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Le Parti de Gauche HORS RADAR

 

Le dimanche 18 juin 2017,à Marseille  au soir du second tour des élections législatives,  avant les résultats définitifs du scrutin sur la quatrième circonscription de Marseille où il se présentait, Jean-Luc Mélenchon prenait la parole,  sans doute conforté par sa probable victoire . Voici son discours qu’il a lu contrairement à ses habitudes , c’est dire que chaque mot pèse et peut  légitimement engager le débat au delà de la simple polémique que les médias de la pensée dominante n’ont pas tardé à lui  opposer par la suite.

NB : en gras les mots ou expressions qui me paraissent devoir appeler des commentaires

DISCOURS DE MELENCHON 20170618

“ Ce soir, nos adversaires dans l’Histoire et dans la société semblent remporter une victoire qui paraît écrasante.

Néanmoins, dans cette ambiance, il y a aussi des bonnes nouvelles. Et même des très bonnes.

La première

est que l’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive : notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique dans cette élection, faisant ainsi la démonstration de l’état d’épuisement d’institutions qui prétendent organiser la vie de la société avec un mode de scrutin où une minorité étriquée a tous les pouvoirs. C’est pourquoi je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l’appeler au combat avec les mots et dans les formes qui conviendront à la compréhension et aux possibilités de chacun. Pour peu que nous la sollicitions, alors cette force peut se déployer et passer de l’abstention à l’offensive. C’est à cela que nous l’appelons.

La deuxième bonne nouvelle,

c’est que pour le faire, le peuple français dispose à l’Assemblée nationale d’un groupe « La France insoumise » cohérent, discipliné, offensif. Et c’est lui, avec tous ceux qui voudront le rejoindre – et qui sont les bienvenus – dans un combat où l’on cherchera toujours à rallier le maximum de ceux qui veulent entrer dans la lutte, c’est lui qui appellera le pays, le moment venu, à la résistance sociale. Et j’informe le nouveau pouvoir que pas un mètre du terrain du droit social ne lui sera cédé sans lutte.

Cette majorité boursoufflée qui est constituée à l’Assemblée nationale n’a pas, à nos yeux, la légitimité – à supposer qu’une quelconque en ait jamais – n’a pas la légitimité pour perpétrer le coup d’État social qui était en prévision. C’est à dire : la destruction de tout l’ordre public social par l’abrogation du code du travail.

Cette majorité n’a pas la légitimité pour transformer le régime des libertés publiques dans le sens restrictif qui est prévu par l’idée de faire passer dans la loi ordinaire les dispositions, pour le coup vraiment extraordinaires, de l’état d’urgence. Non : elle n’en a pas la légitimité.

C’est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime dans cette circonstance. Et c’est la raison pour laquelle je dis que le nouveau pouvoir, s’il juge que c’est vraiment la nécessité pour le pays, et que cela est conforme à son intérêt, alors il faut qu’il procède par la voie la plus démocratique qui est en son pouvoir. C’est à dire : que le peuple français soit consulté par référendum pour savoir si oui ou non il veut de ce que cette minorité prétend lui imposer.

Voilà, mesdames et messieurs, mes bien chers amis, la raison pour laquelle je peux dire, sans m’éloigner trop de la conscience aiguë que j’ai de la gravité du moment, mes remerciements pour toutes celles et tous ceux qui ont permis l’élection de tant de nouveaux députés « France insoumise ». Notre mouvement a à peine un an, je le sais bien. Et nous marchons sur des sentiers inconnus de nous. Nous allons donc tâcher d’avancer en ayant toujours à l’esprit d’abord que c’est notre utilité pour les autres qui justifie notre existence.

Je me réjouis de voir tant de jeunes hommes et de jeunes femmes, pour certains – et non les moins nombreux – à peine trentenaires, devenir vos porte-parole. La jeune génération est là. Le combat est assuré, en toute hypothèse, de sa pérennité.

Bien sûr, j’ai de la tristesse pour tous ceux qui auront, à la fin de leurs efforts, eu l’unique récompense de toucher de près le but, hélas sans l’atteindre. Ils vont me manquer, je vous le dis.

Mais notre groupe et notre mouvement, fort de ses 500 000 affiliés, est une force immense. Une élection est une élection. Ce qui compte, c’est la permanence, la fermeté des convictions et les formes d’organisation qui les portent. Et bien tout cela, tout cela a été atteint ! Tout cela a réussi !

Le peuple français n’a donné aucune chance aux survivants de l’ancien monde. Et il nous a désignés pour, dorénavant, porter devant le fanal du combat.

J’appelle, comme à l’Assemblée, dans le pays, dans les villes et les campagnes, à la formation partout d’un nouveau front populaire politique, social et culturel, capable de rassembler dans toute leur diversité de méthodes d’action, de pensées, toutes celles et tous ceux qui savent et qui ont compris que le moment de l’Histoire qui se présente devant nous s’écrit avec un grand « H ». Et que nous allons choisir d’une façon ou d’une autre, encore, dans les mois et les années qui viennent, dans quel monde nous voulons vivre, dans quelle société nous voulons vivre. C’est à dire que l’espérance d’un monde des jours heureux reste intacte à la condition que, dorénavant, la force de l’abstention devienne la force de la révolution citoyenne. »

 COMMENTAIRES

1)Selon les médias , 6 inscrits sur 10 , ne sont pas allés voter au second tour des législatives ce qui signifierait que la majorité présidentielle de La République en Marche ( LRM)ne représente pas la majorité arithmétique de tous ceux qui avaient droit de vote lors du scrutin des législatives . Depuis l’avènement de la V république en 1958, cette abstention battrait un nouveau record que Jean Luc Mélenchon qualifie de  » gréve générale civique « . Il parait nécessaire d’y regarder de plus prés.

Dans notre droit constitutionnel les votes blancs ne sont toujours pas considérés comme suffrages exprimés , mais en 2012 une réforme du début du quinquennat de Hollande a permis de les comptabiliser officiellement et de les distinguer des votes nuls .(La loi n° 2014-172 visant à reconnaître le vote blanc aux élections a été adoptée le 21 février 2014    https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2014/2/21/INTX1240667L/jo/texte)

Avant cette loi , les resultats officiels des scrutins se contentaient  de mentionner le nombre d’inscrits , le nombre de votants et le nombre de suffrages exprimés ( lesquels représentaient l’ensemble des bulletins, moins les blancs et les nuls). Depuis cette loi ( voir la circulaire d’application)  une nouvelle comptabilisation des votes s’impose de nature à rendre visible le vote blanc qui exprime une volonté de ne voter pour aucun candidat . Ces nouvelles données publiques rendent aléatoires les comparaissons entre avant et aprés 2014 sur le phénomène de l’abstention en général.

2)Le vote blanc ne peut pas être assimilé à de la résignation au même titre que  » d’aller à la pêche » le jour des elections , ce qui pose une autre question : le fait de ne pas utiliser volontairement son bulletin de vote pourrait -il signifier un acte de protestation face à l’offre politique du moment ? et dans ce cas dans quelles proportions ?. Les conclusions des politologues , à cet égard, devraient pouvoir s’entourer d’ études plus approfondies afin de dépasser la simple logique arithmétique .

3)Le discours sur une  révolution citoyenne qui supposerait  une implication par les urnes d’une nouvelle mentalité politique populaire fondée sur l’urgence écologique , sociale et démocratique a -t-il des chances de se concrétiser  dans une majorité de pouvoir,  sans  le préalable d’une opinion favorable  ? Et le ralliement des abstentionnistes à la France Insoumise de Melenchon y suffirait il  ? La rupture avec le capitalisme financier , signe distinctif de la France insoumise , ouvre -t-elle la voie à une adhésion sinon massive , disons majoritaire sur cette ligne d’action ?

4) Quid du Parti de Gauche , totalement absent des radars  ? Le PG créé par Mélenchon dont les principaux cadres ont porté le mouvement de la France Insoumise,est-il obsolète ?
Pourquoi la crise de la représentativité qui affecte le monde politique passe par la crise des partis politiques ? Une des réponses se situe dans l’incapacité de prouver à l’intérieur de la vie interne d’un parti l’esprit démocratique qu’il prône pour la gouvernance d’un pays. La démocratie ne peut pas se passer de règles, on peut même avancer que  la démocratie et la diversité qu’elle contient , est incarnée par un état de droit  qui doit être respecté et respectable afin d’éviter l’évanescence  d’un droit formel servant d’alibi . Comme le dit Jean Luc le politique est au service des autres, et les autres sont tous ceux qui désirent un avenir meilleur . Le meilleur est loin de faire l’unanimité , il nécessite une organisation au service d’un idéal de vie  , et , à ce titre la vision du meilleur pousse à nous confronter à la diversité et à la complexité du vivant . Sans organisation, sans expérience du collectif , l’idéal démocratique est peu de choses . Il va donc falloir pour tous ceux qui partagent cette nouvelle mentalité politique axée sur l’urgence écologique, sociale et démocratique d’opter pour un type d’organisation ,et d’adapter les moyens aux objectifs dans l’ordre et si possible dans la discipline comme le suggère Mélenchon. L’appel au combat de Jean Luc , l’appel à un front populaire  a mis hors radar le Parti de Gauche . Revient-il aux militants de le remettre en perspective et comment ? Faut-il envisager sa dissolution ? Ou bien faut-il réfléchir aux modalités de la relation entre FI et le PG ? Où se trouvent les temps de la démocratie politique , hors les temps de vote , et  hors la  logique électoraliste de la conquête du pouvoir à laquelle est confiné tout groupement politique au moins dans son acceptation  la plus usuelle ? Que reste-t-il du PG , que reste -t-il de la France Insoumise ? et comment organiser la conquête de l’opinion sur le programme de l’avenir en commun?

5) S’agissant de l’opinion locale , l’analyse des chiffres électoraux ,circonscription par circonscription est incontournable , tout comme l’expérience des candidats PG aux élections .

 

Nicole FERRONI, mon humoriste préféré

 Nicole précise sa pensée sur le deuxième tour des présidentielles  et sur les deux qualifiés, Marine Le Pen ( extrême droite anti européenne  ) et Emmanuel MACRON ( extrême finance pro européenne ). Sa précédente chronique était passée  comme un plaidoyer pour l’abstention. Contrariée,  ce mercredi  elle corrige le tir : elle choisit son adversaire  -Marine Le Pen – dont les sbires auront tôt fait, s’ils parvenaient au pouvoir de supprimer des ondes et d’ailleurs l »humour et la caricature comme modalité de la liberté d’expression.

Pour Nicole, il n’est Pas question que sa chronique de la semaine dernière ,  abstentionniste  à l’insu de son génie bateleur,  contribue  de façon indirecte et à une voix près , à la montée du taux de suffrages exprimés en faveur de  Marine Le Pen

Vous le verrez dans la vidéo çi dessous,  Nicole a forcé son talent dans une ambiance méditerranéenne qui la rapproche du berceau de la démocratie, et de la tragédie grecque.

Les primaires à gauche, une façon de débattre ou de se battre?

Thomas Piketty : « Il faut que la gauche se… par franceinter

Thomas Piketty, connu pour être  un économiste avisé, notamment grâce à ses publications , fait partie de ceux qui ont appelé à une primaire de la gauche et de l’écologie en vue des présidentielles de 2017. Interviewé par France Inter Il ne voit pas très bien comment battre la droite si la gauche ne présente pas un candidat unique choisi sur des propositions argumentées et débattues à l’occasion de ces primaires.

Reste à savoir si ce débat démocratique souhaitée n’est pas pipé à l’avance, comme le pense Mélenchon, qui se situe dans l’affrontement idéologique  avec le néolibéralisme, et avec la pensée dominante chez les socialistes comme chez les conservateurs de droite. En fait de pensée politique , le gouvernement socialiste a affiché, depuis son accession au pouvoir, un suivisme européen et allemand qui privilégie l’affairisme d’une élite, bien loin de la démocratie sociale et politique promise par les pères fondateurs de l’Europe. L’Europe est d’abord une construction économique, un marché unique, une monnaie unique adossée à une industrie bancaire omnipotente et l’Etat, en ce qu’il est une puissance publique et souveraine ,  y est relégué dans une posture toujours plus négative .  A tort évidemment . L’utopie européenne était de jeter les bases d’une République européenne, on en est loin. Au plan économique ,c’est la guerre, au plan social c’est la débâcle.

Mélenchon est le seul , parmi tous les candidats à la présidentielle, à vouloir d’une 6 ième République qui valorise  la puissance publique au service de tous et non d’une caste financière qui a failli à sa mission en risquant la banqueroute : c’est la leçon de la crise financière qui secoue le monde depuis 2008 et qui est loin d’être dépassée. Le débat écologique « intra muros » qui ne serait pas accompagné d’un remodelage de notre mode de consommation ou  qui ne serait pas accompagné d’une remise en question de notre mode de développement économique actuel , serait sans perspective. C’est la rupture avec le capitalisme outrancier et cupide, allergique à l’écologie , qui serait propre à donner cette perspective . Personne ne s’y aventure vraiment …même pas ceux qui font mine d’être des écologistes qu’ils soient à droite ou à gauche .

Mélenchon est , on ne peut plus clair sur le sujet . Il propose l’écosocialisme et une transition énergétique capable d’assurer le futur de l’humanité sans aller à sa perte .

Lui reprocher d’être flou , sur ses intentions  et la méthode pour parvenir à changer de cap et mettre en danger les puissance de l’argent en restaurant une forme de gouvernement républicaine , qui est le gouvernement du peuple ,par le peuple , pour le peuple , est un mauvais procès.

Au bout du bout , si c’est la droite qui l’emporte , ce ne sera pas la première fois en France . La France c’est aussi cette éventualité  . Ou celle de l’abstention …qui sait ?

 

Investir la RUE et VOTER , c’est la réponse du peuple pour une 6 ième République .

5juinevt-1

Prendre connaissance  IMPERATIVEMENT de l’interview des interviews de JL Mélenchon  sous l’intitulé  » La révolution citoyenne a déjà commencé « 

c’est ICI http://melenchon.fr/2016/07/19/revolution-citoyenne-deja-commence-interview-interview/

Il s’agit d’un recueil thème par thème des arguments développés par JL Mélenchon au cours d’interview donnés à la presse en 2016 sur sa campagne et sur la démarche de « France insoumise » qu’il anime , sur  le programme présidentiel en préparation au sein du mouvement  et sur la vision du futur qu’il propose

Laicité et paix civile par JL Mélenchon: conférence du12 janvier 2015


Laïcité et Paix Civile – Conférence de Jean-Luc… par lepartidegauche

RAPPEL  sur le même sujet

-projet de loi laïque déposé par les parlementaires du Parti de Gauche le 4 avril 2011

L’Europe économique est une pétaudière

JL Mélenchon  examine pour nous le fonctionnement des instances bruxelloises , à commencer par le parlement européen et sa mission celle de voter un budget qui fixe la liberté de manoeuvre des politiques communes sous l’oeil scrutateur du conseil européen( les chefs d’Etat) et la commission ( les technocrates)

Pétaudière , le budget européen c’est  bien une pétaudière pour  Mélenchon : il développe son argumentation  sur son blog  Voir son billet du 22/12/2014 ICI dont nous reproduisons l’intégralité çi après.

 » Il va à vau l’eau. Il s’élève à 145 milliards. En apparence. Car on reporte d’une année sur l’autre les factures qui n’ont pas été honorées dans l’année en cours. Et qui ne le seront pas dans la suivante. Dans les États membres, ça s’appellerait un déficit. Ici, on ne doit pas prononcer le mot de la chose dont madame Merkel et Ingeborg Grässle pensent qu’il ne se dit qu’en français. Donc, en Europe, ça s’appelle des « impayés ». Ne nous coupons pas les cheveux entre nous et allons au fait : accumulés depuis 2010, ces « impayés » devraient atteindre 30 milliards d’euros fin 2014. Cela représente plus de 20 % du budget annuel de l’Union ! Dont près de 25 milliards « d’impayés » au titre des fonds structurels. Concrètement cela se passe de la façon suivante : l’Europe s’engage à financer des programmes ou annonce des subventions mais ne verse pas les crédits correspondants dans les temps. Ça c’est grave. Car ces milliards engagés sont dus en particulier à des collectivités locales ou à des ONG. Pour réaliser le projet approuvé, celles-ci doivent donc emprunter et donner en gage la promesse de subvention. Ce qui revient à dire que les banques prennent un impôt privé sur toutes les sommes que l’Union européenne verse aux collectivités et aux associations. Ce n’est pas beau l’économie de marché ?

Tout cela, c’est le résultat d’une méthode de travail. En effet pour grossir les effets d’affichages financiers, la Commission et les États ont pris l’habitude de voter ce qui est appelé des « budgets d’engagements ». Cela ouvre le droit de passer des commandes ou de décider des subventions. Mais ces « budgets d’engagements » sont beaucoup plus élevés que les « budgets de paiements ». Ceux-là, ce sont les crédits effectivement disponibles pour payer. Entre 2007 et 2013, l’UE s’est ainsi engagée sur 976 milliards de dépenses. Mais elle n’a budgété que 925 milliards de crédits ! Alors même qu’elle n’a pas le droit d’emprunter, l’Europe a ainsi créé ce que partout ailleurs on appellerait un « déficit ». Mais comme c’est interdit par les Traités, on les appelle des « impayés ». On aurait pu les baptiser « carpes » ou « lapins » ou « coupeurs de cheveux » ce serait pareil. Mais c’est quand même un déficit.

Comment ces braves gens expliquent-ils ce monstrueux accroc à leur prétendu sérieux ? Ils disent : « C’est de l’argent qui nous est dû par les États et qu’ils ne nous ont pas payé ». Ah ! Que voilà une bonne excuse pour cette pagaille comptable. Les Français devraient en faire autant, sans se couper les cheveux entre eux, comme dirait cette brave Ingeborg ! On retirerait du déficit budgétaire 85 milliards. Et on pleurerait : « c’est un impayé, juste un impayé. De l’argent que les contribuables nous doivent mais qu’ils ne nous ont pas payé. C’est de la fraude fiscale. D’ailleurs ils ont caché cet argent chez vous monsieur Junker ! » Ça serait classe, non ?

Puisque j’en suis à badiner voyons de plus près la gestion de ces donneurs de leçon. Pourquoi les États ne payent-ils pas ? Simple ! Parce que chaque année ils ne savent pas combien ils doivent. Comment est-ce possible ? Simple. Chaque année l’Union contrôle les États pour savoir combien ils devront payer compte tenu des nombreux critères d’évaluation de cette somme pour ne pas en perdre une miette ! Mais ce contrôle dure un bon moment. A vrai dire, il dure tant et plus. Car la bureaucratie européenne, qui couvre de sarcasmes les « lourdeurs » des États-nations est, elle, un modèle de poids mort tortueux et inefficace. Donc, quand arrive la facture de l’Union dans les États et avant qu’ils aient réglé, les impayés ont eu le temps de s’accumuler faute d’argent disponibles pour payer au fur et à mesure. Et ensuite, les États contestent le montant. Et ainsi de suite. Certains États ont ainsi accumulé de très importants retards de versements. Comme ces retards sont liés aux contrôles de la Commission, les États refusent de les payer en bloc. La Commission a donc proposé un mécanisme « provisoire ». Il s’agit de permettre… le report de ces versements révisés. La pagaille est alors à son comble !

Vous avez suivi jusque-là ? Voici maintenant le plus drôle. Vous avez compris que l’Union est en déficit car elle a des milliards d’impayés. Comme c’est triste ! Mais heureusement, il y a une bonne nouvelle ! Attention les yeux ! Hop : à la fin de l’année l’Union a.. des excédents budgétaires. Oui ! Vous avez bien lu. Des excédents en fin d’année alors qu’il reste des milliards d’impayés ! Ce fut le cas fin 2013 : un milliard d’excédent ! Et le Parlement a voté le report de cette somme en 2014, en même temps que la masse des impayés. Comment ces excédents sont-ils possibles alors qu’il y a des impayés ? Voici comment ce miracle est produit. C’est ici l’enfant du contrôle tatillon de l’usage des fonds publics. De l’obsession de mesurer l’utilité des dépenses. Toutes ces vertus que « Libération » attribue à madame Ingeborg Grässle, en oubliant d’évoquer dans la biographie de ce monstre de rigueur son activité dévouée pour s’opposer aux contrôles qui « pénalisent » les fonds privés et bancaires. Il est vrai que cette dame est « quelqu’un d’extraordinairement compétent qui n’a pas de famille, qui a donné toute sa vie à son travail au Parlement européen » comme éclate en sanglots « Libération » qui note aussi comment elle « baisse les yeux » douloureusement quand on lui parle de moi. Le résultat de ce dévouement est aussi grandiose que le sacrifice. Voyez plutôt.

Les procédures imposées aux bénéficiaires se sont alourdies et allongées jusqu’à l’absurde. Derrière les justifications de « contrôle », c’est en fait une technique bureaucratique abusive pour freiner la dépense. Partant du constat que puisque tout ne pourra pas être payé, tout est fait pour rendre la dépense elle-même impossible. Tout cela a été codifié dans les nouveaux règlements des fonds européens. Cauchemar des collectivités et des ONG, ces règlements kafkaïens font la joie des lobbyistes et des cabinets de conseil qui apprennent à qui veut, moyennant finance, comment les surmonter. Telle est la situation. La Commission européenne et ses suppôts ont tellement complexifié les procédures de dépenses qu’elle n’arrive plus à dépenser tous les crédits, même quand elle le voudrait. Au total, les « impayés » se trouvent aggravés par l’artifice bureaucratique qui était censé les contenir. Grandiose !

Cette cavalerie n’est pas prête à s’arrêter. En effet le « Cadre financier 2014-2020 », le budget global pluriannuel, prévoit 960 milliards de dépenses. Mais il n’autorise que 908 milliards de crédits. Le trou, délibérément créé, sera donc à nouveau de 52 milliards. Mais chut ! On ne parlera pas de déficit. Trop fort ! Concrètement, la dette des « impayés » de l’UE s’envole donc au fil des années : 11 milliards d’euros de factures impayées à la fin de l’année 2011, 16 en 2012, 23 fin 2013 et autour de 30 milliards fin 2014. En ce moment, la communication de l’UE se déchaine pour annoncer que « l’apurement de cette dette va commencer » ! Du pur pipeau. Quatre milliards ont péniblement été dégagés en 2014 pour réduire ces impayés. C’est une goutte d’eau par rapport aux 30 milliards accumulés et aux nouveaux impayés créés par la poursuite de cette mauvaise gestion à l’allemande de l’Union européenne. Un des « budgets rectificatifs » votés permet d’inscrire de nouvelles recettes exceptionnelles. On se pince : il s’agit d’amendes perçues par l’UE. Aaaaah ! Mais hélas, cette ressource est bien loin d’abonder le budget pour réduire les « impayés ». En effet, dans le même temps est inscrite une baisse des contributions normalement dues par les États. En toute hypothèse, cette nouvelle manipulation austéritaire est aberrante car le montant des amendes est par définition instable.

Dans ce bazar entretenu par le Conseil et la Commission, le Parlement et toutes les Ingeborg Grässle font de la figuration. Ils ne cessent de voter des « plans d’apurement » qui ne sont jamais respectés. Mais cela n’empêche pas ce même Parlement de voter régulièrement le contraire de ce qu’il avait proclamé auparavant. C’est désormais rituel, lors de chaque examen du budget européen : le Parlement exprime son refus catégorique lors de la première lecture en octobre, avant de voter un budget quasiment identique en seconde lecture en décembre. Ainsi en a-t-il été de nouveau à propos du budget 2015. Après l’avoir qualifié de « catastrophique » en octobre, les mêmes rapporteurs ont proposé de l’adopter sans modification. Le montant final reste inférieur à la proposition de départ de la Commission, lequel était lui-même considéré comme largement insuffisant. Qu’à cela ne tienne ! Ils voteront favorablement quand bien même toutes les critiques initiales du Parlement restent maintenues. A partir de là vivent les paroles verbales. Le rapport continue bravement de déplorer l’absence de mesures traduisant les priorités affichées en matière d’emploi et de croissance. Il note même que « le Conseil ne semble plus avoir de priorités politiques et ne cherche plus qu’à limiter le plus possible les dépenses dans tous les domaines ». Il pointe aussi que le budget ajusté « ne suffira pas à arrêter l’effet « boule de neige » récurrent des factures impayées en 2015 ». Et il proteste sur le non-respect récurrent des engagements précédents du Conseil. Mais après cette très rude mise en cause que se passe-t-il ? Rien. La majorité PS-Droite vote pour, les yeux fermés. « L’Europe qui nous protège » est en marche.

UN ELU du Parti de Gauche dans le conseil municipal à Nîmes

mn2014NÎMES

Le mamamouchi Fournier , maire sortant UMP, n’a  été pas détrôné à l’issue du deuxième tour des Elections municipals à Nîmes , au contraire il confirme sa position de leader à droite face à un FN en pleine progression et dépassant le score du PS et le score du  FDG pris isolément

 144 940 habitants 1er tour 2ème tour 

Résultats du second tour :

Inscrits

86 019

Votants

50 172

Exprimés

48 054

Abstentions

41.67%

  • Liste Jean-Paul FOURNIER                                    22 491                       46.8%
  • Liste Yoann GILLET                                                    11 734                        24.41%
  • Liste Sylvette FAYET                                                  7 130                        14.83%
  • Liste Françoise DUMAS                                               6 699                        13.94%

 Rappel Résultats du premier tour :

Inscrits 85 991
Votants 48 531
Exprimés 47 037
Abstentions 43.56%
  • Liste Jean-Paul FOURNIER                                    17 491                        37.18%
  • Liste Yoann GILLET                                                    10 241                        21.77%
  • Liste Françoise DUMAS                                              6 929                        14.73%
  • Liste Sylvette FAYET                                                 5 664                         12.04%
  • Liste Jean-Paul BORÉ                                                4 340                         9.22%
  • Liste Eric FIROUD                                                         1 377                         2.92%
  • Liste Jean-Louis WOLBER                                          627                         1.33%
  • Liste  Elizabeth PASCAL                                               368                         0.78%

 

Nouveau conseil municipal 2014 : 1 élu Parti de Gauche

Liste Jean-Paul FOURNIER : 41

  • Jean-Paul FOURNIER
  • Marie Chantal BARBUSSE
  • Yvan LACHAUD
  • Sophie ROULLE
  • Franck PROUST
  • Mary BOURGADE
  • Laurent BURGOA
  • Valérie ROUVERAND
  • Richard TIBERINO
  • Corinne PONCE CASANOVA
  • Thierry PROCIDA
  • Laurence AGULHON-MAURICE
  • Pascal GOURDEL
  • Véronique GARDEUR-BANCEL
  • Richard FLANDIN
  • Marion PONGE
  • Julien PLANTIER
  • Claude DE GIRARDI
  • Daniel Jean VALADE
  • Marie Reine DELBOS
  • Marc TAULELLE
  • Patricia FOURQUET
  • Camille DELRAN
  • Marianne CREPIN
  • Jacky RAYMOND
  • Christine TOURNIER-BARNIER
  • Bernard ANGELRAS
  • Monique BOISSIERE
  • Michel BAZIN
  • Eline ENRIQUEZ-BOUZANQUET
  • Jean-Marc SOULAS
  • Danièle BLACHON-AGUILAR
  • Jean-Claude FEYBESSE
  • Evelyne BORDES
  • Frédéric PASTOR
  • Maud CHELVI-SENDIN
  • Christophe ROLLAND
  • Nathalie BOUSQUET
  • Jean-Marie FILIPPI
  • Catherine JEHANNO
  • Anthony CHAZE

Liste Yoann GILLET :7

  • Yoann GILLET
  • Laurence GARDET
  • Bernard MONREAL
  • Henriette DOYEN
  • Thierry JACOB
  • Sylvie VIGNON
  • Julien GELLY

Liste Sylvette FAYET : 4 dont 1 PG

  • Sylvette FAYET           Parti communiste
  • François SEGUY       Parti de Gauche
  • Agnès CHARAIX-PY  Parti  EELV
  • Christian BASTID      Parti communiste

Liste Françoise DUMAS : 3

  • Françoise DUMAS
  • Sébastien GROS
  • Catherine BERNIÉ-BOISSARD

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Analyse 

 Compte tenu du score du Front national qui atteint les 24 ,4% et celui de Fournier confirmé en tête  du scrutin avec 5000 voix de plus au second tour  (  46,8%  à lui tout seul ) la vague bleue avoisine 71 % des voix . 

Rétrospectivement la liste de coalition avec le PS aurait été fatale au Parti de gauche qui avait accepté de ne plus figurer dans l’ordre de la liste Fayet du premier tour, François Seguy ( tête de liste PG) étant rétrogradé de la seconde à la 4ième  place en cas de coalition, la 4ième place devenant la 10ième sur la fameuse liste de fusion qui n’a pas été déposée. Arithmétiquement la liste de fusion aurait obtenu 7  sièges , insuffisant pour un siège d’élu en faveur du Parti de gauche.

A réfléchir …..

Le Mamamouchi local en ballotage à NÎMES

 

fournierAvec 37,23%  des suffrages , qui représentent 17 491 voix , seulement, sur les 85 551 personnes inscrites sur les listes électorales de la commune de Nîmes , Jean Paul Fournier Maire sortant UMP arrive en tête au premier tour , talonné par le  FN représenté par Yoann Gillet (10 241 voix 21,74%) un jeune homme au visage de poupon, débutant  en politique,  qui n’a pas eu besoin de trop s’agiter pour faire campagne et obtenir le deuxième score  autour d’une profession de foi et d’un slogan classique pour l’extrême droite  » Nîmes, ville française ».

 

Fournier jure au grand Dieu qu’il ne copinera pas avec le FN , que fera le FN ?

Laissons parler le numéro 2 du FN Florian Philippot  qui est en tête au premier tour à Forbach ,(  35,75% des voix) Il préconise le système « calculette » avec  l’UMP ( 12,26%)

 » j ‘encourage le candidat UMP à faire le choix le plus sensé et à se retirer car il représente la liste la plus faible »(LM du 25/03/2014) 

Bien , il semble évident que  chez ce  dirigeant FN comme à l’UMP , que la respectabilité de l’extrême droite est acquise sur ses thèmes privilégiés l’immigration, la xénophobie, l’identité nationaliste avec la préférence nationale contraire à l’esprit républicain .( si l’on en croit les médias, le changement en France maintenant , c’est ça !!! ) 

C’est sur cette apparente  crédibilité conquise il est vrai auprès d ‘un électorat populaire que le FN de Nimes , fidèle à sa duplicité viscérale, va  refuser d’appliquer à soi même ce qu’il recommande aux autres et se maintenir non pas contre Fournier , mais à coté de lui , nuance !!!  L’extrême droite ça passe par la droite.

Pour le Front de gauche à Nîmes , aucun état d’âme ne vient perturber la stratégie d’alliance avec le PS POUR BATTRE LA DROITE ET L’EXTRÊME DROITE  stratégie annoncée dés le premier tour du scrutin . Le Front de gauche est entré en campagne pour gagner les élections contre Sarkozy , et contre le sarkoziste  Fournier . Il s’agit de terminer le travail commencé  avec la même détermination , celle de défendre « l’humain d’abord »   au sein d’une majorité municipale de droite comme de gauche qui voudrait s’en dédouaner . Le citoyen nîmois peut compter sur une opposition de gauche vigilante  incarnée par la liste de Sylvette FAYET qui rassemble le PCF, le Parti de Gauche, Europe Ecologie-Les Verts, Ensemble, Alternative socialiste à Nîmes.

Mise à jour 26/03/2014:

Nous apprenons que l’ alliance avec le PS n’a pas été formalisée en préfecture par une liste d’union déposée dans les délais.Le Front de gauche et les Ecolos restent en lice au deuxième tour A nous de détrôner le Mamamouchi.