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La laïcité, une nécessaire exigence démocratique, reste à l'appliquer….

A mon ami DUCROS pour qui je me décarcasse  sous la forme d’un nouveau billet en réponse à son commentaire du billet précédent sur la laïcité

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Mon second

La radicalité ne m’effraie pas, bien au contraire surtout s’il s’agit d’une radicalité concrète , qui  apporte des solutions . C’est bien le cas de la laïcité qui a apporté une solution aux guerres de religions. Certains ont pu dire ( par exemple Michel Onfray dans un article du Monde 6et 7 mars 2011) que nos sociétés occidentales, « l’occident a été formaté par plus d’un millénaire de christianisme » certes , mais pour autant faut-il oublier que nous français, au prix d’une révolution et en s’affranchissant de la tutelle des Eglises nous avons inscrit sur tous les frontons de nos mairies une spiritualité laïque commune qui s’exprime par la devise « liberté, égalité , fraternité » Nos Eglises font partie aujourd’hui de notre patrimoine culturel et artistique comme témoin d’une histoire faite aussi de larmes et de sang.

« Le magnifique héritage de civilisation » que nous léguerait, selon N Sarkozy, la chrétienté est un jugement de valeur historique, qui ressemble à celui de Samuel Huntington, théoricien du choc des civilisations et de la stigmatisation de l’Islam. Dans la bouche d’un Président d’une République laïque qui célèbre le patrimoine national c’est une « roublardise » comme le soutient JL Mélenchon

«  La loi de 1905, argumente-t-il, dispose que ce n’est pas au nom de leur dimension religieuse que l’Etat restaure des monuments mais au titre de leur portée artistique universelle »

La tradition républicaine de la France moderne est de lutter contre l’obscurantisme religieux et on devine aisément de quel coté N Sarkozy le situe entre la chrétienté et l’Islam (le port du voile islamique et de la burqua en est un exemple) . Sa faute est de se laisser instrumentaliser par les thèses racistes de l’extrême droite qui pratique l’exclusion d’une religion étrangère à ( et en ) l’Occident et renforce la xénophobie aux antipodes de la laïcité dont les principes directeurs ont été conçus plutôt comme une solution à l’exercice tranquille de la liberté religieuse que comme une arme de guerre.

Mais il y a bien des traditions républicaines qui ne sont plus respectées dans la France d’aujourd’hui

Il faut bien comprendre , et ce sera notre conclusion , que derrière la laïcité se profile l’espérance du peuple : que la fin ne justifie jamais les moyens . Car, en général , c’est toujours lui qui en fait les frais . C’est pourquoi la laïcité est une exigence démocratique et on peut s’étonner que la plupart des pays européens n’ aient pas cru devoir en adopter le principe nécessaire.

Au coeur du racisme, la questiondu multiculturalismeet de l'identité nationale face à l'Islam

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Mon premier

Avant d’être élu Président de la République, lorsqu’il n’était encore qu’un ministre de l’intérieur et des cultes, N Sarkozy penchait pour une France  multiculturelle .Il était à l’origine de la création en 2003 du Conseil Français du culte musulman ( CFCM) .  Il disait alors « la France n’est plus seulement catholique «  et il constatait volontiers que l’islam y était « une des grandes religions » (on croit savoir la deuxième). Aujourd’hui N Sarkozy semble vouloir retoquer le principe de laïcité, ce principe républicain fondateur qui impose la séparation totale entre les Eglises et les Institutions, entre le spirituel et le temporel .

Comment s’y prend-t-il ?

Il dénonce l’échec du multiculturalisme : certains diront que la définition  du multiculturalisme comme toutes les expressions en « isme » manque de contours précis . Pour notre part, nous comprenons par « échec du multiculturalisme » l’évocation  d’une politique qui aurait échoué, celle qui favorisait jusqu’à présent  une France multiculturelle, c’est à dire  une France tolérante à l’égard de toutes les cultures et les religions, dont l’exercice est garanti  par l’idéal républicain de la laïcité. Pour faire bref, la laïcité garantit certes la liberté et la diversité religieuse  mais la laïcité ne saurait autoriser que les communautés religieuses  se developpent les unes contre les autres ou en diffusent des  pratiques qui seraient contraires à l’esprit républicain inspiré de la laïcité . La république française est une et indivible et c’est dans le cadre des lois de la République que les libertés s’exercent.

Force est de constater que  la question du multiculturalisme est devenue en France celle de la place de l’Islam dans la République. Pourquoi ? Parce que la France abrite la communauté arabe la plus importante d’Europe et qu’aujourd’hui, les pays européens craignent un flux migratoire en provenance du monde arabe, déstabilisé  par les mouvements révolutionnaires qui viennent de se produire en Tunisie, en Egypte, et en Libye.

L’Islam est-il compatible avec la République ?

Pourquoi cette question est -t-elle relancée maintenant ? La pratique de l’Islam concerne  en effet une population musulmane à majorité d’origine arabe estimée déjà à près de 5 millions d’individus , environ 2000 mosquées  et lieux de prière existent en France, des inaugurations sont en perspective avec financement public ( déguisé ou pas à cause de son caractère illégal).

Même question sur un autre angle : les valeurs de la République laïque sont-elles compatibles avec  la religion islamique ?

C’est une question politique de première importance qui a déjà été labouré par le droit international dans le cadre des conventions internationales portant notamment sur le droit familial ou les droits fondamentaux de la personne, signées par les pays de droit musulman qui n’ont pas renoncé à la religion dans la conduite du  gouvernement des hommes ou des Etats.

Avec l’immigration maghrébine, et d’une manière générale des personnes étrangères de culte musulman,   la question du multiculturalisme est devenue, en France, la question de la laïcité devenue elle même co-substantielle à celle de l’’identité nationale, expression mise au gout du jour par N Sarkozy. En effet en formant son premier gouvernement le Président de la république  a apposé les deux mots « identité nationale » à celui d’ « immigration » désignant ainsi  un nouveau  ministère celui de l’Immigration et de l’Identité nationale. Eric Besson, le transfuge du Parti socialiste, nommé à la tête de ce ministère, n’a pas hésité à engager un débat national sur cette notion  »d’identité nationale », qui faisait déjà polémique . « L‘identité  nationale » comme affichage d’une politique publique en charge de l’immigration a pu donner lieu à quelques confusions, malentendus voire dérapages : on s’en souvient le débat sur le sujet a provoqué les dérives habituelles de l’extrême droite, prompte à stigmatiser la religion islamique et la pratique du culte musulman en France. C’est à la faveur d’un remaniement ministériel au mois de novembre 2010, que   le Ministère de l’Immigration et de l’identité nationale a été  supprimé et que  le secteur de l’immigration a été  placé sous la coupe ( réglée) du Ministère de l’Intérieur. Cependant l’idée a tracé son sillon, derrière les Français il y a une identité nationale et il convenait de l’affirmer pour la majorité au pouvoir.

Mais  subrepticement,  nous voyons la religion islamique  prendre les habits d’une religion étrangère avec le port du voile islamique, la consommation de la viande  Hallal, l’éducation dans des écoles coraniques, les prêches des imams et les  prières de rue, et avec enfin la construction de mosquets et de minarets. La pratique de l’Islam devient un argument de rejet de la culture musulmane et des communautés musulmanes : par la religion on confond  » les français musulmans qui ont l’air étranger et les étrangers musulmans qui n’ont pas l’air français » . Et c‘est, en définitive   dans une ambiance d’islamophobie européenne ancrée de plus en plus dans les esprits, que N Sarkozy dénonce l’échec du multiculturalisme en ces termes :

Le multiculturalisme « c’est un échec. « Dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui accueillait (…) Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, la communauté nationale. Si on n’accepte pas cela, on ne vient pas en France« (…)« Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir pratiquer leur religion (…) mais il ne peut s’agir que d’un islam de France et non pas d’un islam en France« ( …)

Comme le suggère Samuel Huntington, père de la théorie du « choc des civilisations » certains peuvent  estimer que  la religion est le fondement de toute civilisation et de sa culture. L’identité nationale, matrice d’une communauté nationale  devient  alors inséparable d’un « héritage religieux national »  d’un passé historique religieux aux repères identitaires . Mais si nous n’y prenons garde , un tel positionnement peut servir  à stigmatiser  le fait religieux nouveau que constitue le phénomène de la pratique de l’Islam en France  par une communauté musulmane présente et devenue visible  sur le territoire national .

Que faire ? Revenons à nos fondamentaux de vie publique .

Si la République est une et indivisible c’est pour défendre la démocratie et les exigences démocratiques de la socièté française exluent le racisme sous toutes ses formes . Mieux la forme républicaine de la démocratie française garantie par la Constitution,  interdit toute atteinte à l’ordre politique laïque. Celui-ci  postule la diversité culturelle et religieuse . En conséquence de quoi, tous les pratiquants d’une religion sont égaux devant la loi .  C’est dire que rendre justice à cette égalité  est le seul principe qui vaille en République.  C’est un principe supérieur qui valide en même temps le multiculturalisme et la citoyenneté dans un processus de création continue démocratique qui n »exclut ni l »un ni l »autre.

Pour répondre à la question de l’échec du multiculturalisme posé par la parole présidentielle, on serait tenté de dire qu’il ne suffit pas pour être dédouané de la responsabilité de l’échec du multiculturalisme de changer les règles du jeu : il convient d’en   rechercher  les causes . Qu’est ce qui fait obstacle au mélange des cultures ? que signifie  la montée d’un communautarisme national ou l’idée d’un héritage religieux national ?   Qu’est-ce qui facilite l’expression des thèses racistes de l’extrême droite xénophobe ?

Parmi les causes, sans doute la crise de la démocratie  et une absence totale d’ambition républicaine porteuse du projet démocratique à la française issu de l’esprit des Lumières et de la Révolution.

N Sarkozy après avoir eu tort de créer le ministère de l’Identité nationale, a eu raison de le supprimer mais attention aux enseignements de la sagesse populaire  » chassez le naturel et il revient au galop « 

SOURCES

LM du 27/02/11 : l’échec du multiculturalisme, ou de N Sarkozy

LM du 1/03/11 : A quels problèmes se heurte la pratique de l’Islam en FRANCE

Blog politique de JL Melenchon où est developpé l’idée selon laquelle l’ordre politique laïque qui est le nôtre est fondé à ne délibérer que sur ce qui est commun et non sur les différences

MISE A JOUR du 3/03/11 :

Bingo, le naturel revient au triple galop !!! Voir le discours de N Sarkozy au Puy en Velay consacré à l’héritage patrimonial de la France, un  héritage chrétien  qu’il célèbre et qu’il assume au nom de la France dans les  termes suivants .

« La chrétienté , dit-il , nous a laissé un magnifique héritage de civilisation « . Il ajoute , » Président d’une République laïque je peux le dire car c’est la vérité (…) Cet héritage c’est une chance , c’est d’abord un devoir(…) nous devons le transmettre aux générations et nous devons l’assumer sans complexe et sans fausse pudeur(…) conserver et restaurer cet héritage , une mission à laquelle l’Etat ne peut et ne doit se dérober »  Site Elysée

RAPPEL:

Le Président Sarkozy en visite chez Benoit XVI Discours au Latran Rome le 20/12/07 Site Elysée

Hervé MORIN, avocat de la défense d'Horte… feux sur les Roms

MORIN HerveInterrogé sur les tensions entre la France et la commission européenne sur le dossier des Roms, M. Morin parle d’ »une séquence malheureuse pour l’Europe dont on aurait pu se passer »  « D’un côté, une circulaire administrative mal rédigée et aussitôt corrigée par le ministre. De l’autre, le propos outrancier d’une commissaire européenne, également corrigé dès le lendemain. Il reste que l’expulsion pour des personnes séjournant plus de trois mois sur le territoire national sans justifier de ressources suffisantes n’est rien d’autre que la mise en oeuvre pure et simple des textes européens »dit-il

Hervé Morin, c’est le chef de file du Nouveau Centre,  celui  qui disait ce que penseait Bayrou à l’époque où il était son lieutenant et qui fait aujourd’hui ce que dit Sarkozy aprés sa nomination trahison au gouvernement  comme ministre de la défense .  Certes il loupe des marchés d’armement  mais pour sa défense  il a fait semblant de connaître  le droit européen , conformément à ce qu’on attendait de lui sur la question des Roms . Il répète, en fait,  ce que dit la majorité UMP aux ordres … Le droit européen a été respecté alors que sur ce dossier les autorités les plus compétentes en Europe et ailleurs émettent quelques réserves, dont notre ministre n’a cure . Comme le laisse entendre son ami de l’Intérieur  Brice Hortefeux , est ce que la France est un terrain vague ? La réponse est non et il faut agir en conséquence,  et de concert , concert dont le chef d’orchestre élyséen a lu la partition lors de son discours de Grenoble en visant les campements illégaux, les roms et la délinquance.

Sans doute Hervé Morin n’a-t-il pas suffisamment prêté attention à l’entrée en vigueur le 1/12/09 du traité de Lisbonne qui donne force contraignante à la charte européenne des droits fondamentaux dont l’article 19 dispose que  « les expulsions collectives sont interdites » dés lors qu’elles concernent des populations caractérisées par une appartenance à une ethnie.

ROMSNotre ministre, UDF dans l’âme et donc européen convaincu, devrait savoir que chaque fois qu’il est question de l’Europe, il est nécessaire de faire un brin d’histoire, tant  il est vrai que la connaissance du passé sert à la compréhension du monde présent, et que le monde présent sert à la perception de l’avenir : c’est indispensable pour un ministre de la défense et le cas échéant de la guerre . Pour ce qui concerne la question des Roms,  les spécialistes en politique nous apprennent  « qu’ ils constituent le pire cas subsistant en Europe d’exclusion sociale et de discrimination fondée sur des critères ethniques et que stigmatiser un groupe ethnique , le présenter comme collectivement menaçant pour la société , c’est l’inverse même du respect des droits de l’homme « 

Les instructions ministérielles de rafler les roms sont devenues  dans la bouche du Ministre de la défense  « une circulaire administrative mal rédigée » , un cadeau pour le premier ministre  … Hortefeux, l’homme de confiance de Sarkozy. On ne sait jamais lorsqu’un remaniement ministériel approche …!!!

La France prend l'eau sur le terrain des droits fondamentaux

Le mardi 31 août Jean Luc Melenchon répondait aux questions de JJ Bourdin lors de la Matinale RMC /BFM TV sur le volet des retraites et des rapatriements de Roms vers leur pays d’origine.

Très en verve, le tribun du peuple n’a pas déçu , il a tiré le portrait de ceux qu’il n’aime pas avec la gouaillerie  et la colère du peuple sans doute un peu aussi à la façon des caricaturistes .

« Ce sont des barbares , des obsédés sexuels »

En avant propos des questions politiques , il prenait la défense de la première dame de France, insultée par un journaliste iranien qui l’aurait traitée de prostituée, selon le rapport de Bourdin: «  je ne supporte pas qu’on parle comme ça , ces types sont des barbares ils ne savent pas voir la grâce et l’intelligence là où elles se trouvent , et puis en plus ce sont des obsédés sexuels parce qu’ils passent leur temps , lorsqu’il s’agit des femmes soit à les voiler , soit à les injurier avec des mots aussi vulgaires . On voit à quel point la religion en politique projette dans l’arène publique les névroses qui sont le propre de l’obsession religieuse »

« Ce sont des comédiens des incapables… »

Sur le terrain des retraites il rappelle le mot d’ordre qui est le sien « La retraite , c’ est la retraite à 60 ans , on augmente pas la durée des cotisations , sinon personne ne peut prendre la retraite à 60 ans et c’est à taux plein c’est ça le mot d’ordre (…) La retraite à 60 ans c’est pas un caprice de F Mitterand, la retraite à 60ans c’est un vote des français en 1981 après 9 ans d’engueulo sur le programme commun(…), Sarkozy s’était engagé ( avant les élections ) à ne pas toucher à la retraite à 60ans » Pour Mélenchon ceux qui veulent revenir sur cet acquis social sont des « comédiens , des incapables » « ce qu’ils sont en train de faire c’est de vider la caisse de l’Etat pour dire ensuite l’Etat ne marche pas , et moi je dis il faut remplir la caisse de l’Etat parce que c’est le bien commun » Pour conclure il préconise un référendum sur la question « Les gens choisiront mais il faut être sérieux et dire jusqu’au bout sa ligne politique »

« C’est sa  tête qui est un terrain vague  »  » politiquement oui, c’est un dégénéré « 

Sur la présence des Roms sur le territoire national il fulmine « Lorsque les gens sont là c’est notre devoir  de nous comporter dignement avec eux , c’est inacceptable de traiter des êtres humains de cette manière » c’est à dire à la manière de Brice Hortefeux ou de jean luc Besson . Sur une question du journaliste qui lui demande s’il est d’accord avec le premier qui dit «  La France n’est pas un terrain vague » il répond «  mais c’est sa tête qui est un terrain vague à cet homme, il n’y a rien dedans que des mauvaises herbes (…) pour dire autant de bêtises ». Quant au second  il trouve « tragique de voir là où conduit la dégénérescence politique (…) politiquement oui, c’est un dégénéré, c’était un socialiste et le voilà maintenant en train  d’organiser la chasse à des pauvres gens. » Il insiste sur le fait que  ces populations nomades, au sein de l’Union européenne méritent d’être traitées par les Etats membres sans discrimination, ni amalgame avec la délinquance le contraire de la méthode employée par les ministres .

Vous pouvez aller voir  l’interview de Melenchon ici la vidéo

Nous pouvons constater que la critique de JL Melenchon, sur la question des roms , a été plutôt confortée  par les réactions internationales qui ont été faites sur la politique menée unilatéralement par la France  et sur sa pratique des rapatriements collectifs  visant les Roms . Il fallait s’attendre à une réaction vive de l’Europe dont la charte des droits fondamentaux prévoit en son article 19 que « les expulsions collectives sont interdites » dés lors qu’elles concernent des populations caractérisées par une appartenance à une ethnie. Les critiques les plus acerbes sont venues de  Viviane Reding, la commissaire luxembourgeoise chargée de la justice et des droits fondamentaux , furieuse que les autorités françaises ( Eric Besson ministre de l’immigration,  Pierre Lelouche secrétaire d’Etat aux affaires européennes )  aient passé sous silence , à sa demande de renseignements , la circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 5 août qui ciblait « en priorité » les expulsions de roms.  Viviane Reding est à son troisième mandat au sein de la commission européenne dont elle est la doyenne : c’est une femme d’expérience et de conviction qui n’est pas loin de  considèrer que la France est en infraction avec le droit européen, elle a reçu à cet égard le soutien de l’ensemble de la commission .

C’est donc une affaire extrêmement sérieuse qui dépasse la simple zizanie européenne comme pouvait le titrait maladroitement à mon sens le journal LM du 17/09/10.

La France, la terre des droits de l’homme, n’est pas un terrain vague, comme le dit Hortefeux, mais à cause de lui elle prend l’eau sur le terrain des droits fondamentaux et de la dignité humaine.

"La France n'est pas dans les clous"

C’est Corinne LEPAGE qui s’exprime ainsi lors d’une interview donné à Europe 1 ce 14 /09/10. , on peut l’écouter ICI

Nous sommes bien d’accord, la France n’est pas dans les clous, c’est à dire dans ce qu’ exige une socièté démocratique  et nous le démontrons marianeauton10151

La France n’est pas dans les clous en ce qui concerne les rapatriement collectifs de Roms. En démocratie la fin ne justifie pas les moyens, et les moyens utilisés par la France ne semblent pas appropriés à la situation, la preuve en est , qu’au plan international la politique adoptée par le gouvernement français est regardée comme une stigmatisation dangereuse de cette catégorie de population ( voir à ce sujet , mon propre commentaire d’un de mes billes ICI ) De plus, une telle politique  engagée unilatéralement par la France, alors que sa dimension européenne est connue de tous les spécialistes, lui donne un caractère brutal qui met l’Europe en porte à faux , comme si la France n’était pas européenne. Il y a de quoi faire retourner dans leurs tombes les pères fondateurs.

La France n’est pas dans les clous dans l’affaire Woerth-Bettencourt. Voilà un ministre en exercice M Eric Woerth sur lequel depuis 3 mois la presse fait peser des soupçons de conflit d’intérêts, financement politique illégal, trafic d’influence et le déni par les plus hautes autorités de l’Etat qu’il s’agit d’une affaire d’Etat. Un procureur de la République mène son enquête sur les enregistrements illicites du majordome de Mme Bettencourt, à l’origine de révélations qui mettent en lumière l’attraction qu’opère la fortune de cette vieille dame sur son entourage proche et moins proche ( dont le ministre Woerth). Un autre procureur de la République enquête sur l’enquête, c’est à dire sur les fuites concernant la première. Une Cour de justice qui n’est toujours pas saisie de l’opportunité d’enquêter sur le ministre mis en cause, le ministre mis en cause qui est « entendu comme témoin » et qui continue de se plaindre, à qui veut l’entendre,  de la cabale dont il fait l’objet . Que la fête continue ! On apprend maintenant par un journal qui n’a pas la réputation d’être farfelu, Le Monde pour ne pas le nommer,  que  l’Elysée aurait permis aux services secrets de remonter la piste des sources du journal , que sur ces entrefaites qu’un magistrat attaché à la garde rapprochée de la ministre de la justice a été viré de son poste de confiance, non je me trompe , qu’il a préféré potasser l’implantation d’une Cour d’appel en Guyane (sic). Pour le premier ministre «  On ne peut laisser un magistrat violer le secret de l’enquête » ( L’express 14/09/10 Le monde espionné MAM dans le collimateur de Fillon » ) Il poursuit «  il faut remettre les choses à l’endroit » Ce n’est toujours pas une affaire d’Etat , et la Cour de justice peut continuer à dormir de ses deux oreilles.

La France n’est pas dans les clous avec la réforme de la retraite. Pour le monde syndical qui se mobilise dans la rue cette réforme n’est pas juste. Les travailleurs  voient d’un mauvais œil de perdre l’acquis social d’un départ à la retraite à 60 ans, et puis  « quand il y a une réforme inique  tout le monde s’en aperçoit »me disait un syndicaliste  voulant détromper celui qui pense « que désormais quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit » .

La  France n’est plus dans les clous , elle n’est plus désirable.

Discours prétorien de Nicolas SARKOZYaprès les violences urbaines survenuesà Grenoble.

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« Mesdames et Messieurs

Madame le Garde des Sceaux, (Mme M.Alliot Marie: Justice)
Monsieur le Ministre, ( M B.Ortefeux : Intérieur)
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire de Grenoble,( M Michel Destot, maire PS )
Monsieur le Président du Conseil Général (M André Vallini PS )

Grenoble vient de connaître une flambée de violence sans précédent, qui a profondément choqué nos concitoyens. Les actes qui ont été commis ici, je n’irai pas par quatre chemins, je les qualifierai d’une extrême gravité et ils méritent une condamnation sans réserve. Les forces de l’ordre ont été prises à partie par des assaillants qui se sont permis de leur tirer dessus à balles réelles avec l’intention de tuer. Ce sont des tentatives de meurtre, tous les moyens seront mis en œuvre pour que les auteurs soient retrouvés et châtiés. Et je le dis aux Français, nous les retrouverons tous. Des policiers de la BAC de Grenoble ont fait l’objet de menaces de mort. C’est inacceptable. Je veux les assurer de notre soutien, de ma confiance, de ma reconnaissance et leur dire que nous n’aurons aucune complaisance, aucune faiblesse vis-à-vis des délinquants et des criminels qui seront mis hors d’état de nuire et dont la seule place est en prison. Une enquête est engagée pour trouver ceux qui sont à l’origine de ces menaces, tous seront retrouvés et déférés devant la justice, je ne peux naturellement pas en dire plus mais vous verrez que les résultats ne vont pas tarder.

L’homme qui est tombé sous le tir d’un policier venait de commettre un braquage. Non content d’avoir commis un braquage, il a ouvert le feu avec une arme automatique, une arme de guerre, contre les policiers. Ceux-ci ont riposté en état de légitime défense. En tant que chef de l’État, je veux dire que les policiers n’ont fait que leur devoir. Les policiers ont fait leur devoir et j’appelle chacun à ne pas confondre les délinquants, les victimes et les forces de l’ordre. Les policiers ont bien agi, il n’y a rien à leur reprocher. Il y a à les soutenir totalement. Si on ne veut pas d’ennui avec la police, on ne tire pas à l’arme de guerre sur la police dans un pays qui est un Etat de droit comme la France.
La réponse policière et judiciaire a été ferme : 26 placements en garde à vue, 11 comparutions immédiates, 5 personnes écrouées et 10 convoquées devant un juge.

Les violences qui ont frappé la ville de Grenoble sont le fait d’une petite minorité, certes d’une minorité qui a voulu marquer son allégeance envers les truands. C’est trop facile de dire qu’il y a d’un côté la grande délinquance et de l’autre la petite délinquance. En l’occurrence la petite délinquance a été instrumentalisée par la grande délinquance. Nous ne laisserons pas des caïds s’installer dans les quartiers de Grenoble, devenus à la fois leurs proies et leurs repaires. Parce que ces deux individus, une fois le braquage commis, sont revenus à dessein dans ce quartier, espérant bénéficier de l’impunité du quartier.

C’est donc une guerre que nous avons décidé d’engager contre les trafiquants et les délinquants. Comme nous l’avons fait en Seine-Saint-Denis, nous avons décidé de nous occuper particulièrement de certains territoires qui ont besoin d’une action ciblée pour que les conditions de l’ordre républicain y soient rétablies. Tel est le cas de cette ville et de ce département, il n’y a aucune volonté de stigmatisation. Tous les élus sont concernés, ce n’est pas une affaire d’opposition, de majorité, de gauche ou de droite, c’est une affaire d’intérêt général. Qui peut bien avoir intérêt à ce qu’on tolère, qu’on tire à l’arme automatique contre des fonctionnaires de police, personne.

Avec le Ministre de l’intérieur, nous avons donc décidé la nomination d’un nouveau préfet, Eric Le Douaron.

Éric Le Douaron a une longue expérience, il a exercé les plus hautes responsabilités dans le domaine de la sécurité. Cet homme a toute ma confiance et comme à Christian Lambert, je lui demande de restaurer l’autorité de l’État, sans faiblesse, partout où elle sera mise en cause. Éric Le Douaron : aucune cité, aucune rue, aucune cage d’escalier, aucune barre d’immeubles ne doit échapper dans ce département et dans cette ville à l’ordre républicain. C’est votre devoir.

Alors il y a eu un grand débat pour savoir si un policier pouvait être préfet. Quand on est policier, on a le sens de l’État et le préfet représente l’État. Et je n’ai pas à choisir avec le Ministre de l’intérieur les préfets uniquement en fonction de leur rang de sortie dans une grande école de la République mais en fonction de leur expérience, de leur connaissance, de leur capacité humaine et de leur envie de travailler. Et je le dis aux élus, qui ont déjà eu un contact avec Éric Le Douaron, vous vous féliciterez d’avoir un préfet de cette qualité. Cela ne veut pas dire qu’il convient de condamner l’action de son prédécesseur qui est un homme de qualité. Simplement face à certaines situations, il est de mon devoir de trouver la meilleure personne à la meilleure place. Éric Le Douaron, comme Christian Lambert, sera cette personne.

Par ailleurs, je vous annonce que notre volonté de déloger les trafiquants de leurs repaires, va nous amener à créer à Grenoble et dans l’Isère un GIR départemental qui pourra porter l’effort d’investigation judiciaire au plus près des besoins du terrain. Depuis 3 jours, un inspecteur du fisc est installé dans les services de police et nous allons nous intéresser au patrimoine des délinquants à Grenoble comme dans l’Isère de façon extrêmement approfondie, extrêmement approfondie.

Alors j’entends bien le discours qui parfois est tenu et je n’en veux à personne. Mais je voudrais que vous me compreniez. Si devant des évènements de cette gravité, je n’étais pas venu, on m’aurait à juste titre, à juste titre, reproché de ne pas avoir pris la mesure de la gravité du problème. Je viens, on me dit : il ne faut pas stigmatiser. Il faut savoir. Bien sûr qu’il y a des choses formidables à Grenoble et dans l’Isère qui pourrait le contester. Et j’ai été suffisamment à Crolles, le Président Vallini le sait bien, pour dire combien je me félicite de l’imagination de la population de ce département et de cette ville qui a accueilli il y a quelques années des Jeux Olympiques qui font date et qui a tellement de chercheurs, d’étudiants, de personnes de qualité. Mais en même temps, je dois voir la réalité telle qu’elle est, ce qui s’est passé n’est pas acceptable. Je vous le dis pas un seul policier ne s’en ira. Ce sont les délinquants qui reculeront.

J’ajoute que l’on m’a proposé, je l’ai vu, un « Grenelle de la sécurité » « des états généraux de la sécurité » Pourquoi pas ? Mais réfléchissez, si j’étais venu ici pour vous dire : on a tiré à balle réelle sur des policiers, j’organise un colloque, qui m’aurait pris au sérieux. Ce n’est pas un problème social, ce qui s’est passé, c’est un problème de truands, ce sont des valeurs qui sont en train de disparaître. Il faut marquer un coup d’arrêt. Alors je sais que dans le cadre du débat républicain, il peut y avoir des échanges entre les forces politiques, ce qui est normal. Mais qui peut penser que ce sont quelques îlotiers supplémentaires qui permettront d’éradiquer les caïds, les trafiquants et les trafics. Nous avons besoin de nous rassembler pour montrer à cette minorité qu’elle n’a aucun espoir et que nous allons agir. Et il ne peut pas y avoir de naïveté et d’angélisme en la matière.

Je souhaite d’ailleurs qu’au-delà des divergences entre nous, nous nous rassemblions, la vidéosurveillance, la vidéo-protection. On en a besoin. Il n’y a pas les caméras de gauche et les caméras de droite. Il y a le fait que les délinquants grands ou petits craignent par-dessus tout d’être pris dans les images parce que ce sont des preuves judiciaires. Et par ailleurs, c’est la meilleure façon de protéger la police et la gendarmerie de toute polémique.

Je souhaite d’ailleurs qu’on tente dans ce département une expérience en dotant un certain nombre de véhicules de police et de gendarmerie de nuit, de caméras embarquées. Il ne s’agit pas du tout d’interférer dans la vie privée des habitants de Grenoble ou du département de l’Isère. Il s’agit que nous soyons le plus efficace possible. 60 000 caméras seront installées d’ici 2012. Je laisserai ceux qui le veulent crier à l’atteinte aux libertés individuelles. Moi je pense que la liberté individuelle est gravement atteinte lorsque que les voyous font régner la terreur devant des immeubles d’habitation.

La loi anti-bandes adoptée par le Parlement en mars dernier prévoit une peine d’un an de prison pour quiconque appartient à une bande violente. Des procédures sont en cours, et je demande à votre préfet d’être particulièrement attentif avec Madame le Procureur Général et Monsieur le Procureur de la République, que je remercie de leur présence, pour l’utilisation de cette nouvelle loi.

Nous allons aussi développer les « polices d’agglomération ». C’est le cas depuis l’an dernier en région parisienne. Lille, Lyon, Marseille seront bientôt concernées pour une raison simple et vous le savez bien, les délinquants ignorent les frontières administratives de nos communes, de nos départements et même de nos régions.

Depuis 2002, je suis en première ligne dans la lutte contre l’insécurité. Le nombre des crimes et délits a diminué de 17,54%. Parallèlement, le « taux d’élucidation », qui reflète l’efficacité des forces de l’ordre, a augmenté d’un tiers. En 2001, les forces de police et de gendarmerie trouvaient 25% des coupables, en 2010 ils trouvent 38% des coupables. J’ai fixé au ministre un objectif de 40%.

Par ailleurs, je vous annonce que dès le 7 septembre prochain, les peines planchers qui fonctionnent bien mais qui ne s’appliquent aux multirécidivistes, 24 000 peines planchers ont été prononcées, seront désormais étendues à toutes les formes de violences aggravées, c’est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d’une autorité publique.

L’instauration d’une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera également discutée au Parlement dès la rentrée. Et là je veux que les choses soient claires en tant que chef de l’État, mon devoir est de travailler avec tout le monde. Je n’ai pas à voir si Grenoble est une ville qui a choisi un maire de gauche ou un maire de droite. Je dois travailler avec les élus, comme les élus doivent travailler avec le chef de l’État. Mais chacun d’entre nous, nous serons mis face à nos responsabilités. Sur une peine incompressible de 30 ans, je demanderai au Parlement d’en débattre. Et je demanderai à chacun de faire abstraction de ses appartenances partisanes pour voter des textes non pas en fonction du ministre qui le présente mais de l’utilité de ce texte.
Les policiers nous regardent, les gendarmes nous regardent, la population nous regarde. Les postures politiciennes d’un côté comme de l’autre ne sont pas à la hauteur de la situation. Il ne s’agit pas de savoir ce que pensera tel ou tel parti, c’est son droit, il s’agit de savoir ce qu’il faut faire face à cette situation.

Je vous demanderai également, je le dis aux parlementaires, de débattre du champ d’application du bracelet électronique. Je souhaite notamment que les magistrats puissent condamner automatiquement les multirécidivistes au port du bracelet électronique pendant quelques années après l’exécution de leur peine. Je parle des multirécidivistes. Je faisais le point avec le ministre de l’Intérieur : imaginez que nous avons 19 000 délinquants en France qui sont plus de 50 fois mis en cause dans nos fichiers. Est-ce que l’on va continuer à les amener de tribunaux à tribunaux ?

De même nous allons réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française. Je prends mes responsabilités. La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique. La nationalité française se mérite et il faut pouvoir s’en montrer digne. Quand on tire sur un agent chargé des forces de l’ordre on n’est plus digne d’être français. Je souhaite également que l’acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique.

Au fond, la principale cause de la violence, Mesdames et Messieurs, c’est la permissivité et c’est la démission. J’ai demandé à Michèle Alliot-Marie de préparer une réforme profonde du droit pénal applicable aux mineurs et je souhaite que nous examinions sans tabou toutes les pistes envisageables. Je n’ai pas la vérité. Mais convenons que l’ordonnance de 1945 n’est plus adaptée aux mineurs d’aujourd’hui. Ou est-ce que l’on doit considérer que ce texte, qui a plus de 60 ans, ne peut pas être touché, ne peut pas évoluer. Là aussi, ce n’est pas une question partisane, une question de réflexion.

La délinquance actuelle ne provient pas d’un mal être comme je l’entends dire trop souvent : elle résulte d’un mépris pour les valeurs fondamentales de notre société. La question de la responsabilité des parents est clairement posée. Je souhaite que la responsabilité des parents soit mise en cause lorsque des mineurs commettent des infractions. Les parents manifestement négligents pourront voir leur responsabilité engagée sur le plan pénal. Quand je regarde les rapports de police, et je vois qu’un mineur de 12 ans ou de 13 ans, à une heure du matin, dans le quartier d’une ville lance des cocktails Molotov sur un bus qui passe, n’y a-t-il pas un problème de responsabilités des parents ? Il ne s’agit pas de sanctionner. Il s’agit de faire réagir. De même la question des allocations familiales. Quand une famille ne signale pas que son enfant ne va plus à l’école. Est-ce que cette famille peut continuer à aller au bureau de la Caisse d’Allocations Familiales pour percevoir les allocations, comme s’il ne s’était rien passé ?

Je comprends parfaitement que telle ou telle mère de famille, notamment dans les familles monoparentales, soit dépassée. C’est si difficile d’élever des enfants. Mais je ne comprends pas qu’on ne le signale pas au chef d’établissement. Et quand la famille réagira, les allocations familiales qui ne lui auront pas été versées lui seront reversées quand l’enfant ira de nouveau à l’école.

J’ajoute que nous ne pouvons pas non plus tolérer le comportement de certains jeunes qui empêchent les autres d’étudier. Nous allons donc ouvrir à la rentrée prochaine une vingtaine d’établissements que j’appelle de réinsertion scolaire, qui disposeront d’un encadrement renforcé et adapté. Je souhaite avec les élus du département en en discutant que l’on puisse en ouvrir un à Grenoble ou dans l’Isère dans les meilleurs délais.

Il s’agit, vous savez, de ces jeunes collégiens qui ont été déjà renvoyés deux ou trois fois des autres établissements, que l’on se repasse d’établissement en établissement parce que l’on ne sait plus quoi en faire. Et qui empêchent les autres d’étudier et de vivre tranquillement. Ce n’est pas non plus une question de droite ou de gauche, mais une question de bons sens. Qu’est-ce que l’on en fait et comment on réagit ? La menace de l’exclusion est une plaisanterie face à des collégiens ou des lycéens qui, de toute manière, ne vont plus à l’école.

Nous devons nous poser les questions sans tabou, sans excès c’est vrai, sans stigmatisation, sans amalgame c’est vrai. Mais sans faiblesse non plus. Ce qu’attendent de nous les Français ce n’est pas que nous nous réfugions derrière une posture : « A moi le grand cœur, ou à moi le grand bâton ». Non, il ne s’agit pas d’opposer ceux qui ont un cœur et ceux qui sont fermes. Il s’agit d’être à la hauteur des responsabilités que nous ont confiées les Français, qu’elles soient locales, départementales, régionales ou nationales. Et de nous hisser au niveau de ces responsabilités. Le monde change. Beaucoup de nos jeunes ont changé. Des valeurs ont été détruites, il nous faut proposer des réponses adaptées à la situation. Et ne pas décliner comme les autres un catéchisme qui serait frappé par la plus grande inefficacité.

J’ajoute que beaucoup de jeunes qui sortent de l’école à 16 ans n’ont aucune qualification et disparaissent totalement de la situation. Chacun d’entre eux, nous leur proposerons une formation ou un travail jusqu’à leur majorité, parce qu’on ne peut plus laisser les décrocheurs sortir de nos systèmes comme cela. On me dit « vous allez faire un fichier » ? Oui. Mais si on ne fait pas le fichier, les jeunes qui sortent de l’école à 16 ans et qui disparaissent jusqu’à 18 ans, vous croyez que ça leur fait du bien de rester comme ça pendant 2 ans ? Sans rien. Il ne peut pas y avoir un seul de ces décrocheurs sans qu’il n’y ait une réponse adaptée.

Enfin, il faut le reconnaître, je me dois de le dire, nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à un échec de l’intégration. Nous sommes si fiers de notre système d’intégration. Peut-être faut-il se réveiller ? Pour voir ce qu’il a produit. Il a marché. Il ne marche plus. Je ne me suis jamais laissé intimider par la pensée unique. Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la deuxième, voire de la troisième génération, se sentent moins Français que leurs parents ou leurs grands-parents. Tous ici vous pourriez en porter témoignage. Tous. Tous vous avez des exemples. Pourquoi ne le dit-on pas ? On a peur ? Moi ce n’est pas de faire le constat qui me fait peur, c’est la réalité. Nous n’avons pas le droit à la complaisance en la matière.

Pour réussir ce processus d’intégration, il faut impérativement maîtriser le flux migratoire. Avec un taux de chômage des étrangers non communautaires qui a atteint 24% en 2009.

Je ne reprendrai pas la célèbre phrase de Michel ROCARD dans laquelle je me retrouve : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Je dis simplement, c’est un constat lucide.

Nous allons donc évaluer les droits et les prestations auxquelles ont aujourd’hui accès les étrangers en situation irrégulière. Je ne parle pas des étrangers en régulière qui ont naturellement le droit à des prestations, ça serait un comble qu’il en soit autrement ! Je parle des étrangers en situation irrégulière. Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes. Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu’une situation régulière et légale ! Là aussi, ce n’est pas une affaire de majorité, de gauche ou de droite, de président de la République ou de maire.

Je demande à Eric le Douaron, qui connaît bien le sujet en tant qu’ancien directeur de la PAF, de faire preuve d’une fermeté absolue dans la lutte contre l’immigration illégale. La règle générale est claire : les clandestins doivent être reconduits dans leur pays.

Et c’est dans cet esprit d’ailleurs que j’ai demandé au ministre de l’Intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms. Ce sont des zones de non-droit qu’on ne peut pas tolérer en France. Il ne s’agit pas de stigmatiser les Roms, en aucun cas. Nous avons fait depuis la loi Besson de grands progrès pour les aires mises à leur disposition. Lorsque je suis devenu ministre de l’Intérieur en 2002, moins de 20% des aires de stationnement étaient prévues. J’ai fait le point avec le ministre. Aujourd’hui plus de 60% des aires de stationnement légales sont prévues. Les Roms qui viendraient en France pour s’installer sur des emplacements légaux sont les bienvenus. Mais en tant que chef de l’Etat, puis-je accepter qu’il y ait 539 campements illégaux en 2010 en France ? Qui peut l’accepter ?
J’ai vu que tel ou tel responsable politique disait : « mais pourquoi vous vous occupez de cela, le problème ne se pose pas ». Il ne se pose pas pour un responsable politique dont le domicile ne se trouve pas à côté d’un campement. Peut-être son opinion serait-elle différente s’il était lui-même concerné ?

Nous allons procéder d’ici fin septembre au démantèlement de l’ensemble des camps qui font l’objet d’une décision de justice. Là où cette décision de justice n’a pas encore été prise, nous engagerons des démarches pour qu’elle intervienne le plus rapidement possible. Dans les trois mois, la moitié de ces implantations sauvages auront disparu du territoire français.

Je souhaite également que dès l’automne prochain, nous réformions la loi applicable à ce type de situations. La décision d’évacuer les campements sera prise sous la seule responsabilité des préfets et leur destruction interviendra par référé du tribunal de grande instance, dans un délai bref. Nos compatriotes attendent que nous assumions nos responsabilités.

Parallèlement, je souhaite que nous engagions une importante réforme pour améliorer la lutte contre l’immigration irrégulière. Chaque année, une dizaine de milliers de migrants en situation irrégulière, dont des Roms, repartent volontairement avec une aide de l’Etat. Et l’année suivante, après avoir quitté le territoire avec une aide de l’Etat, ils reviennent en toute illégalité pour demander une autre aide de l’Etat pour repartir. Cela s’appelle « un abus du droit à la libre circulation ».

Enfin, la politique de la ville. Nous lui consacrons 15 milliards d’euros depuis 2005. Ce sont des moyens considérables apportés par l’Etat. Y compris en Isère. Mais nous sommes en droit d’attendre en échange le respect d’un certain nombre de règles.

Les moyens ne sont pas tout. Il faut d’ailleurs que nous posions ensemble, élus comme ministres et président, le problème de l’attribution à certains quartiers. Ces aides doivent être attribuées aux quartiers qui en ont le plus besoin. Aujourd’hui, tous les quartiers les demandent. Il faut bien reconnaître les choses, le zonage géographique n’est plus adapté à la situation.

Autre chose, il n’y a pas d’évaluation. On refait des quartiers, on refait des immeubles mais si on y met les mêmes personnes dans les mêmes conditions, qu’est-ce qu’on va changer ? Je ne remets pas en cause la politique de la ville, qui est un progrès. Et nous allons continuer. Mais nos compatriotes, qui payent pour cette politique de la ville, sont en droit d’attendre de nous autre chose. Et je le dis parce que ce qui se passe dans ces quartiers est extraordinaire. Il y a des gens qui ne demandent qu’à s’en sortir. Il y a des résultats considérables. Et tout ceci peut être mis par terre parce qu’une minorité met la pagaille sous le regard des médias qui font leur travail, attachés qu’ils sont au spectaculaire. Et c’est ainsi des années de travail de militants associatifs, d’élus locaux, de gouvernements qui se trouvent réduites à néant et on est parti pour la stigmatisation.
J’appelle à ce que nous repensions nos procédures. L’évaluation n’est pas un gros mot. Et puis par ailleurs, réfléchissons à la diversité sociale aussi. Parce que si on met toujours les mêmes dans les mêmes quartiers, ne nous plaignons pas ensuite qu’ils deviennent des ghettos. Des quartiers, y compris de la ville de Grenoble, étaient il y a quelques années des quartiers où il y avait une diversité. Diversité sociale et diversité d’origine. Il est certains collèges, j’en parlais avec le président, où malgré les efforts que vous faites tous, il n’y a plus une famille qui veut mettre ses enfants. Ca ne fait pas bien de le dire et pourtant c’est la vérité. Pourquoi ? Parce qu’on ferme les yeux. Et parce qu’on ne remet pas en cause. Alors évidemment à moi on me dit : « des policiers supplémentaires ! » On en mettra à Grenoble et dans l’Isère. Mais ce n’est pas tout. Des moyens supplémentaires bien sûr mais l’Etat ça ne peut pas être donner toujours plus et attendre toujours moins. La société ne peut pas fonctionner comme ça. Vos propres familles ne fonctionnent pas comme ça. Dans notre vie professionnelle ou personnelle, on ne fonctionne pas comme ça. Les événements que Grenoble vient de connaître et leur gravité imposent de notre part une réponse ferme mais c’est peut-être une opportunité de sortir de la pensée unique sur la politique de la ville, sur la politique de l’immigration et sur la politique de la sécurité.

Grenoble ne mérite pas l’image qui en a été donnée la semaine dernière. L’Isère pas davantage. On n’a pas le droit de gâcher nos atouts par la faute d’une poignée de délinquants. Et je voudrais vous dire en terminant que nous sommes décidés à travailler avec tous ceux qui de bonne foi et de bonne volonté veulent travailler avec nous pour résoudre ce problème.

La guerre que j’ai décidé d’engager contre les trafiquants, contre les voyous, cette guerre-là vaut pour plusieurs années. Elle dépasse de beaucoup la situation d’un gouvernement, d’une majorité ou d’un parti. Et je suis sûr que dans toutes les formations politiques, il se trouve des femmes et des hommes de bonne volonté qui sont décidés à réagir et à apporter leur soutien dans cette action au gouvernement de la République.

Je vous remercie de votre attention. »

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Mes commentaires

1. Quelques réalités bonnes à rappeler qui peuvent être tirées du texte.

1.1 Lorsque la police se fait tirer dessus avec des balles réelles elle est en droit de riposter contre l’assaillant: c’est de la légitime défense, la riposte entrainerait-elle la mort de l’assaillant.

1.2 La politique de l’immigration depuis les années 60 ( qui concerne les populations d’Afrique notamment celles d’Afrique du Nord )  n’est pas exclusive d’un déficit d’intégration à long terme.

1.3 La lutte contre la délinquance violente et les trafics de toutes sortes est une priorité, tout comme le respect de l’ordre républicain contre la loi du caïdat et celle des bandes  de voyous qui s’organisent dans les quartiers et les cités à l’intérieur des villes  et la politique de la ville ne doit pas se priver  d’une évaluation à cet égard.

1.4 La responsabilité des parents dans le cadre de la délinquance juvénile n’est pas exclusive d’ incitations à une meilleure approche éducative lorsqu’elle est encore possible, voire à des sanctions (mal vécues par les mineurs eux mêmes) envers leurs  parents totalement démissionnaires.

1.5 La déchéance de la nationalité française comme la déchéance de tout droit attaché à la personne et qui porte atteinte à ses droits fondamentaux ne peut être envisagée que pour des cas d’une extrême gravité et ne pourrait aboutir à créer des apatrides et sans doute relèverait-elle plus sûrement  des conventions internationales bilatérales .

2.Une énorme erreur de communication :

Transformer une lutte contre la voyoucratie, démocratiquement légitime, en une déclaration de guerre martiale, partiale, spectaculaire et inappropriée dans la bouche d’un Président de la République et de tous les français relève d’une confusion des rôles si évidente que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle est inspirée  par une ambition électoraliste mal placée, et du coup loin des exigences de l’intérêt général que la situation requière. De plus instrumentaliser la justice pénale comme bras séculier du Prince n’a jamais entraîné l’unanimité, on n’est donc pas étonné de la polémique qu’un tel discours favorise. En résumé le bombage de torse est incompatible avec la fonction présidentielle de notre république .

MISE A JOUR


Le mariage gris en Bessoniele nouveau pays de l'UNION EUROPEENNE


 » Au point où sont les choses, il faut tout assumer et ne pas reculer d’un millimètre  » dixit le mois dernier Eric BESSON derrière le petit Jean, prince héritier de la Sarkozie … toute une mentalité derrière cette formule très  sarkozyste , rappelez vous Nicolas « une fois élu je fais ce que je veux » ou le curé « faites ce que je vous dis ne faites pas ce que je fais « 
.( 28/12/09) Eric BESSON , c’est le mec qui change d’identité comme de chemise , qui passe de la gauche à la droite , se fait nommer  Ministre de l’Immigration , une question qui a marqué depuis des décennies le clivage entre ces deux courants de pensée, le mec qui prétend qu’il n’a pas changé.  et qui  lance un débat sur l’identité nationale. Et ça  c’est  bien la meilleure de l’année, imposée par SARKO, qu’un  transfuge qui ne sait pas qui il est, veuille m’aider à définir mon identité et me forcer à accepter ses charters d’expulsés. A l’ éternelle interrogation : qui je suis ? d’où je viens ? où je vais ? BESSON  répond à la manière de Pierre DAC  » je suis moi, je viens de chez moi, et j’y retourne » Du coup, on sait ce qu’il est, un vrai caméléon, une qualité politique incontestable, et  voilà pourquoi   la Sarkozie ne regrette pas d’avoir annexé la Bessonie.