolinsky,Cabu,Charb,Tignous

Wolinsky,Cabu,Charb,Tignous

Le 07/01/2015 au siège de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo qui était sous la menace islamiste depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, un commando de deux hommes, habillés en tenue sombre, cagoulés  et armés de fusils de guerre, ont fait irruption dans un immeuble du 11 ieme arrondissement de  Paris,  où se tenait , comme tous les mercredis, une réunion des principaux animateurs du journal. Ils ont tiré dessus les journalistes et leur entourage.

Selon les premières informations,  23 personnes ont été touchées . Une douzaine ont perdu la vie dont - Stéphane Charbonnier, dit Charb, 47 ans qui dirigeait Charlie Hebdo depuis 2009. «  Pas de gosses , pas de femme,pas de voiture , pas de crédit ,aimait-il dire . Il préférait  » mourir debout que vivre à genoux . »  - Bernard Verlhac, dit Tignous 57 ans qui dessinait pour la presse depuis 1980-Cabu ,Jean Cabut, de son vrai nom, était à 76 ans, l’un des « parrains » du dessin satirique à la française, né dans les années 60 dans Hara-Kiri. Il a été le créateur des personnages emblématiques du Grand Duduche, l’étudiant lunaire et le fameux Beauf, aux lunettes noires et à la moustache arrogante-Wolinsky, dessinateur, qui était lui aussi une figure de la caricature , collaborateur en son temps de Hara-Kiri.-Bernard Maris, économiste réputé et chroniqueur à France Inter . Après cette tuerie, c’est la rédaction  toute entière de Charlie Hebdo qui est décapitée .

On compte aussi 11 blessés dont 4 dans une situation critique.

Il  s’agit évidemment d’un drame absolu pour l’ensemble des victimes et leurs familles.  7journalistes de Charlie Hebdo ont été tués.  C’est un assassinat politique  de toute évidence, un acte que  les autorités ont qualifié d’acte de guerre terroriste  et qui requiert, comme l’a rappelé le président de la République française , un rassemblement national autour des valeurs républicaines incontournables comme le droit à la vie , la liberté de conscience et d’opinion des citoyens et la défense de la liberté de la presse .

Au cours de cette opération quasi militaire dirigée en temps de paix contre un journal et exécutée avec sang froid, les meurtriers armés de fusils d’assaut ont également donné la mort à deux policiers. L’un, le brigadier Franck Brinsolaro, abattu dans les locaux de la rédaction, aux cotés du dessinateur Charb,  dont il  était chargé d’assurer la sécurité L’autre,   Ahmed Merabet, a été tué dans la rue au moment de la fuite des tireurs : à la suite d’une fusillade, ce policier blessé, étendu au sol, et rendu inoffensif  a été achevé à bout portant par l’un d’entre eux .

La  volonté de donner la mort et l’ apparente détermination à mener à bien leur entreprise au cri de « Allah est grand », selon ce que rapportent certains témoins de la scène,  n’est pas sans poser question sur l’Islam, l’islamisme et le djihadisme au nom duquel   es deux français ont agi . Pour ce que nous en savons , tout s’est passé comme si la haine envers les humoristes caricaturistes s’était doublée d’une haine envers les policiers : celui tombé au sol qu’on achève d’une balle tirée à bout portant est la démonstration d’une folie meurtrière alimentée par une haine totale contre l’ordre républicain. Reste à savoir qui sont ces individus et tirer les enseignements de leur comportement . Mais je ne suis pas sûr qu’on y découvre  autre chose que la nature du mal qui a dicté cette tuerie : le passage de certains d’entre nous sur l’autre rive de l’humanité en se détachant  du sentiment de dignité humaine, et la responsabilité collective de nos sociétés  à fabriquer de l’inhumain, de l’inacceptable, de l’intolérable 

Les auteurs de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo ont réussi à prendre la fuite  et sont activement recherchés . Il paraitrait que l’un d’eux aurait laissé  » trainér  » une carte d’identité dans un véhicule volé retrouvé . Ici bas , la  bêtise fait souvent bon ménage avec la cruauté . La cruauté arme , la bêtise désarme, et  le peuple en sera juge . Il sait reconnaître l’injustice et l’ attentat contre Charlie Hebdo  en est une qui fait saigner le coeur au souvenir de ceux qui y ont trouvé la mort et de l’affection qu’on leur portait , au souvenir aussi du symbole qu’ils représentaient reconnu par tous les amis de la France, pays de libertés . Il n’y a pas de politique sans symbole et il n’y a pas de symbole durable sans courage. Nos dessinateurs préférés, défenseurs de la laïcité, n’en manquaient pas .

Bref, l’enquête est ouverte , la justice est en marche  et elle a intérêt à conclure rapidement, la liberté assassinée mérite tous les soins et toute la vigilance des institutions citoyennes en démocratie avancée.

 

La criminalisation des mouvements sociaux accompagne les politiques d’austérité.

En Grèce , et partout en Europe les syndicalistes sont en première ligne . Confrontés aux forces de l’ordre les mouvements sociaux peuvent mal tournés et être l’occasion d’une explosion de violence.La colère populaire peut être ainsi discréditée par des atteintes aux biens et aux personnes ou aux forces de police  censées protéger l’ordre républicain. La colère populaire peut déraper, elle n’en reste pas moins légitime . Et tous les gouvernements  qui appliquent des politiques d’austérité ont l’impératif devoir d’équilibrer les sacrifices demandés au peuple et être à l’écoute des plus démunis . Avec un gouvernement de Gauche on aurait pu s’attendre à ce que les plus favorisés, les plus fortunés, les puissants aux manettes de la finance voient leurs situations de privilégiés devenir plus austères … Pas du tout , le gouvernement socialiste Hollande-Ayrault applique la formule la plus éculée et la plus facile. Que le vulgum pecus paye les conséquences de la crise après la défaillance des banquiers, des pousse-au-crime !!!

 Parti de gauche / http://www.lepartidegauche.fr/actualites/actualite/matraques-prison-la-reponse-des-complices-la-finance-25618

Quebec: loi anti manif du 18 maion s'en calice

manifestations_montreal

« SI  LA  JEUNESSE  N’A  PAS  TOUJOURS  RAISON,  LA SOCIETE  QUI  LA  MECONNAIT  ET  QUI  LA  FRAPPE  A  TOUJOURS  TORT »   de François Mitterrand

La loi speciale du 18 mai contre le  droit de manisfester du gouvernement Charest au Quebec et la répression contre le mouvement , à l’origine estudiantin, en lutte pour préserver l’université contre la marchandisation outrancière de l’enseignement  supérieur et contre l’augmentation des droits d’entrée , a fait exposer la colère dans la paisible province du Canada . Depuis tous les soirs, une foule envahit les rues à Montréal et brave la loi matraque qui interdit les réunions de plus  de 50 personnes sans déclaration préalable à la police sur l’itinéraire des marches la plupart improvisées qui se répètent de 20heures à 2 heures du matin dans le tintamarre du bruit des casseroles que les manifestants ont décidé d’utiliser pour se faire entendre . Les slogans n’ont pas tardé à scander ladite « musique » de la révolte qui mobile de plus en plus de monde . «  Si vous en avez ras le bol , tapez sur vos casseroles , si vous en avez marre, faites du tintamarre « 

Reportage de Daniel Mermet et Giv Anquetil à Montréal  31/05/2012 sur France Inter Depuis le 13 février où ils étaient 300000 dans les rues de Montréal, les étudiants québécois ne lâchent rien.

démarrer l'écoute (ré)écoutez cette émission (disponible jusqu’au 24/02/15 à 15h59)


Printemps érable , colère durable … le Québec vibre ! Bravo nos cousins .


AFFAIRE DSK

dskautre200DSK l’inventeur à gauche du concept de « réformisme radical » fondé sur l’équilibre entre justice sociale et économie de marché écrivait en 2004, dans une note de la Fondation Jean Jaures, que ce réformisme « ne se réfugie pas dans la promesse d’un grand soir ou dans une rupture illusoire avec le capitalisme. »

Député puis ministre socialiste, il réussit à se faire nommer, Directeur du FMI en Novembre 2007  grâce à Nicolas Sarkozy élu Président de la République quelques mois auparavant , une promotion de droite en quelque sorte qui le place au rang des puissants de ce monde.

De son coté le PS, à partir de 2008  et jusqu’à son projet de gouvernement pour 2012, sous la férule de Martine Aubry, entend bien reprendre les commandes du pays, lequel d’après les sondages, penche franchement pour Dominique Strauss Kahn.Celui-ci, tout en pratiquant le statu quo néolibéral, à la tête du FMI claironne  volontiers qu’il est socialiste aux journalistes, calés sur l’opinion publique qui voit en lui un futur Président de la République .Personne, au parti socialiste, ne semble douter qu’il serait capable une fois élu, d’appliquer leur programme de gauche qui consiste à relever les défis d’un nouveau modèle de développement économique , avec le rétablissements des comptes publics et la restauration d’une République plus démocratique à travers l’égalité réelle.

L’agenda des primaires socialistes est précis, DSK, qui revendique son droit de réserve comme chef du FMI  devait se décider avant le 13 juillet  2011 pour poser sa candidature à la candidature présidentielle.

Arrive en mai 2011 l’affaire DSK, un tsunami politique mondial : le directeur du FMI accusé pénalement aux Etats Unis d’agressions sexuelles sur la  femme de ménage de l’hotel Sofitel où il résidait à New York. Je ne reviendrai pas sur les détails du déroulement de cette affaire judiciaire en pays  anglo-saxon. Néanmoins je ferai miennes les observations publiées dans le Monde du 8 juillet 2011 et formulées par le Professeur Arthur Goldhammer, du Centre d’études européennes de l’Université Havard, traducteur du grand  Tocqueville, fin connaisseurs des institutions américaines.

Sur le Procureur de New York, Cyrus Vance il dira « On ne peut rien lui reprocher » Il a fait arrêter DSK à l’aéroport avant qu’il ne quitte les Etas unis pour l’Europe dans les conditions que l’on connaît « même sans plainte contre lui, DSK était soupçonné d’avoir des antécédents » L’enquête interne ouverte au FMI sur les relations entretenues par DSK avec  Piroska Nagy , une employée de l’organisation, devenue sa maîtresse, « une erreur de jugement » selon lui, a laissé des traces. Pour en revenir à la femme de ménage du Sofitel, d’origine Guinéenne, Nafissatou Diallo qui a porté plainte contre DSK , c’est M Vance qui a, conformément aux exigences de la procédure américaine,  informé les avocats de DSK des éléments portés à sa connaissance qui décrédibilisaient  le témoignage de la victime. Par conséquent le procureur Vance semble avoir fait preuve du professionnalisme requis en de telles circonstances , même si à certains égard le système judiciaire américain qui fait élire ses procureurs n’est pas identique au notre et peut générer quelques incompréhensions de postures ( notamment celle de la police)

Sur les médias, le Professeur Goldhammer aura la critique féroce en soulignant le rôle « calamiteux » de l’information en continu « les médias doivent sans cesse donner du neuf, cela crée un cirque qui entrave la bonne information » Quoiqu’il en soit sur la réalité du viol, comment peut-on se retrouver dans une situation pareille, pour un homme qui affronte au quotidien des enjeux de puissance qui dépassent la vulgaire imagination de n’importe quel quidam.

Sur DSK , M Arthur Goldhamer conclura « s’il entendait accéder aux plus autres fonctions, alors il a mérité ce qui lui est arrivé » en substance sa réputation est coulée, sa carrière politique est finie. Le virage de l’opinion publique française est sans appel selon une enquête Ipsos ( LM 13/07/2011) et son directeur Brice Teinturier d’ajouter  » l’ affaire a révélé quelque chose de la relation de DSK avec les femmes et l’argent  » et surtout aussi, ce dont on parle moins, de la relation  de DSK  avec le discours de gauche et le peuple de gauche . La majorité des français trompée dans sa confiance ( fût-elle  mal placée) ne souhaite pas son retour . La messe est dite . Amen DSK

La parole est à la défense en dernier lieu

FRANCE/

Certains  diront qu’il a commis une imprudence comme s’il s’agissait d’une erreur de casting. Intronisé dans le monde de la haute finance, avec des responsabilités internationales de premier rang, il n’aurait pas du se retrouver tout seul , en tout cas non accompagné d’une garde rapprochée, ses conseillers en communication au lieu de se balader en porsche ne l’auraient pas suffisamment protégé, même de lui même, ils auraient du anticiper en fonction du personnage connu, tout événement de nature à le discréditer, voire le disqualifier comme une plainte en viol d’une parfaite inconnue, bref ‘ils n’ont pas fait leur job. Reste sa seule défense visible, sa femme qui aux yeux de tous ne l’a pas abandonné en attendant le dénouement d’une histoire qui est également la sienne et dont elle ne ressortira pas, elle non, plus indemne.

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