Mardi 28 Août – Christian NANNINI nous quitte

L1030341Chers lecteurs et lectrices du blog de Christian, c’est avec une immense douleur que je prends la parole sur le blog de mon très cher père pour annoncer qu’il brutalement décédé à la suite d’un AVC. Il laisse dans le deuil sa femme, ses enfants ainsi que gendre et belle-fille et ses 5 petits enfants.

Je laisserai ce blog en vie mais inactif pour commémorer la mémoire de mon père.

Matthieu

 

Conférence sur la nature anti-sociale de la politique économique de E Macron

Livres

La pensée en otage, d’Aude Lancelin ;
Antisocial, de Thomas Guénolé ;
Traité d’économie hérétique, de Thomas Porcher ( écologiste proche de cecile Duflot)

 

Autre vidéos
https://youtu.be/fQZDo-_zU7g Thomas Porcher :entretien libre avec Aude Lancelin. l’économiste attéré développe  son argumentation contre les thèses économiques dominantes https://youtu.be/kc5Q_Hn-rUY , https://youtu.be/WoiNqKG2ugI ( etc voir sur you tube les autres vidéos)
 https://youtu.be/ULq5iIdIkaY Aymeric Monville philosophe marxiste

LA BIODIVERSITÉ

La biodiversité , co-substantielle à la vie humaine et sa protection comme intérêt général humain est un leitmotiv des discours de Melenchon. Un collectif de scientifiques , spécialistes de l’écologie, dans un article du journal LM 20180825 , souligne l’urgence à agir contre l’érosion ACTUELLE multiforme et planétaire de la biodiversité.

Yvon Le Maho, Sandra Lavorel, Jean Dominique Lebreton Pierre Auger et Claude Combes, Henri Decamps, membres de l’Académie des sciences

Pierre Cury directeur de recherche Institut de recherche pour le developpement

Gilles Boeuf président du conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité

Les enjeux:

- les productions agricoles dépendent de la diversité microbiennes des sols, de la résistance des variétés cultivées aux ravageurs et aux aléas météorologiques , de la bonne santé des populations de pollinisateurs

-les pêcheries reposent sur une intégrité des écosystèmes acquatiques

-l’approvisionnement en eau de qualité dépend de la biodiversité et de la capacité des sols cultivés et de leurs abords à limiter la pollution , comme des écosystèmes microbiens de nos stations d’épuration

-le rôle des zones humides contre les inondations

-le rôle des couverts forestiers contre l’érosion ou pour le rafraichissement des zones urbaines

-la resilience des ecosystemes face à l’elevation des températures  et à des événements extrêmes

-La molécule végétale qui est à 70% à l’origine de l’innovation médicamenteuse

La reduction de la biodiversité est imputable essentiellement aux activités humaines (surexploitation des ressources marines ,influence des pesticides , déclin drastique des insectes ,chute vertigineuses des populations d oiseaux , étalement urbain et artificialisation des sols)

L’action urgente consiste donc à se soucier de la bonne santé des milieux terrestres et aquatiques et des saccages occasionnés par le mode de développement actuel, des modes de vie , et de  la recherche d’alternatives .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La stratégie plan A plan B pour changer l’Europe ( LM 20180825)

Liêm Hoang Ngoc, économiste , a participé au chiffrage du programme économique du candidat Mélenchon lors des présidentielles . Il s’interroge , dans un article publié dans le journal LM 20180825, sur la stratégie plan A plan B pour changer l’Europe  : « le discours planA, planB , ecrit-il , n’est-il qu’une posture éléctoraliste ? »et il reproche au leader de la FI  « la comédie du plan B ». Que faut-il en penser?

On se souvient qu’aucune tentative d’évaluation d’une sortie de l’Euro n’a été mise en avant lors des présidentielles . Cependant ce plan B, aujourd’hui comme hier, devrait servir à faire  office de menace suffisamment crédible pour obliger les partenaires européens ( l’Allemagne tout particulièrement )à accepter un plan A ( inconcevable pour l’Allemagne, comme le sortir des traités actuels sur la politique d’austérité), le tout soumis à une hypothétique  prise de pouvoir en France par la FI et JL Mélenchon .Le plan B est par conséquent inclus dans le plan A lui même supposant une ligne majoritaire sur une option anti-capitaliste victorieuse en France. 

Le programme de la FI est incompatible avec les traités européens , dit Mélenchon . Lesquels ? Certains autres Etats membres seront-ils  prêts à suivre la France si notre pays était obligé de désobeir aux traités. Lesquels ? Qui est prêt à tourner le dos à l’Allemagne pour les beaux yeux de la France?

L’idée d’une sortie de  l’euro voire de l’Union Européenne est indissociable, pour les français, d’un bras de fer avec l’Allemagne et se heurte à une « real politique » concernant la construction européenne à savoir: c’est le couple franco-allemand qui est aux manettes de l’ Europe. On conçoit mal une guerre diplomatique ouverte entre la France et l’Allemagne. En tous cas , les peuples n’en veulent pas. La source vitale de l’Union Européenne réside dans la réconciliation historique de nos  deux nations. Dans un contexte économique  où l’Allemagne exerce de fait une hégémonie en Europe, la polémique sur la refondation de l’Europe risque de tourner autour de la question de savoir si cette situation est satisfaisante au regard de la nécessaire concorde recherchée entre les peuples européens. La montée des mouvements nationalistes devrait nous inquiéter comme symptôme d’une intolérance  de plus en plus affichée aux préceptes de vie commune proclamés par la charte européennes des droits fondamentaux, lancée en 1999 qui n’ a pu voir le jour un an plus tard, que grâce à la volonté convergente de l’Allemagne et de la France. Hélas personne ne semble vouloir se préoccuper de ce plan C

C’est là que le bât  blesse, aucune caisse de résonance en Europe pour rappeler cette Charte de valeurs européennes qui définit le « juste européen » . Tout se passe comme si cette feuille de route  n’avait pas besoin du consensus qui le cimente moralement et juridiquement, à l’interne comme à l’externe. Une comédie , celle du plan C ?

Que dire,en effet, des Etats membres qui voudraient s’y soustraire à la faveur des événements politiques ? Que penser des instances européennes qui voudraient  contourner ses propres valeurs ? Et qu’attendre  enfin du modèle économique et financier dont  l’Europe se sert suivant les canons de la mondialisation, qui démontre chaque jour davantage son coté allergique aux contraintes environnementales et sociales , et à la vision européenne d’un « développement équilibré et durable » comme le défend la Charte européenne des droits fondamentaux dans son préambule .A-t-on bien pris la mesure de cette longue tradition qui consiste pour les sociétés humaines à écrire des codes, des conventions , des chartes sur les droits fondamentaux humains et à les faire appliquer ?

L’ambition de gouverner est un carburant utile à tout mouvement politique , et la France Insoumise n’y échappe pas mais l’ambition de gouverner les puissances de l’argent est une illusion. La réal politique consisterait davantage  à constituer un peuple en rempart démocratique, un mur de résistances autour de valeurs communes, de biens communs sur lequel se fracasserait les tsunami financiers de la cupidité. On en est capable . Cela passe par une détermination populaire inébranlable sur le vivre ensemble. La charte européenne des droits fondamentaux en fixe le cap sur le continent européen , ne serait-ce qu’une comédie là aussi ?

Une chose est certaine , le vivre ensemble exclut la soumission .

 

 

Le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne

Avez vous entendu parler de cette Charte, proclamée au niveau européen en l’an 2000 , qui est devenue contraignante avec l’adoption du traité de Lisbonne en 2009 ?  Mieux que toute explications , voici le texte de son préambule , à apprendre par coeur car c’est le noyau dur du « juste européen », pas juste une  élucubration diplomatique pour vendre un  « way of life » européen mais une responsabilité européenne majeure dans la communauté humaine planétaire.

 » Les peuples de l’Europe , en établissant entre eux une union sans cesse plus étroite , ont décidé de partager un avenir pacifique fondé sur des valeurs communes.

Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité ; elle repose sur le principe de la démocratie et de l’Etat de droit. Elle place la personne au coeur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant un espace de liberté , de sécurité et de justice . 

L’Union contribue à la préservation et au développement de ces valeurs communes dans le respect de  la diversité des cultures et des traditions des peuples de l’Europe , ainsi que de l’identité nationale des Etats membres et de l’organisation de leurs pouvoirs publics au niveau national, régional, et local ; elle cherche à promouvoir un développement équilibré et durable et assure la libre circulation des personnes , des biens ,des services et des capitaux ,ainsi que la liberté d’établissement.

A cette fin, il est nécessaire , en les rendant plus visibles dans une charte, de renforcer la protection des droits fondamentaux à la lumière de l’évolution de la société , du progrés social et des développements scientifiques et technologiques.

La présente Charte réaffirme, dans le respect des compétences et des tâches de la Communauté  et de l’Union, ainsi que du principe de subsidiarité , les droits qui résultent notamment des traditions constitutionnelles et des obligations internationales communes aux Etats membres, du traité sur l’Union Européenne et des traités communautaires, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales , des chartes sociales adoptées par la Communauté et par le Conseil de l’Europe, ainsi que de la jurisprudence de la Cour de Justice des Communautés européennes et de la Cour européenne des droits de l’homme.

La jouissance de ces droits entraîne des responsabilités et des devoirs tant à l’égard d’autrui qu’à l’égard de la communauté humaine et des générations futures .

En conséquence , l’Union reconnait les droits , les libertés et les principes énoncés ci-après. »

La Charte est subdivisée en VII chapitres( dont le contenu sera examiné plus tard) Dignité,Libertés,Egalité,Solidarité,Citoyenneté,Justice et Dispositions générales .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Affaire BENALLA: le garde du corps de MACRON s’invite dans les manifestations du 1er Mai et joue au policier interpellateur à l’origine de plusieurs arrestations arbitraires.

Au plus prés de l'action

Au plus prés de l’action

Le 1er Mai, c’est la fête nationale du Travail, c’est un jour férié et chômé pour tous les travailleurs sauf pour Alexandre BENALLA. Promu « M Sécurité » au sein du palais présidentiel il s’est invité dans les manifestations du 1er mai pour parfaire sa connaissance dans la gestion des opérations de maintien de l’ordre .

En 2016-17,  à peine âgé de 25 ans , BENALLA se voyait confier le soin d’organiser la sécurité  du candidat Emmanuel MACRON qui avait démissionné de son poste de Ministre de l’Economie pour créer son propre Mouvement « la République en Marche » et se lancer dans la campagne présidentielle.(*) Ayant prouvé son efficacité au cours de celle-ci,   A.BENALLA  restait au service de E.MACRON , élu  Président de la République,  et obtenait en retour un poste de chargé de mission en matière de sécurité,  en tant qu’adjoint au chef de cabinet  M François Xavier LAUCH. Avec des appointements  de l’ordre de 6000 euros , logement et voiture de fonction, port d’arme autorisé, il était censé superviser la mise en oeuvre de la sécurité du Président  à coté ou en parallèle du circuit officiel de protection du Président de la République (GSPR :Goupe de sécurité du Président de la République commandé par le Colonel Lionel LAVERGNE et le commandement militaire de l’Elysée-garde républicaine dirigée par le Général Eric BIO FARINA) . Visiblement, lors des déplacements publics ou privés, A BENALLA assurait lui-même et physiquement une sorte de  garde rapprochée du chef de l’Etat ou du couple présidentiel , un garde du corps, bagagiste à l’occasion entretenant, semble-t-il,  un lien de proximité révélateur d’une grande confiance entre les deux hommes .
(*) le directeur de campagne de E MACRON, M Jean Marie GIRIER est devenu le chef de cabinet du Ministre de l’Interieur Gerard COLLOMB, )
Hélas cette confiance a été trahie . Comment ?
A.BENALLA n’est pas un fonctionnaire, ni un policier d’Etat, il n’est placé ni sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB, ni sous celle du Prefet de police de la Préfecture de Paris M Michel DELPUECH . En intégrant, dans l’appareil d’Etat, le cabinet présidentiel dont il dépend hiérarchiquement de façon dite « officieuse » sans relever de l’organigramme officiel, il a acquis une autorité de fait  dans le domaine de sa compétence, un peu comme le porte voix du Président . Officiellement il avait obtenu le titre de Lieutenant-Colonel dans la  réserve de la Gendarmerie sur décision du Général LIZUREY,directeur de la Gendarmerie Nationale, un titre parait-il honorifique censé lui donner de la hauteur dans les audits « sur la fonction de protection» avec les hauts gradés du Corps.On ne peut pas imaginer cette promotion sans le tapis rouge du Président .
Sur sa demande,  il avait été autorisé à participer aux opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations sociales du 1er Mai à Paris qu’on prévoyait assez rudes ( ce qui fut le cas puisque plus de 283 personnes ont été arrêtés à l’occasion des heurts avec les manifestants,153 présentées devant un OPJ,  et 109  placées en garde à vue -LM 27-7).
Lors d’un rassemblement en fin de journée sur la place de la Contrescarpe, dans le 5 ieme arrondissement,   A. BENALLA était filmé , coiffé d’un casque de CRS, en train de maitriser , non sans brutalités , un manifestant  et sa compagne au milieu des forces de sécurité de la Préfecture de Police de Paris , appelées à disperser la foule sur cette place très touristique où un appel à un «apéro convivial» avait été lancé par le Comité d’action inter-lycéen relayé par le syndicat étudiant UNEF et La France Insoumise (LFI).
C’est le directeur de cabinet d’E MACRON , M Patrick STRZODA préfet hors cadre connu pour sa pondération et sa loyauté au service de l’Etat qui a autorisé la présence de BENALLA le 1er mai  2018 aux cotés des Compagnies républicaines de sécurité de la  Prefecture de Police de Paris, lesquelles sont placées sous l’autorité du Prefet de police de Paris Michel DELPUECH.
Deux mois et demi après ces évènements autour de la fête du Travail , le 18 juillet 2018 le journal Le Monde révélait au grand public, au moyen de vidéos réalisées par des témoins,  les violences policières commises  par Alexandre Benalla  accompagné de son ami de longue date Vincent CRASE ,45 ans,  tous deux réservistes de la gendarmerie .Vincent CRASE était de son coté , rémunéré comme salarié de  LREM ( la République en Marche) le parti présidentiel victorieux des élections, à la tête duquel  était  placé Christophe CASTANER, un proche de la première heure de E Macron , nommé secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement .
On apprenait alors,  que dés le lendemain de la manifestation du 1er Mai le directeur de cabinet du Président, M Patrick STRZODA, ayant pris connaissance de certaines vidéos  avait convoqué A.BENALLA , en urgence , pour une mise à pied de 15 j et une suspension de salaire après en avoir référé au Président de la République en voyage en Australie , le secrétaire général Alexis KHOLER avisé. Comme en atteste la lettre de notification de sanction administrative datée du 3 mai ( reproduite dans LM du 20 juillet), Il était fait grief au chargé de mission d’avoir participé de façon active aux opérations de maintien de l’ordre, alors qu’il était entendu qu’il devait rester à distance en tant qu’observateur et adopter  un comportement exemplaire.  Au moment des faits A BENALLA ( ce qui n’est pas le cas de V.CRASE)pouvait être considéré comme régulièrement intégré aux forces de police en tant qu’observateur.
La sanction disciplinaire de M Patrick STRZODA faisait allusion à un  » comportement inapproprié «  , aucune allusion à des violences  et on suppose aucune communication aux autorités judiciaires . Tout semblait avoir été réglé au plan administratif. Pourtant des citoyens ont été interpellés, et retenus  de concert par BENALLA et CRASE qui ne disposaient d’aucune habilitation officielle, requise pour cette action placée sous le contrôle de l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle.
Après les révélations sur le site du journal LM, la Garde des Sceaux Mme Nicole BELLOUBET , qui dispose au sein de son ministère d’un directeur des affaires criminelles et des grâces chargé de la renseigner sur les affaires sensibles ,  interpellée par les députés de l’opposition au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon le jeudi 19 juillet, parvenait à peine à faire comprendre que le nommé A.BENALLA avait agi en électron libre  ( ce qui est heureux , le contraire serait gravissime) en commettant des actes  « inadaptées »  La Ministre  renvoyait au  Procureur de la République le soins d’évaluer et de dire si les violences  » policières  » commises par de faux policiers  étaient répréhensibles. Celui-ci ouvrait le lendemain une enquête préliminaire du chef de  » violences par une personne chargée d’une mission de service public »usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l’autorité publique , détournement d’images de vidéo-surveillance , complicité et recel »
L’affaire Benalla venait de naître suivie d’un maelström journalistico-politique d’une semaine dont l’effet de choc n’est pas banal , contrairement à l’expression « une tempête dans un verre d’eau « utilisée par le Président E MACRON qui s’est montré habile à noyer le poisson, pendant toute une semaine , par un silence jupitérien remarqué. Voyons de plus prés cette affaire d’Etat qui a dérangé  la Macronie toute une semaine.
-1.Une procédure de licenciement était engagée, sous la pression des médias, dés le 20 juillet,  par l’Etat major Elyséen contre BENALLA,   ruinant la communication de la veille de M Bruno-Roger PETIT, porte parole de l’Elysée tambourinant que la sanction de Mise à pied prise le 3 mai était exemplaire : prêter main forte aux forces de police ne pouvait pas être bien grave, n’est ce pas ? . Que BENALLA s’enquière, lorsque son comportement « inapproprié » a été révélé au grand jour , d’obtenir des images de la vidéo-surveillance utilisée par la PP, cela devenait plus choquant que le comportement violent affiché par le « stagiaire observateur » . Et comme le diable se cache dans les détails, comment expliquer que le jour du 1er mai l’intéressé agissait de concert avec le nommé CRASE, lequel , qui plus est,  était armé. Sans doute A. BENALLA  avait pris cette autre initiative,  de demander à Vincent CRASE de l’accompagner sur le terrain, en sous marin,  et au final de participer tous les deux à des interpellations des « fauteurs » de trouble.
-2.Placé en garde à vue le 20 juillet (*) , deux jours plus tard soit le dimanche 22 juillet , A .BENALLA était mis en examen après l’ouverture  d’une information judiciaire et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement. Le couple de manifestants brutalisés sur la place de la Contrescarpe se constituait partie civile.Il n’avait fait l’objet le 1er Mai et les jours suivants, d’ aucun signalement au Procureur de la République de Paris ou à son parquet , pourtant il pouvait déjà leur être reproché des jets de projectiles contre les forces de l’ordre( LM27-7) Aucun procès-verbal n’avait donc été dressé à leur encontre, pratique tout à fait inhabituelle pour laquelle le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne , MJacques MERIC doit normalement rendre des comptes.
(*)étonnant ! son véhicule de fonction mal garé devant le commissariat était enlevé par la fourrière, une heure après qu’il y soit arrivé , selon le CANARD ENCHAINÉ.
-3.L’Assemblée nationale  et le Sénat  se sont mobilisés : les deux chambres  constituaient  chacune de leur coté, des commissions d’enquête parlementaire.Le 2O juillet, à la suite d’un conciliabule au Palais Bourbon entre Christophe CASTANERRichard FERRAND président du groupe LREM, Marc FESNEAU président du groupe MODEM, François de RUGY, président de l’Assemblée Nationale, Mme Yaël BRAUN PIVET, président de la commission des lois et en présence de Mme BELLOUBET  il était décidé que la Commission des lois de l’AN se dote des privilèges d’une commission d’enquête parlementaire pour un mois, des auditions étaient programmées  notamment celle du ministre de l’Intérieur Gerard COLLOMB . Celui-ci , entendu sous serment , le lundi 23 juillet, renvoyait la patate chaude  à la Préfecture de Police de Paris et au Préfet de Police Michel DELPUECH, lequel se tournait vers l’Elysée évoquant  des pratiques de copinage malsaines avec ses services .( sic !!!)
-4. A l’Assemblée Nationale qui planchait sur un projet de révision constitutionnelle de première importance,  avec une réforme envisagée du Parlement , la réduction du nombre de députés , l’introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin, la réduction du droit d’amendement, la révision du cumul des mandats , les groupes d’opposition ont donné de la voix. Ils n’ont eu aucun mal à évoquer une affaire d’Etat mise en lumière par les dysfonctionnements révélés par le cas Benalla, garde privatif de E.Macron , par sa présence dans les forces de police de sécurité le 1er mai, et par son manque de sang froid évident.
  Le dimanche 22 juillet la ministre de la Justice informait les députés que l’examen du projet de révision constitutionnelle était suspendu sine die , accusant l’opposition de manoeuvres d’obstruction, faisant comme si la crise n’était pas née d’un comportement « inapproprié » ( selon STRZODA) « inadmissible » (selon Gérard COLLOMB) « inacceptable « (selon Christophe CASTANER) »choquant »(selon Edouard PHILIPPE) et enfin « fautif » (selon Alexis KHOLER) comportement  imputable à qui ? Au garde du corps du président de la République le nommé BENALLA . C’est bien lui qui a mis le feu aux poudres alors que sa situation de proximité avec le  Président MACRON aurait du au contraire l’en dissuader. On peut être tenté de penser que la seule conception du pouvoir dont ce collaborateur zélé a hérité, c’est l’effet de Cour. Il faut l’incohérence d’un François BAYROU ou sa duplicité naturelle inspiratrice, pour dire « en même temps » que l’affaire BENALLA n’est pas une affaire d’Etat( LM 29-30/07) et que « dans l’inconscient monarchique français , l’Elysée est investi de pouvoirs d’autant plus fascinants qu’ils sont mystérieux «  Au secours docteur FREUD !!!!!

 

-5.Les circonstances des évènements du 1er Mai où deux individus ( BENALLA et CRASE) se faisaient  passer pour des policiers avec des signes extérieurs de la fonction,  avec une arme à la hanche pour CRASE, ainsi que le détournement d’images de vidéo surveillance de la Préfecture de Police de PARIS ont entrainé la mise en examen de trois policiers appartenant à la DOPC ( direction de l’Ordre Public et de la Circulation)  Laurent SIMONIN controleur général , chef d’Etat Major adjoint depuis 2011, 3O ans de carriere à la PP Maxence CREUSAT, commisssaire de police depuis 2011 à la PP, et Jean Yves HUNAULT ancien gardien de la paix , 10 ans de carriere à la DOPC, officier de liaison de l’Elysée.
Ni Alain GIBELIN, patron de la DOPC, ni le major de police MIZERSKI, policier référent de Benalla sur le terrain des opérations le 1er mai 2018  n’ont été inquiétés, le premier parce qu’il n’avait pas été informé de la prise en charge de Benalla aux coté des forces de sécurité de maintien de l’ordre, le second parce qu’il n’avait reçu aucune instructions précises sur sa mission. Il ressort du rapport de l’IGPN que la DOPC  gère les manifestations sur le ressort de la PP sans passer par le Ministère de l’Intérieur, et s’occupe de l’accompagnement des « observateurs ». L’IGPN ( Inspection Générale de la Police Nationale ) saisie  proposait, aprés enquête, un recadrage des mesures d’accompagnement des » observateurs  » au sein de la PP  .Gérard Collomb devait  adopter immédiatement ces préconisations en vue de leur diffusion aux services  compétents .

-6.De son coté, Alexis KHOLER, bras droit de MACRON, invitait les conseillers et divers chargés de mission recrutés sans apparaitre au Journal Officiel , à faire les déclarations ad hoc sur leurs patrimoines et les liens d’interêt auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, instance présidée par Jean Louis NADAL, ex procureur général de la Cour Suprême, et contournée jusque là , tout comme l’article 11 de la loi du 11 Octobre 2013 qui oblige  » les membres des cabinets ministériels et les collaborateurs du Président de la République à adresser au Président de la HATVP une déclaration de situation patrimoniale et une déclaration d’intérêts (…) dans les deux mois qui suivent leur entrée en fonction « . D’autre part il annonçait la réorganisation des services de protection attachés à personne du Président qui seraient détachés de la Police Nationale et du Ministère de l’Intérieur comme sous François Mitterrand,  pour constituer un service unique sous l’autorité directe du Président .Le projet était déjà en chantier depuis quelques mois et Alexandre BENALA y avait eu ses entrées dans les réunions préparatoires .

L’ affaire BENALLA , a eu pour effet d’en énerver plus d’un, pas pour les mêmes raisons.Ceux qui veulent protéger l’image du Président de la République écorchée par le comportement « inadmissible » de son garde du corps privatif, et ceux qui dénoncent le dévoiement des institutions républicaines en matière de sécurité.

Georges KIEJMAN fait partie de la première catégorie. Habitué à donner sa caution juridique aux hommes de pouvoirs, excellent orateur , pour lui (tribune LM du 31 juillet), Alexandre  BENALLA n’est que du menu fretin. Ce collaborateur présidentiel  s’est cru tout autorisé  et l’avocat  ne s’est pas privé de suggérer  la dérive individuelle, « absurde et irréfléchie » de ses actes . Il écrit  à son propos  » On ne joue pas aux gendarmes du Dimanche et on ne se livre pas à des brutalités (…) »

Pauvre BENALLA  en effet, il a cru faire sa BA (bonne action)de la journée en prêtant main forte à une opération de maintien de l’ordre à l’occasion des manifestations citoyennes du 1er Mai  . Malheureusement il n’est pas fils de Dieu, pas de  pain béni,  mais un pain dans la gueule d’un manifestant supposé fauteur de trouble dans le cadre d’une interpellation  musclée . Mais voilà, il n’émarge ni à la police administrative de l’Etat, ni à sa police judiciaire de sorte qu’il n’avait aucun droit ni titre d’agir comme il l’a fait, sauf la complicité tacite de l’appareil policier ( fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie)

L’avocat KIEJMAN, qui a été un temps ministre de la justice , connait parfaitement les arcanes de l’institution, et la singularité de la co-existence de la Maison Police et de la Maison justice .Il renvoie  aux juges le soin de trancher la question de savoir si l’article 73 du Code de Procédure pénale, invoqué par BENALLA au soutien de sa  défense , est applicable en l’espèce
article 73 CPP » Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche.« 
 
Pour être complet, encore aurait-il fallu  citer à coté de l’article 73 du CPP  l’article 53 du même Code qui définit l’enquête de flagrance en ces termes:
article 53 CPP » Est qualifié crime ou délit flagrant le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique, ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit. »
Il a été admis en jurisprudence qu’un citoyen, une personne  ordinaire qui n’est  investie d’aucun pouvoir de police  ni d’une quelconque autorité publique peut devenir, à l’occasion de circonstances précises -le crime ou délit flagrant- un collaborateur occasionnel non pas de la police mais de la justice. Dans ces conditions il acquiert la qualité nécessaire pour procéder à une arrestation en flagrance avec mise à disposition immédiate à un Officier de police judiciaire.  L’article 73 du CPP veut combiner deux intérêts apparemment opposés
-celui de confier exclusivement à la police judiciaire le soin de lutter contre la délinquance sous le contrôle de l’autorité judiciaire , gardienne des libertés individuelles.
-celui d’éviter de décourager l’engagement citoyen dans la lutte contre la délinquance dans un but d’efficacité .
Or Alexandre BENALLA , chargé de mission du Président , autorisé à accompagner les forces de sécurité lors des manifestations du 1er mai , a intentionnellement trompé la confiance de son entourage décidant, contrairement à sa mission, de jouer au policier de façon active allant jusqu’à l’interpellation de  » fauteurs  » de trouble  avec un comparse armé. L’intégration de Benalla dans un dispositif policier précis de maintien de l’ordre, où l’affrontement avec la population est envisagé dans toutes ses conséquences et dans le respect des valeurs démocratiques , exclut qu’il puisse se prévaloir du bénéfice de l’article 73 du CPP.  Même  le commandant de la compagnie républicaine de sécurité présente sur les lieux témoignait qu’il avait cru avec ses hommes avoir affaire à un fonctionnaire de police. Ce jour là, dans les circonstances de l’espèce A BENALLA,   n’est pas un citoyen ordinaire , une personne sans qualité protégée par l’article 73 du CCP,
Mais protégé de quoi ?
On ne saurait faire injure à l‘avocat KIEJMAN ni même à François BAYROU, baron de la Macronie sous le masque du Modem, ( LM 31 JUILLET 2018) tous deux prompts à critiquer ceux qui instrumentalisent l’affaire BENALLA en une affaire d’Etat , d’oublier le principe constitutionnel selon lequel « nul ne peut être arbitrairement détenu » ou retenu ( article 66 de la Constitution du 4 Octobre 1958) et les dispositions de droit pénal qui en découlent
article 454-4 CP » Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, agissant dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.Lorsque l’acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d’une durée de plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et à 450 000 euros d’amende. »
Apparemment Alexandre BENALLA ne s’est pas soucié de ces dispositions pénales tout comme le système d’accompagnement de BENALLA au sein de la Préfecture de  police de Paris, . L’article 73 du CPP ne le protège pas d’une responsabilité pour arrestation,  détention ou séquestration arbitraire  et les violences policières concomitantes au cours de l’interpellation sans droit qui lui est reprochée sont nécessairement illégitimes, arbitraires et attentatoires à la liberté individuelle.

Si A. BENALLA a trahi quelqu’un, c’est par le mensonge , et c’est aux citoyens qu’il ment , encouragé par un système policier laxiste, et peu scrupuleux sur la rigueur républicaine exigée des forces de l’ordre.. N’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris qui ont remis à BENALLA  les accessoires policiers pour aller sur le terrain des opérations conformément aux voeux de l’intéréssé, n’est ce pas des fonctionnaires de la PP de Paris  qui ont remis à BENALLA sur sa demande , le lendemain des révélations du Monde, un disque  extrait du système de vidéo surveillance de la PP, où les suspects de la place de la Contrescarpe étaient filmés entrain de jeter des projectiles sur les forces de l’ordre , comme si le secret professionnel n’était pas opposable à BENALLA

Plus grave , n’est-ce pas le Préfet de Police Michel DELPUECH qui a satisfait à la demande d’autorisation de port d’arme de BENALLA , en octobre 2017 , alors que les services compétents du Ministère de l’Intérieur s’y étaient opposés, et sans qu’ils aient été informés de cette autorisation du Préfet ? Est-on bien sûr que ce haut fonctionnaire n’a pas mis en danger la sécurité du Président de la République ?

Mais surtout comment peut -on s’enorgueillir , au sommet de l’Etat, de l’embauche d’un collaborateur  affiné aux questions de sécurité et dispensé  » en même temps » que d’une  formation éthique républicaine suffisante capable de lui éviter certains écueils , d’un contrôle de comportement dans le cadre d’une activité exposée et à risque , pour lui et pour le Président de la République auquel le peuple a confié son destin.

En guise de réponse on retiendra la sentence de Fénelon : « Les princes ont un pouvoir infini sur ceux qui les approchent ; et ceux qui les approchent ont une faiblesse infinie en les approchant. »

Dire qu’on assume tout, comme l’a fait E MACRON le 24 juillet, sur un ton de bravache digne d’un adolescent attardé, c’est ne rien assumer du tout , pire cela devient insupportable si l’impression donnée vient conforter ce que l’effet de Cour désigne , le pouvoir du Prince. C’est le cas de l’affaire BENALLA.

L’affaire BENALLA est une affaire d’Etat parce quelle est devenue, pour des questions institutionnelles tout à fait sérieuses, une affaire BENALLA-MACRON. L’épisode n’est pas terminé . A l’opposé de ses fanfaronnades politiques, E MACRON promet des mesures à la rentrée : il n’est pas sûr que quelque chose ne saute pas à la PP de Paris, déjà convoitée par la Mairie de Paris .Certains pourraient s’en réjouir, d’autres pourraient préférer voir sauter le verrou de Bercy, un autre Etat dans l’Etat.

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contre les fauteurs de trouble du 1er mai .

Dans tous les cas ,  Benalla , semble s’être rendu coupable d’une arrestation arbitraire en se faisant passer aux yeux de tous pour un policier , trompant aussi bien les manifestants que les forces de l’ordre ( voir le témoignage du commandant-divisionnaire Pierre LELEU, chef de l’unité de la CRS 15 de Béthune, qui se trouvait place de la Contrescarpe le 1er mai..) « Fraus omnia corrumpit «  le soi disant devoir du citoyen ( l’article 73 du CPP) que Benalla  invoque pour sa défense est en fait et en droit insoutenable, tout comme les violences policières que le traitement disciplinaire et administratif du comportement de l’intéressé le surlendemain des faits a eu pour effet de mettre sous le boisseau.