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l’alibi de la confiance

La confiance n’est qu’un alibi à l’absence de règles et au principe d’obéissance qui s’y attache . D’un point de vue sociologique et institutionnel , si l’organisation humaine commande d’avoir des règles , l’absence de règles ne signifie pas pour autant un défaut  d’organisation , mais un  défaut de démocratie. L’échange né  de la discussion participe du contrat de confiance qui rend vivante une démocratie .

Pareillement au plan  psychologique  et relationnel,  l’injonction  » Aies confiance «   est tout à fait paradoxale comme le serait l’injonction  » sois spontané » .  Confiance et spontanéité disparaissent à partir du moment où  elles  sont sollicités . On a envie de dire que ces dispositions psychologiques , la confiance , la spontanéité  se méritent plus qu’elles ne se dictent. La confiance ne se donne pas , elle se partage.

Entrons maintenant dans le jeu de l’analyse économique . Un chercheur du CNRS , Thibault Gajdos , vient d’ écrire une tribune publiée dans le journal LM du 17 Novembre 2017 ,intitulée  » Peut-on faire confiance aux riches« 

C’est apparemment ce que fait Macron , sacrifiant ainsi à la logique de la confiance  » le bien le plus précieux pour une économie «  selon l’expression de  son ministre de l’économie Bruno Lemaire lors de l’Université d’été du Medef le 30 aout 2017. Macron ,alors qu’il était ministre de l’économie sous la Présidence Hollande  a fait voter et mis en oeuvre le CICE , le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi , une baisse des charges inconditionnelle en faveur des patrons . En tant que Président il continue sur la même lancée en supprimant l’ISF .  Il compte sur les plus riches pour investir et relancer l’économie et embaucher plutôt que d’augmenter les dividendes et les salaires des dirigeants. Les statisticiens ont du mal à le démontrer . Peu importe Macron croit aux vertus de la confiance et on ne trahit pas la confiance du Président … des riches !!! Allo , quoi ? Les « paradise papers  ? Des riches qui veulent échapper à l’impôt grâce aux paradis fiscaux , c’est normal  mais comment peut-on faire confiance dans leur sens du bien commun , s’interroge T Gadjos , si les mêmes  » cherchent à diminuer «   leur contribution fiscale par l’optimisation fiscale ( une évasion fiscale qui ne dit pas son nom) . Qui est le dindon de la farce ? Surement pas Macron et son ministre de droite qui dénonce depuis des lustres  » l »assistanat »des plus défavorisés. Or il résulterait d’études menées par l’Université de Berkeley ou de  l’Institut européen d’administration des affaires (Insead) que les classes supérieures , sous l’emprise de l’appât du gain , sont plus enclines à tricher que les classes inférieures . Et  Gadjos de conclure  » la menace semble le meilleur moyen d’amener les riches à respecter les règles « 

On ne peut pas , ne pas faire allusion ici au « verrou fiscal de Bercy » . C’est quoi? En France l’administration fiscale dispose historiquement ,d’un pouvoir exorbitant , notamment celui d’être le maitre d’oeuvre des poursuites pénales en matière de fraude fiscale . C’est le ministre du budget qui dénonce au Procureur de la République les contribuables susceptibles de comparaitre devant un tribunal correctionnel où des peines de prison peuvent être requises et prononcées . Régulariser un dossier fiscal par le paiement d’une amende fiscale pour le contribuable indélicat , le fait en général échapper aux poursuites pénales infamantes et à la peine de prison . On comprend des lors que la majorité présidentielle LRM Nait pas voter la suppression du verrou fiscal , ce qui aurait eu le mérite de traiter de la même manière les riches  et les pauvres en cas de désobeissance à la loi pénale.

 

 

Retour sur la dette publique à l’occasion d’une motion de renvoi en commission du PLFR 2017,présentée par JL Mélenchon au nom du groupe La France Insoumise

Cliquez ici  http://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2017-2018/20180051.asp#P1090631

pour le compte rendu intégral des débats qui se sont tenus le 13 novembre 2017 à l’Assemblée nationale

Motion de renvoi en commission

Mme la présidente. J’ai reçu de M. Jean-Luc Mélenchon et des membres du groupe La France insoumise une motion de renvoi en commission déposée en application de l’article 91, alinéa 6, du règlement.

La parole est à M. Jean-Luc Mélenchon.

M. Jean-Luc Mélenchon. Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, je demande, au nom du groupe La France insoumise, le renvoi en commission de ce projet de loi. En effet, j’estime que les deux cadres qui organisent la pensée de ce budget sont erronés.

Beaucoup croient que le budget est une création particulière, résultant de l’imagination du gouvernement en place. Non, monsieur le ministre, vous suivez sans originalité, permettez-moi de vous le dire, la feuille de route que délivre la Commission européenne tous les ans, à l’issue du fameux semestre européen. C’est du reste, dans un passé récent, ce que tous les gouvernements français, quels qu’ils soient, ont fait – plus ou moins bien.

Ainsi, la réforme du cadre administratif du pays, qui ne répondait à aucune espèce de nécessité, n’a été faite par M. Hollande que parce que l’Europe l’avait demandé. Comme sa première copie n’était pas au point, il a lui-même réformé sa propre réforme qui n’était pas entrée en vigueur : c’est l’organisation des régions. Depuis, la Commission n’a cessé de réclamer une réforme du code du travail. À chaque semestre européen, elle nous demande de fluidifier, de flexibiliser, et que sais-je encore, les relations de travail. C’est ce par quoi vous avez commencé.

Je ne donne que ces deux exemples car il me faut en venir à la critique de fond que je veux adresser à cette pensée inspirée par la Commission et ses préjugés idéologiques. Commençons par l’absurdité de la règle des 3 %. À supposer que ce soit le bon chiffre, elle s’applique, quelle que soit la situation, quel que soit le contexte. Il est donc devenu impossible de prendre des mesures contracycliques, alors que la France, du fait de son organisation, s’est caractérisée pendant des décennies par son économie contracyclique !

Évidemment, on peut toujours se piquer de sérieux avec ces 3 %. Mais c’est une blague ! Lorsque la limite du déficit a été fixée, les Allemands proposaient 5 %. Ce sont les Français qui ont proposé 3 %. C’est un inspecteur des finances, Guy Abeille, qui est l’auteur des 3 %, un homme dans son bureau qui a trouvé que 5 %, c’était beaucoup trop, 1 %, c’était ridicule, et que 3 %, au milieu, ça faisait sérieux…

Ça fait sérieux, mais ça ne l’est pas ! Il suffit de regarder le bilan du pays auquel ce remède de cheval a été appliqué contre tout bon sens : la Grèce. Quand la crise a commencé, en 2010, la dette représentait 146 % du PIB. Six ans plus tard, après que le PIB s’est écroulé du quart, comme les salaires, et que les pensions de retraite ont chuté de 20 %, après que le taux de chômage a grimpé jusqu’à 22,5 % et que 400 000 personnes ont émigré parce qu’elles ne pouvaient plus vivre dans leur pays, la dette de la Grèce représente… 186 % du PIB ! Rien n’a été réglé. Qu’attendez-vous donc de remèdes de cheval qui ne guérissent rien et ont plutôt tendance à faire mourir la bête ?

Si l’on veut regarder de plus près encore, on s’étonnera d’apprendre que la Grèce dégage chaque année 3,9 % d’excédent primaire. En France, nous en sommes loin ! Mais cela signifie qu’il faudra encore cinquante ans aux Grecs pour écluser leur dette, en son état actuel. Cinquante ans ! Ce que la Commission est en train de faire, c’est de dire aux jeunes Grecs que l’unique objectif politique de leur pays, pendant les cinquante prochaines années, sera de rembourser la dette !

Et tout cela sur la base de calculs dont je mets en cause la nature, et l’existence même. Enfin, pourquoi devrait-on comparer le niveau d’une dette à la production de richesses d’une année, monsieur le ministre ? Qu’est-ce que cela signifie ? Quel rapport objectif cela décrit-il ? Qui d’entre nous voit son endettement évalué par rapport à son revenu annuel ?

M. Charles de Courson. Moi !

M. Jean-Luc Mélenchon. Allons, monsieur, pas pour les dettes privées !

M. Charles de Courson. Voyez mon banquier, il vous expliquera !

M. Jean-Luc Mélenchon. Reprenez-vous, je vous prie, et ne m’interrompez pas. Ou attendez que je vous en donne la permission ! (Sourires.)

Si vous rapportez la dette de la France à la durée moyenne d’un titre de dette conclu par l’État – 7 ans et 31 jours – l’endettement total de la France est, par rapport au PIB des années considérées, de 12 % : rien qui justifie les sacrifices et les destructions auxquels nous sommes appelés ! Bref, le cadre intellectuel et conceptuel de l’économie tel que le pense la Commission est une absurdité, qui ne permettra pas de faire face aux événements qui s’annoncent.

Deuxième cadre de votre budget, la théorie du ruissellement : on empile de l’argent en haut, et les grosses miettes finissent par dégringoler sur ceux qui sont en dessous. C’est une idée que vous avez récusée, monsieur le ministre, je m’en souviens très bien. Vous avez pourtant expliqué que les 10 milliards que vous allez donner entraîneront des investissements, qui produiront eux-mêmes des emplois, lesquels rapporteront des taxes et des impôts – créant ainsi le monde meilleur auquel vous aspirez, mais que vous ne verrez pas advenir avec de telles méthodes.

Cette théorie butte sur un point : il n’est prouvé nulle part que l’argent supplémentaire que l’on donne au capital va au travail et à l’investissement. Il n’existe aucune preuve de cette affirmation. Cela a l’air de vous amuser, monsieur le ministre. Je suis sûr que vous avez une bonne raison, mais pour ma part, je prends cela très au sérieux. Après tout, vous pourriez avoir raison… Mais le fait est que personne ne critique ce point de la doctrine économique.

Vous m’avez répondu précédemment que le bon sens veut que l’argent aille à la production. Mais nulle part on ne voit trace de ce bon sens ! Alors que les mesures contenues dans le projet de loi de finances pour 2018 sont quasiment acquises, le journal L’Opinion a rapporté la semaine dernière que les investisseurs avaient décidé de ralentir leurs investissements en France pour l’année 2017 et qu’ils ne prévoyaient rien pour l’année 2018. Ils estiment en effet que les outils de production sont déjà utilisés au maximum de leur capacité.

Cela signifie qu’ils n’attendent absolument rien de la décision qui vient d’être prise de leur rendre 10 milliards d’euros. Cette théorie part de l’idée que le marché, au fond, place naturellement les ressources au bon endroit, au bon moment. Ça, c’est l’ancien capitalisme, le capitalisme rhénan, celui que l’on a connu pendant les dernières décennies du siècle passé. Mais il n’existe plus. Le capitalisme de notre époque, c’est d’abord une accumulation disproportionnée dans la bulle financière, sans aucun rapport avec la production réelle.

Ce phénomène s’est développé d’une manière fulgurante à partir des années 1970, et précisément de la décision de M. Richard Nixon, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité du dollar en or. Les États-Unis d’Amérique ont alors commencé à imprimer des billets sans aucune limite, et leur monnaie à régler le commerce mondial. Entre cette époque et 2016, on est passé de 20 milliards à 5 000 milliards de dollars d’échanges financiers par jour, soit 115 fois, chaque jour, le montant annuel du commerce mondial. Si cela ne démontre pas l’existence d’une sphère financière absolument coupée de la réalité de l’économie productive, qu’est-ce qui le démontrera jamais !

La bulle boursière qui en a résulté, c’est-à-dire une accumulation de richesses sans cause, est elle aussi considérable. Nous sommes passés de 1 400 milliards en 1975, soit quelques années après la décision de Nixon, à 65 000 milliards en 2017. Entendez bien ce chiffre : il est supérieur au pic qu’a atteint la capitalisation boursière à la veille de la crise de 2008 ! Cette crise, causée par l’éclatement de la bulle financière, a été la plus grave depuis celle de 1929 selon les déclarations de nos responsables politiques, le président Sarkozy et le président des États-Unis de l’époque, mais aujourd’hui, nous sommes à un niveau supérieur ! Il suffit d’ouvrir un journal économique ou financier pour voir que nous sommes dans un état sur-critique. Et c’est le moment que nous avons choisi pour aller, avec nos petits seaux, grossir encore l’océan de cet argent fictif !

Alors que la valeur boursière a été multipliée par 45 en trente ans, la production réelle, elle, n’a été multipliée que par 3,5. Soyons clairs : un océan de papier flotte au-dessus de nos têtes. Une bulle gigantesque englobe l’économie réelle. C’est elle, et non la production réelle, qui donne le rythme. Le danger est donc extrême, et il ne faut pas l’accroître.

Or, je vous l’ai dit il y a un instant, les investisseurs ne se préparent pas à investir l’argent qu’on va leur donner. Du reste, au cours des dernières années, ils n’ont pas davantage investi, au contraire. Et cela se comprend ! Ce n’est pas un complot, c’est juste qu’il est plus facile d’accumuler dans la bulle financière que dans l’économie réelle. Autrefois – en l’an 2000, ce n’est pas si vieux que cela ! – les entreprises du CAC 40 distribuaient 33 % de leurs bénéfices aux actionnaires. Aujourd’hui, elles en distribuent 57 %. Cela signifie qu’elles comptent sur des gens pour placer leur argent de manière opportune.

On sait, depuis les Paradise papers et, avant cela, les Panama papers, ce que ces personnes font de leur argent. Si ceux qui devraient investir n’investissent pas, si les riches préfèrent les dividendes, si la bulle boursière nous menace, alors il faut que nous regardions s’il existe des théories ou des pratiques économiques qui aboutissent à un résultat inverse. Voilà ce qui nous intéresse.

Je vais chercher la preuve de ma démonstration à la Banque centrale européenne – BCE –, même si cela peut paraître curieux de prime abord. La BCE a commencé par annoncer qu’elle donnerait 400 milliards aux banques, à la condition que celles-ci donnent, en échange, des titres de prêts immobiliers. Résultat ? Rien. Ce sont 60 milliards à peine qui ont été consommés. Les banques ont préféré ne rien prendre que de lâcher ce qu’elles considéraient comme un placement plus sûr que de l’argent à placer dans l’économie réelle – car c’est la deuxième condition que posait la Banque centrale.

M. Jean-Claude Juncker a proposé 300 milliards de plan de relance. Que s’est-il passé ? Rien. Cette somme n’a pas été utilisée non plus. Il a fallu que le banquier central adhère, avec un peu d’humour, à la théorie la plus folle de M. Keynes, qui disait que tout était bon pour relancer la machine, y compris jeter des sacs de billets depuis des hélicoptères, parce que cela obligeait les gens à dépenser immédiatement l’argent, pour qu’on ne le leur reprenne pas. Ce que je suis en train de vous raconter n’est pas une invention : c’est ce qu’il a dit lors d’une conférence de presse, avec humour, pour répondre à un journaliste qui lui demandait quelle était la limite de ce qu’il était prêt à faire pour relancer l’économie. Il a répondu qu’il n’y en avait pas, et a fait cette hypothèse.

M. Charles de Courson. C’était une plaisanterie !

M. Jean-Luc Mélenchon. Un jour, on a donc compris que lorsqu’on posait des conditions, les banques ne plaçaient pas leur argent dans l’économie réelle. Qu’a-t-on fait ? On leur a dit qu’on leur donnait tout l’argent qu’elles voulaient, contre rien. On leur a donné 80 milliards par mois. Au bout de quatre ou cinq mois seulement, alors que l’économie était entrée en dépression dans la zone euro, ce qui est la catastrophe totale, l’argent a commencé à ruisseler et on a vu la production européenne remonter la pente, si bien qu’on considère aujourd’hui qu’il y a un « mieux ». Le mieux, c’est une croissance de 2 %. Il a fallu injecter gratuitement dans l’économie européenne plus de 2 000 milliards d’euros, ce qui correspond à une année de production totale de la France, pour qu’aussitôt on voie la machine se relancer ! C’est bien la preuve qu’il suffit d’injecter de l’argent dans l’économie réelle pour que la machine redémarre et que les impôts et les taxes remettent les budgets d’équerre.

Oui, cette question se pose avec une urgence absolue. On évoque sans cesse la dette publique, et tout le monde oublie la dette privée. Or celle-ci, en France, est supérieure à la dette publique. Les Français ne doivent pas seulement 2 200 milliards de dette publique ; ils doivent un peu plus de la même somme en dette privée, ce qui fait un total de 4 500 milliards. La seule manière de soigner la dette privée, surtout quand vous avez une bulle financière, c’est de relancer l’économie réelle, parce que c’est elle qui va permettre, au moins à ceux qui ont emprunté, de ne pas être défaillants – car c’est par là que les bulles éclatent. C’est la première remarque que je voulais faire, qui n’entre nulle part dans les hypothèses économiques qui ont servi à construire ce budget.

Évidemment, la question de la dette se pose à l’Europe entière, et je vous propose donc une mesure qui me semble indispensable. Si nous ne faisons rien, si nous continuons avec l’absurde règle d’or, qui ne tient aucun compte des effets des cycles économiques, si nous n’en finissons pas avec tout cela, que va-t-il se passer ? Les tensions entre les nations vont s’exacerber, parce que, partout, l’État et les services publics reculent, ce qui vide de son sens même l’existence de la nation, qui ne peut pas être autre chose qu’une communauté de solidarité. Il faut régler la question de la dette, parce que c’est en son nom que ces politiques de coupes claires sur les services publics sont menées. C’est à cause d’elle qu’ont lieu les manifestations absurdes de ces 60 000 voyous d’extrême droite en Pologne…

M. Éric Coquerel. Très bien !

M. Jean-Luc Mélenchon. …ou que se font jour des crises d’identité nationale comme celle qui se déroule actuellement en Espagne.

Il faut arrêter cette machine à perdre et à tuer, en organisant une conférence de la dette au niveau européen. Je demande qu’on me démente si ce que je dis ne tient pas ou si mon addition n’est pas juste : si la totalité des dettes publiques des États d’Europe était achetée directement par la Banque centrale européenne au lieu d’être rachetée sur le second marché, comme cela a été le cas jusqu’à une date récente – ce qui a conduit à cette situation ridicule où la Grèce a procuré 8 milliards à la Banque centrale européenne – dans le pire des cas nous aurions 5 à 6 % d’inflation. Eh bien, je vous le dis, je préfère 5 ou 6 % d’inflation et une Europe qui vit dans la paix et la prospérité, plutôt que la guerre qui s’avance. (Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR.),,,0

Le ministére public roumain en tête de la lutte anti corruption avec la magistrate Laura Codruta Kovesi,procureur général

 

330px-Laura_Codruta_KövesiArte TV a réalisé une enquête en Roumanie où la corruption sévit et rend la situation explosive dans ce pays, membre de l’Union Européenne depuis 2007 et se penche sur le rôle de la justice.

Face à la déliquescence du pouvoir politique ( celui du parti social democrate) au plus haut du sommet de l’Etat, le reportage salut en particulier l’action de Laura Codruta Kovesi,42 ans procureur général à la tête de la Direction Nationale anti corruption.

Le reportage  permet de souligner le caractère courageux , volontaire et déterminée de cette magistrate qui incarne pour beaucoup de roumains l’espoir d’un changement .

CLIQUEZ ICI pour en savoir plus  https://www.arte.tv/fr/videos/071436-007-A/arte-regards/

Muriel Resseguier député France insoumise de l’Herault (34)

Vidéo de son intervention lors des debats sur le PLF 2018

Retranscription intégrale de son discours

Le contenu du projet de loi Finances ne nous a guère surpris.

Pour certains adeptes de la calculatrice et de l’argent-roi, il s’agit de compter « ce qui rapporte et ce qui coûte ». Et voici où l’état souhaite faire des économies : l’éducation, la santé, le logement, la sécurité sociale… Or qui peut croire aujourd’hui que les services publics vivent dans l’opulence ? Certainement pas les usagers, les enseignants, ou le personnel hospitalier…

Non, on ne peut pas assimiler le budget de l’État à celui d’une entreprise, car chaque ligne budgétaire aura un impact sur la vie des gens au quotidien.

Nous voilà désormais clairement en marche mais en marche vers quoi ? Vers la fin du code du travail ! Vers la fin de l’Assurance Chômage ! Et probablement vers la fin de la Sécurité Sociale – déjà 22 000 postes supprimés en 10 ans ! Soyons vigilants : une fois que les gens ne cotiseront plus, les assurances privées qui galvaudent le nom de mutuelles, prendront le pas sur le système actuel et tant pis pour ceux qui ne pourront pas se soigner par manque d’argent.

S’il doit y avoir un constat politique de la situation économique de notre pays, c’est bien celui concernant la montée vertigineuse des inégalités. Ce qui ne semble plus choquer grand monde. Le projet de loi de finances écarte d’un revers de main ce principe fondamental qui veut que nous ne soyons pas une addition d’individus en compétition les uns avec les autres, mais un collectif uni et solidaire.

Depuis plusieurs années, la prétendue impossibilité de s’écarter de la feuille de route dictée par Bruxelles, le marasme économique et la dette sont invoqués pour justifier toujours plus de sacrifices. Et ce gouvernement adhère pleinement à cette logique folle. Il suffit de voir le contenu du Projet de Loi de Programmation des finances publiques 2018-2022 et les objectifs qu’il fixe.

En attendant, les dix plus grandes fortunes françaises ont vu leur patrimoine passer de 22,9 milliards à 240,8 milliards d’euros entre 1997 et 2017. Soit une progression de plus de 950% sur la période ! A titre de comparaison, l’indice des prix à la consommation harmonisé n’a augmenté en parallèle que de 35%. Le tout alors qu’une cure austéritaire est imposée au même moment à la dépense publique.

Et rien ou si peu pour les 30 000 enfants qui vivent dans la rue, les plus de 9 millions de pauvres, les 6 millions de chômeurs, le monde rural et agricole, ou les quartiers populaires.

Monsieur Le Maire nous a dit en commission finances : « il est nécessaire d’alléger la fiscalité sur le capital  » et Monsieur Darmanin a ajouté le même jour que : ce « budget est celui du pouvoir d’achat »…

Cette fois-ci, dans la boîte il y a un cadeau : le petit livret jaune ! Le fameux « livret du pouvoir d’achat » ! Une belle brochure de 11 pages compilant quelques mesures en faveur du pouvoir d’achat, dont certaines existaient déjà, pour que ceux qui ne sont rien et ne comprennent pas tout ne se sentent pas trop perdus dans les 212 pages du projet de loi de finances. Un bel outil de propagande dans lequel tout le monde semble gagnant !

Dans ce gouvernement on n’a pas toujours le temps de réfléchir, on veut aller vite parce que le temps c’est de l’argent !

On n’a pas le temps de tergiverser car on n’est pas des fainéants !

Alors quand Edouard Philippe intervient en septembre pour dire, je cite, que « nombre de contrats aidés répondent véritablement à des besoins prioritaires et que pour faire face à l’urgence il va falloir les conserver »… d’un côté c’est rassurant puisqu’il revoit sa copie même si c’est insuffisant et de l’autre c’est stupéfiant parce que c’était une évidence.

Autre tour de passe-passe, la suppression progressive de la taxe d’habitation, source de financement des collectivités locales, dont il faut bien sûr revoir les modalités de calcul pour la rendre plus juste, que le gouvernement déguise en restitution de pouvoir d’achat, est en réalité un cadeau empoisonné. Car, le manque à gagner de 13 milliards d’euros rendra plus difficile le financement des écoles, des crèches, des équipements sportifs, ou des transports en communs.

La même logique s’abat sur les régions : le fond de soutien en matière de développement économique de 450 millions est en passe d’être supprimé.

Tout le monde remarque que la politique menée par le gouvernement est concentrée en faveur des plus fortunés.

Ainsi la transformation de l’ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière permettra aux 1% les plus riches d’économiser 3,6 milliards d’euros ! Aux oubliettes, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, la taxe sur les transactions financières infrajournalières, la taxe sur les dividendes…

Le choix est clair, l’économie financière, qui appauvrit les gens et dévaste la planète a de beaux jours devant elle. Exit l’économie réelle.

Aujourd’hui, certains disent : « profitons ». Et demain que diront-ils ? « Sauve qui peut ? ».

Pour conclure, je dirais avec Denis Duclos : « Une métamorphose du libéralisme en autoritarisme s’annonce. Un dispositif de contraintes et de hiérarchisation s’esquisse, analogue à celui des anciens empires. Nous entrons dans un règne qui vise comme jadis à parachever son hégémonie par l’exaltation des fantaisies des puissants, l’abaissement de citoyens libres et l’écrasement des indigents. »

Eric BOCQUET sénateur nous parle

Le 20 octobre 2017 au sein de la commission des finances du Sénat dont il est vice président depuis le 5 octobre 2017, Eric Bocquet sénateur communiste du Nord prend la parole pour manifester sa réprobation de voir siéger à ses cotés  des  représentants de grandes banques privées internationales dont un représentant de la banque UBS ayant maille à partir avec la justice.

Il faut savoir que Eric Bocquet , a été réélu le 8,et qu’au cours de sa campagne il s’est heurté au refus des banquiers de lui ouvrir un compte de ….campagne . La parution de son livre, Sans domicile fisc, cosigné avec son frère député, dans lequel il analyse l’évasion fiscale7     n’est sans doute pas étrangère à cette conspiration bancaire .

Comme disait Coluche « on a droit d’être en colère , mais il faut le demander gentiment » Alors quoi? Qui décide de la composition de cette commission au Sénat?

http://bit.ly/2yYCbj2

https://www.facebook.com/lavraiedemocratie/videos/637503099707083/

Bernard FRIOT économiste, sociologue nous parle du réveil nécessaire du monde du travail

imageVENDREDI 17 NOVEMBRE 2017
de 18h30 à 22h30 avec repas tiré du sac
salle VERDIER, 222 rue de Maupassant NÎMES

une soirée rencontre et débat avec B Friot,economiste ,
sociologue, enseignant retraité, et communiste .

video sur son interview par la FI À la Demeurée les 7/8 octobre 2017

B Friot invite les salariés à reprendre en mains l’investissement et les entreprises face à la folie de la finance capitaliste .Vaincre Macron est possible.

23 octobre 2017 AN : Harangue dans l’hémicycle du député JL Mélenchon sur l’insoutenabilité de l’Europe

« Entre les traités budgétaires et les peuples , nous avons choisi , ce sont les peuples »

Après le sommet du Plan B de l’Europe Insoumise qui s’est déroulé à Lisbonne les 21 et 22 octobre 2017 , JL Mélenchon remet le couvert à l’Assemblee nationale   sur le prélèvement européen lors des débats concernant le PLF 2018  . Il ne se prive pas de critiquer l’Union Européenne et dire en quoi elle est insoutenable dans sa politique budgetaire  Il dénonce  d’une part la politique d’austérité anti sociale qu’elle fait subir aux peuples qui la composent et d’autre part les privilèges financiers qu’elle octroie voire qu’elle conforte en faveur d’une élite ou d’une caste politico-économique , celle du monde de la finance qui dirige le monde à sa manière sans le contrôle d’une souveraineté populaire.

Au cours d’une session parlementaire ( auj celle qui a commencé le 3 octobre 2017) le portail vidéo de l’Assemblée Nationale vous offre la possibilité de visionner les interventions lors des débats . Vous cliquez sur l’intervenani de votre choix .

VIDEO Pour visionner JL Mélenchon  CLIQUEZ ICI  http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5035633_59edf407ef49f.1ere-seance–projet-de-loi-de-finances-pour-2018-premiere-partie-suite–debat-sur-le-preleveme-23-octobre-2017

Sur le site de l’Assemblée Nationale ( à découvrir impérativement pour tout  intellectuel insoumis qui se respecte ) vous pouvez prendre connaissance ( en cliquant sur l’onglet >dans l’hémicycle >comptes rendus de séances > Vous cliquez ensuite sur l’intervenant de votre choix

Pour lire , dans son intégralité et à tête reposée, l’intervention de JL Mélenchon

RETRANSCRIPTION INTEGRALE : SOURCE CLIQUEZ  ICI http://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2017-2018/20180023.asp#P1057880

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Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Luc Mélenchon, pour le groupe La France insoumise.

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M. Jean-Luc Mélenchon. Présidente, ministre, collègues, bonjour ! (Murmures.) Depuis le discours du Président de la République à la Sorbonne, j’estime que la campagne des prochaines élections européennes est commencée, et c’est une bonne chose.

M. Maurice Leroy, rapporteur pour avis. Formidable !

M. Jean-Luc Mélenchon. Il a raison de dire que c’est une occasion pour nous, Français – nous tous –, de proposer une issue à l’impasse politique, économique et morale dans laquelle se trouve enfermée l’Union européenne, dont la construction semble en quelque sorte bloquée par les circonstances.

Ce débat, il faut l’aborder dans le respect, c’est-à-dire dans le refus de caricaturer les positions en présence. La caricature ne convaincra jamais que ceux qui la prononcent, et pas ceux qui la reçoivent. C’est la raison pour laquelle, lorsque je lis dans un journal que je suis dans la « tentation souverainiste », l’ancien enfant de chœur que je suis souris, sachant que la tentation est un désir peccamineux et la préfiguration du mal. (Sourires.) Franchement, est-ce que la discussion porte sur le mal ou le bien, sur le beau, le juste ou l’infâme nationalisme ? Non, je ne le crois pas.

Je vais vous rassurer, pour la qualité de notre débat : non, le problème n’est pas l’Europe, c’est le capitalisme financier à laquelle elle est rivée par ses traités financiers. Pour nous, le problème n’est pas l’étranger : c’est le refus absolu d’assurer une situation d’égalité des droits avec lui. Pour nous, le problème n’est pas de faire l’Europe, c’est de refuser de défaire la France pour y parvenir.

Défaire la France, c’est-à-dire tout ce qui la constitue : sa laïcité, d’abord – pas seulement son drapeau, mais les symboles de sa laïcité, sa laïcité réelle – ; ses services publics ; ses champions industriels ; sa vocation égalitaire ; son identité universaliste ;…

Mme Anne Genetet. Elle n’est pas menacée !

M. Jean-Luc Mélenchon. …enfin, son refus d’être contrôlée, sa volonté d’être indépendante. Voilà l’idée que je m’en fais, et rien d’autre.

Cela ne devrait pas me valoir d’être enfermé, avec mes amis, dans une confusion : parler d’indépendantisme, cela signifierait se replier sur soi. Mais quoi ? Depuis quand l’affirmation de soi et de ses valeurs est-elle un repli ? C’est tout le contraire : c’est l’enthousiasme qui nous meut !

M. Jean-Michel Jacques. Vous n’êtes pas seuls : vous avez le Front national avec vous !

M. Jean-Luc Mélenchon. Lorsqu’on nous traitera de souverainistes, moi et mes amis, je n’aurai qu’une chose à vous dire : appelez-nous comme vous voulez, du moment que, lorsqu’on parle de souverainisme, on entende bien qu’il s’agit de la souveraineté du peuple, la seule souveraineté acceptable.

Et pourquoi en parler ? Est-ce faire un procès d’intention ? Dois-je rappeler qu’avant le Brexit, c’est-à-dire le moment où un peuple décide de s’en aller, il y a eu d’autres votes ? Or comment ont-ils été traités ? Le Danemark, refusant le traité de Maastricht : obligé de revoter ! L’Irlande, refusant le traité de Nice : obligée de revoter ! La France et les Pays-Bas votant contre : il n’en est tenu aucun compte ! Le référendum grec, se prononçant contre un mémorandum : tout le monde s’en fout !

Il y a une dérive autoritaire, dont M. Juncker a fini par exprimer l’esprit tout entier en prétendant qu’il n’y avait pas de démocratie possible en Europe en dehors des traités. Si ! Et je me pose même la question de savoir s’il n’y a pas de démocratie qu’à la condition de sortir des traités, notamment des traités budgétaires. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.) Ce sont eux qui créent la tension à l’intérieur des nations et entre elles, au point que les peuples en viennent à s’affronter, non seulement entre eux, mais à l’intérieur des nations, jusqu’à ce qu’elles se démembrent après avoir été transformées en coquilles vides.

J’en viens au rapport : ce n’est pas de cela qu’il parle. (Sourires.) Le rapporteur a fait son boulot,…

Mme Valérie Rabault. C’est déjà un bon point !

M. Jean-Luc Mélenchon. …le rapport est bien fait, et je veux en souligner la qualité. J’en désapprouve totalement la conclusion, mais la qualité, elle, est indiscutable : il pointe de vrais problèmes et de vrais sujets de discussion.

Mais enfin, qu’observe-t-on, après toutes ces chansons sur l’Europe, son caractère bienfaisant, son ouverture, etc. ? L’Europe dépend de plus en plus de la contribution des nations que, par ailleurs, on décrie, on montre du doigt et à qui on jette des pierres. Au début, en 1988, c’était un petit 10 % pour les États membres et nous voici maintenant rendus à 60 % des recettes totales de l’Union.

Ensuite, concernant les recettes – vous verrez que cela a des implications politiques –, après avoir constaté que les nations font tout, on regarde la case des recettes propres de l’Union européenne, en l’occurrence les droits de douane. Et que voit-on ? Ils sont tombés de 30 % à 14 % à peine. Et pourquoi ? Parce que les traités de libre-échange qui, par ailleurs, détruisent nos emplois, défigurent nos sociétés, etc., font que les recettes de douane de l’Union européenne vont décroissant.

Mme Anne Genetet. Ce n’est pas vrai !

M. Jean-Luc Mélenchon. Voilà un organisme qui est en train de se tuer lui-même !

Et puis, dans cette affaire, il faut bien observer que cette Europe, qui donne tant de leçons aux autres, est certainement l’organisme européen le plus mal géré. Comment expliquez-vous que, jusqu’à l’année dernière, nous en étions à presque 20 milliards d’impayés ?

Mme Valérie Rabault. Plutôt 24 milliards !

M. Jean-Luc Mélenchon. Grandiose, non ? Cette année, ce montant a baissé, je le reconnais, mais quand arrivera à la fin du cycle du budget pluriannuel – car il y a aussi cette étrangeté, qui dépasse le mandat d’un député, chère madame Rabault –, figurez-vous que nous serons à découvert de 240 milliards, car 240 milliards de dépenses auront été décidées sans avoir été payées. Voilà les exploits de gestion de l’Union européenne !

Je vous passe le reste, tous ces organismes qui ne servent strictement à rien, comme le Service européen pour l’action extérieure, dont la baronne Ashton a eu la franchise de dire qu’elle ne savait pas à quoi il servait, quoiqu’elle soit placée à sa tête, mais qu’elle pensait que l’organe finirait par définir la fonction.

Voilà où nous sommes rendus dans cette affaire. Pour la France, c’est de plus en plus cher. Je vous rassure, madame Rabault : je n’ai jamais dit que j’étais contre le prélèvement.

Mme Valérie Rabault. Si, si : c’est dans compte rendu de la réunion de la commission !

M. Jean-Luc Mélenchon. Mais écoutez, vous et les autres ! Ne vous contentez pas de lire les fiches qui viennent de Solférino ! (Rires.)

Mme Valérie Rabault. Solférino ?

M. Maurice Leroy, rapporteur pour avis. Solférino ne répond plus ! (Sourires.)

M. Jean-Luc Mélenchon. Je suis contre le paiement de l’excédent et je vais vous expliquer pourquoi. La contribution de la France est de plus en plus importante. Le prélèvement a été multiplié par cinq depuis 1982 et vous verrez qu’il y en aura pour la prochaine période pour 5 milliards de plus. C’est très cher payé pour ce que nous avons.

Oui, je suis contre le paiement de l’excédent positif de la France. En effet nous donnons 20 milliards et nous en recevons 14 pour appliquer une politique agricole que je condamne de toutes les manières possibles. Nous cotisons donc pour 6 milliards net. Si ces 6 milliards étaient restés dans les caisses de l’État, nous respecterions le critère des 3 % et il n’y aurait pas besoin d’engager les mesures que nous prenons pour réduire le déficit structurel.

J’ajoute que, dans ce projet de loi de finances, 16 milliards sont rognés sur le budget de l’État : 10 milliards pour compenser les baisses d’impôt, 6 milliards d’économies pures. Eh bien, ces 6 milliards, ce sont ceux que nous donnons à l’Europe.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois puisque, depuis 2012, la totalité de l’excédent, c’est-à-dire les économies faites sur le périmètre de l’État, a été versée à l’Europe. Vous ne croyez pas que cela mérite une discussion un tant soit peu plus approfondie que la confrontation des dénonciations et des bêlements d’enthousiasme ?

Je suis donc contre le fait qu’on paie l’excédent.

Par ailleurs, je suis pour que l’on ouvre contre l’Allemagne une procédure pour excédents commerciaux excessifs, parce que ce qui est en train de se construire, c’est un modèle économique calqué sur celui de l’Allemagne. Les traités européens condamnent ces excédents parce qu’ils sont toujours faits sur le dos des autres. Pourquoi n’ouvre-t-on pas une procédure ? N’a-t-on pas le droit de dire à nos amis allemands qu’ils exagèrent ?

Quand les Anglais nous ont dit qu’ils voulaient un rabais, qui a représenté 60 % de leur contribution, les Allemands ont dit qu’ils ne paieraient que 25 % du reste. Et c’est nous, les Français, qui payons le plus ! Est-ce une situation normale, alors que nous sommes censés être en déficit excessif ?

M. Thibault Bazin. C’est injuste !

M. Jean-Luc Mélenchon. S’ils ne respectent pas les règles, il faut qu’on les leur fasse respecter.

Tout ça tourne autour d’une question : la dette.

M. André Chassaigne. Ah !

M. Jean-Luc Mélenchon. C’est la grande question du continent européen. Il faut solder la dette. Vous n’y parviendrez pas par des excédents bruts d’année en année. Avec ce que le gouvernement actuel est en train de faire – et il fait un effort dans ce sens, vous le savez comme moi, on en dénonce assez la violence – cinq points, il faudra cent ans pour finir de payer cette dette.

La dette doit donc être annulée, notamment celle des Français, parce qu’elle est excessive. Une part trop importante est due aux taux d’intérêt des années 1990, qui n’ont pas d’autre raison d’être que le fait que les Allemands ont décidé de donner pour 1 mark de l’Est 1 mark de l’Ouest, et que pour contrer l’inflation qui s’est ensuivie, les taux d’intérêt sont montés à 6 %, 7 %, voire 8 %.

Si nous avions à l’époque emprunté à un taux de 2 % – soit le taux actuel, et même moins –, la dette de la France serait de 30 % inférieure.

Un député du groupe LR. Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle !

M. Jean-Luc Mélenchon. Ce sont des réalités. Nous ne pouvons pas accepter que cette situation perdure et que nous, les Français, nous ayons comme unique ambition d’être, comme l’avait dit le président Hollande, les meilleurs élèves de la classe. Pas question ! Il faut revenir sur cette dette, il faut la réévaluer, il faut l’effacer. Et pour ça, il n’y a qu’à faire un moratoire ou à la geler. Il n’y a rien de plus facile.

J’en viens à ma conclusion avant qu’on m’y invite. Tout le monde doit avoir un plan B, et vous autres de La République en marche, comme nous, vous en avez un.

M. Maurice Leroy, rapporteur pour avis. Ça vaut mieux qu’un plan T ! (Sourires.)

M. Jean-Luc Mélenchon. Maurice, arrêtez de faire le singe ! (Nouveaux sourires.)

Il y a un problème de financement ? Vous instaurez une taxe carbone. Le Président veut une taxe carbone aux frontières. Vous avez tous compris que cela s’appelle du protectionnisme. Proposez-la : nous voterons pour. Nous aussi nous proposons une taxe sociale.

Nous avons un plan B à notre manière. En avez-vous un ? S’ils refusent, que ferez-vous ? S’ils ne veulent pas taxer les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon –, s’ils ne veulent pas changer le statut de travailleur détaché, que ferez-vous ? Les bras croisés, vous protesterez ? Ou bien avez-vous une méthode pour répliquer ?

Nous, nous avons un plan B. Je le résume à une phrase prononcée par ma camarade Catarina Martins à Lisbonne, à l’occasion du grand rassemblement du plan B : « Entre les traités budgétaires et les peuples, nous avons choisi les peuples. » (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.)