Affaire BENALLA: le garde du corps de MACRON s’invite dans les manifestations du 1er Mai et joue au policier interpellateur à l’origine de plusieurs arrestations arbitraires.

Au plus prés de l'action

Au plus prés de l’action

Le 1er Mai, c’est la fête nationale du Travail, c’est un jour férié et chômé pour tous les travailleurs sauf pour Alexandre BENALLA. Promu « M Sécurité » au sein du palais présidentiel il s’est invité dans les manifestations du 1er mai pour parfaire sa connaissance dans la gestion des opérations de maintien de l’ordre .

En 2016-17,  à peine âgé de 25 ans , BENALLA se voyait confier le soin d’organiser la sécurité  du candidat Emmanuel MACRON qui avait démissionné de son poste de Ministre de l’Economie pour créer son propre Mouvement « la République en Marche » et se lancer dans la campagne présidentielle. Ayant prouvé son efficacité au cours de celle-ci,   A.BENALLA  restait au service de E.MACRON , élu  Président de la République,  et obtenait en retour un poste de chargé de mission en matière de sécurité,  en tant qu’adjoint au chef de cabinet  M François Xavier LAUCH. Avec des appointements  de l’ordre de 6000 euros , logement et voiture de fonction, port d’arme autorisé, il était censé superviser la mise en oeuvre de la sécurité du Président  à coté ou en parallèle du circuit officiel de protection du Président de la République (GSPR :Goupe de sécurité du Président de la République commandé par le Colonel Lionel LAVERGNE et le commandement militaire de l’Elysée-garde républicaine dirigée par le Général Eric BIO FARINA) . Visiblement, lors des déplacements publics ou privés, A BENALLA assurait lui-même et physiquement une sorte de  garde rapprochée du chef de l’Etat ou du couple présidentiel , un garde du corps, bagagiste à l’occasion entretenant, semble-t-il,  un lien de proximité révélateur d’une grande confiance entre les deux hommes .
Hélas cette confiance a été trahie . Comment ?
A.BENALLA n’est pas un fonctionnaire, ni un policier d’Etat, il n’est placé ni sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB, ni sous celle du Prefet de police de la Préfecture de Paris M Michel DELPUECH . En intégrant, dans l’appareil d’Etat, le cabinet présidentiel dont il dépend hiérarchiquement de façon dite « officieuse » sans relever de l’organigramme officiel, il a acquis une autorité de fait  dans le domaine de sa compétence, un peu comme le porte voix du Président . Officiellement il avait obtenu le titre de Lieutenant-Colonel dans la  réserve de la Gendarmerie sur décision du Général LIZUREY,directeur de la Gendarmerie Nationale, un titre parait-il honorifique censé lui donner de la hauteur dans les audits « sur la fonction de protection» avec les hauts gradés du Corps.On ne peut pas imaginer cette promotion sans le tapis rouge du Président dont il bénéficiait.
Sur sa demande,  il avait été autorisé à participer aux opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations sociales du 1er Mai à Paris qu’on prévoyait assez rudes ( ce qui fut le cas puisque plus de 283 personnes ont été arrêtés à l’occasion des heurts avec les manifestants,153 présentées devant un OPJ,  et 109  placées en garde à vue -LM 27-7).
Lors d’un rassemblement en fin de journée sur la place de la Contrescarpe, dans le 5 ieme arrondissement,   A. BENALLA était filmé , coiffé d’un casque de CRS, en train de maitriser , non sans brutalités , un manifestant  et sa compagne au milieu des forces de sécurité de la Préfecture de Police de Paris , appelées à disperser la foule sur cette place très touristique où un appel à un «apéro convivial» avait été lancé par le Comité d’action inter-lycéen relayé par le syndicat étudiant UNEF et La France Insoumise (LFI).
C’est le directeur de cabinet d’E MACRON , M Patrick STRZODA préfet hors cadre connu pour sa pondération et sa loyauté au service de l’Etat qui a autorisé la présence de BENALLA le 1er mai  2018 aux cotés des Compagnies républicaines de sécurité de la  Prefecture de Police de Paris, lesquelles sont placées sous l’autorité du Prefet de police de Paris Michel DELPUECH.
Deux mois et demi après ces évènements autour de la fête du Travail , le 18 juillet 2018 le journal Le Monde révélait au grand public, au moyen de vidéos réalisées par des témoins,  les violences policières commises  par Alexandre Benalla  accompagné de son ami de longue date Vincent CRASE ,45 ans,  tous deux réservistes de la gendarmerie .Vincent CRASE était de son coté , rémunéré comme salarié de  LREM ( la République en Marche) le parti présidentiel victorieux des élections, à la tête duquel  était  placé Christophe CASTANER, un proche de la première heure de E Macron , nommé secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement .
On apprenait alors,  que dés le lendemain de la manifestation du 1er Mai le directeur de cabinet du Président, M Patrick STRZODA, ayant pris connaissance de certaines vidéos  avait convoqué A.BENALLA , en urgence , pour une mise à pied de 15 j et une suspension de salaire après en avoir référé au Président de la République en voyage en Australie , le secrétaire général Alexis KHOLER avisé. Comme en atteste la lettre de notification de sanction administrative datée du 3 mai ( reproduite dans LM du 20 juillet), Il était fait grief au chargé de mission d’avoir participé de façon active aux opérations de maintien de l’ordre, alors qu’il était entendu qu’il devait rester à distance en tant qu’observateur et adopter  un comportement exemplaire.  Au moment des faits A BENALLA ( ce qui n’est pas le cas de V.CRASE)pouvait être considéré comme régulièrement intégré aux forces de police en tant qu’observateur. La sanction disciplinaire de M Patrick STRZODA faisait allusion à un  » comportement inapproprié «  , aucune allusion à des violences  et on suppose aucune communication aux autorités judiciaires . Tout semblait avoir été réglé au plan administratif . Pourtant des citoyens ont été interpellés, et retenus  de concert par BENALLA et CRASE qui ne disposaient d’aucune habilitation officielle, requise pour cette action placée sous le contrôle de l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle.
Après les révélations sur le site du journal LM, la Garde des Sceaux Mme Nicole BELLOUBET , qui dispose au sein de son ministère d’un directeur des affaires criminelles et des grâces chargé de la renseigner sur les affaires sensibles ,  interpellée par les députés de l’opposition au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon le jeudi 19 juillet, parvenait à peine à faire comprendre que le nommé A.BENALLA avait agi en électron libre  ( ce qui est heureux , le contraire serait gravissime) en commettant des actes  « inadaptées »  La Ministre  renvoyait au  Procureur de la République le soins d’évaluer et de dire si les violences  » policières  » commises par de faux policiers  étaient répréhensibles. Celui-ci ouvrait le lendemain une enquête préliminaire du chef de  » violences par une personne chargée d’une mission de service public »usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique , détournement d’images de vidéo-surveillance , complicité et recel »
L’affaire Benalla venait de naître suivie d’un maelström journalistico-politique d’une semaine dont l’effet de choc n’est pas banal , contrairement à l’expression « une tempête dans un verre d’eau « utilisée par le Président E MACRON qui s’est montré habile à noyer le poisson, pendant toute une semaine , par un silence jupitérien remarqué. Voyons de plus prés cette affaire d’Etat qui a dérangé  la Macronie toute une semaine.
-1.Une procédure de licenciement était engagée, sous la pression des médias, dés le 20 juillet,  par l’Etat major Elyséen contre BENALLA,   ruinant la communication de la veille de M Bruno-Roger PETIT, porte parole de l’Elysée tambourinant que la sanction de Mise à pied prise le 3 mai était exemplaire : prêter main forte aux forces de police ne pouvait pas être bien grave, n’est ce pas ? . Que BENALLA s’enquière, lorsque son comportement « inapproprié » a été révélé au grand jour , d’obtenir des images de la vidéo-surveillance utilisée par la PP, cela devenait plus choquant que le comportement violent affiché par le « stagiaire observateur » . Et comme le diable se cache dans les détails, comment expliquer que le jour du 1er mai l’intéressé agissait de concert avec le nommé CRASE, lequel , qui plus est,  était armé. Sans doute A. BENALLA  avait pris cette autre initiative,  de demander à Vincent CRASE de l’accompagner sur le terrain, en sous marin,  et au final de participer tous les deux à des interpellations des « fauteurs » de trouble.
-2.Placé en garde à vue le 20 juillet (*) , deux jours plus tard soit le dimanche 22 juillet , A .BENALLA était mis en examen après l’ouverture  d’une information judiciaire et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement. Le couple de manifestants brutalisés sur la place de la Contrescarpe se constituait partie civile.Il n’avait fait l’objet le 1er Mai et les jours suivants, d’ aucun signalement au Procureur de la République de Paris ou à son parquet , pourtant il pouvait déjà leur être reproché des jets de projectiles contre les forces de l’ordre( LM27-7) Aucun procès-verbal n’avait donc été dressé à leur encontre, pratique tout à fait inhabituelle pour laquelle le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne , MJacques MERIC doit normalement rendre des comptes.
(*)étonnant ! son véhicule de fonction mal garé devant le commissariat était enlevé par la fourrière, une heure après qu’il y soit arrivé , selon le CANARD ENCHAINÉ.
-3.L’Assemblée nationale  et le Sénat  se sont mobilisés : les deux chambres  constituaient  chacune de leur coté, des commissions d’enquête parlementaire.Le 2O juillet, à la suite d’un conciliabule au Palais Bourbon entre Christophe CASTANERRichard FERRAND président du groupe LREM, Marc FESNEAU président du groupe MODEM, François de RUGY, président de l’Assemblée Nationale, Mme Yaël BRAUN PIVET, président de la commission des lois et en présence de Mme BELLOUBET  il était décidé que la Commission des lois de l’AN se dote des privilèges d’une commission d’enquête parlementaire pour un mois, des auditions étaient programmées  notamment celle du ministre de l’Intérieur Gerard COLLOMB . Celui-ci , entendu sous serment , le lundi 23 juillet, renvoyait la patate chaude  à la Préfecture de Police de Paris et au Préfet de Police Michel DELPUECH, lequel se tournait vers l’Elysée évoquant  des pratiques de copinage malsaines avec ses services .( sic !!!)
-4. A l’Assemblée Nationale qui planchait sur un projet de révision constitutionnelle de première importance,  avec une réforme envisagée du Parlement , la réduction du nombre de députés , l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin, la réduction du droit d’amendement, la révision du cumul des mandats , les groupes d’opposition ont donné de la voix. Ils n’ont eu aucun mal à évoquer une affaire d’Etat mise en lumière par les dysfonctionnements révélés par le cas Benalla, garde privatif de E.Macron , par sa présence dans les forces de police de sécurité le 1er mai, et par son manque de sang froid évident.
  Le dimanche 22 juillet la ministre de la Justice informait les députés que l’examen du projet de révision constitutionnelle était suspendu sine die , accusant l’opposition de manoeuvres d’obstruction, faisant comme si la crise n’était pas née d’un comportement « inapproprié » ( selon STRZODA) « inadmissible » (selon Gérard COLLOMB) « inacceptable « (selon Christophe CASTANER) »choquant »(selon Edouard PHILIPPE) et enfin « fautif » (selon Alexis KHOLER) comportement  imputable à qui ? Au garde du corps du président de la République le nommé BENALLA . C’est bien lui qui a mis le feu aux poudres alors que sa situation de proximité avec le  Président MACRON aurait du au contraire l’en dissuader. On peut être tenté de penser que la seule conception du pouvoir dont ce collaborateur zélé a hérité, c’est l’effet de Cour. Il faut l’incohérence d’un François BAYROU ou sa duplicité naturelle inspiratrice, pour dire « en même temps » que l’affaire BENALLA n’est pas une affaire d’Etat( LM 29-30/07) et que « dans l’inconscient monarchique français , l’Elysée est investi de pouvoirs d’autant plus fascinants qu’ils sont mystérieux «  Au secours docteur FREUD !!!!!

 

-5.Les circonstances des évènements du 1er Mai où deux individus ( BENALLA et CRASE) se faisaient  passer pour des policiers avec des signes extérieurs de la fonction,  avec une arme à la hanche pour CRASE, ainsi que le détournement d’images de vidéo surveillance de la Préfecture de Police de PARIS ont entrainé la mise en examen de trois policiers appartenant à la DOPC ( direction de l’Ordre Public et de la Circulation)  Laurent SIMONIN controleur général , chef d’Etat Major adjoint depuis 2011, 3O ans de carriere à la PP Maxence CREUSAT, commisssaire de police depuis 2011 à la PP, et Jean Yves HUNAULT ancien gardien de la paix , 10 ans de carriere à la DOPC, officier de liaison de l’Elysée.
Ni Alain GIBELIN, patron de la DOPC, ni le major de police MIZERSKI, policier référent de Benalla sur le terrain des opérations le 1er mai 2018  n’ont été inquiétés, le premier parce qu’il n’avait pas été informé de la prise en charge de Benalla aux coté des forces de sécurité de maintien de l’ordre, le second parce qu’il n’avait reçu aucune instructions précises sur sa mission. Il ressort du rapport de l’IGPN que la DOPC  gère les manifestations sur le ressort de la PP sans passer par le Ministère de l’Intérieur, et s’occupe de l’accompagnement des « observateurs ». L’IGPN ( Inspection Générale de la Police Nationale ) saisie  proposait, aprés enquête, un recadrage des mesures d’accompagnement des » observateurs  » au sein de la PP  .Gérard Collomb devait  adopter immédiatement ces préconisations en vue de leur diffusion aux services  compétents .

-6.De son coté, Alexis KHOLER, bras droit de MACRON, invitait les conseillers et divers chargés de mission recrutés sans apparaitre au Journal Officiel , à faire les déclarations ad hoc sur leurs patrimoines et les liens d’interêt auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, instance présidée par Jean Louis NADAL, ex procureur général de la Cour Suprême, et contournée jusque là , tout comme l’article 11 de la loi du 11 Octobre 2013 qui oblige  » les membres des cabinets ministériels et les collaborateurs du Président de la République à adresser au Président de la HATVP une déclaration de situation patrimoniale et une déclaration d’intérêts (…) dans les deux mois qui suivent leur entrée en fonction « . D’autre part il annonçait la réorganisation des services de protection attachés à personne du Président qui seraient détachés de la Police Nationale et du Ministère de l’Intérieur comme sous François Mitterrand,  pour constituer un service unique sous l’autorité directe du Président .Le projet était déjà en chantier depuis quelques mois et Alexandre BENALA y avait eu ses entrées dans les réunions préparatoires .

L’ affaire BENALLA , a eu pour effet d’en énerver plus d’un, pas pour les mêmes raisons.Ceux qui veulent protéger l’image du Président de la République écorchée par le comportement « inadmissible » de son garde du corps privatif, et ceux qui dénoncent le dévoiement des institutions républicaines en matière de sécurité.

Georges KIEJMAN fait partie de la première catégorie. Habitué à donner sa caution juridique aux hommes de pouvoirs, excellent orateur , pour lui (tribune LM du 31 juillet), Alexandre  BENALLA n’est que du menu fretin. Ce collaborateur présidentiel  s’est cru tout autorisé  et l’avocat  ne s’est pas privé de suggérer  la dérive individuelle, « absurde et irréfléchie » de ses actes . Il écrit  à son propos  » On ne joue pas aux gendarmes du Dimanche et on ne se livre pas à des brutalités (…) »

Pauvre BENALLA  en effet, il a cru faire sa BA (bonne action)de la journée en prêtant main forte à une opération de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations citoyennes du 1er Mai  . Malheureusement il n’est pas fils de Dieu, pas de  pain béni,  mais un pain dans la gueule d’un manifestant supposé fauteur de trouble dans le cadre d’une interpellation  musclée . Mais voilà, il n’émarge ni à la police administrative de l’Etat, ni à sa police judiciaire de sorte qu’il n’avait aucun droit ni titre d’agir comme il l’a fait, sauf la complicité tacite de l’appareil policier ( fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie)

L’avocat KIEJMAN, qui a été un temps ministre de la justice , connait parfaitement les arcanes de l’institution, et la singularité de la co-existence de la Maison Police et de la Maison justice .Il renvoie  aux juges le soin de trancher la question de savoir si l’article 73 du Code de Procédure pénale, invoqué par BENALLA au soutien de sa  défense , est applicable en l’espèce
article 73 CPP » Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche.« 
 
Pour être complet, encore aurait-il fallu  citer à coté de l’article 73 du CPP  l’article 53 du même Code qui définit l’enquête de flagrance en ces termes:
article 53 CPP » Est qualifié crime ou délit flagrant le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique, ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit. »
Il a été admis en jurisprudence qu’un citoyen, une personne  ordinaire qui n’est  investie d’aucun pouvoir de police  ni d’une quelconque autorité publique peut devenir, à l’occasion de circonstances précises -le crime ou délit flagrant- un collaborateur occasionnel non pas de la police mais de la justice. Dans ces conditions il acquiert la qualité nécessaire pour procéder à une arrestation en flagrance avec mise à disposition immédiate à un Officier de police judiciaire.  L’article 73 du CPP veut combiner deux intérêts apparemment opposés
-celui de confier à la police judiciaire le soin de lutter contre la délinquance sous le contrôle de l’autorité judiciaire , gardienne des libertés individuelles.
-celui d’éviter de décourager l’engagement citoyen dans la lutte contre la délinquance dans un but d’efficacité .
Or Alexandre BENALLA , chargé de mission du Président , autorisé à accompagner les forces de sécurité lors des manifestations du 1er mai , a intentionnellement trompé la confiance de son entourage décidant, contrairement à sa mission, de jouer au policier de façon active allant jusqu’à l’interpellation de  » fauteurs  » de trouble  avec un comparse armé. L’intégration de Benalla dans un dispositif policier précis de maintien de l’ordre, où l’affrontement avec la population est envisagé dans toutes ses conséquences et dans le respect des valeurs démocratiques , exclut qu’il puisse se prévaloir du bénéfice de l’article 73 du CPP.  même  le commandant de la compagnie républicaine de sécurité présente sur les lieux témoignait qu’il avait cru avec ses hommes avoir affaire à un fonctionnaire de police. Ce jour là, dans les circonstances de l’espèce A BENALLA,   n’est pas un citoyen ordinaire , une personne sans qualité protégée par l’article 73 du CCP,
Mais protégé de quoi ?
On ne saurait faire injure à l‘avocat KIEJMAN ni même à François BAYROU, baron de la Macronie sous le masque du Modem, ( LM 31 JUILLET 2018) tous deux prompts à critiquer ceux qui instrumentalisent l’affaire BENALLA en une affaire d’Etat , d’oublier le principe constitutionnel selon lequel « nul ne peut être arbitrairement détenu » ou retenu ( article 66 de la Constitution du 4 Octobre 1958) et les dispositions de droit pénal qui en découlent
article 454-4 CP » Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.Lorsque l’acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d’une durée de plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et à 450 000 euros d’amende. »
Apparemment Alexandre BENALLA ne s’est pas soucié de ces dispositions pénales tout comme le système d’accompagnement de BENALLA au sein de la Préfecture de  police de Paris, . L’article 73 du CPP ne le protège pas d’une responsabilité pour arrestation,  détention ou séquestration arbitraire  et les violences policières concomitantes au cours de l’interpellation qui lui est reprochée sont nécessairement illégitimes, arbitraires et attentatoires à la liberté individuelle.

Si A. BENALLA a trahi quelqu’un, c’est par le mensonge , et c’est aux citoyens qu’il ment , encouragé par un système policier laxiste, et peu scrupuleux sur la rigueur républicaine exigée des forces de l’ordre.. N’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris qui ont remis à BENALLA  les accessoires policiers pour aller sur le terrain des opérations conformément aux voeux de l’intéréssé, n’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris  qui ont remis à BENALLA sur sa demande , le lendemain des révélations du Monde, un disque  extrait du système de vidéo surveillance de la PP, où les suspects de la place de la Contrescarpe étaient filmés entrain de jeter des projectiles sur les forces de l’ordre , comme si le secret professionnel n’était pas opposable à BENALLA

Plus grave , n’est-ce pas le Préfet de Police Michel DELPUECH qui a satisfait à la demande d’autorisation de port d’arme de BENALLA , en octobre 2017 , alors que les services compétents du Ministère de l’Intérieur s’y étaient opposés ? Est-on bien sûr que ce haut fonctionnaire n’a pas mis en danger la sécurité du Président de la République ?

Mais surtout comment peut -on s’enorgueillir , au sommet de l’Etat, de l’embauche d’un collaborateur  affiné aux questions de sécurité et dispensé  » en même temps » que d’une  formation éthique républicaine suffisante capable de lui éviter certains écueils , d’un contrôle de comportement dans le cadre d’une activité exposée et à risque , pour lui et pour le Président de la République auquel le peuple a confié son destin( temporairement!!!)

En guise de réponse on retiendra la sentence de Fénelon : « Les princes ont un pouvoir infini sur ceux qui les approchent ; et ceux qui les approchent ont une faiblesse infinie en les approchant. »

Dire qu’on assume tout, comme l’a fait E MACRON le 24 juillet, sur un ton de bravache digne d’un adolescent attardé, c’est ne rien assumer du tout si cette responsabilité n’est pas mise en acte, pire cela devient insupportable si l’impression donnée est la dissimulation prise en charge par l’effet de Cour . C’est le cas de l’affaire BENALLA.

L’affaire BENALLA est une affaire d’Etat parce quelle est devenue, pour des questions institutionnelles tout à fait sérieuses, une affaire BENALLA-MACRON. L’épisode n’est pas terminé . A l’opposé de ses fanfaronnades politiques, E MACRON promet des mesures à la rentrée : il n’est pas sûr que quelque chose ne saute pas à la PP de Paris, déjà convoitée par la Mairie de Paris .Certains pourraient s’en réjouir, d’autres pourraient préférer voir sauter le verrou de Bercy, un autre Etat dans l’Etat.

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contre les fauteurs de trouble du 1er mai .

Thomas Picketty: « Dans le fond, Macron et Mekel ne veulent rien changer d’essentiel à l’Europe actuelle » LM du 10-11 juin 2018

Piketty, né en 1971, professeur d’économie, récompensé en 2002 du prix du meilleur économiste de France, auteur à succès en 2013 du  livre Le Capital au XXIe siècle déplore dans une nouvelle tribune publiée dans le Monde de voir l’axe Paris-Berlin , moteur de la construction de l’Union Européenne actuelle, impuissant à refonder l’Europe sur des valeurs de solidarité.

1) Pour l’économiste , la nouvelle gouvernance  européenne prônée par Macron reste floue Elle concerne la zone Euro : un ministre des finances à la tête de la zone euro dotée d’un parlement responsable du vote d’un budget ambitieux . Quelle composition de l’assemblée nouvelle , quel impôts pour financer le budget, quels pouvoirs du ministre ? Le chantier est ouvert pour le chef de la République  mais on ne peut se cacher que  Berlin et Merkel sont peu enthousiastes aux réformes sauf à transformer  le M.E.S ( le mécanisme européen de stabilité budgétaire qui masque une politique austéritaire) en F.M.E ( fonds monétaire européen  dans la lignée du F.M.I avec un pilotage allemand et une techno-structure bancaire au service d’un néolibéralisme dur sur le terrain économique

Selon Piketty,  les 4 pays de l’Union , la France , l’Allemagne, l’Italie , l’Espagne qui forment  » à eux seuls les 3/4 du PIB et de la population de la zone euro » pourraient se mettre d’accord pour débloquer la situation . Cela suppose que l’Allemagne abandonne symboliquement son hégémonie dans des institutions rénovées, plus démocratiques .Mais elle n’est pas prête à lâcher le morceau, les dirigeants allemands ayant tendance , pour l’économiste  « à expliquer à leurs  électeurs que les difficultés de l’Europe sont causés par les paresseux du sud ». 

2)L’emprise des discours nationalistes, anti-européens et xénophobes sur les peuples européens s’aggrave. Jusqu’à l’Italie laquelle de tout temps attachée aux valeurs européennes ciment d’ un standard démocratique inégalé dans le monde , vient de mettre au pouvoir un gouvernement disparate soudé sur une chasse aux étrangers comme réponse aux difficultés de gérer les flux migratoires et la crise européenne qui en découle .

 

 

 

LU: lettre politique de Laurent Joffrin du 31 mai 2018

L Joffrin ( directeur de publication du journal « Libération », disserte sur le macronisme , la façon dont Macron exerce le pouvoir depuis son élection il y a un an. Rien de nouveau sous le soleil , « un trés ancien nouveau monde  » selon lui  au vu des réformes engagées . Voyons ça…

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«  »"Résumons ce qu’on devinait dès les premiers pas et qui apparaît en pleine lumière après un an de macronisme : il n’y a pas plus de «nouveau monde» dans cette politique que de beurre en branche. Le tourbillon de réformes entreprises par le gouvernement Philippe à l’ombre de Jupiter se ramène à un plan somme toute assez plat : l’application à la France des réformes libérales à l’œuvre dans le monde depuis la révolution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Les dernières annonces le confirment si besoin en était : libéralisation de la loi Littoral jugée trop contraignante, réforme des aides sociales accusées d’être des trappes à chômage, assouplissement des règles de cession des HLM, plan Banlieue de Jean-Louis Borloo écarté au profit d’une philosophie entrepreneuriale symbolisée par le vieux proverbe «Aide-toi et le Ciel t’aidera» : tout concorde. L’individu est tout ou presque, les corps intermédiaires sont des obstacles et non des partenaires, les «premiers de cordée» tireront tout le monde. C’est la suite d’une séquence uniforme : réforme fiscal e au profit des plus riches, libéralisation du marché du travail, réduction prévue de quatre points des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires, réforme de la SNCF au nom de la concurrence, fin programmée des protections depuis toujours consenties aux cheminots. Rien de neuf dans cette affaire : on y trouve les grands principes des grands ancêtres, Bastiat, Hayek, Milton Friedman, et la longue préparation menée de manière à la fois discrète et tout à fait publique au sein des cénacles de la classe dirigeante, Fondation Saint-Simon, symposium de Davos, Institut Turgot, Institut Montaigne, etc. Et, dans une version droitisée, parmi les travaux des deux commissions Attali, dont le secrétaire était un jeune inspecteur des Finances nommé… Emmanuel Macron. Nouveau monde et vieux projet…

«Ultra-libéralisme» ? Evitons les slogans. La France reste l’un des pays les plus administrés au monde, où les dépenses publiques représentent plus de la moitié du produit intérieur. Mais justement : c’est pour mettre fin à cette exception française que cette politique est mise en œuvre, non par la société ou par «les individus» mais par un seul, logé à l’Elysée et qui mène son faux nouveau monde à la baguette. C’est la répudiation – par des méthodes jacobines – de la tradition de jacobinisme qui remonte à plus de deux siècles, ou de la greffe social-démocrate tentée avec plus ou moins de bonheur par les socialistes français au pouvoir. Un libéralisme vertical et impérieux, un bonapartisme du laisser-faire, une politique à la Guizot, premier chantre des «premiers de cordée», mâtinée de Napoléon III. Autrement dit une antique tradition, maintenue jusqu’ici sous le boisseau, soudain libérée par la divine surprise de mai 2017. »" ».

Commentaires :

Le macronisme tel qu’il se dessine après un an d’exercice du pouvoir par le nouvel hôte de l’Elysée ressemble bien à du bonapartisme, une volonté de gouverner qui ne s’empare pas d’états d’âme démocratiques sur l’alpha et l’oméga de la politique actuelle  :  la force économique du pays .  L’option d’un ultra libéralisme économique téléguidé par un modèle financier supra étatique, cimente une  volonté de transformation  qui passe pour le remède à l’impuissance de tous face aux défis contemporains et gloire à Macron et son élite à son service.

 

Jean ZIEGLER,un Suisse engagé politiquement sur la question des droits fondamentaux de l’homme, nous parle du haut de ses 84 ans

« L’expérience c’est l’histoire des vieillards » c’est un mot de JP SARTRE que j’ai retenu , je sais pourquoi maintenant . J’aime ces hommes d’engagement qui acceptent de nous dérouler leur vie , telle une étoile fillante qui brille dans le firmament , ne fusse qu’un instant . Briller c’est tout se qui importe ….

J Ziegler juriste , sociologue, internationaliste , et altermondialiste a été parlementaire de gauche dans son pays et rapporteur spécial aux Nations unis sur le droit à l’alimentation ( de 2000 à 2008) Il est actuellement vice président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme des Nations Unis . Depuis plus d’un demi siècle il est vent debout contre le capitalisme financier . Penseur et essayiste, proche du philosophe  Jean Paul Sartre, Jean Ziegler a écrit de  nombreux ouvrages ( biblio sur wikipedia) qui ne lui ont pas valu que des amis.  il est Interrogé le 16 avril 2018 par Aude Lancelin ( Le Média) et il nous livre sa vision du monde capitaliste pour faire suite à un documentaire récent paru sur lui «  Jean Ziegler : l’optimisme de la volonté » de Vladimir Wadimoff, un ancien élève du temps où il professait la sociologie à l’Université de Genève et de la Sorbonne.Personnage haut en couleur, combattre « le monstre » ( il faut comprendre la finance internationale), slogan  hérité du CHE, reste sa marque de fabrique révolutionnaire , voilà pourquoi il est intéressant de dresser l’oreille, à vous de jouer …

Macron au théatre

C’est au théâtre Chaillot, dans un décor à la fois somptueux  et racé avec en toile de fond , une perspective sur la Tour Eiffel illuminée, que Emmanuel Macron a choisi de donner son interview bilan le 15 avril 2018 après une année de pouvoir à l’Elysée. Les questionneurs ont été Jean Jacques Bourdin, journaliste à BFMTV et Edwy Plenel de Médiapart, deux professionnels ayant à coeur de ne pas s’en laisser compter face à ce jeune Président de la République de la trempe d’un Giscard d’Estaing dont il semble être un héritier naturel .

 

 

Mediacratie, enquête de Aude Lancelin ( 12/04/2018 Vraiment politique-Le Média)

l’émission commence à l’indice 21.30

Invités de l’émission:

Paul Moreira , grand reporter, journaliste d’investigation, coresponsable du collectif « Informer n’est pas un délit » ( ed chez Calmann- Levy)

Henri Maler , Professeur de Sciences politiques à Paris , fondateur de Acrimed, coauteur avec Sege Halimi de l’ouvrage  » l’opinion ça se travaille  »

Henri Guaino, ex député des Yvelines , conseiller spécial et porte plume de N sarkozy

Divina Frau-Meigs, professeure en Sciences de l’information et de la Communication , membre de la commission de réflexion de l’UE sur les « fake news »

Patrick Champagne ,sociologue ,ex collaborateur de C Bourdieux ovrages  » faire l’opinion » et  » le couple dépendance  »

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